Pourquoi le Maroc a raté la bosse des maths

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 6 Août 2009.

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    · 2/3 des élèves ont des difficultés en calcul

    · Les écoles de Casablanca et du sud affichent les meilleures performances



    L’évaluation des acquis scolaires des élèves dans les matières fondamentales tombe au bon moment. Elle servira au moins de moyen de comparaison entre avant et après la mise en place du plan d’urgence. Le choix s’est porté sur la quatrième et la sixième année du primaire, et la deuxième et la troisième année du collégial, des niveaux déterminants dans le cheminement éducatif des élèves.
    Le rapport du conseil supérieur de l’enseignement confirme les résultats préliminaires que L’Economiste avait publiés il y a quelques mois (cf. L’Economiste n°2979 du 9 mars 2009). Les lacunes sont telles qu’il faudra un traitement de choc pour produire des «compétences» à la hauteur des attentes. La bataille durant les années à venir sera celle de la «matière grise» et non celle d’une main-d’œuvre bon marché et sans qualification. Aujourd’hui, les deux tiers de la population active sont sans qualification.
    Dans les mathématiques, une discipline où tout se joue dès le primaire, le constat est clair: «Les acquis sont insuffisants dans la plupart des niveaux d’enseignement ciblés par l’étude exception faite de la 6e année du primaire». Le plus faible taux est enregistré en 2e année du secondaire collégial (25%). Les élèves n’ont pu réaliser que le quart des objectifs assignés dans le programme.
    Dans les sciences, les élèves ne font pas mieux. «D’une manière générale, les acquis scolaires sont en dessous de la moyenne dans les sciences de la vie et de la terre», note le Conseil supérieur de l’enseignement. Le diagnostic s’applique à tous les cycles concernés par le test. En physique-chimie par exemple, le niveau des acquis atteint à peine 30% pour les élèves de la 2e et 3e année de l’enseignement secondaire collégial.
    Dans les langues, les résultats restent également médiocres. En arabe, le taux moyen des acquis scolaires de l’échantillon varie entre 27% dans la 4e année, et 36% dans la 6e année du primaire. Il tourne autour de 42% dans la 2e année et la 3e année de l’enseignement secondaire collégial.
    Les acquis scolaires dans la langue française sont respectivement de 35 et 28% dans la 4e année et la 6e année du primaire. «Une baisse du niveau de maîtrise des acquis en langues est constatée en fonction de l’augmentation du degré de complexité des compétences ciblées, dans les deux cycles». Les difficultés apparaissent dès que les élèves sont amenés à utiliser des opérations cognitives complexes en raison de manque de maîtrise de la grammaire, la dictée, la conjugaison et le lexique.
    En somme et comme le résume le rapport, «les compétences linguistiques de base n’ont pas été suffisamment acquises par les élèves selon les objectifs tracés pour l’apprentissage». Le cumul des difficultés d’acquisition, depuis le primaire jusqu’au secondaire collégial, a eu un impact sur leurs acquis surtout qu’ils n’ont pas été résolus ni dans les niveaux scolaires en question ni dans les niveaux suivants.
    Le Conseil supérieur de l’enseignement ne s’est pas limité à établir juste un constat. Il a également tenté d’identifier les raisons de ces résultats. Plusieurs facteurs ont été analysés dont l’impact de l’âge et du redoublement. «Plus l’âge des élèves est élevé, par rapport à l’âge correspondant au niveau scolaire, plus le niveau des acquis et le rendement diminuent. Les élèves dont l’âge correspond au niveau scolaire obtiennent de meilleurs résultats, en comparaison avec ceux qui sont plus âgés».
    Les élèves qui redoublent ont souvent des niveaux d’acquis inférieurs par rapport à ceux qui n’ont jamais redoublé. Ce qui veut également dire que le redoublement n’est pas la solution idoine pour rattraper le manque de maîtrise des compétences ciblées. D’ailleurs, la lutte contre le redoublement figure parmi les priorités. Ce phénomène augmente les risques d’échec et de déperdition scolaires. Il expliquerait la faiblesse des niveaux scolaires dans toutes les matières et les cycles ciblés par l’évaluation. D’abord parce que les redoublants sont plus vulnérables. Ensuite, le redoublement a un effet psychologique néfaste sur eux. Ce qui, de l’avis des experts du Conseil supérieur de l’enseignement, réduit la motivation de l’élève à affronter les difficultés.
    Enfin, le degré de proximité de l’établissement scolaire du logement de l’élève. Ceux qui habitent à moins d’un kilomètre de l’école ont de meilleurs résultats que ceux qui logent plus loin. Ce qui remet sur le tapis l’urgence de la mise en place d’internats et d’un transport scolaire adapté aux spécificités de chaque région.
    Le niveau des parents joue également un rôle important. Les acquis scolaires des élèves sont souvent influencés par le niveau des parents. La famille est également un des facteurs qui ont le plus d’impact sur la réussite scolaire. Le rapport relève un point important, l’impact négatif de la participation des élèves aux travaux domestiques et agricoles sur leur rendement à l’école. «La présence et l’intensité des travaux domestiques ont une incidence plus ou moins négative sur les acquis scolaires et favorisent parfois le redoublement qui conduit en fait au décrochage scolaire», note le Conseil supérieur de l’enseignement. Deux tiers des élèves de la 6e année du primaire et de la 2e année du secondaire participent fortement aux travaux domestiques. C’est le cas aussi pour sept élèves sur dix de la 3e année collégiale.

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    http://www.leconomiste.com/
     

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