Produits islamiques, les offres arrivent

Discussion dans 'Scooooop' créé par Casawia, 8 Mars 2007.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Le Comité des établissements de crédit se réunit dans les prochains jours pour donner son feu vert. Attijariwafa bank, BMCE Bank et la Banque populaire sur les starting-blocks. Les offres et les campagnes de communication déjà prêtes. L’appellation «produits islamiques» est proscrite. Bank Al Maghrib propose «produits alternatifs».


    C’est la dernière ligne droite pour le lancement des produits bancaires islamiques. Selon des sources à Bank Al-Maghrib, le Comité des établissements de crédit se réunira incessamment en vue de donner son feu vert pour que les banques puissent mettre leurs produits sur le marché. L’avis de ce comité, prévu par l’article 19 de la loi bancaire, est incontournable et requis par le gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM) sur toute question, à caractère général ou individuel, ayant trait à l’activité des établissements de crédit et des organismes assimilés. A l’occasion de cette rencontre, le Comité des établissements bancaires qui regroupe, outre les représentants de BAM, ceux du GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc), du ministère des finances et de l’APSF (Association professionnelle des sociétés de financement), validera aussi le schéma comptable proposé par BAM pour le traitement de ces nouveaux produits. Ce schéma devra apporter une réponse à la question des ratios et à celle de la classification des actifs des banques.

    Aujourd’hui, ce n’est donc plus qu’une simple question de jours. D’ailleurs, les contrats modèles des trois types de produits qui seront mis sur le marché en premier sont déjà finalisés (lire encadré ci-dessous), nous confie la même source. Selon BAM, l’offre de produits alternatifs donnera lieu à la signature de contrats types établis sur la base des règles édictées par The Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions, organisme basé à Bahreïn qui compte 115 membres représentant 27 pays et chargé d’édicter les standards conformes aux préceptes de la chariaâ, applicables aux produits et aux institutions financières islamiques.

    Objectif : attirer les milliers de Marocains qui évitent la banque classique

    Auprès des banques, on essaie autant que possible de préserver le secret. Chaque institution, et c’est normal, veut éviter de donner le moindre indice à la concurrence. Ce qui est certain, c’est que les banques, après l’épisode de la guerre des intérêts sur le segment immobilier, vont de nouveau déterrer la hache de guerre dans une logique de course aux parts de marché. Le taux de bancarisation stagne depuis plusieurs années et à peine atteint-il les 24 %. Actuellement, des milliers de personnes repoussent les offres classiques proposées par les banques et ne traitent avec ces dernières qu’en cas de besoin extrême, les jugeant non conformes aux préceptes de l’islam. Du coup, elles se retrouvent en dehors des circuits formels. Ces personnes trouvent parfois réponse à leurs besoins dans des circuits parallèles avec tous les dangers de récupération, politique notamment, que cela représente. La prise de conscience chez les responsables du secteur bancaire, quoique tardive, est louable. «L’introduction des modes de financement alternatifs devrait permettre de répondre aux vœux de certaines catégories de la population et de contribuer à une meilleure bancarisation de l’économie», peut-on lire sur une note interne de BAM.

    Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que les trois premières banques qui sont inscrites dans une logique de taille vont investir ce créneau. Dans cette course, Attijariwafa bank semble disposer d’une petite longueur d’avance puisqu’elle hérite de l’expérience de Wafabank. Cette dernière (voir encadré ci-après), rappelons-le, a fait une tentative, avortée, en 1985, et se préparait à lancer des produits de ce genre. Les équipes de Khalid Oudghiri sauront-elles capitaliser sur cette expérience ? Ce qui est sûr, c’est qu’Attijariwafa bank, qui travaille déjà depuis 2006 sur le développement de produits islamiques, dispose déjà d’une offre ficelée.

    Pour leur part, les responsables de la BMCE affirment que les choix de la banque sont déjà arrêtés. «Au moins deux banques, Attijariwafa et la Banque populaire vont se jeter en même temps que nous dans le bain. La BMCE lancera ses produits dès que l’autorisation définitive de BAM sera donnée». Qu’en est-il du degré de préparation en interne ? Cette nouvelle gamme de produits nécessite, selon ce responsable de la BMCE, des procédures et des montages spécifiques. «Nous travaillons sur plusieurs scénarios et nous allons offrir un panel de produits diversifiés». A la BP, les responsables sont moins bavards et adoptent une attitude réservée, concurrence oblige.

    Mais peut-on affirmer pour autant que le Maroc a définitivement opté pour une ouverture tous azimuts au profit de la finance islamique ? Rien n’est moins sûr puisque les banques islamiques étrangères ne sont pas encore autorisées à opérer directement sur le territoire national. Pourtant, le gouvernement marocain a été à plusieurs reprises approché ces dernières années par des fonds islamiques qui ont émis le souhait d’opérer sur le marché marocain. Des milliards de pétrodollars ont, depuis le 11 septembre, migré depuis les Etats-Unis et les places européennes, auxquels se sont ajoutés les revenus générés par le surenchérissement du baril, et sont en quête d’opportunités d’investissements. Des financiers arabes et orientaux qui se déclarent plus regardants en matière de conditions de placement sont toujours à la recherche d’occasions en adéquation avec leur «éthique». Les spécialistes de la finance islamique évaluent les capacités d’intervention de ces fonds à plus de 400 milliards de dollars.

    L’approbation de l’installation de ces banques n’est pas pour bientôt. Selon un spécialiste, «cela risque de provoquer une dichotomie sur le marché en taxant les banques qui ne relèvent pas de cette catégorie d’institutions justement non islamiques». Et c’est certainement la raison pour laquelle Bank Al Maghrib insiste beaucoup sur les mots et la terminologie. Les banques devront ainsi, dans leurs publicités pour ces produits, utiliser le terme «alternatifs» et non pas «islamiques».


    La VieEco
     
  2. pouet

    pouet Visiteur

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    Re : Produits islamiques, les offres arrivent

    Ces produits sont basés sur le leasing. C'est exactement le même principe. Sauf que c'est la banque qui achète le produit et le client paye la banque et dans le contrat la banque sera vendeuse du produit à un prix plus cher. Et comme ça le client qui veut pas payer riba payera exactement la même chose mais ça sera appelé "al mouraba7a"

    Je n'appelle pas "Produit islamique". J'appelle ça un produit pour les bornés d'esprit qui ne veulent pas accepter un système avec lequel le monde entier avance.

    Dire que ces produits seront "Halal" et les produits de leasing classiques sont "haram", c'est ça la vraie hypocrisie de notre société.
     

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