Premiers succès dans la stratégie de lutte contre les clandestins

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 29 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Le Maroc a réussi à faire baisser les candidats marocains à l'immigration clandestine de 24 % durant les neuf derniers mois. Il a également pu démanteler pendant l'année dernière 425 réseaux spécialisés dans le convoyage des immigrés clandestins. Ces chiffres constituent pour Khalid Zerouali, directeur de la migration et de la surveillance des frontières au ministère de l'Intérieur une réelle avancée en matière de lutte contre l'immigration clandestine même si ces efforts de la part du Maroc restent peu ou pas du tout reconnus.

    Un exemple est cité par Khalid Zerouali pour étayer cela, à savoir que 5 % seulement des immigrés clandestins qui arrivent en Espagne le sont à partir du littoral marocain alors que les 95 % restants proviennent des autres frontières espagnoles et des aéroports. Pourtant, les médias et les ONG ne braquent leurs projecteurs que sur les 5 % qui débarquent du Sud.


    N'empêche, le Maroc est décidé à poursuivre sa stratégie de lutte contre la migration illégale. Dans ce sens et ayant constaté que la migration ne répond plus aux schémas classiques connus dans les années 80 et 90, le Royaume a développé une stratégie globale qui concilie les aspects législatif, institutionnel, sécuritaire, mais également la coopération internationale et la sensibilisation.
    Sur le plan législatif, le Maroc s'est doté d'un arsenal juridique visant à réguler l'entée et le séjour des étrangers au pays. Il s'agit de la loi 02-03 qui est entrée en vigueur en novembre 2003.

    L'objectif consistait à unifier les textes antérieurs, à harmoniser les nouvelles dispositions avec le code pénal, à rationaliser les critères de séjour des étrangers au Maroc et surtout à codifier les infractions liées à l'émigration clandestine. Dans ce sens, le trafic des migrants a été criminalisé et ses commanditaires sont désormais passibles de peines de prison allant de 10 ans à la perpétuité.

    Sur le plan institutionnel, la mise en place de la direction de la migration et de la surveillance des frontières et de l'observatoire de la migration en tant que structure a permis de mieux rationaliser les méthodes de travail et d'affiner les outils d'analyse.

    Sur le plan sécuritaire, la stratégie de lutte privilégie une démarche de proximité et de prévention et notamment par le biais de renseignements. Cette approche a été renforcée par le déploiement d'environ 7 000 hommes dont 4 300 pour la surveillance du littoral. Après les événements dramatiques survenus aux abords des présides de Sebta et Melillia, des unités composées de 4 000 hommes ont été également affectées à cette tâche.

    Un autre volet concerne la coopération internationale. Dans ce domaine, la démarche se base sur le principe de la responsabilité partagée. Ainsi, avec l'Espagne la coopération a été matérialisée par le démarrage effectif en février 2004 de patrouilles maritimes mixtes entre la gendarmerie royale et la Guardia civil entre Laâyoune et Las Palmas.
    Avec les pays africains, la coopération a porté sur les opérations de retour volontaire de 2879 ressortissants africains totalement prises en charge par le Maroc.

    Concernant les résultats de cette stratégie, elle a permis de faire avorter 26 000 tentatives d'immigration clandestines. Ce qui s'est concrétisé par une baisse de 40 % des migrants ayant réussi à atteindre illégalement les côtes espagnoles à partir de celle du Maroc.

    Karim Douichi
    Le Matin
     

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