Qui se partage la cagnotte du Mondial 2014?

Discussion dans 'Info du monde' créé par dul2, 12 Juin 2014.

  1. dul2

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    Après avoir remporté le dernier match du mondial 2014, le 13 juillet, le capitaine de l’équipe victorieuse brandira le trophée convoité par les trente-deux équipes qui s'élanceront dans la compétition à partir du 12 juin. Outre la gloire, chacun des joueurs champions du monde recevra un chèque de la Fédération internationale de football (FIFA) pour récompenser sa performance. Mais en cas de victoire, la part de cette prime réservée aux joueurs diffère selon les nationalités et les joueurs

    1. Qu’est-ce que la prime à la victoire ?
    L’hiver précédant chaque mondial, la FIFA fixe le montant de la prime qui ira à l'équipe championne – près de 26 millions d'euros cette année – et celle dévolue aux équipes éliminées au cours de la compétition. Fort logiquement, plus une équipe s'approche du Graal, plus la prime est conséquente. Mais même pour les équipes qui n'ont pas passé les matchs de poule, la somme reste conséquente – près de 6 millions d'euros.

    Au total, ce seront 264 millions d'euros qui seront distribués aux trente-deux pays en compétition.



    2. Ce bonus a-t-il toujours été aussi élevé ?
    Dès le premier mondial, en 1930, la FIFA a distribué des primes aux fédérations nationales participant à la compétition. Mais les montants sont aujourd'hui sans commune mesure. « Dans les années 1990, les droits télévisés ont explosé », relève Paul Dietschy, chercheur associé à Sciences Po et spécialiste de l'histoire du football. « C’est ce qui explique une redistribution plus généreuse de la FIFA aujourd’hui. » Source cruciale des revenus de la fédération des fédérations, les droits à l’image ont donc permis d’augmenter le montant des primes.

    Et ce n’est pas la seule rétribution versée par la FIFA. Cette dernière donne aussi à chacune des associations nationales un fonds d’un million d’euros pour la préparation de la Coupe et 50 millions d'euros à répartir entre les trente-deux fédérations, du simple fait de leur participation.

    Le 5 décembre 2013, la commission des finances de la FIFA a approuvé une augmentation de 37 % de l’ensemble de ces versements destinés aux participants par rapport à l’édition précédente. La Coupe du monde de 2010 avait déjà battu un record la dernière fois : une hausse des primes de 61 % par rapport à 2006. Toutes rétributions cumulées, le champion de 2014 obtiendra la coquette somme de 77 millions d’euros.

    3. Qui sont les destinataires de la prime ?
    Ce chèque, c’est la fédération de football du pays de l’équipe gagnante qui l’encaisse et non les joueurs, du moins pas directement. Les dirigeants de fédération victorieuse gèrent la cagnotte selon leurs propres règles. Le plus souvent, la majorité de la somme est directement intégrée dans leur budget, l’autre est distribuée aux membres de l’équipe en guise de récompense forfaitaire.

    La part du butin à destination des joueurs dépend de chaque pays. Comme l’Allemagne, au Brésil, les joueurs de l'équipe tricolore recevront, en cas de victoire, environ 30 % de la prime versée par la FIFA, soit 294 000 € si les Bleus s’emparent du titre.

    4. Qui décide de la part destinée aux joueurs ?
    Le butin des joueurs est négocié avant la compétition. Chaque fédération nationale procède à des négociations internes. Les primes sont discutées au préalable entre la direction et les joueurs. Ce qui explique que, si l’Espagne devait être sacrée, l’attaquant Diego Costa gagnerait 720 000 euros ; Cristiano Ronaldo devrait, lui, se contenter de moitié moins si le Portugal venait à briller cette année. Pour la Fédération française de football (FFF), les termes de la concertation sont ensuite inscrits dans un contrat.

    Une seule équipe décrochera le titre. Il faut donc prévoir aussi, selon le rang final, comment sera redistribué le reste de l'argent. Les recettes sont nombreuses et changent à chaque compétition : en fonction du nombre de buts, du nombre de victoires, ou de la position dans le classement. Pour les Bleus, une prime de 15 000 euros par tête est prévue pour chaque match gagné.


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    Cette année, les Espagnols pourraient obtenir, s’ils deviennent champions, le double de ce qu’ils ont obtenu en 2010, un record. « Comme ils ont décroché beaucoup de titres ces dernières années, ils peuvent prétendre à une prime plus haute », explique Paul Dietschy. En effet, celle réservée aux joueurs de la Roja est égale au double de celle prévue pour ceux de la Mannschaft allemande, des Auriverdes brésiliens ou de l’équipe tricolore.

    « En France, l’intérêt pour les joueurs est de profiter de la surexposition médiatique et de prétendre plus tard à de nouveaux contrats », affirme M. Dietschy.

    A chaque pays, son rapport de force. Les Lions indomptables camerounais ont failli ne pas décoller pour le mondial pour cause de différend avec leur gouvernement. Les négociations se durcissent selon la probité de la direction de la fédération nationale. « Ce qui est arrivé au Cameroun est très fréquent dans les pays d’Afrique subsaharienne, il y a une gestion désastreuse de la prime de la FIFA. Et donc les joueurs râlent », indique l’historien.

    5. Qui fait quoi avec le magot de la FIFA ?
    S’il y a une négociation entre les joueurs et les gérants de la fédération nationale, c’est que les intérêts des deux parties sont moins proches que ce que l’on pourrait croire. Les membres dirigeants empochent la prime pour rembourser les frais de la Coupe, financer la formation de nouvelles recrues, les programmes de développement, ou indemniser les arbitres du football amateur et rétablir, si besoin, les comptes de la fédération nationale. « C'est selon les désirs de chaque fédération », raconte Raffaele Poli, directeur de l'Observatoire de football. Il reconnaît lui-même qu'il est « difficile de savoir ce qu'ils en font ».

    Le versement consenti par les deux parties dépend aussi des chances de victoire du pays, du budget initial de la fédération et du salaire des joueurs. Les 155 000 euros réservés par footballeur pour l’équipe suisse, au cas où elle décroche le titre, en sont un exemple. Somme deux fois inférieure à celle des Bleus. « Car la victoire de la Nati suisse est peu probable et ses caisses ne sont pas très remplies. » Etre numéro un représente donc aussi la possibilité de renflouer ses fonds. Le magot peut exacerber les convoitises, et les affaires de primes détournées défraient la chronique dans certains pays d'Afrique subsaharienne. A l'été 2013, un joueur camerounais réclamait ses impayés de la Coupe du monde de 1990.

    « Pour ce qui est du joueur, le mondial lui permet de représenter son pays, de voir son jeu récompensé et surtout d’augmenter sa valeur marchande pour la suite », soutient M. Dietschy. La prime à la victoire, c’est un peu la méthode de la carotte. En résumé, pour être un bon footballeur professionnel, il ne suffit pas de savoir manier le ballon, il s'agit aussi d'être un sacré commercial.

    Prime à la victoire : qui se partage la cagnotte du Mondial 2014 ?
     
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