Quelles élites pour le Maroc ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 16 Octobre 2006.

  1. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

    J'aime reçus:
    85
    Points:
    0
    Il est de bon ton de fustiger les partis politiques et les intellectuels et de crier haut et fort qu’ils ne sont pas au niveau des exigences de l’heure, de l’étape historique. Les élites économiques sont-elles épargnées par ce mouvement de défiance général ? Pourtant à bien y penser, elles ne sont pas au diapason non plus. Comme partout ailleurs, le monde des affaires connaît des mutations profondes en raison d’évolutions objectives. Nous assistons à un véritable transfert de richesses.

    D’anciennes fortunes, parfois colossales, périclitent faute d’avoir réussi à s’adapter aux changements intervenus dans l’environnement. Il s’agit généralement de patrimoine familial, géré à la manière du patriarche, sans encadrement réel et qui tombe en ruines à la disparition du chef, c’est le cas des entreprises de construction telles que Ben Abdellah, Fahim et bien d’autres, ou de véritables holdings victimes de leur imprévoyance, le cas le plus typique étant Moulay Mesaoud Agouzal dont l’empire tangue dangereusement suite à un endettement record.

    Al’inverse, beaucoup de fortunes nouvelles émergent souvent sans soutiens particuliers, et grâce uniquement à leur sens des affaires, parfois malheureusement, en profitant des relations incestueuses qui perdurent entre pouvoir et monde des affaires. Là aussi le Maroc est en transition. L’Etat ne contrôle plus l’ensemble de l’Economie, ce qui permet à de nouvelles têtes de dépasser. Mais l’Etat continue à favoriser certains, grâce à ses bras séculiers et sans que cela soit aussi flagrant que par le passé.

    Ces changements font que les anciennes têtes visibles ne sont plus représentatives du patronat. Nous avons aujourd’hui affaire à des patrons beaucoup plus impliqués dans le devenir collectif. Cependant ceux-ci tiennent rarement le haut du pavé. Par ce jeu peu subtil, lié à la nature de la transition, ce sont des gestionnaires des affaires de l’Etat (Bakoury, Terrab, etc.…) ou des filiales de l’ONA qui jouent les portes- étendards de cette nouvelle génération. L’arrivée de Moulay Hafid El Alamy à la CGEM est l’expression de toute la complexité de la transition dans le milieu des affaires. Sans que l’on puisse nier que le changement va dans le bon sens.

    El Alamy est secondé par un salarié, et il a confectionné un conseil d’administration très Makhzeno-New look, avec la particularité de l’absence de la première entreprise du pays. Maroc Telecom, la mastodonte en terme de création de richesses n’a pas été sollicitée. Pourtant Ahizoune fait partie de la nomenklatura depuis longtemps. Aujourd’hui les nouvelles élites économiques sont là, leurs représentants visibles sont souvent liés à l’Etat ou à ses démembrements, mais en bas une véritable nouvelle classe entreprenariale est entrain de se former. Elle dégagera ses propres cadres rapidement.


    Envoyer par : le prince
    Source - l'observateur.ma
     

Partager cette page