Pelé vs Maradona : c'est moi le meilleur joueur du monde !

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 27 Août 2009.

  1. @@@

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    C'est une obsession chez Diego Maradona : prouver au monde entier qu'il est le plus grand de tous les temps, devant Pelé. Pour s'en convaincre lui-même ? Toujours est-il qu'il en a remis une couche, mercredi, au cours d'un entretien diffusé sur le site Internet de la Fifa.

    Et c'est reparti pour un tour. Avant que Pelé ne lui réponde et que la footosphère s'en mêle aussi : qui est le plus grand ? Etc.


    Bon, d'abord le contexte. Diego est mal, très mal. Samedi 5 septembre, la Seleçao vient jouer à Buenos Aires pour les éliminatoires Amsud du Mondial 2010. L'Albiceleste se qualifiera, pas de problème… C'est juste la manière et la situation comptable qui préoccupent : l'Argentine est quatrième de la zone avec 22 points et, en cas de défaite, l'Equateur (20 points) pourrait lui passer devant. En cinquième position, donc barragiste, ce serait la crise au pays des Gauchos.

    Une fin d'éliminatoires hyper tendue

    En fait, la « crise », elle est déjà là. Les deux défaites en Bolivie (6-1) et en Equateur (2-0) ont plombé le charisme de Maradona. Pour faire court, même avec lui, l'Argentine n'est pas invincible.

    Alors, une défaite contre les Brésiliens, ce serait au mieux une fin d'éliminatoires hyper tendue et au pire un net avantage psychologique à la Seleçao, actuellement favorite du Mondial 2010, suite à sa balade en Coupe des confédérations. Ceci dit, à l'aller, le 18 juin à Belo Horizonte, les deux géants sud-américains avaient fait 0-0, alors…

    Voilà le contexte : Argentine-Brésil, Diego met la pression, les Brazileiros vont répliquer et ainsi de suite jusqu'à samedi prochain. Intox et Botox.

    Bon, maintenant les déclarations du Pibe de Oro :

    « Je ne suis pas meilleur que lui. L'important c'est qu'il y a eu un vote des gens et que Pelé a fini deuxième. Cela on ne me l'enlèvera jamais. »


    Maradonuche à rajouté :

    « J'ai joué pendant dix ans dans le football européen, alors que Pelé n'a joué qu'en Amérique du Sud. D'accord, lui, il a gagné plusieurs coupes du Monde. Mais jouer en Europe, c'est autre chose. »


    Interdiction d'exporter le « trésor national » Pelé

    Donc, deux arguments pour se prévaloir de sa supériorité sur le roi Pelé : Internet et l'Europe.

    Commençons par l'Europe…Déjà, Pelé a bien failli jouer sur le Vieux Continent :

    « Dans les années 60, le Real Madrid et Manchester United me voulaient. Mais c'est la Juventus qui a été la plus proche. Ils s'étaient mis d'accord avec le président de Santos. L'offre était la suivante : si j'étais venu à Turin, ils m'auraient donné en plus un paquet d'actions de la Fiat. J'ai hésité, mais j'ai préféré rester dans l'équipe de mon cœur, Santos. »


    Petite précision : s'il est exact que Pelé n'a jamais joué dans un club européen, c'est parce qu'il était tout simplement interdit de quitter le territoire ! Les dictateurs militaires brésiliens avaient fait passer une sorte de loi spéciale et personnelle qui prohibait « l'exportation de son trésor national » (sic), Pelé en l'occurrence…

    Pour ce qui est des confrontations de son club, Santos, avec les cadors européens de l'époque, on peut dire que Pelé était très largement au niveau.

    Lors des deux finales de Coupe Intercontinentales, il a été monstrueux. En 1962, victoire contre le Benfica : 3-2 à l'aller, au Maracana (2 buts de Pelé) et 5-2 au retour, à La Luz (3 buts). En 1963, victoire contre le Milan AC : 2-4 à San Siro (2 buts) et 4-2 à Santos (Pelé forfait) et succès brésilien 1-0 en match d'appui (Pelé forfait).

    Précisons que l'équipe de Santos était une très bonne équipe, sans plus, que Pelé transcendait par son génie. Un peu comme Diego transcendait le Napoli… Moralité : Pelé se serait imposé sans problème dans n'importe quel (grand) club européen s'il avait été autorisé à partir.

    La modernité médiatique a profité à Diego

    Et le référendum Fifa sur Internet en 2000 ? Bof… Choix générationnel ? En 2000, les trentenaires du monde entier qui, eux, disposaient d'Internet pour voter ont sûrement fait la différence et ont classé Maradona en premier (qu'ils avaient souvent vu à la télé) et Pelé en second (qu'ils avaient assez peu vu). L'ancienne génération n'avait même pas d'ordinateur pour pouvoir voter…


    Le poids des images a fait le reste : le Mundial 1986, filmé sous tous les angles avec un Diego au summum, a fait le reste. A la différence d'un Pelé, privé de vitrine médiatique équivalente pour cause d'exploits réalisés il y a bien longtemps, en noir et blanc.

    Sans compter beaucoup de ses buts inouïs jamais filmés. La modernité médiatique de l'époque (les images TV) a donc profité à Diego… comme elle se retournera contre lui.

    Il suffira par exemple à l'Argentine de gagner la Coupe du Monde avec un Messi génial pour que la planète foot consacre Léo meilleur joueur de tous les temps. La génération nouvelle, branchée à fond sur le Net et zappeuse du passé TV, consacrera son héros en temps réel, le vainqueur du moment : Lionel Messi, dont les exploits tourneront en boucle 24h/24… Messi est déjà Ballon d'Or, depuis la finale de C1 contre MU : Xavi et Iniesta n'auront rien. C'est comme ça et basta.

    Zindane aurait pu devenir le numéro un

    C'est le temps médiatique qui fixe les héros du moment, élimine tous ceux d'avant, et qui est prêt à sacraliser le suivant… Diego et Pelé ont failli être distancés pour l'éternité par Zinédine Zidane. Au Mondial 2006, ZZ a atteint les sommets de son génie personnel, qui était aussi parfaitement synchrone avec une diffusion médiatique jamais égalée jusque-là.

    Avant la finale contre l'Italie, ZZ est une icône universelle, sur le point de basculer dans la déification absolue en cas de victoire finale… Si la France avait gagné en 2006, Zidane serait devenu le numéro un de tous les temps.

    Classe personnelle + palmarès (2 coupes du mondes 1998 et 2006, soit une de plus que Diego et à « égalité » avec Pelé, pas vraiment vainqueur en 1962) + couverture médiatique universelle la plus importante de l'histoire du sport = champion des champions… Aucune place pour l'analyse et les comparaisons : Zidane devant, et tous les autres derrière ! Pelé et Maradona peuvent dire merci à Materazzi.



    http://www.rue89.com/2009/08/27/pele-vs-maradona-suite-cest-moi-le-meilleur-joueur-du-monde
     

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