Prisonniers: Un argument de moins pour la diplomatie

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 29 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    « Aucune date ne nous a été communiquée par le Polisario. Nous n'avons pas plus de détails que ce qui a été communiqué par voie de presse ». Cette déclaration est de Marc Bouvier, coordinateur - protection du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

    Les déclarations de Mohamed Abdelaziz sur les colonnes du « Monde » au sujet de la libération imminente des 400 détenus marocains à Tindouf reste donc sans suite. Le responsable du CICR affirme qu'il n'y a pas eu pour le moment de prise de contact directe avec le Polisario. Il reste néanmoins optimiste. « Le système est déjà rodé. Une fois la date arrêtée, les choses iront très vite », poursuit Marc Bouvier. Officiellement donc, il ne s'agit que d'une annonce de la part du chef des séparatistes. C'est ce qui, vraisemblablement, irrite le ministère des Affaires étrangères qui, en début de semaine, a publié un communiqué saillant. Dans celui-ci, le département de Mohamed Benaïssa estime que « la libération annoncée, sans précision de date, s'inscrit dans le cadre d'un activisme soutenu qui vise principalement à détourner l'attention de la communauté Internationale des graves tensions qui s'accentuent dans les camps de Lahmada, en territoire algérien ». Il qualifie cette annonce de « manipulation d'un véritable drame humanitaire ».
    Toutefois, l'annonce d'Abdelaziz est à prendre au sérieux. Il est certain que le Polisario tiendra parole. Et ce serait là peut-être la véritable raison de la colère des responsables de notre diplomatie. En effet, la carte « des plus vieux prisonniers de guerre au monde » est depuis toujours le joker utilisé pour décrédibiliser le Polisario. Une agence de lobbying américaine a même été engagée pour lancer une pétition « Free them now » qui plaide la cause des détenus de Tindouf. C'est aussi un argument de propagande nationale. Le jour même de la publication de ce communiqué, une manifestation organisée à Laâyoune scandait la libération de ces détenus. Les témoignages de militaires (qui ont récemment fui ces camps) sont aussi longuement diffusés sur la chaîne publique pour décrire les conditions inhumaines dans lesquelles ils vivaient. Ce sont les dernières cartouches que la diplomatie marocaine tire en utilisant ce dossier. Désormais, elle n'a d'autre choix que de changer son fusil d'épaule.


    Source: Le JOURNAL HEBDO.

     

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