Qui est derrière l’abandon des Subsahariens ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 30 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Début de la semaine dernière, les autorités marocaines avaient évacué plus de 40 ressortissants subsahariens de Bouyzakerne vers la ville d’Oujda. Tous les observateurs croyaient qu’il s’agissait d’un rapatriement régulier et que la leçon a été enfin retenue. Le Maroc n’est pas en reste. Les photos des jeunes Subsahariens errant dans le désert et sans eau ni nourritures, ont fait le tour du monde et le Maroc en a pâti. Pas le moins du monde, persistent à ressasser quelques récalcitrants. En effet, certains continuent de n’en faire qu’à leurs têtes. Les pauvres Subsahariens n’ont pas regagné leurs pays par avion, ni par aucun autre moyen de transport terrestre. Une fois encore, ils étaient tout simplement abandonnés au no man’s land maroco-algérien !! Chasser le naturel, il revient au galop.


    Eux qui croyaient que la tempête s’est calmée et que les médias ont focalisé d’autres événements plus intéressants, avaient agi sans prendre en compte la détermination et la volonté de certains ressortissants subsahariens. Ainsi, parmi les jeunes qui ont fait l’objet de cette vilaine idée, un groupe de treize personnes a rebroussé chemin. Ils ont fait demi-tour au Maroc. Rien qu’au week-end dernier, ils étaient déjà à Fès. Qui en est responsable ? Comme d’habitude, pas de réponse.
    Profitant d’une certaine accalmie, les autorités ont voulu se débarrasser des personnes existant à la caserne de Bouyzakerne, située à 10 km de Guelmim. En effet, le camp mis en place pour abriter au début plus de deux cents personnes, ne compte plus qu’une quarantaine de ressortissants subsahariens. Par quelle voie ont été rapatriés les ressortissants indiens du camp ainsi que les Bangladais? aucune idée. En tout cas, ce genre d’information qui emplissait les dépêches de l’agence officielle MAP, n’indique rien.
    Ainsi, ceux qui restent sont ceux qui disposent d’un document de demandeur d’asile remis par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR-Rabat). Si les autres ont épuisé toutes les voies de recours auprès du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), eux, ils caressent encore l’espoir que leurs dossiers seront validés. Dix-huit Congolais, trois Sierra léonais, cinq Libériens et sept Ivoiriens, ainsi que cinq Soudanais. Deux enfants vivent dans ce camp, l’un a neuf ans et l’autre, seul et sans sa mère, en a douze.
    «Cela fait maintenant deux mois que nous attendons la réponse du HCR, et les conditions dans lesquelles nous vivons dans ce camp sont de plus en plus difficiles, avec le froid et les sables du désert », relate amèrement Kissanga, un demandeur d’asile congolais, ajoutant qu’«ils (les responsables marocains) devraient nous accorder un traitement digne de notre appartenance à un même continent africain»
    En fait, au manque flagrant d’hygiène qui menace ces demandeurs d’asile de toutes sortes de maladies, s’ajoute l’indisponibilité d’endroits réservés aux besoins naturels, ce qui met les quelques femmes du camp dans une situation assez difficile.
    Des témoignages live ont secoué plus d’un à Tanger ce week-end à l’occasion du Forum social marocain thématique portant sur l’immigration. Active des droits humains à Tétouan, la Dr Bouthayna Chaâra, qui a pris part à cette manifestation, a rappelé que le volet humanitaire devrait avoir la primauté en matière de gestion de ce dossier. «Couvertes de ciel, ces personnes sous-alimentées sont la proie de tous genres de maladies », a signalé la Dr Chaâra qui avait effectué en octobre dernier une visite à la forêt Belyounech où il avait consulté plusieurs cas. Maintenant que la pression n’est plus pesante sur notre pays, ne peut-on pas mieux faire ?


    LIBERATION
     

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