Quelles conditions pour quelles pêcheries ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 16 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    La flotte de pêche communautaire commencerait fort probablement à pointer de la proue vers les eaux marocaines, et cette fois, il ne s’agirait pas seulement des unités de pêche battant pavillon espagnol ou portugais, mais tout porte à croire, au cas où un accord serait conclu entre Rabat et Bruxelles, qu’une armada battant une dizaine de pavillons de l’UE écumerait les eaux poissonneuses du Maroc.

    Le Maroc rejette la conclusion de tout accord de pêche avec l’Union européenne (UE) ne prenant pas en ligne de compte ses intérêts et la préservation de ses ressources halieutiques qui sont surexploitées, a mardi le secrétaire d’Etat chargé du développement rural, M. Mohamed Mohattane.

    "Le Maroc pose également comme condition que l’accord concerne les pêcheries les moins exploitées par la flotte marocaine et des zones spécifiques", a ajouté le secrétaire d’Etat devant la Chambre des conseillers, lors de la séance hebdomadaire des questions orales.

    Il s’agit là d’une reconnaissance tacite mais néanmoins officilelle du démarrage prochain de négociation entre Rabat et Bruxelles pour la conclusion d’un accord de pêche.

    L’imminence donc d’un nouveau protocole en matière de pêche n’est plus un secret pour personne, tant que tout le monde y semble prédisposé.

    Ou du moins ne montre pas de réticence, à la conclusion de ce nouveau, ou tout simplement, cet autre accord. Car pour parler de nouveauté, il faudrait attendre le début des négociations pour que soient dévoilées les conditions de chaque partie et jusqu’où pourrait-elle aller dans les concessions.

    Certes M. mohattane a déclaré devant le parlement que le Maroc a posé ses conditions, mais au delà des généralités, rien n’a filtré sur les détails techniques qui conditionneront l’activité des flottes communautaires dans les eaux marocaines. Une chose est sûre.

    C’est que bras de fer il y aurait.

    Aurait-il lieu entre responsables marocains et leurs homologues communautaires, où au contraire le tiraillement serait entre les négociateurs marocains et le lobby de la profession marocaine ?

    Attendons pour savoir. Toutefois, s’impose la question de savoir si les responsables, les Marocains, tiendraient compte, lors de l’établissement des conditions marocaines, des doléances et exigences des représentants marocains de la profession, toutes filières confondues, du représentant du marin pêcheur du bas de l’échelle à l’armateur au sommet du mât.

    Surtout que déjà les divergences apparaissent entre ce que veulent les Marocains (les gens de la profession s’entend) et les bribes de propositions (si diplomatiquement enveloppées et encore au stade de généralités) des responsables communautaires.

    De quel côté pencherait alors la balance des négociateurs marocains qui serait aussi lestée par les contraintes politiques ? C’est là la question.

    D’où l’inéluctabilité du bras de fer que seront acculer à engager les responsables marocains, que ce soit avec les professionnels marocains ou avec les négociateurs européens.

    Mais pour l’instant ni les responsables Marocains ni leurs homologues européens, ne dévoilent encore leurs cartes. Seuls les professionnels marocains par la voix de la FENIP, ont été clairs dans leur vision d’un éventuel prochain accord.

    Une vision qui ne concorde pas forcément avec celle de l’UE, si on se réfère aux bribes de propositions spéculatives, recueillies ici et là dans la presse, d’ici et d’ailleurs.

    Pour le lobby marocain de la pêche, ou du moins certains de ses membres qui ont les faveurs de la presse, leur adhésion à un accord de pêche avec Bruxelles nest pas à remettre en question tant que le prochain éventuel protocole ne se limiterait pas uniquement à l’extraction contre la compensation financière.

    Or, du côté communautaire, si l’on se réfère au journal on line « Agroline » dans sa livraison du 25 mai dernier, le volet financier semblerait être lun des atouts européens pour faire fléchir le gouvernement marocain aux conditions de Bruxelles Le journal n’a pas manqué de souligner que Rabat « aurait du mal à refuser un nouvel accord vu l’état de ses finances publiques ». Réalité ou surenchère, l’avenir et la tournure des négociations le démontrerait.

    L’autre friction qui risquerait d’apparaître dès le 25 juillet courant, relève des pêcheries qui seraient cédées à la flotte communautaire. En effet, si les professionnels marocains disent oui à l’ouverture des eaux marocaines aux flottes de Bruxelles sous conditions que celles-ci n’accèdent qu’aux pêcheries dites de poisson des eaux de fonds.

    Ce n’est pas comme cela que le verraient les Européens.

    Ces derniers penchent pour un accord sur mesure pour des flottes composées de petits bateaux aux capacités de capture réduites. Entendre par là qu’ils dédaigneraient les pêcheries de fond qui nécessite une artillerie lourde et plus que sophistiquée et chercheraient par conséquent à concurencer les flottilles marocaines dans leurs propres pêcheries.

    Enfin, le risque du dernier couac concernerait le débarquement des captures communautaires opérant dans les eaux marocaines.

    Ce point à toujours été la pierre d’achoppement de toutes les négociations entre Rabat et Bruxelles en matière de pêche depuis la renégociation à mi parcours en 1993 de l’accord 1990-1995.

    Cela fût aussi le cas lors des six rounds de négociations pour l’accord de 1996-2000, et chaque fois, Bruxelles a eu gain de cause pour ne pas dire le dessus sur ce point. Au grand dam des gens de la profession.

    Cette fois-ci l’Union Européenne se soumettrait-elle au droit international de la mer qui stipule clairement que les débarquements doivent être effectués dans les ports des pays hôtes ? Cela dépendrait de la ténacité des négociateurs marocains.

    Rappelons que l’ancien commissaire européen à l’agriculture et à la pêche, M. Franz Fischler avait claqué la porte lors des précédentes négociations parce que - entre autres-Rabat n’a pas cédé sur certaines conditions.

    Mais pour l’instant, côté responsables marocains, c’est toujours le silence total. Parmi les propositions européénnes pour la conclusion de ce prochain accord, ils annoncent que les pêcheries des céphalopodes ne seraient aucunement concernées par le protocole de pêche.

    Mais ce n’est pas par souci de mansuétude de leur part. La pêche aux céphalopodes n’est plus aussi interresante qu’elle ne le fût par le passé du fait de la multitude des arrêts biologiques et de la baisse drastique du volume des captures. surtout que les pêcheurs européens devraient être astreints à l’instar de leurs homologues marocains au système des quotas.

    En conclusion, le 25 juillet approche, et jusquà présent, on n’entend nullement parler de concertation des gens du ministère de tutelle avec les représentants des Chambres maritimes, ni avec la fédération des Chambres maritimes et encore moinsavec les multiples associations représentant la profession pour l’élaboration d’une plate forme de négociations.


    Leministère de tutelle cherche-t-il à faire cavalier seul dans la gestion de ce dossier ?

    par:Ali BENADADA

    Source: L'opinion.
     

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