Qui est derrière le cambriolage de la villa de Basri ?

Discussion dans 'Scooooop' créé par safdounia, 8 Juin 2007.

  1. safdounia

    safdounia SIGN OF THE DOVE

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    Le 16 mai 2007, le domicile de Hicham Basri, fils aîné de l'ancien ministre de l'Intérieur, Driss Basri, a été pillé. La police judiciaire a arrêté, un présumé coupable. Mais, l'ex-vizir ne compte pas en rester là.

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    Hicham Basri

    Le vol d'une maison est un fait divers commun. Mais, quand il s'agit du domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur, Driss Basri, cela devient subitement un événement majeur. Du temps où il était au pouvoir, rien que d’entendre prononcer son nom, même les innocents passaient aux aveux. De son exil parisien doré, il écume aujourd'hui, tout en ressassant son passé glorieux. L'ex-vizir de Hassan II aurait probablement préféré faire la une des journaux pour ses sorties médiatiques fustigeant le Maroc de Mohammed VI. Mais, Driss Basri doit se faire une raison. Son époque est bel et bien finie. La preuve.
    Le 16 mai 2007, son fils Taoufik découvre le cambriolage de la villa du quartier Californie appartenant à son frère aîné Hicham. Cette bâtisse située sur la route de La Mecque, à proximité du complexe sportif de la RAD, était utilisée comme un pied-à-terre par Driss Basri. Une espèce de piaule où l'ancien bras droit de feu Roi Hassan II organisait des rencontres clandestines ou amicales. Il y donnait également des rendez-vous revêtant des intérêts professionnels. Surtout quand il s'agit de traiter des affaires concernant les services secrets. D'où sa banalité. Il disait souvent: «On se voit, ce soir, chez Hicham.» Ce qui signifiait que la discussion était remise à plus tard, loin des regards indiscrets. La maison disposait, à l'époque, de matériel d'enregistrement sophistiqué, des magnétoscopes et de téléviseurs.
    Driss Basri y rangeait aussi des documents personnels. De temps à autre, son fils Hicham y séjourne. Le fils de l’ancien ministre d’État comptait parmi les hommes d'affaires les plus influents de Casablanca. Dans les années 90, en effet, il était l'actionnaire majoritaire de plusieurs sociétés opérant dans divers secteurs comme l'immobilier, les télécommunications, l'industrie. Mais, en 2003, le nom de Hicham Basri est cité dans des affaires instruites par le juge Jamal Serhane, notamment l’affaire Slimani-Lâafora. L'enfant gâté de la famille Basri a préféré alors quitter le pays pour d’interminables allers-retours entre la France et les Etats-Unis, où il gère ses gros avoirs de riche héritier. À partir de cette période, son domicile de Californie, surveillé par un gardien, est resté fermé.


    De temps à autre, un membre de la famille Basri y passait, afin de s'enquérir de son état. Ce 16 mai donc, en milieu d'après-midi, Taoufik s'aperçoit du forfait. La maison est vidée de ses meubles.
    Il alerte immédiatement la police et sa mère, Fatiha. Celle-ci est partagée entre Rabat et Paris, où son mari occupe un hôtel particulier ayant appartenu à l'ancien Président du Conseil français, Pierre Mendès-France, dans le chic 16ème arrondissement de la capitale française. Sitôt avisées du combriolage, les autorités casablancaises sont arrivées sur les lieux. Une enquête est ouverte sur-le-champ. Driss Basri, aussitôt informé, entre dans une colère noire. Il voit derrière ce brigandage une main cachée qui veut lui nuire. Chez ce super-flic, tout le monde est suspect. Un tic professionnel dont il n'arrive toujours pas à se débarrasser. Normal! Quand on a été à la tête de l'Intérieur plus d'un quart de siècle, la suspicion devient une seconde nature. Il faudrait dire aussi que le stade avancé de son hépatite C l'a affaibli physiquement et moralement. Ses excès sont, alors, à mettre sur le compte de sa maladie.
    Les investigations de la police ont vite établi que le vol n'est pas l'oeuvre de forces obscures, mais du gardien même de la maison. Le pauvre bougre engagé par les Basri et résidant dans une baraque de fortune au fin fond du jardin de la villa, niant au début, avoue ensuite son délit. D'ailleurs, il ne peut pas faire autrement. Toutes les preuves sont contre lui. Les éléments de la police judiciaire ont prélevé à l'intérieur de la villa des empreintes de chaussures de sport lui appartenant. Ce père de trois enfants, âgé de 30 ans, admet avoir le double des clés de la villa. Il a commencé, voilà cinq mois, à la vider de ses meubles qu'il vendait par la suite à des marchands ambulants en leur disant que leur propriétaire désirait s'en débarrasser. Selon lui, s'il a commis son infraction, c'est parce qu'il n'a pas perçu son salaire depuis deux ans. En plus, il croyait que Driss Basri était mourant et que son fils Hicham était interdit d'entrer au Maroc.
    La police a réussi à récupérer la majorité des objets volés dans le marché Ouled Mina, à Hay Hassani, et dans une baraque au douar Harit El Hamri sur la route de Moulay Thami, dans la banlieue de Casablanca. Il s'agit plus d'objets sans grande valeur comme d'un téléviseur home cinéma d'ancienne génération, des cassettes d'activités officielles et des portraits de Driss Basri avec Hassan II. Ceux qui ont visité cette villa du temps de l'ancien ministre de l'Intérieur témoignent qu'elle était modestement meublée. Rien à voir avec sa demeure principale à Rabat ou sa ferme de Ben Slimane ou encore son hôtel particulier à Paris. Ce gardien affamé a, donc, débarrassé Driss Basri de ses pacotilles. Tant mieux. Mais, le super flic ne croit guère à cette version. D'autant plus que le gardien avait un complice et que celui-ci court toujours. Selon certaines sources, il aurait même quitté le territoire marocain.


    http://www.maroc-hebdo.press.ma
     

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