Qui sont vraiment nos MRE

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 17 Juillet 2009.

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    . Une étude dans 6 pays d’Europe

    · Grande précarité en Espagne et en Italie

    · Situation tendue aux Pays-Bas, mais plutôt bonne en Allemagne


    Quelles sont les perceptions et les préoccupations de la diaspora marocaine basée en Europe? Pour avoir les tendances fortes et les indicateurs socio-économiques de la communauté marocaine basée en France, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Allemagne, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a commandité une étude auprès du cabinet parisien, BVA. Le CCME vient d’ailleurs de rendre publics les résultats de cette enquête «inédite» sur les attentes de la diaspora.
    Ainsi l’étude se base sur un échantillon de près de 3.000 personnes (1re et 2e génération). Les premières conclusions révèlent des enseignements transversaux à l’ensemble des pays. Evidemment, il en ressort que les Marocains du monde ne sont pas une, mais plusieurs communautés qui ne se ressemblent pas forcément. L’étude annonce aussi «une nette volonté d’insertion durable des MRE dans les pays d’accueil». En même temps, elle confirme un solide attachement aux liens socio-culturels avec le pays d’origine, le Maroc. Globalement, la perception du pays d’origine reste positive.
    «L’image du Maroc est perçue comme très bonne alors que celle des MRE dans les pays d’accueil apparaît plus mitigée», signale l’enquête. Néanmoins, cette perception positive du pays d’origine est pondérée par des critiques et attentes prioritaires relatives notamment aux droits de l’homme, la femme…
    Dans les pays d’accueil, la perception est plutôt mitigée. «Un sentiment de discrimination très inégal varie selon le statut social» avec une moindre focalisation sur la question religieuse que sur les aspects liés au travail et au logement.
    Les spécificités par pays renseignent sur des situations socio-économiques assez différentes. Ainsi, un sentiment de grande précarité se dégage pour les MRE basés en Espagne et en Italie. Cette situation s’explique, pour le cas de l’Espagne, par une immigration plus récente et court-termiste ainsi que par les difficultés économiques qu’y connaît la communauté marocaine. A noter que les attentats, en mars 2004 à Madrid, n’ont pas arrangé les choses.
    En Italie, nos MRE ne sont pas mieux lotis. C’est d’ailleurs le pays où les difficultés sont les plus nombreuses. Et aux Pays-Bas, la situation s’est progressivement dégradée. Selon l’enquête du CCME, les MRE de Hollande «estiment être confrontés à des problèmes sociaux (travail, soins…) mais aussi et surtout à un rejet plus global». Rejet qui s’est exacerbé depuis le meurtre du réalisateur Théo Van Gogh, par un ressortissant d’origine marocaine. Pourtant, quelques années auparavant, la Hollande était l’un des pays les plus tolérants envers la communauté d’origine marocaine.
    Quant aux Marocains de France et de Belgique, «ces derniers connaissent une situation médiane dans ces deux pays». Ce sont d’ailleurs les communautés qui réussissent le mieux à s’ancrer dans le pays d’accueil tout en gardant des liens forts avec le Maroc. Sur le plan socio-économique, leur situation dans ces deux pays est moins mauvaise que celle de leurs «compatriotes d’origine» basés en Espagne et en Italie.
    La palme revient à l’Allemagne où les MRE se disent plus «satisfaits de leurs conditions». Là, la communauté marocaine est d’ailleurs l’une des plus ouvertes sur l’extérieur. Elle ressent, d’après l’étude, moins «de problèmes de discrimination». Autre enseignement phare sur les Marocains d’Allemagne: «ils ont peu de volonté de revenir définitivement au Maroc».
    Enfin, pour l’ensemble des pays d’accueil, la situation des retraités pose des problèmes d’ordre culturel et théologique. L’émigration marocaine de 1re et 2e génération génère de plus en plus de retraités qui ne s’identifient pas dans les modèles religieux existants dans les pays d’accueil respectifs.



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    Méthodologie

    A la demande du CCME, institution consultative et de prospection, le cabinet parisien BVA a réalisé une étude inédite auprès de la population marocaine immigrée (de 1re et 2e génération) vivant dans les 6 principaux pays européens d’immigration: France, Espagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Allemagne. L’enquête a porté sur un échantillon de près de 3.000 personnes, âgées entre 18 et 65 ans, interrogées simultanément dans les 6 pays en un mois (16 mars au 18 avril 2009).
    La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas (sexe, âge, répartition géographique…), en s’appuyant sur les données statistiques officielles dans chaque pays.


    http://www.leconomiste.com/
     

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