politiquement 95% ne s'identifient a aucun courant

Discussion dans 'Scooooop' créé par peaceman3, 16 Mars 2006.

  1. peaceman3

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    Grande enquête de L’Economiste

    Politique: 95% des jeunes ne s’identifient à aucun courant!



    • 73% pensent que les parlementaires nous représentent mal

    • 68% n’ont pas confiance

    Si 32% des jeunes pensent qu’il faut mettre de la religion dans les partis politiques (et inversement, cf. L’Economiste du 25 janvier 2006 et cf. infra), la majorité ne se reconnaît dans aucun des partis, bien peu se reconnaissent dans un des partis marocains, ni donc dans le PJD ou les autres formations islamistes. Paradoxe ou contradiction de la jeunesse?
    95% des jeunes de 16 à 29 ans interrogés dans notre grande enquête le disent! De 16 à 29 ans, garçons ou filles, riches, pauvres ou moins pauvres, citadins, ruraux… On vit sa vie en dehors de toute considération politique.
    Pourtant, faut-il le rappeler, près d’un Marocain sur trois a entre 15 à 29 ans: 29% plus exactement, selon le recensement 2004, soit 8,6 millions de jeunes.
    Non seulement, ils ne s’identifient à aucun courant politique, mais 68% disent «ne pas avoir confiance en la politique». 19% ne savent pas et seulement 13% affirment «avoir confiance en la politique» (même proportion chez les filles et les garçons), ce qui est la limite du seuil de signification (10%).
    75% des jeunes hommes n’ont pas confiance en la politique. Un peu moins chez les filles, qui sont plus indécises: 60% des demoiselles n’ont pas confiance en la politique.
    26% des jeunes dames disent qu’elles «ne savent pas», soit deux fois plus que chez ces jeunes messieurs (13%). La méfiance de la politique ne diffère pas selon la classe sociale et le lieu d’habitation des jeunes.
    En revanche, elle est plus exacerbée plus on avance dans l’âge, et ce avec des différences significatives de scores:
    - 64% des 16-17 ans déclarent ne pas avoir confiance en la politique
    - 66% des 18-20 ans
    - 67% des 21-24 ans
    - 72% des 25-29 ans.
    Quant aux parlementaires, ils ont du pain sur la planche pour accroître leur crédibilité! Ils n’en ont aucune auprès de la jeunesse: 73% d’entre eux pensent que «nos parlementaires nous représentent mal» contre un petit 7% de l’échantillon qui affirment le contraire. Rappelons qu’au-dessous de 10%, il faut être très prudent pour donner un sens aux réponses. Toutefois, 20% avouent «ne pas savoir». Encore une fois, les filles sont plus hésitantes devant la politique: 28% d’entre elles «ne savent pas» si «les parlementaires nous représentent bien» (ce qui peut vouloir dire méconnaissance du monde politique ou refus de répondre). 11% des garçons pensent la même chose. Ceux-ci sont beaucoup plus catégoriques quant au jugement des parlementaires puisque 84% d’entre eux pensent que ceux-ci «nous représentent mal». Ce jugement est plus marqué plus on avance dans l’âge:
    - 67% des 16-17 ans
    - 73% des 18-20 ans
    - 71% des 21-24 ans
    - 78% des 25-29 ans
    Les classes aisées sont également plus sévères que les plus défavorisées puisque 76% des A-B disent que «nos parlementaires nous représentent mal», contre 67% des jeunes de la classe D. On est par ailleurs moins magnanime en ville qu’à la campagne où 66% des jeunes ruraux disent que les parlementaires nous représentent mal pour 77% chez les jeunes citadins.


    USFP, devant le PJD et l’Istiqlal


    Parmi les 5% de jeunes «politisés» (proportion non significative), 12 personnes citent l’USFP comme parti auquel ils s’identifient le mieux. Neuf jeunes citent le PJD et cinq préfèrent le parti de l’Istiqlal.
    La plupart de ces 37 jeunes qui ont une opinion politique vivent en ville. Mais attention, c’est si peu que l’on ne peut pas vraiment en tirer des leçons.


    Fiche technique


    C’EST sans doute la première enquête de cette nature et de cette ampleur au Maroc.Elle a été conduite par Sunergia pour le compte de L’Economiste, à l’automne 2005, auprès des jeunes de 16 à 29 ans. 776 réponses significatives ont été retenues: 390 garçons et 386 filles. La répartition par âge est la suivante:
    16-17 ans: 123
    18-20 ans: 185
    21-24 ans: 227
    25-29 ans: 241
    Les tranches d’âge sont différentes: deux ans pour les moins de vingt ans, et cinq ans au-dessus de 20 ans. A cela une explication bien simple: avant vingt ans, les caractéristiques de la personnalité, des comportements, des goûts… sont encore versatiles. Au-delà de vingt ans, elles sont plus stables.
    506 jeunes vivent en milieu urbain et 270 sont dans le monde rural.
    La méthode statistique utilisée par le bureau d’études de marché Sunergia est celle des quotas. Il s’agit d’un échantillon représentatif de la jeunesse marocaine sur la base du recensement général de la population 2004, réalisé par le Haut-commissariat au Plan.
    Ont été respectés la répartition géographique, la catégorie socioprofessionnelle, le sexe, la zone d’habitation (rural-urbain) et l’âge.
    En fonction du niveau de vie, la répartition est la suivante: 97 (12%) appartiennent aux catégories A et B (les plus aisées); 419 jeunes aux couches moyennes (54%) et 260 (34%) aux moins favorisées.
    Compte tenu de son imprécision, cette division n’était pas retenue dans les quotas. Notons que la répartition trouvée dans l’échantillon surpondère un peu les couches défavorisées, le plus probablement au détriment des couches les plus aisées.


    … mais 1/3 ont voté quand même!


    Dans notre échantillon, 35% avaient moins de 18 ans lors des dernières élections communales et législatives de 2002. Parmi ceux qui étaient en âge de voter (soit 55% de notre échantillon), 30% ont réellement déposé leur bulletin dans une urne. Ce qui donne donc 20% de l’ensemble des jeunes interviewés. 56% des votants avaient entre 25 et 29 ans, 36% avaient entre 21 et 24 ans et 8% entre 18 et 20 ans. Notons que le taux de participation chez les jeunes est nettement inférieur au taux national, qui était de 55%.
    Plus on est riche, plus on avait voté en 2002, mais la différence n’est pas très ample: 24% des jeunes de la classe aisée, 19% respectivement chez les jeunes appartenant aux classes C et D.
    Pour les prochaines consultations électorales, en 2007, 46% se promettent d’aller voter. Mais 29% disent «qu’ils n’iront pas» aux urnes et un quart (25%) «ne sait pas» encore. A noter que notre échantillon sera en âge de voter pour les prochains scrutins.
    Les intentions de vote sont les mêmes quel que soit l’âge. En revanche, plus on est âgé, moins on a envie de voter pour les prochaines élections:
    - 21% des 16-17 ans répondent «non»
    - 31% des 25-29 ans répondent la même chose.
    L’indécision touche toutes les tranches d’âge, toutes les classes sociales et plus la campagne que la ville:
    - 31% des jeunes ruraux déclarent «ne pas savoir s’ils iront voter aux communales et législatives de 2007»,
    - 22% des citadins pensent la même chose.



    Note à nos lecteurs


    Les différents articles sont un résumé succinct des données de la grande enquête de L’Economiste. Les détails, ainsi que les analyses et les travaux d’investigation seront publiés dans un document exceptionnel à paraître mi-février.
    • Mercredi 18 janvier
    - Qui sont les jeunes d’aujourd’hui et quel Maroc vont-ils produire?»
    - La sexualité des jeunes
    • Jeudi 19 janvier
    - Loisirs: les copains d’abord!
    • Vendredi 20 janvier
    - Pour les jeunes, tout dépend de l’argent
    - Les jeunes remettent en cause l’autorité parentale
    - Pour la «jmima», les parents «casquent»
    • Mardi 24 janvier
    - 44% des jeunes: Al Qaïda n’est pas terroriste
    - 49% des garçons voient leur femme voilée
    - 57% des jeunes sont pour le
    hijab
    • Mercredi 25 janvier
    - Religion: Une jeunesse à majorité pratiquante mais...

    - Les jeunes sont très superstitieux

    Mouna KADIRI



    L'économiste -
     

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