Préhistoire Maroc - Le Paléolithique

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 26 Octobre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    LE PALEOLITHIQUE

    Le Paléolithique inférieur


    Période la plus étudiée, c’est aussi celle qui offre les plus grandes analogies entre l’Afrique du Nord et l’Europe : le galet plus ou moins aménagé est partout la première manifestation de l’activité créatrice de l’homme et de son intelligence.


    Le climat est alors tropical humide, avec au Maroc une végétation de savanes et des forêts, et une faune comparable à celle qu’on trouve aujourd’hui vers le Tchad. Des hommes peu nombreux, et d’un aspect encore bestial, habitent le pays. Des restes trouvés à Casablanca dans la carrière de Sidi Abderrahmane, à Rabat en 1933, et surtout un crâne, en 1961, au Jbel Irhoud, permettent par comparaison avec ceux trouvés ailleurs de se faire une idée plus précise de leur allure : ils présentent des caractères proches de ceux de l’homme de Néanderthal, c’est-à-dire un crâne aux os épaix, au profil fuyant, avec une arcade sourcilière formant un bourrelet saillant, des orbites enfoncées, une mâchoire très forte ; ces hommes, petits, marchent voûtés. Ils vivent de la cueillette et du ramassage ainsi que de la chasse. Leur armement ne leur permet de s’attaquer aux animaux de petite taille, mais il doivent savoir piéger les plus gros.
    La plus grande partie de leur outillage très simple ne nous est pas conservée parce qu’en bois. Ils utilisent des bâtons, des massues, etc…, mais aussi des pierres dont la forme convient à certains usages comme casser des coquilles, briser les os de petits animaux, les dépecer, ou couper du bois. Ils savent très tôt – il y a environ un million et demi d’années – modifier la forme de certains galets, en détachant des éclats par choc, afin d’obtenir une sorte de tranchants, ou de pointe. Ces outils très grossiers abondent sur le plateau de Salé. Cette « civilisation du galet » (pebbe culture) est bien attestée au Maroc.
    La taille se perfectionne peu à peu en ôtant des éclats non plus seulement dans une seule direction mais dans deux ou plusieurs. Puis on commence à utiliser certains de ces éclats, minces et coupants, détachés par le choc d’une autre pierre. On passe ainsi du galet aménagé au « biface » ou « coup de poing ».
    Le « biface » caractérise la période acheuléenne, correspondant à celle de l’Europe. La taille progresse : on utilise d’abord un percuteur de pierre. Bientôt apparaissent les outils caractéristiques de cet étage en Afrique du Nord : les « hachereaux » : au lieu d’une pointe comme sur les coups de poing européens, on a une arête tranchante.
    Un gros progrès est l’utilisation d’un percuteur en bois ; il permet d’obtenir des éclats de forme plus régulière ; des retouches sont ensuite possibles sur les éclats afin d’améliorer le tranchant.

    Le Paléolithique moyen : l’Atérien

    A l’Acheuléen évolué succède l’Atérien qui est spécifiquement nord-africain.
    Cette industrie, dont le nom vient du gisement de Bir El Ater, en Algérie, fait preuve d’une assez grande maîtrise. L’outillage se caractérise par la présence d’une très forte proportion, allant jusqu’à 50 %, de pièces pédonculées. La dimension des outils est réduite, ce sont en effet les éclats qu’on utilise. Le silex s’est substitué aux roches dures de la période précédente, laves ou quartzites, difficiles à tailler. Lui seul peut se débiter en éclats minces, coupants et résistants, lui seul peut être retouché par pression habile d’un morceau de bois dur.
    Par exemple le gisement de Tit Mellil, près de Casablanca, a livré des pointes, des racloirs, des lames, des grattoirs, des pièces foliacées, allongées, très belles, taillées sur les deux faces, qui évoquent les outils « solutréens » d’Europe.
    Le pédoncule est dégagé en premier lieu de la partie la plus épaisse de la lame ou de l’éclat. Les pointes pédonculées peuvent être emmanchées, devenir flèches ou javelots. L’armement de ces chasseurs devient plus efficace ; leurs conditions de survie améliorées, il est probable qu’ils peuvent se multiplier.
    Il faut noter, d’après les variations de la faune, des transformations climatiques. Un certain assèchement commence : les hippopotames se raréfient, les éléphants se maintiennent. Pour expliquer la présence de cervidés et d’ours (peu nombreux du reste) on a parlé d’un « pont » entre l’Europe et l’Afrique, à la place du détroit actuel de Gibraltar, ou d’un rafraîchissement. La faune doit ainsi avoir un curieux caractère mixte. Mais la séparation de l’Afrique et de l’Europe arrête cette immigration nordique. L’assèchement du Sahara qui commence et qui va se poursuivre aboutit à l’isolement de l’Afrique du Nord dans la faune évolue par appauvrissement dû à l’homme. Dès le Paléolithique supérieur elle a des caractères de faune résiduelle.

    Le Paléolithique supérieur

    Les gisements lithiques se multiplient en surface, indice probable d’une augmentation de la population.
    Un type d’homme nouveau apparaît et se répand, grand, très proche de l’homme actuel, l’ »Homo sapiens ». Le Néanderthalien disparaît, sans qu’on sache trop bien comment ou pourquoi. A-t-il céder la place à des envahisseurs plus intelligents et mieux outillés ?
    On distingue deux industries qui coexistent, semblent étrangères l’une à l’autre et se partagent l’Afrique du Nord. Ce sont l’Ibéro-maurusien et le Capsien.
    L’Ibéro-maurusien, ainsi appelé parce qu’on croyait y déceler des influences ibériques, est aujourd’hui appelé Mouilien (de la Mouilah en Algérie) ou Oranien. Il est admis qu’il précède chronologiquement le Capsien bien qu’il ait continué à coexister avec lui. Son domaine est essentiellement littoral avec le Maroc et la façade maritime du Maghreb. Cette industrie se caractérise par des outils de petite taille : on trouve en particulier lamelles retouchées de manière à se terminer par un piquant trièdre, des grattoirs, des microburins. Les outils en os apparaissent et des éléments de parure – surtout des coquillages marins. Malgré la localisation essentiellement littorale de cette industrie, il ne semble pas que ces hommes soient des marins ou des pêcheurs.
    Dans l’Ibéro-maurusien, des subdivisions ont été proposées selon l’abondance des outils en os. Mais il y aurait selon certains sous cette étiquette des reliques de cultures très diverses et d’âges sans doute fort différents. Sans aller jusque-là d’autres pensent que les différences seraient les faciès plus ou moins équivoques d’une même civilisation. Le nombre des stations est très important au Maroc : Bouskoura, Taforalt, etc.
    Le Capsien (de Gafsa en Tunisie) concerne la zone intérieure du Maghreb, et assez peu le Maroc. L’outillage est de plus grande dimension que celui du Mouilien, mais comporte aussi des microlithes. L’os, rare au début, devient abondant par la suite en même temps que les lames de grande dimension se raréfient. Ce qui caractérise cette civilisation de sont les « escargotières », amas de coquilles d’escargots mélangées avec des cendres. On y trouve aussi des morceaux de coquilles d’œufs d’autruches, servant de récipients et sur lesquels un décor gravé apparaît : première préoccupation esthétique. On connaît même de rares gravures sur pierre. Localisé d’abord dans Sud tunisien et la région de Constantine, il déborde vers l’Ouest (Capsien supérieur) et atteint presque le Maroc oriental.
    A cette époque donc, au Maroc, les hommes commencent à se stabiliser, occupent des campements durables près des sources, le long de la côte. Ils ont déjà un souci esthétique. Ils ont aussi des préoccupations religieuses puisqu’ils ensevelissent leurs morts, selon des rites précis : à Taforalt les os ont été peints à l’ocre rouge. En général les morts ont les incisives arrachées.

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