Premier League : Meilleur joueur de la saison est Scott Parker de West Ham

Discussion dans 'Angleterre' créé par simo160, 7 Mai 2011.

  1. simo160

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    L'exemplaire mister Parker​


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    Le meilleur joueur de la saison appartient à la pire équipe de Premier League. Absurde? Pas forcément. Oui, West Ham est lanterne rouge. Mais à 30 ans, Scott Parker livre vraiment une saison exceptionnelle. Gros plan sur un joueur à la trajectoire chaotique mais au caractère exemplaire.

    Lorsque Scott Parker a été désigné meilleur joueur de l'année en Premier League par les journalistes anglais, le mot qui est le plus souvent venu à l'esprit fut "surprise". Celle de l'intéressé, d'abord, qui a mis une bonne minute à pouvoir prononcer le moindre mot au téléphone en apprenant la nouvelle. Lui est resté sans voix, d'autres se sont étranglés. Certains ont même ricané. Pensez donc. Scott Parker, aux côtés de Stanley Matthews (le premier lauréat, en 1948), Bobby Moore, Jacky et Bobby Charlton, Best, Keegan, Dalglish, Lineker, Cantona et tant d'autres? Une hérésie. Parker, successeur de Rooney, Gerrard, Ronaldo et Henry, les derniers vainqueurs? Au secours. Pourtant, il y a quelque chose de rafraichissant à voir le milieu de terrain de West Ham récompensé de la sorte.

    Certes, si Scott Parker a pu recevoir le PFA Award, c'est parce que personne n'a émergé de façon indiscutable au-dessus de la mêlée, y compris au sein des grosses écuries. Mais Parker n'a rien volé. Aucun joueur n'a été plus précieux à son équipe qu'il ne l'a été pour West Ham. Le club londonien pointe à la dernière place du classement à trois journées de la fin. Mais sans Parker, il serait déjà condamné. Depuis longtemps. "Il ne faut pas avoir vu un seul match de West Ham cette saison pour oser dire qu'il ne mérite pas cette récompense, juge Jamie Redknapp, aujourd'hui sur Sky Sport. Il a joué avec davantage de confiance cette année, il est infatigable, il a marqué plusieurs buts importants et il est devenu un vrai leader."

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    C'est bien sur ce dernier point que Scott Parker a le plus changé. A 30 ans, il parait s'épanouir dans ce rôle de meneur d'hommes dans lequel personne ne l'aurait imaginé il y a encore quelques années. Carlton Cole, son coéquipier à West Ham, se souvient de cet après-midi de février où les Hammers étaient menés 3-0 à la mi-temps à West Brom. "Scott s'est levé dans le vestiaire pendant la pause. Son discours a pris tout le monde aux tripes. Si vous aviez été là, vous n'auriez pas pu retenir vos larmes. Quand nous sommes revenus sur le terrain, nous étions prêts à renverser des montagnes." 45 minutes plus tard, West Ham repartait avec un nul (3-3). Parker fait partie de ces joueurs qui rendent une équipe meilleure non par leurs pures qualités footballistiques, mais par sa capacité à inspirer ceux qui l'entourent. "Scott vous donne envie de vous dépasser parce qu'il est toujours, lui, à 300%", reprend Cole.

    Il y a encore quelques mois, sa carrière semblait pourtant au point mort. La jeune pousse prometteuse de Charlton n'avait pas donné les fruits espérés. La pire chose qui lui soit arrivé? Son transfert à Chelsea, en janvier 2004, deux mois après ses premiers pas en équipe d'Angleterre.. On le croit paré au décollage pour de bon, mais il va s'enterrer. "Il n'y était pas préparé", regrette Alan Curbishley, l'homme qui l'a lancé au plus haut niveau à Charlton. Ecarté par Ranieri puis par Mourinho, l'enfant de Lambeth ne s'est jamais senti à l'aise au milieu des stars de Stamford Bridge. Il finit par disparaître de la circulation et quitte les Blues au bout de 18 mois, direction Newcastle, où il ne restera que deux saisons, très correctes d'ailleurs. Mais c'est vraiment à West Ham qu'il va changer de dimension. "Il y a retrouvé un cadre plus proche de celui de Charlton, qui convient mieux à sa personnalité", reprend Curbishley.

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    Parker est effectivement ce qu'on appelle un "Family man". Son parcours fait un peu penser à celui, chez nous, d'un Benoît Pedretti, révélé à Sochaux et revigoré à Auxerre après s'être égaré dans des "gros" clubs. Tel est le paradoxe de Scott Parker: enfant star à 13 ans, alors qu'il n'y a pas plus anti-star que lui. Car le gamin à la tignasse rouge qui jonglait dans son jardin en 1993, maillot du Three Lions sur le dos, pour une pub McDonalds, goûte davantage la discrétion que la lumière. Il préfère illuminer que flamber. A West Ham, chassant l'image trompeuse de cette lointaine publicité, il a enfin trouvé chaussure à son pied.

    Ce titre de meilleur joueur de la saison, c'est évidemment une "magnifique consécration" comme il le dit lui-même. Il est d'autant plus à même de l'apprécier qu'il a pris les chemins de traverse plus que l'autoroute du succès qu'on lui prédisait voilà 10 ans. On ignore si West Ham pourra se sauver, d'autant que son héros, blessé au tendon d'Achille, n'est pas certain de pouvoir jouer ce week-end. Mais la carrière de Scott Parker, elle, est définitivement remise sur les rails. Même Fabio Capello, qui ne l'avait pas emmené en Afrique du Sud l'an dernier, s'en est rendu compte. Il l'a rappelé et même titularisé face au pays de Galles le mois dernier dans un match de qualification à l'Euro 2012. Parker, excellent, a peut-être signé ce soir là un bail longue durée avec l'équipe d'Angleterre, lui qui ne compte que cinq petites capes.


    Alors, c'est vrai, il ne possède pas la vitesse d'un Bale, la technique d'un Ronaldo, la grâce d'un Henry ou la hargne d'un Rooney. Et il ne l'aura jamais. Mais il a pour lui un sens de l'éthique et de la modestie, un amour du combat et du maillot qui font de lui un joueur spécial. Peut-être pas le meilleur joueur de l'année, au sens où on l'entend généralement. Mais tellement exemplaire. Ces derniers mois, il a joué blessé, à plusieurs reprises. Il a même tenu sa place face à Tottenham, quelques heurs après le décès de son père. Parce qu'il donne peut-être la clé de la réussite de Parker, on laissera le mot de la fin à son entraîneur d'aujourd'hui, Avram Grant. Un ancien de Chelsea, lui aussi. Grant en a côtoyé, des stars, mais il retrouve chez Parker une salutaire simplicité. "Avec l'argent, dit le technicien israélien, certains oublient parfois qu'ils ont choisi le football juste parce qu'ils aimaient le jeu. Scott, lui, continue à entrer sur la pelouse comme s'il s'agissait de son premier match."







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