Que sont devenus les disparus de Tindouf ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 23 Août 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Jeudi dernier, à l'arrivée à l'aéroport Al Massira d'Agadir de dizaines de prisonniers marocains, pour qui cessait un clavaire de plus de 25 ans, était un moment de soulagement et de réjouissance. "Ils étaient extrêmement heureux. La cérémonie était très émouvante ", indiquait à la presse le chef de la délégation régionale du CICR pour les pays du Maghreb.

    Bernard Pfefferle ne manquait pas de rappeler, à l'occasion, les conditions difficiles dans lesquelles ces anciens militaires avaient été détenus. Depuis 15 à 20 ans, voire plus, ils étaient en effet incarcérés dans les geôles du polisario en territoire algérien, en plein désert où les conditions climatiques sont extrêmes. Ils portent en eux les séquelles de cette détention qui "les a prématurément vieillis", selon le responsable du CICR.

    La mobilisation tous azimuts - à la fois de la diplomatie marocaine officielle et populaire, à travers des ONG nationales, de personnalités et d'organisations internationales - aura payé. Mais la question humanitaire reste ouverte tant que le sort reste inconnu de plus de 210 autres Marocains.

    Le Comité international de la Croix-Rouge, en contact permanent avec le dossier, n'est pourtant pas parvenu à élucider encore ce dossier. Les termes sont ainsi clairs du communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, diffusé samedi 20 août.

    La libération des détenus marocains dans les camps de Tindouf ne clôt, en aucune manière, le dossier humanitaire du différend sur la question du Sahara, "puisque les cas de plus de 210 disparus marocains communiqués au CICR attendent d'être élucidés".

    C'est d'ailleurs sous la pression que l'Algérie a finalement lâché du lest et libéré les prisonniers marocains après un clavaire qui a duré, plus de 25 ans, pour la plupart d'entre eux.

    Le Maroc rappelle, par le biais du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, que la dernière libération conclut une série de quatorze autres opérations partielles, étalées sur plus de 18 ans et organisées par l'Algérie et le polisario, au mépris de toutes les règles fondamentales du Droit international humanitaire.
    L'atermoiement des responsables du polisario, était motivé par leur volonté de ne pas griller les seules cartes qui leur restaient en main pour exercer chantage et pression sur les instances chargées du règlement du dossier.


    "En effet, souligne le communiqué, et alors que les Conventions de Genève de 1949 commandent la libération inconditionnelle et sans délais des prisonniers, immédiatement après la fin des hostilités actives, l'Algérie et le Polisario ont persisté à effectuer des libérations partielles, au gré de calendriers internationaux spécifiques et d'intérêts ciblés".
    Une attitude à laquelle le Maroc opposait son acquittement plein et entier, en son temps, de cette obligation, comme en ont attesté les Nations Unies et le CICR, y compris la relaxe des prisonniers algériens.

    "L'implication de l'Algérie, à différents stades et divers titres dans ce dossier est avérée et sa responsabilité, en tant qu'autorité exclusive sur le territoire algérien demeure entière et imprescriptible ", souligne la même source. L'appel du sénateur américain Richard Lugar, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, et un des acteurs essentiels derrière la dernière libération, relayé par ceux des chefs de la diplomatie espagnole et française, à ce que le dialogue se fasse entre le Maroc et l'Algérie pour aboutir à une solution politique définitive au conflit, indique à l'évidence l'implication algérienne dans ce dossier.

    Le Maroc attend que lui soit fournies des réponses précises et des explications détaillées sur la quasi-totalité des cas et notamment de plus de 210 disparus marocains dont les listes ont été communiquées au CICR.

    Le gouvernement du Maroc a ainsi directement appelé la communauté internationale à "poursuivre ses efforts pour élucider, dans les meilleurs délais, le sort de tous les disparus marocains et à se pencher sur la situation et les conditions qui prévalent réellement dans les camps de Tindouf en Algérie, et pour répondre aux profondes aspirations au retour au Royaume des populations qui y sont retenues".

    De même qu'elle s'est faite pour les prisonniers militaires à Tindouf, la mobilisation des marocains continue pour les séquestrés civiles.

    Le communiqué officiel du ministère des affaires étrangères indique à ce propos que la dernière libération "n'occulte pas pour autant la situation de nos compatriotes dans les camps de Tindouf et la revendication du Maroc de permettre au Haut commissariat aux réfugiés (HCR) d'accéder librement à ces camps".

    Khadija Ridouane
    Le Matin

     

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