Protohistoire - Les Berbères à l'aube de l'Histoire

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 26 Octobre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Les Berbères à l’aube de l’Histoire

    L’histoire ne commence pour une grande partie du pays qu’au VIIIe siècle de l’ère chrétienne, avec l’arrivée des conquérants arabes, et pour quelques régions seulement, beaucoup plut tôt avec l’arrivée des Phéniciens et des Puniques. Nous savons encore si peu de choses sur ces Libyco-berbères, ancêtres directs des Berbères, qu’il ne saurait être question de faire un tableau même très sommaire. On peut seulement dire qu’il y a des groupes de sédentaires chez qui l’agriculture est encore très fruste. L’élevage et l’économie pastorale ont certainement une importance plus grande que l’agriculture proprement dite : les premiers auteurs, des Grecs, qui parlent des habitants de l’Afrique du Nord les appellent libyens, ou numides, c’est-à-dire nomades, et il est couramment admis que les Carthaginois ont appris l’agriculture aux populations indigènes. La religion existe, avec l’idée de l’immortalité ou d’un au-delà : on enterre avec soin les morts dans des tumulus de terre, de pierre, de dimension plus ou moins grande selon, vraisemblablement, l’importance sociale du mort ; à côté d’eux sont déposés des objets familiers, comme des armes ou des poteries, dont certaines sont importées du monde méditerranéen. Si le tumulus est la forme la plus fréquente de sépulture, on trouve aussi des dolmens, des « haouanet » (caveaux creusés dans les falaises), mode de sépulture qui dénotent des influences extérieures ; le mort est généralement installé replié. Souvent on continue la pratique néolithique du déchargement et de la coloration des os en ocre. Souvent aussi les tombes contiennent les os mêlés de plusieurs personnages.
    Les forces de la nature sont adorées ; des sommets, des grottes, des sources, des arbres constituent les lieux de culte. La magie, les sacrifices sont partout pratiqués, la zoolâtrie également avec l’adoration du bélier.


    On ne sait pas grand-chose de la langue libyque, ancêtre des dialectes berbères. Les inscriptions ne sont pas rares, beaucoup semble tardives, contemporaines de Carthage et de Rome ; presque toutes sont indéchiffrables. Les signes ressemblent au Tifinagh, actuelle écriture des Touaregs.

    L’organisation sociale et politique de ces hommes est inconnue. On suppose avec beaucoup de vraisemblance que la famille au sens très large est la base de l’édifice social. Plusieurs familles ou clans constituent une tribu et plusieurs tribus peuvent constituer une fédération, que des auteurs grecs ou latins ont appelé royaume.

    On a trop souvent pensé que cette société est immobile et l’on a voulu projeter dans le passé l’organisation que les Européens ont découverte à leur arrivée. Il convient d’être prudent : même si l’évolution a été extrêmement lente et incomplète, il faut en tenir compte. Entre l’âge du bronze et l’arrivée des conquérants arabes quinze siècles se sont écoulés au moins, sur lesquels nous ne savons quasiment rien. On a peine à admettre cependant qu’il n’y ait pas de différence entre les hommes qui hantaient le Yagour vers 1500 et 1000 avant J.-C, et ceux qu’Oqba a rencontrés dans sa chevauchée
    Une question reste insoluble dans l’état actuel de nos connaissances : l’origine des Berbères. Les études anthropologiques ont mis en évidence la grande variété des types physiques des populations actuelles de l’Afrique du Nord, même dans les régions écartées où l’on pourrait croire que les brassages sont peu importants. La forme des crânes, la taille, la couleur de la peau, etc., varient de façon importante. Les apports de la période historique ont été relativement peu importants, et il semble bien que l’essentiel des mouvements de la population se soient produits à la fin du Paléolithique et au Néolithique et se soient poursuivis à l’époque du bronze. Au Capsien et au Mouilien des hommes de race méditerranéenne ont envahi, par l’Est, l’Afrique du Nord. Il ont été rejoints par les pasteurs sahariens dont l’origine est sur le Haut-Nil. Des noirs ont pu se joindre à eux en très petit nombre. Du Nord de la péninsule voisine, les apports sont certains mais ne peuvent être évalués.

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