Port de Casablanca : Des projets à en perdre (de vue) le nord

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 23 Décembre 2007.

  1. kochlok03

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    Une feuille de route tombe à point nommé pour éviter au port de Casablanca l’engorgement qu’il a subi au cours de cette année. Mieux, tout est désormais prévu pour que ce port puisse anticiper l’évolution du trafic et faire face à la concurrence, notamment de Tanger Med.

    C’est un véritable tournant pour le port de Casablanca, qui a été officiellement décidé ce vendredi 14 décembre. La « feuille de route » qui décide de l’avenir du port de la capitale économique a été signée. Pour la première fois, ce document est le fruit d’un travail concerté entre les différents départements, responsables et opérateurs concernés. C’est ce dont se réjouit le patron des patrons, My Hafid Alamy. Ce dernier est l’un des signataires du précieux document. Autres signataires : le ministre du Transport et de l’Equipement, Karim Ghellab ; le ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche maritime, Aziz Akhennouch ; le ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologies, Ahmed Chami et le directeur général des Douanes et des Impôts Indirects, Abdellatif Zeghnoun.

    L’Agence nationale des Ports, Marsa-Maroc ainsi que les autres opérateurs directement concernés, se trouvent au cœur du processus des changements envisagés. Rappelons-le, le port de Casablanca qui concentre près de 90% de trafic de conteneurs au niveau national, a échappé de peu à une asphyxie soudaine. La raison est que l’activité maritime, notamment en ce qui concerne les conteneurs, dont l’évolution moyenne n’excédait guère 10% durant ces quatre dernières années, est montée de plusieurs crans depuis l’année dernière, pour atteindre au cours de 2007 plus de 20%. Un autre facteur aggravant, dont les effets ont été particulièrement ressentis pendant les mois de juillet et août de cette année, est le délai de séjour anormalement élevé des conteneurs au sein du port qui a augmenté de 30% depuis 2003. Par conséquent, la capacité des installations portuaires du port de Casablanca qui est de 700.000 EVP (équivalent vingt pieds) a même atteint son seuil maximal. Marsa Maroc a usé de toutes ses ressources humaines et matérielles pour éviter le pire. Et, par miracle, elle y est parvenue.

    Bien avant que n’arrive cette situation de saturation et donc de risque de catastrophe pour l’économie nationale, une réflexion globale a été menée. Elle a donc débouché sur l’élaboration et puis la signature de la « feuille de route ». Surtout qu’une tendance haussière de l’activité conteneur est prévue pour les prochaines années. Pour s’y préparer, des chantiers s’ouvrent dans le port de Casablanca sur tous les plans, à commencer par celui de la capacité. Mais, pas seulement. Le plus grand port du royaume est décidé à ne pas laisser Tanger Med lui faire de l’ombre.

    Un port plus grand


    Pour faire face à la croissance rapide et soutenue du trafic des conteneurs et atténuer la pression exercée sur les installations existantes, des actions visant le développement des infrastructures sont en cours de mise en œuvre au port de casablanca. Les travaux de démolition d’anciens hangars et de terrassement sont lancés. Ces actions concernent notamment l’aménagement du terminal à conteneurs de Somaport. Cette société, désormais concurrente de Marsa Maroc, a eu la concession d’un terminal au port qu’elle est en train d’aménager en un nouveau terminal à conteneurs. Lequel est d’une capacité de 300 000 EVP. « Ce qui portera la capacité du port de Casablanca à un million de conteneurs EVP dès le troisième trimestre de l’année 2008 », affirme Karim Ghellab.

    Il est prévu également l’aménagement de terre-pleins supplémentaires pour le stockage des conteneurs. L’objectif est de faire face aux flux importants de conteneurs aussi bien à l’import qu’à l’export. A noter que depuis la constatation de l’encombrement du port, il a été procédé à la mise en exploitation de 12 hectares supplémentaires de terre-pleins. Marsa Maroc a aussi aménagé 6 hectares de terre-pleins et l’Agence Nationale des Ports devra aménager 10 hectares de terre-pleins additionnels pour le mois de mai 2008.

    Dans le même cadre et pour le même objectif, il est prévu la construction d’un troisième terminal à conteneur au port de Casablanca et l’aménagement d’un port sec dans la périphérie de la ville. Ce terminal sera adossé à la jetée des phosphates. Il sera composé de 520 mètres linéaires de quai à -12 m, de 30 hectares de terre-pleins et de 6 portiques. Sa capacité sera de l’ordre de 500.000 à 600.000 conteneurs EVP. Ce qui devra permettre de porter la capacité globale du port de Casablanca à au moins 1,6 Millions de conteneurs EVP à l’horizon 2010.

    « Les travaux d’infrastructures de ce terminal devraient démarrer vers le troisième trimestre de l’année 2008 et sa mise en exploitation est prévue pour le dernier trimestre de l’année 2010 », précise le Mohamed Jamal Benjelloun, directeur de l’ANP. Et d’ajouter : « le développement prévisionnel du trafic dans la région de Casablanca nécessite par ailleurs la création de nouvelles capacités dans cette région avant 2012. Dans cette perspective, plusieurs variantes pour la création de nouvelles infrastructures portuaires pour le conteneur font l’objet d’une étude lancée par l’Agence ».

    En attendant, d’autres alternatives sont préconisées. Elles concernent la création de zones logistiques, voire de ports secs dans la zone d’environnement immédiat du port de Casablanca. De même, un nouveau terminal céréalier est en cours de construction.

    Plus fluide

    Autre mesure concrète inscrite dans la « feuille de route », la réduction du délai de séjour des conteneurs. Lequel est actuellement de 13 jours au port de Casablanca. Il devra être ramené à 8 jours, en attendant de pouvoir faire mieux.

    « Le délai de séjour normal d’un conteneur à l’import est de 4 à 6 jours », précise Mohamed Abdeljalil, directeur général du Marsa Maroc.

    Pour que les conteneurs débarqués au port y séjournent le moins de temps possible, la CGEM s’est déclarée, par la voix de son président, favorable à la pénalisation des retardataires. Au 8e jour, le prix à payer pour le destinataire d’un conteneur sera dès mars prochain de 400 DH. « C’est notre contribution pour rendre effectif les changements préconisés », souligne My Hafid Alamy.

    Au même temps, les opérateurs concernés se sont mis d’accord pour conjuguer leurs efforts afin que les procédures administratives et de contrôle intervenant dans la chaîne du transit portuaire soient simplifiées et rationalisées.

    Pour donner l’exemple, Marsa Maroc a décidé de mettre en service dès janvier 2008 d’un site web, en plus d’un service SMS et d’un centre d’appel, qui permet de se renseigner sur la situation des conteneurs.

    Du reste, dès janvier de l’année prochaine, il sera procédé à la réduction du délai légal de dédouanement de 60 à 45 jours ouverts, délai au delà duquel la marchandise sera considérée en souffrance (douanes). Il sera procédé également à la vente, à l’évacuation ou à la destruction des marchandises en souffrance ou saisies dans un délai maximal de 45 jours à compter de la date de saisie et/ou d’entrée en souffrance.

    Plus efficace

    Pour garantir plus d’efficacité aux clients, l’ANP prévoit la mise en place d’une plate forme portuaire d’échanges de données par informatique « EDI portuaire » entre les services de douane, les opérateurs portuaires, les agents maritimes et l’Agence. Elle prévoit aussi de créer un guichet unique aux clients du port.

    De son côté, pour mieux répondre aux attentes de ses clients, Marsa Maroc a acquis récemment 9 chariots cavaliers qui sont en cours de montage et lui seront livrés en mars-avril 2008. Par ailleurs, 7 autres chariots cavaliers seront acquis en 2008 et livrés au cours du deuxième semestre 2008. Le parc des élévateurs et des tracteurs sera également renforcé par l’acquisition de 18 élévateurs dont 6 seront livrés en juin 2008 et 30 tracteurs dont 8 seront livrés en juin 2008.

    Au cœur de ce processus, le plan d’investissement n’occulte pas l’élément humain qui demeure, selon Mohamed Abdeljalil, le moteur de tout ce processus de réforme.


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