Personnalités borderline, un défi thérapeutique

Discussion dans 'Santé & Beauté' créé par raja_casa, 27 Juin 2007.

  1. raja_casa

    raja_casa دمعة و ابتسامة

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    « Petit géant », « chaud-froid », « ex-futur », « volontaire désigné », « obscure clarté »… Fines fleurs de la rhétorique, les oxymorons constituent des formulations paradoxales frappant l’attention. Et les publications psychiatriques n’échappent pas à leur emprise, comme l’atteste l’expression « stably unstable » évoquée dans un article de l’American Journal of Psychiatry consacré aux personnalités dites borderline : leur évolution se montre « régulièrement instable », par opposition à l’aggravation constante observée dans d’autres pathologies.

    Débat ancien : cette affection est-elle désespérément chronique ou accessible –même difficilement– à une action thérapeutique ? Certaines études avaient déjà montré une amélioration sensible, en particulier grâce à la psychanalyse, mais les données propres à étayer leurs conclusions ne provenaient pas d’essais contrôlés, reposant sur la méthodologie rigoureuse exigée dans tout essai thérapeutique. Les travaux récents semblent moins contestables sur ce point, car ils s’appuient désormais sur des essais de type randomisé pour comparer les vertus des psychothérapies. Aussi leur optimisme paraît-il mieux étayé : dans ce champ psychopathologique, les psychothérapies se révèlent efficaces.

    On estime la personnalité borderline corrélée à des difficultés significatives dans le domaine de la mentalisation, c’est-à-dire « la capacité de prêter des états mentaux distincts à soi et aux autres, afin d’expliquer et de prédire les comportements ». Cette conception explique l’efficacité habituelle de la psychothérapie visant à renforcer les possibilités de mentalisation du sujet (mentalization-based therapy). Et si la plupart des thérapies semblent agir par des effets non spécifiques, elles renforcent utilement ces capacités de mentalisation. Bilan doublement positif, pour l’auteur : la psychiatrie n’est donc pas démunie en matière de personnalités borderline et même les thérapies de type psychanalytique sont susceptibles d’être testées avec rigueur, à l’aune des essais contrôlés.



    Dr Alain Cohen
    Gabbard G et coll. : “Do all roads lead to Rome ? New Findings on borderline personality disorder : the challenge of medical comorbidity” Am J Psychiatry Juin 2007 ;164 : 853-855.
     

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