Procès Al-Jazeera en Égypte,

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 6 Mars 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    ... retour d'un pouvoir autoritaire ?

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    Des journalistes du réseau satellitaire du Qatar Al-Jazeera, jugés en Égypte pour des accusations de soutien aux Frères musulmans, se sont plaints d'avoir subi de mauvais traitements

    Ce procès est considéré comme un test pour les autorités installées par l'armée depuis qu'elle a destitué en juillet 2013 le seul président jamais élu démocratiquement, l'islamiste Mohamed Morsi, de nombreux militants disant craindre un retour d'un pouvoir autoritaire dans le pays.

    La prochaine audience a été fixée au 24 mars par la cour criminelle du Caire.

    Le journaliste australien Peter Greste, et ses confrères égypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy et égyptien Baher Mohamed, arrêtés en décembre, sont apparus dans le box grillagé au côté de trois autres accusés, tous vêtus de la traditionnelle tenue blanche des prisonniers.

    Au total, 20 personnes présentées par le Parquet comme des journalistes d'Al-Jazeera sont jugées alors que la chaîne assure que seules neuf travaillent pour elle. Les 16 Égyptiens sont accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et les quatre étrangers de leur avoir fourni "argent, équipements et informations" pour "diffuser de fausses nouvelles" faisant croire à une "guerre civile dans le pays".

    Depuis juillet, au moins 1.400 personnes ont été tuées, la quasi-totalité des partisans de M. Morsi morts dans la répression menée par les forces de sécurité, selon Amnesty International.

    Les autorités égyptiennes ont accusé le réseau Al-Jazeera d'avoir pris fait et cause pour les Frères musulmans, proclamé comme un mouvement "terroriste", et ont fermé définitivement son antenne égyptienne, Al-Jazeera Mubasher Misr.

    Au-delà d'Al-Jazeera, ce sont les relations entre le Caire et Doha qui se sont tendues, Al-Jazeera étant la voix du Qatar. L'émirat gazier du Golfe reproche de son côté aux autorités égyptiennes leur violence à l'encontre des islamistes.

    Depuis le box des accusés, Soheib Saïd, l'un des accusés égyptiens, s'est plaint "de tortures physiques et de pressions psychologiques" de la part des services de sûreté de l’État. "Nous avons demandé à la médecine légale de nous examiner et personne n'a réagi".

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    Des journalistes d'Al-Jazeera manifestent leur soutien à leurs collègues
    jugés en Égypte, le 27 février 2014 à Washington

    - 'Épaule cassée depuis 10 semaines' -

    "Mon épaule est cassée depuis 10 semaines et je dors par terre" en cellule, a de son côté affirmé M. Fahmy à la cour. "Je vous demande de me libérer avec la garantie de l'ambassade canadienne que je ne quitterai pas le pays".

    Son père, qui lui a rendu visite mardi, a affirmé à l'AFP qu'il avait "besoin d'une opération à l'épaule droite, mais les autorités pénitentiaires ne l'ont pas autorisée jusqu'ici".

    Durant l'audience, un responsable des services de sécurité a indiqué que M. Fahmy travaillait pour Al-Jazeera Mubasher Misr et que "dans la mesure où il collabore avec une chaîne qui diffuse des fausses informations et coopère avec les Frères musulmans, c'est un membre" de la confrérie.

    Mais M. Fahmy a insisté sur le fait que lui et les autres accusés travaillaient pour Al-Jazeera English, précisant qu'il avait même dit au réseau satellitaire que "rien de son travail devrait apparaître sur Al-Jazeera Mubasher Misr".

    M. Greste a également démenti que les journalistes travaillent pour la chaîne égyptienne.

    "Rien, dans nos équipements, nous met en cause", a-t-il dit par ailleurs, en référence au matériel de l'équipe présenté par le parquet comme pièce à conviction.


    Pour un avocat de M. Fahmy, Ibrahim Abdel Wahab, "la seule accusation crédible est celle de possession de matériel de diffusion sans autorisation".

    Al-Jazeera a dénoncé des accusations "infondées" et Mokhless El Salhy, un autre avocat de la défense, a indiqué à l'AFP qu'il allait "de nouveau demander leur libération sous caution".

    Les autorités affirment que les journalistes travaillaient sans accréditation, ce qu'a démenti M. Fahmy.

    Les trois autres journalistes étrangers sont jugés par contumace - les Britanniques Sue Turton et Dominic Kane et la Néerlandaise Rena Netjes.

    En réaction à ce procès, Reporters sans Frontières a dénoncé "la poursuite de la violation des libertés fondamentales". En janvier, Human Rights Watch avait déploré "une tolérance quasi zéro", tandis qu'Amnesty International accusait l’Égypte de n'accepter "qu'une seule version des faits : celle autorisée par les autorités".





    Crédit image : Des journalistes étrangers et des proches des journalistes d'Al-Jazeera emprisonnés, devant la prison du Caire où ils sont détenus, le 20 février 2014 | afp
    afp / 06.03.2014 : 09h36

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  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Procès Al-Jazeera en Égypte


    La liberté sous caution rejetée

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    AFP/Archives


    Un tribunal égyptien a refusé lundi la libération sous caution de journalistes d'Al-Jazeera dont trois, notamment l'Australien Peter Greste, ont passé près de 100 jours en détention pour soutien présumé aux islamistes dans une affaire qui provoque un tollé international.


    Au cours d'une nouvelle audience dans ce procès vu par les défenseurs des droits de l'Homme comme une illustration du retour d'un pouvoir autoritaire, les trois journalistes ont pu plaider leur cause hors du box grillagé des accusés, "un acte sans précédent dans l'histoire des tribunaux criminels égyptiens", a noté un de leurs avocats.

    "Je vous en prie, sortez-nous de prison, nous sommes fatigués. Nous n'en pouvons plus de la prison", a lancé le directeur du bureau d'Al-Jazeera English au Caire, l’Égypto-Canadien Mohamed Fadel Fahmy.

    Avec sept autres hommes vêtus de la tenue blanche des prisonniers, il comparaissait une nouvelle fois, accusé d'avoir soutenu les Frères musulmans, la confrérie du président destitué Mohamed Morsi proclamée "organisation terroriste" par les autorités.

    "Aujourd'hui, notre seul désir est de continuer à nous battre pour laver nos noms, hors de prison (...). Nous sommes prêts à accepter toutes les conditions que vous nous imposerez", a renchéri M. Greste, arrêté fin décembre au Caire en compagnie de M. Fahmy et de l'Egyptien Baher Mohamed.

    Ce dernier a également lancé un appel désespéré à sa libération. "Ma femme est enceinte et elle vient me visiter en prison avec nos enfants. C'est extrêmement fatiguant. Je demande ma libération sous caution pour être à ses côtés".

    Au total, 20 personnes sont poursuivies, dont plusieurs par contumace. Seize Égyptiens sont accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et quatre étrangers de leur avoir fourni "argent, équipements et informations" pour "diffuser de fausses nouvelles" et faire croire à une "guerre civile".

    La demande de liberté sous caution a été refusée et la prochaine audience a été fixée au 10 avril.

    "L'idée que je puisse avoir une connexion avec les Frères musulmans est vraiment grotesque", a insisté M. Greste. "Je voudrais insister sur le fait que nous ne représentons pas un risque, que ce soit pour l’État égyptien ou pour n'importe quel individu. Nous n'avons pas été accusés de crime ou de violence. Nous n'avons pas été arrêtés en possession d'armes".

    Aucune charge valable

    Mokhless El Salhy, avocat d'Al-Jazeera, a affirmé à l'AFP que ses clients travaillaient "de façon professionnelle et objective".

    "Ils couvraient des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, comme toutes les autres télévisions. Ils n'ont rien inventé ni fabriqué", a-t-il insisté.

    "Après trois audiences, il est clair qu'il n'y a aucune charge valable contre nous. Aucun témoignage ne nous incrimine", a affirmé à l'AFP M. Fahmy. A l'adresse du tribunal, il a ajouté qu'il était un "libéral" et qu'il lui arrivait de boire de l'alcool, preuve selon lui qu'il ne peut appartenir aux Frères musulmans.

    Avant le début de l'audience, Mike Greste, frère du journaliste australien, a assuré que "100 jours de prison avaient dû laisser des marques" mais que son frère était toujours "fort".

    Pour beaucoup, ce procès est un test pour les nouvelles autorités mises en place par l'armée neuf mois après l'éviction de M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte.

    Depuis le coup de force des militaires, au moins 1.400 manifestants pro-Morsi ont péri dans une répression dont l’Égypte n'a pas apprécié la couverture par Al-Jazeera. Les autorités ont fermé l'antenne égyptienne, et depuis Le Caire et Doha sont à couteaux tirés.

    M. Morsi est lui-même poursuivi dans quatre affaires, dont une pour "espionnage". Évoquant ce procès, le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a accusé un rédacteur en chef d'Al-Jazeera, Ibrahim Mohammed Hilal, d'avoir aidé les Frères musulmans à communiquer à un pays étranger des informations sur la sûreté de l’État et sur l'armée.

    Une source au sein d'Al-Jazeera a estimé que "personne" ne prendrait ces accusations au sérieux et a dénoncé "une nouvelle théorie stupide du complot".





    Mise à jour : lundi 31 mars 2014 16:23 | Par AFP
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