RÉVÉLATIONS. Le Journal, l’histoire secrète

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 1 Mai 2009.

  1. @@@

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    “Mohammed VI, le grand malentendu” (Ed. Calmann Lévy), c’est le titre choc qu’a choisi Ali Amar, cofondateur de l’hebdomadaire Le Journal, pour son ouvrage qui sortira en France le 29 avril. Livre bilan sur les dix ans de règne de Mohammed VI, l’auteur l’agrémente d’anecdotes croustillantes sur les rapports des dirigeants de la publication avec certains hommes forts du régime... Extraits.


    Sidi Mohammed ou l’histoire d’une interview ratée
    En 1999, Le Journal avait caressé l’idée d’interviewer le prince héritier, qui allait bientôt devenir roi. Un scoop sans précédent, le futur Mohammed VI n’ayant jamais accordé le moindre entretien à la presse marocaine. Il ne le fera d’ailleurs jamais. Alors qu’encore aucune initiative n’avait été menée pour faire aboutir le projet, le rédacteur en chef du Journal avait rapporté que la requête venait du Palais, qui estimait une sortie du prince dans les médias envisageable, au point qu’il en serait même demandeur. Vérification faite par d’autres voies, Le Journal apprit que ce désir n’était pas à l’ordre du jour. Une information confirmée aussi par Hassan Bernoussi, autre ami du prince héritier et directeur des investissements étrangers, qui, à l’époque, fréquentait assidûment le futur souverain. L’histoire s’était entre-temps ébruitée dans les couloirs du Palais. Fadel Iraki, l’actionnaire principal du Journal, s’en est alors ouvert à Hassan Aourid qui lui a conseillé d’en parler à Fouad Ali El Himma, à l’époque secrétaire particulier du prince. Le but étant de dissiper tout malentendu sur une idée qui avait bien été évoquée au sein de la rédaction. C’est à cette occasion que nous avions pris pour la première fois contact avec le plus proche confident de Mohammed VI. Pour El Himma, interviewer le futur roi n’était pas tout à fait exclu. Le lendemain de cette rencontre, je devais le retrouver, accompagné d’Aourid, pour un second rendez-vous à sa résidence de la route des Zaërs à Rabat. Arrivés chez El Himma, les deux intimes de Mohammed VI me demandèrent alors s’il était possible de rédiger et de signer une demande d’entretien à l’intention du prince héritier, demande qui, pour la circonstance, devait être antidatée, prouvant ainsi que l’initiative émanait du Journal. Une option difficilement envisageable, qui fera que le projet n’aboutira jamais (…)

    A propos de Hicham Mandari
    “Eteignez vos portables, ce que j’ai à vous confier ne doit en aucun cas sortir d’ici !” Au volant de sa Volvo bleu nuit, immatriculée au palais royal, Fouad Ali El Himma, le secrétaire particulier de Mohammed VI alors prince héritier, n’est pas encore le n°2 du régime. Nous sommes en juin 1999 et Hassan II n’a plus que quelques semaines à vivre. Le Monde vient de publier un article dévastateur, révélant qu’un jeune roturier, inconnu du grand public, fait chanter le roi depuis son exil américain. El Himma dit avoir un message du jeune prince à transmettre aux patrons du Journal. Fadel iraki, actionnaire principal du Journal, et moi-même le rejoignons pour une longue virée en voiture dans les faubourgs de Rabat, loin des oreilles indiscrètes. Le message, ou plutôt le service “dont le prince héritier se rappellera toute sa vie”, est pour le moins iconoclaste. Il faut convaincre Jean-Pierre Tuquoi, l’auteur de l’article du Monde, que ses révélations sont émaillées de contrevérités. Sur notre insistance pour en savoir plus, El Himma nous propose de rencontrer André Azoulay, le conseiller du roi. Rendez-vous est pris quelques jours plus tard au domicile parisien d’Azoulay. Aboubakr Jamaï, le directeur de publication, très sceptique sur le sens de la démarche, viendra pourtant d’Angleterre où il résidait pour un an, afin de participer à ce rendez-vous. Le conseiller nous reçoit avec une prudence affichée : “Est-ce bien le prince héritier qui me demande de vous recevoir au sujet de Mandari ?”. Nous lui remettons le pli cacheté frappé des armoiries de l’altesse royale qu’El Himma nous a confié à son attention. Azoulay ouvre l’enveloppe et lit attentivement le petit bristol qu’elle contient avant de s’éclipser et de revenir avec un volumineux dossier (…) En réalité, l’article du Monde rebondissait sur une première salve contre Hassan II venue des Etats-Unis. Elle n’avait pas encore eu d’écho dans le royaume. Le Washington Post avait publié le 6 juin un encart publicitaire payé 20 000 dollars, par lequel un certain Hicham Mandari s’adressait au souverain chérifien en des termes menaçants (…). Grâce à la complicité d’autres courtisans avides, il [Hicham Mandari] a pu dérober au cours de l’été 1998 dans le saint des saints, la chambre même du souverain, des dizaines de chèques de comptes personnels du roi. Il aurait aussi subtilisé des bijoux inestimables, d’après la rumeur, et, selon ses propres dires, des “documents secrets” ainsi que l’inventaire complet du patrimoine royal placé à l’étranger. Mandari en fera durant six ans un moyen de chantage qui le mènera à la mort (…)

    Une offre royale
    Lors d’une soirée privée en automne 2000 au domicile de la journaliste Samira Sitaïl, qui avait invité à cette occasion tout le gratin de Rabat et de Casablanca, El Himma me dira que nous étions tout près d’obtenir l’accord de Mohammed VI [pour l’interview]. Les relations avec Le Journal étaient déjà devenues orageuses, après la saisie du numéro où figurait l’interview du chef du Polisario. Un peu plus d’un an auparavant, El Himma avait appelé Fadel Iraki pour lui transmettre un message personnel de Hassan II. Le monarque, qui n’avait plus que quelques mois à vivre, lui aurait fait savoir qu’il trouvait Le Journal “formidable”. Il estimait qu’il était regrettable qu’il soit imprimé en France à cause de la frilosité des imprimeurs locaux. Par conséquent, il se proposait de nous offrir notre propre imprimerie. Le Palais avait eu vent de notre projet d’association avec les imprimeries Dulac en France, qui nous avaient été recommandées par Courrier international, et qui assuraient depuis un an la fabrication du Journal sous le même format (…). Hassan II, nous a expliqué El Himma, était prêt à nous faire don de l’équivalent de 5 millions d’euros, pour que nous puissions garder notre autonomie. Nous avions décliné l’offre, non sans conséquences. Pour nous, l’accepter aurait été à l’évidence synonyme de la perte immédiate de notre crédibilité et de notre indépendance. La refuser a été considéré comme un affront, au point qu’El Himma, interloqué, nous avouera qu’il “ne savait pas comment annoncer la nouvelle au roi (…)”

    D’un titre à l’autre…
    2 décembre 2000, le Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi entérine la mort du Journal, interdit pour avoir publié un dossier au sujet des accointances de la gauche dans la tentative de coup d’Etat du général Oufkir en 1972. Je suis attablé avec Aboubakr Jamaï, Fadel Iraki et l’un des enfants de Mehdi Ben Barka à la terrasse d’un café du 8ème arrondissement à Paris lorsque nous apprenons la nouvelle. Nous décidons de rester en France encore quelques jours pour organiser notre contre-attaque, car nous savons que notre meilleure défense est notre exposition à l’opinion internationale. L’interdiction de l’hebdomadaire coïncide avec la tenue au Maroc du premier congrès de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) dans un pays non démocratique (…). Le satisfecit que voulait donner cette puissante organisation au royaume, en organisant son congrès à Casablanca, pour la transition vers un État de droit dans laquelle il semblait s’être engagé, va tourner à la catastrophe médiatique. Driss El Yazami, l’ancien opposant du régime et cheville ouvrière de la FIDH, se sent floué par cette décision liberticide. À notre retour de Paris, il invite Aboubakr Jamaï à la tribune du congrès. Face aux caméras du monde entier, après un discours percutant, le jeune patron du Journal annonce sa décision d’entamer sur-le-champ une grève de la faim illimitée afin d’obtenir l’autorisation de ressusciter sa publication (…).
    Fouad Ali El Himma, en retrait depuis le début de la crise, reprend langue avec Fadel Iraki, l’actionnaire principal du Journal. Un rendez-vous aura lieu à Marrakech, alors que Jamaï, cloîtré depuis presque une semaine dans son bureau où il a installé un lit de camp, reçoit sans interruption les médias et enchaîne les conférences de presse jusqu’à épuisement. La mobilisation est à son comble, alors que l’État se confond dans des explications juridiques surréalistes pour justifier son refus d’autoriser Jamaï à lancer un nouveau titre. Le Parquet de Casablanca, censé donner ce sésame sur simple présentation d’un dossier, conformément au Code de la presse, joue la montre en arguant que des pièces administratives n’ont pas été produites, sans pour autant préciser lesquelles. Alors en route pour Marrakech, Fadel Iraki reçoit un coup de téléphone de son ami Abderrahim Lahjouji, le patron de la CGEM. Il lui demande de faire demi-tour d’urgence et de le retrouver à son bureau privé de la rue d’Alger. Là, la surprise est de taille : Driss Jettou, alors conseiller du roi, l’y attend. Iraki m’appelle pour assister à la rencontre. L’échange est cordial, mais quelque peu tendu. Lahjouji y met beaucoup du sien, explique au conseiller les retombées néfastes de l’affaire et étale sous ses yeux les articles du Monde, du Figaro et de Libération qui parlent d’un retour aux années sombres. Jettou se tourne vers moi et me dit : “Écoute, je sais que tu es un garçon raisonnable. Le pays est lynché, demande à ton ami d’arrêter au moins sa grève de la faim et je te promets de solutionner le problème dans l’heure qui suit. Si vous faites ça, je vous invite tous les trois à dîner ce soir autour d’un tajine de poulet au citron”. Ce à quoi je réponds que, si Jamaï reçoit son autorisation avant la fin de la journée, nous serions honorés d’être invités à sa table. Au même moment, nous apprenons qu’ordre a été donné au procureur du Tribunal de première instance de Casablanca de remettre en mains propres à un Jamaï triomphant son sésame. Jettou appelle alors El Himma de son portable et lui annonce avec satisfaction : “On a gagné !”. Nous dînerons alors le soir même autour du tajine promis au domicile de Lahjouji. Au dessert, Jettou aura cette phrase terrible : “Vous devez savoir qu’au Palais on ne lit pas tous vos articles dans le détail. On s’arrête souvent sur un titre qui dérange, une formule, mais le sens général n’est pas souvent compris”.




    Zoom. De l’ombre à la lumière ?
    “L’idée d’écrire un livre sur le Maroc me caressait depuis plusieurs années, mais ce n’est qu’après mon départ du Journal en août 2008 que c’est devenu vraiment possible”, nous confie Ali Amar. Après avoir été débarqué de la direction du Journal, lui qui l’a longtemps animé en silence, le discret Amar prend contact avec plusieurs maisons d’édition en France. Ça sera, au final, Calmann Lévy… Le livre de 320 pages dresse un bilan assez exhaustif de la première décennie du règne de Mohammed VI. Une compile intelligente de toutes les affaires qui ont fait l’actualité du royaume durant ces dix ans, même les plus sensibles?: relations de Mohammed VI avec son cousin Moulay Hicham, affaire Talsint, le tour de vis sécuritaire qui a suivi les attentats du 16 mai 2003, les rapports avec les politiques français et américains, etc. Mais les principales révélations restent, bien entendu, les anecdotes rapportées par l’auteur sur les rapports entre Le Journal et certaines figures du régime, avec lesquelles les dirigeants de la publication étaient très proches à une certaine période. Selon la version de l’auteur, Ali Amar.


    http://www.telquel-online.com/370/actu_maroc3_370.shtml
     
  2. helfillali

    helfillali Visiteur

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    ( Qui mange seul, s'étrangle seul )…..

    Je ne suis pas un aigri du système ni antimonarchique, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre ALI AMAR (le grand malentendu ) et je le trouve vraiment exceptionnel, mes félicitations Ali pour ton courage et bonne chance pour le reste.

    Les mauvaises langues peuvent se délier maintenant mais Ali a osé dire tout haut ce que les marocains pensent tout bas, pas tous ………

    Les marocains n’osent même pas s’exprimer sur ce blog par peur de représailles, dire qu’on est au 21 siècles et cette soit disant monarchie constitutionnelle qui nous a fait miroiter tellement de choses c’est transformé aujourd’hui en une grande firme digne des entreprises cotées CAC40.

    Je suggère de créer une association marocaine en France dans le seul but de sensibiliser les marocains issues de la 1ere, 2eme et 3eme génération, les européens crédules qui rêvent de faire de belles affaires au Maroc ainsi que les touristes de bouder le Maroc.

    Il faut les toucher la ou ça fait le plus mal, ne plus partir au Maroc pendant les vacances ne plus investir dans des projets immobiliers, plus de touristes, tout simplement arrêter d’enrichir M6, sa famille et ses copains.

    Durant le règne du défunt Roi Hassan II, comme beaucoup de marocains j’ai troqué mon pays le Maroc cher à mon cœur pour la France, les raisons de mon départ ont été motivées par cette injustice et cette répression sans fin orchestré par le bras armé du défunt Roi, même avec des diplômes ou pour faire des affaires il fallait graisser la patte ou faire partie d’une certaine élite marocaine.

    D’ailleurs la France comme plusieurs pays européens doivent agir dans ce sens et imposer au régime actuel de faire les efforts nécessaires pour partager les richesses et surtout d’arrêter avec cette politique de ce qui est a nous est a nous, et ce qui est à vous est négociable.

    Encore une fois Bravo Ali pour ton franc parler, une dernière petite chose il y’a un proverbe qui dit « Quand tu lances la flèche de la vérité, trempe la pointe dans du miel à méditer.. »
    :mad:
     
  3. anaayoub

    anaayoub Accro

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    ali ammar b9a fih l7al hit la7ouh l touch ?? les grandes familles du maroc li thamcho f 3ahd mo7Amed saddiss darhom khatrhom
    b9A fihom l7al 3lach wlad cha3b daro b lmalik ?? 3lach lhimma o lmassori o awrid jaw man lfa9r o walaw aham manhom o bdaw kay dwiw

    mni kano kay yaklo 7a9hom kano saktine allah yn3alha sal3a
     

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