RÉPUBLIQUE PIRATE À SALÉ

Discussion dans 'Rabat' créé par tarix64, 20 Janvier 2007.

  1. tarix64

    tarix64 Visiteur

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    RÉPUBLIQUE PIRATE À SALÉ

    L'essayiste Peter Lamborn Wilson, également connu sous le pseudonyme d'Hakim Bey, a consacré un ouvrage, intitulé Utopies pirates, à la «république pirate de Salé». Il y met en évidence quelques traits distinctifs de cette ville située à l'emplacement actuel de Rabbat, sur la côte atlantique du Maroc. La cité connaît son apogée entre 1614 et 1640 environ. A lire Wilson, il semble que les pirates de Salé se recrutaient principalement parmi les musulmans andalous qui fuyaient les persécutions religieuses espagnoles, ou parmi les marins des navires arraisonnés, qui acceptaient d'abjurer la foi chrétienne et d'embrasser l'islam pour s'engager dans la flibuste. Il était de coutume en effet que les pirates laissent le choix aux équipages vaincus d'être débarqués sur la terre la plus proche, d'être passés par le fil de l'épée ou de s'engager avec eux dans la course. Nul doute qu'on n'hésitait pas longtemps entre les conditions de vie déplorables de la marine marchande du XVIIe et la grande aventure pirate...
    L'exemple du hollandais Jan Jansz, dont Wilson détaille la biographie, est emblématique. Capturé en 1618 par des pirates, il est converti à Alger et s'installe l'année suivante à Salé. Il devient même gouverneur de la ville en 1624, sous le nom de Mourad Raïs. Lors d'une escale en Hollande, sa femme, ses enfants et des parents des membres de l'équipage montent sur le bateau pour les convaincre d'abandonner la piraterie, tentative qui se solde par un échec, puisque Jansz reprend la mer avec plus d'hommes.
    Au contraire d'autres cités corsaires du Magreb (Tunis, Alger), Salé était complètement indépendante de l'empire ottoman. Elle disposait d'une organisation politique autonome. Un gouverneur élu pour un an était secondé par un conseil de quatorze capitaines (Divan). Dix pour cent des butins rapportés par les pirates revenaient à cette autorité locale: l'armateur et l'équipage se partageaient le reste.
    L'existence d'un impôt et d'institutions politiques tranche avec la vision utopique de sociétés pirates anarchiques. Wilson l'explique ainsi: «Les pirates de Salé acceptaient à l'évidence une forme de gouvernement républicain (et la taxe de 10%) dans le but de sauvegarder leurs libertés sur des bases permanentes.» Ici encore, les pirates prennent à contre-pied l'Europe absolutiste: alors qu'en France, en Espagne ou en Angleterre se développent des Etats modernes aux territoires vastes et de plus en plus centralisés, les pirates de Salé ressuscitent un modèle républicain proche de celui des villes italiennes du Moyen Age.

    http://www.lecourrier.ch/modules.php?op=modload&name=NewsPaper&file=article&sid=38222

     
  2. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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     : RÉPUBLIQUE PIRATE À SALÉ

    tarix une bonne contribution merci ca donne du riche historique de la ville comme point de du depard du dit el jihad el ba7ri au 17 eme siecle
     

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