Programme Kounouz Biladi 2009 : Des trésors inaccessibles

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 3 Août 2009.

  1. Info du bled

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    Cette année le tourisme marocain a été marqué par l’inauguration de Saïdia, première station du Plan Azur. Malgré l’ampleur de ce projet une question qui se pose : qui peut bénéficier de ce genre de projet ? Pas les pauvres, ni les classes dites moyennes. Pis : même les Marocains riches préfèrent passer leurs vacances annuelles à l’étranger. Saïdia ne peut donc être destinée qu’aux étrangers.
    Pour les nationaux, le ministère du Tourisme, en collaboration avec l’ONMT (Office national marocain du tourisme) a essayé de concocter des programmes sur mesure. En l’occurrence l’opération « Konnouz Biladi ». Conscients de l’importance du tourisme intérieur (qui vient le deuxième après le marché français et représente 20% des nuitées), les responsables de ce secteur se sont mis en tête de donner plus d’allant à celui-ci après que la première crise du golfe a démontré la volatilité des marchés émetteurs étrangers. A cette opération, 200 établissements d’hébergement participent. Les tarifs de ce nouveau programme pour une nuit avec un petit-déjeuner inclus d’après les classements des hôtels. Pour un 2*, le prix par chambre est 260 DH TTC , par contre dans un 3* revient à 360DH TTC et 560 DH TTC pour 4*. Dans un 5* les prix sont réduits à 60%, mais restent inaccessibles pour les Marocains. Expiant les erreurs des années précédentes (la preuve l’absence du programme Kounouz Biladi en 2008), l’offre à destination des nationaux est de retour cette année avec des nouvelles idées. Les hôtels sélectionnés proposent, par exemple, des chambres doubles. Dans ce cadre, pour mieux encourager le tourisme interne, il existe d’autres possibilités de réduction des tarifs, indépendamment de Kounouz Biladi. Exemple : l’obligation pour les hôteliers d’accorder une réduction de 25% sur la totalité des séjours à condition que ces séjours soient supérieurs à deux nuits consécutives. Cette faveur est octroyée aux résidents au Maroc et à tous les nationaux sans exception, ni exclusive. Du moins au niveau de la communication faite autour de ces offres. Une simple tournée auprès des agences des voyages permet de se rendre compte de la réalité.
    D’après Asmae, assistante de direction dans une grande agence de voyage à Casablanca, «beaucoup de personnes viennent demander des réservations dans le cadre de Kounouz Biladi. Le problème que nous avons, c’est que les chambres sont introuvables quand il s’agit de ce programme. Pour rendre service à ce pauvre client dont ses vacances risquent d’être gâchées, l’agence lui propose quelques hôtels avec qui elle collabore. Les tarifs sont supérieurs de 20 à 30 dirhams à ceux pratiqués par Kounouz Biladi, mais il s’agit d’une demi-pension au lieu d’un petit déjeuner seulement ».
    Pour Mohamed Wari, employé d’une agence de voyages sise à Avenue des FAR à Casablanca, il y a un manque de collaboration des hôtels surtout quand il s’agit de certaines destinations comme le nord (Tanger, Tétouan) ou le sud (Agadir) ou quand il s’agit de la haute saison. Pour Marrakech, à titre d’exemple, la réservation est permise, en été, dans le cadre de Kounouz Biladi ; étant donné qu’il s’agit de basse saison pour cette ville. Mohamed nous a signalé un détail très intéressant concernant le quota exigé par les hôtels. D’après, lui la réservation dans le cadre du programme touche à 10 chambres seulement.
    Dans plusieurs agences à Casablanca, le programme Kounouz Biladi a été inscrit depuis fort longtemps aux abonnés absents. On évite d’en parler. La raison : ils n’ont jamais réussi à donner corps ne serait-ce qu’à une seule réservation. La réponse que les hôteliers leurs opposent à chaque fois : « on est complet ». Conséquence, beaucoup d’agences refusent de chercher une réservation aux clients qui en font la demande ; voire ils évitent de leur parler de ce programme et font comme s’il n’a jamais existé.
    Mêmes problèmes à Rabat. D’après Hanane qui travaille dans une grande agence de la capitale administrative. Selon elle, «il n y a jamais de disponibilités et les hôtels participant à Kounouz Biladi sont toujours archicombles.
    Elle signale néanmoins avec fierté qu’elle a fait une seule réservation cette année à une cliente après d’âpres négociations avec un hôtelier qui prétendait qu’il ne pouvait répondre favorablement à sa requête vu que son établissement affichait complet. Le plus frappant dans cet exemple, c’est que la cliente une fois qu’elle a reçue à l’hôtel, elle a téléphoné à l’agence en l’informant qu’il était vide »
    Hanane nous a également rappelé que la commission dévolue à l’agence était insuffisante. « L’agence perçoit une commission de 7% dans le cadre du programme Kounouz Biladi, ce qui est insuffisant. Parfois, elle est obligée de renoncer à cette commission en faveur de l’hôtel car l’essentiel pour elle est de gagner la confiance de ses clients et non de les perdre ».
    Pour nombre de professionnels, ce programme a été créé tout simplement pour combler le vide en cas de crise. Mais il ne faut pas désespérer, puisque les nationaux doivent attendre jusqu’en 2011, date de l’ouverture des unités prévues dans le cadre du programme « Biladi » pour voir leurs demandes satisfaites à des prix abordables variant entre 300 et 500 DH par nuit et par famille pour les résidences hôtelières horizontales, entre 200 et 400 DH par appartement et par jour) pour les résidences hôtelières verticales et entre 100 et 150 DH par jour pour les campings.
    Dans l’attente, ils doivent continuer à rêver de farniente, de montagnes et de beaux rivages. Il leur en coûtera énormément moins cher que les inaccessibles chambres d’hôtels du programme Kounouz Biladi.

    Source : libe.ma

     

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