Résumé d'un voyage à Stamford Bridge (1/3)

Discussion dans 'Barça' créé par simo160, 15 Mai 2009.

  1. simo160

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    Résumé d'un voyage inoubliable à Stamford Bridge, pour assister à la victoire historique des Blaugranas sur les Blues de Guus Hiddink. Ce premier épisode retrace le parcours et l'ambiance précédant la rencontre...

    L'avant-match

    Quand on fait un déplacement pour une demi-finale de Ligue des Champions, on sait dès le départ que quoi qu’il arrive, on vivra quelque chose d’inoubliable. Que ce soit une victoire éclatante, une raclée cuisante, ou une pléiade de buts et d’occasions, une demi-finale demeure une demi-finale. C’est la dernière porte à passer avant de vivre la rencontre que tout footballeur professionnel a un jour rêvé de disputer. Ici, nous assistions à un match retour, totalement indécis, à l’extérieur, dans laquelle n’importe quelle équipe pouvait ramener le précieux sésame. L’enjeu, la tension, ainsi que le suspense pouvait difficilement être plus élevé. Et tant mieux.

    Pour ma part, si je suis en temps normal quelqu’un d’assez discret dans mes goûts – footballistiques ou autre -, j’avais décidé que, bordel, à l’extérieur, en demi de LDC, il était hors de question de passer inaperçu. Je quitte donc le lieu où je séjourne aux alentours de 17h30. Bromley South, petite bourgade hors de Londres typiquement anglaise. Maillot fièrement sur le dos, veste au dessus dû au fameux climat londonien, je m’élance. Et tant pis si je suis le seul à supporter mon club. Je suis fier d’être le seul.

    En attendant le bus, une voiture passe devant moi. Un bonhomme typiquement anglais, la vingtaine me crie par la fenêtre en tenant un maillot d’Arsenal « Cooome on Barçaaaa ! ». Premier contact avec l’autochtone réussi, donc. Faut avouer que Chelsea n’a pas forcément la côte dans Londres. Petit passé, investisseur étranger, réputation de club business plus que populaire, c’est loin d’être le rêve. Confiant, je rentre dans le bus, et arrive à la station de métro de Bromley. Direction : London Victoria. Le train arrive pas avant dix minutes, et je suis quasiment seul sur le quai. La grande classe. Le seul maillot barcelonais fait la loi. Malheureusement, quelques minutes avant l’arrivée du train, une déferlante vague bleue surgit de tous les côtés. Ils sont partout ! Ils arrivent sur le quai, ils sont dans le train, ils crient fort, ils boivent, ils chantent presque déjà. Pour la première fois, j’me rends quand même compte que je joue à l’extérieur. La scène dans le métro est quasiment surréaliste. Il suffit d’imaginer une marée bleue d’approximativement 300 bonhommes, hommes comme femmes, enfants comme senior, et en plein milieu, une légère tâche, particulièrement discrète avec un maillot de l’ennemi. Forcément, ça chambre. Ca chambre fort, même. M’en fous, on va vous en mettre 4.


    Arrivée à Victoria. Je sors vite du train, et décide de suivre la vague bleue sans regarder mon plan pour me rendre à Stamford Bridge. Il faut reprendre le métro. Même si je fais encore partie de la minorité, les premiers blaugranas apparaissent par-ci par là. Hop, du rouge à gauche. Hop, du rouge à droite. Petits sourires complices, on se sent presque frères, face à l’ennemi. Des "Vamos" fusent, des simples "Visca Barça", ou même "Barça" aussi. J’me sens mieux. Les Catalans seront bel et bien représentés. Entrée dans le nouveau métro. ******, je suis plus seul. Cette fois, c’est du 50-50. Et ça chante. Si j’entre plutôt côté blues, je rejoins avec une certaine fierté le groupe bruyant. Et là, ça recommence forcément à chambrer. On est à l’extérieur, mais on fait beaucoup plus de bruit. Moi, je commence quand même à stresser. On va passer, hein ? On va la trouver, cette brèche ? Il va pas jouer, Caceres, quand même, si ?

    Ayé, Fulham Broadway. C’est ici que tout va se découdre. Sortie mouvementée du métro, là, on sent vraiment qu’on va voir un gros match. On est pas venu pour se taire. Je chante toujours pas, comme d’habitude, mais par contre, j’adore. Bonne ambiance, grosse envie, les Catalans fusent de toute part. Pour la première fois depuis mon petit arrêt de bus, nous sommes à nouveau en supériorité numérique. Et on sent qu’on amène avec nous un certain respect. Les Blues nous regardent, sans rien dire. Quelques petites vannes, mais quand même, ils voient qu’il y a un client en face. Un sacré client.

    Après quelques difficultés, je rejoins mes partenaires pour la rencontre. Un de nous n’est pas encore arrivé. Pas de souci, il arrivera bientôt. Sauf que là, logiquement, il y a de la tension. Pas envie d’attendre trop longtemps. Alors on parle du match. Première mauvaise nouvelle : Henry définitivement out, selon la rumeur. Fuck. Là, ça se complique sévèrement. Gudjohnsen au milieu, Iniesta à gauche ? Keita plutôt ? Et du nouveau sur la défense centrale ? Busquets DC (il a déjà joué à ce poste), et Touré reste au milieu ? Abidal au centre, Sylvinho à gauche ? ******, la poisse. Il nous manquera pour sûr au moins un joueur à chaque ligne. Henry en attaque, Iniesta au milieu, Touré ou Busquets aussi sûrement, et Puyol et Marquez derrière. Va falloir être solides. Ca pue. On pronostique tous. 1-1 là-bas, 2-2 ici. Une fan de Chelsea nous accoste. Elle nous dit qu’on est sympathique, que c’est bonne ambiance (mieux que ces salops de Romains !), mais qu’on va quand même perdre. Là, faut pas déconner. Hop, je rétorque que ça fera 2-2. Et vlan. Lampard d’abord, Messi pour l’égalisation cruciale, Eto’o pour la consécration, puis Drogba pour le (petit) espoir. Et ciao Chelsea. Après quelques minutes, la brave dame nous quitte, en nous souhaitant bonne chance. Sympas, les anglais, quand même. En plus, elle a dit que Drogba faisait chier à plonger tout le temps. Comme quoi.

    Après quelques péripéties, on finit par être enfin réunis. On en profite un peu pour se ****** de la gueule de ces cons de British, entre leurs flics sur chevaux qui sont paniqués, et leurs chiens qui reniflent nos sacs. Ils font vraiment rien comme les autres ceux-là. Les deux hôtels collés au stade me font aussi bien marrer. Allez, plus question de rigoler. On file les tickets, on enlève les bouchons sur les bouteilles, et on rentre enfin dans Stamford Bridge.

    Il est beau, ce stade quand même. Pas grand, mais joli. Il n’y a que des catalans pour le moment. Ca chante pendant qu’on cherche nos places. Et quelles places ! Septième rang, on voit vraiment tout parfaitement. Poteau de corner à dix mètres, pelouse impeccable, ça fait du bien au moral. Ca va passer, ça doit passer. Je redis à mes compères ce qui me rassure énormément : je n’ai jamais vu le Barça perdre, et ça ne peut pas commencer aujourd’hui. L’ambiance monte tranquillos. Personne ne s’assoie. J’ai toujours pas lâché un chant, mais je commence à me douter que ce soir, cela va être mon baptême. Va falloir soutenir l’équipe.
    Arrivée de Valdes et Pinto à l’échauffement. Ovation logique. Quelques minutes plus tard, les joueurs. Nouvelle ovation. Ca fait du bruit, quand même. Les rares supporters de Chelsea présents nous regardent. C’est sûr, on fait du bruit. Les joueurs blaugranas recoivent tour à tour leurs chants respectifs. Xavi, Iniesta, Eto’o, Pique, Messi, tous. Même Sylvinho (enfin, plus ou moins…). Les joueurs repartent au vestiaire, sous une dernière ovation. Le match commence dans à peine quinze minutes, et pourtant, le stade est encore à moitié vide. "C’est normal ça, ils connaissent rien au foot ici". Les petites piques d’usages. On va pas non plus se laisser faire. A côté de nous, ça commence aussi à pas mal affluer. Et la, ça commence sévère à chambrer. L’apothéose : ce supporter de Chelsea à dix mètres, qui enlève son maillot des Blues, pour nous montrer celui de Madrid… Pas peur le type. Ca part. Les chants anti-Madrid fusent de toutes parts. « Madrid, cabron, saluda al campeon ! ». Non mais. Sortir un maillot du Real après une piquette 2–6, c’est indécent. Mais il l’a fait. Et il se marre bien. La sécurité, moins : trente secondes après, il est embarqué, et obligé de remettre le maillot de Chelsea au dessus. Il a perdu. Et on lui fait comprendre. Ca chambre. Le tout dans la bonne ambiance, mais ça chambre.




    Ca y est, Stamford Bridge est quasiment plein. Les compositions d’équipe sont affichées. ******, Touré en défense centrale. Busquets et Keita au centre. Ca demeure très fébrile. Petite vague de frisson dans le camp blaugrana. Il n’y avait quasiment aucune bonne solution, mais celle là fait ******ment peur. Le mileur va avoir du mal quand même. Tant pis. Le speaker se lance, compo du Barça d’abord. Allez-y, sifflez, on va vous mettre une piquette de toute manière. Ovation pour tous les joueurs de notre côté, évidemment. Gudjohnsen est applaudi par tout Stamford Bridge. Vexé de ce geste de fair-play, on leur rend la pareille quelques secondes plus tard avec Juliano Belletti. Héhé. 1-1, on est qualifiés.

    Les joueurs arrivent sur la pelouse. Tous les supporters des Blues balancent un drapeau bleu et blanc, et entonnent l’hymne de leur club. Faut avouer que c’est joli à voir. Et puis, le fameux hymne de la Ligue des Champions. Celui qui rend fier, vraiment fier. On y est, bordel. C’est impossible de passer outre. C’est le match, Ze game. La belle contre la bête, l’envahisseur anglais face au petit village bordés d’irréductibles catalans dotés de potions magiques qui lui permet de résister, encore et toujours. Xavi, Iniesta, Messi, face à Ballack, Lampard et Drogba. L’opposition de style ultime.
    Allez, l’hymne du Barça, une petite dernière fois. "Barça, Barça, Baaaaaaarçaa !" .On est derrière vous, du début à la fin. Cette fois, la tension monte. L’ambiance tout ça, c’est chouette, mais il y a un match derrière tout ça. Un match pour une place à Rome. Un match pour pouvoir toucher le paradis.

    90 minutes pour faire la différence et continuer une des plus belles années de l’histoire Blaugrana.

    La suite à venir très prochainement...


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  2. simo160

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    Résumé d'un voyage à Stamford Bridge (2/3)

    Deuxième partie du résumé du voyage historique de quelques supporters du Barça dans l'antre de Stamford Bridge. Cette partie traite de la rencontre, quasi historique, et de la victoire inespérée des blaugranas...

    Le match

    C’est parti ! Première possession de balle catalane. Tout le stade siffle. Bande d’ignorants ! Bon début de match. Eto’o tente une frappe de loin, complètement ratée. C’est pas grave, on prend le match par le bon bout. Chelsea ne nous a pas acculé, ne nous a pas poussé ou empêché de jouer notre football. On va vers un remake du match aller, avec un plus gros danger sur les contres. Mais ça va passer. Dans le public, même si l’on s’est tous assis à notre grand dam, ça soutient toujours l’équipe. Je m’y mets, petit à petit. Mais je suis tellement dans le match que j’ai du mal à suivre. L’autre côté du terrain n’est pas toujours très visible, on a du mal à savoir où ils en sont précisément. Mais on sait qu’on a la balle.

    Ca y est, premières incursions de Chelsea de notre côté. Ca siffle quand les Blues ont la balle, ça ovationne quand on récupère. Malouda essaye d’accélérer sur le côté gauche. Comme au match aller, j’le sens en confiance face à Alves. Vieille action sur le côté gauche qui se termine par un centre tir contré. La balle part en l’air, j’vois Essien qui arme. Aucun risque. Il est à vingt-cinq mètres, c’est une balle à trajectoire difficile, les blaugranas sont autour, c’est du gauche. Ca, c’est un pigeon de mort. Bim. Ca part vraiment bien. Je regarde vite Valdes. Il est réactif, mais ******, ça vient vite. La barre, et elle est dedans. LE but de la Ligue des Champions… Première action, premier but, mais quel but ! Difficile d’être énervé, dégoûté, tellement l’admiration prend le dessus. On ne peut que constater la pureté du geste. A Barcelone, on est fier d’aimer le beau foot. Alors il faut savoir admettre la classe, la très grande classe de ce but. Je n’avais jamais vu un but aussi exceptionnel de ma vie dans un Stade. Des « Que golazo… » fusent de toutes parts. Difficile d’expliquer le sentiment ressenti à ce moment… Plus fort que la déception, moins que la résignation. Une sorte d’acceptation du chef d’œuvre. Essien 1 – 0 F.C. Barcelona.

    Tant pis, faut repartir ! Forcément, à côté, ça chambre bien. Je repère une vraie tête à claques, et me promet de lui rendre la pareille quand on retournera la situation. Car on la retournera. En tribunes, les culés réagissent de manière admirable. Ca chante encore plus fort qu’avant le but. Moi, ça y est, je m’y suis mis. Je suis debout, je gueule, sûrement faux, mais je gueule. Si je suis venu ici, c’est pour faire la différence, pour jouer mon rôle. Rien n’est fini, avec l’espoir, nous avons tout. Il suffit toujours d’un but ! Et il valait mieux le prendre au bout de dix minutes qu’au bout de 80. Le Barça ne peut pas jouer 180 minutes sans marquer, c’est impossible. On est plus forts que ça.

    Si l’ambiance demeure, l’équipe a du mal. Mais on s’en fout, pour le moment, on ne fait que soutenir. Les critiques sur Chelsea pleuvent : « Une action un but », « et voilà, maintenant, c’est parti pour un mur », « ca fait des fautes tout le temps, qu’est ce que c’est laid »… Drogba commence son cinéma. Mais Chelsea fait la différence avec son jeu direct. Dès qu’on perd le ballon au milieu de terrain, en une à deux passes, on frise le un contre un. L’attaquant ivoirien croque pas mal. Et s’effondre, comme d’habitude. Exaspérant. Le Barça n’y arrive pas. Messi et Iniesta ne font pas la différence, Xavi ne trouve pas l’appel, Busquets et Keita sont perdus, et Alves craque. Duel Malouda Alves juste devant nous. L’arbitre siffle faute. Pas d’accord, mais que peut on faire ? Coup franc, mini corner presque, que Drogba va tirer. Ca sent la bonne mine ça. Bingo. Bel arrêt de Valdes, mais force est de constater que Chelsea domine. Et que même si cela ne joue pas en redoublement, en une touche, ça va droit au but, et c’est diaboliquement efficace.

    Chelsea continue son quart d’heure de folie et nous fait vraiment mal. L’ambiance en tribunes demeure, même si le chambrage des supporters des Blues à côté fait vraiment chier. Il faut y croire. Drogba rate le un contre un, notre défense dépassée ne prend pas le second but. D’où l’on est, le mur défensif des Blues est hallucinant. Il est impossible de voir comment on peut prendre cette équipe à défaut sur une passe, tant ils sont partout. Il va falloir faire la différence individuellement. Messi doit passer. Première grosse accélération sur le côté droit, Bosingwa est battu. Centre raté. Fuck fuck fuck. Vraiment, ça passe pas. Eto’o peut pas en toucher une, encerclé par les deux monstres que sont Alex et Terry. On s’en rend pas compte, figé que nous sommes dans le match, mais le temps passe vite. ******ment vite. Le Barça pousse de plus en plus, et Chelsea dégage n’importe comment. Ca cherche pas à jouer en face, juste à défendre. Fallait s’y attendre. Mais ça énerve quand même. Tout le jeu se passe définitivement de l’autre côté. On approche de la mi-temps. Messi part sur le côté et fout la merde, les Blues arrivent pas à l’arrêter. Il passe sur le côté, dernier corner avant la mi-temps. Ca joue à deux, Xavi récupère, tente une mine. Contrée, elle lui revient dans les pattes, et il allume une deuxième fois. ******, j’y crois. Contrée, encore une fois, nouveau corner. L’arbitre dit non. Scandale et énervement de toute la tribune visiteurs !

    La mi-temps est sifflée là dessus. Pas grand chose à dire, pour être honnête. On peut pas engueuler nos joueurs, ils ont pris un but d’un autre monde. On ne peut pas insulter Chelsea, on savait que cela se passerait comme ça. Alors on reste plutôt silencieux. Pour autant, on sent que les gens n’ont pas perdu confiance. Ca parle pas mal, on se demande quels vont être les changements, si changements il y a. Et puis, le speaker ou je ne sais qui décide de relever le moral de tout le Barça en passant « Viva la Vida » de Coldplay à la mi-temps. Les supporters des Blues à côté, médusés, n’arrivent pas à comprendre pourquoi l’on se met tous à chanter l’hymne de la chanson. Peuvent pas comprendre.

    Les joueurs reviennent. On y croit, bordel, on y croit. Je n’ai jamais vu le Barça perdre de mes propres yeux, et cela ne commencera pas aujourd’hui.

    Les joueurs repartent pas mal. Tout de suite, on se place dans le camp des Blues. Au bout de deux minutes, un bon coup franc. Encore une fois, c’est Alves, alors on y croit moyen. Alves et les coups-francs, c’est une sorte d’éternel espoir. On sait qu’il peut planter, ça part jamais trop trop mal, mais c’est rarement au fond. Combinaison sortie d’un autre monde, que le ballon décide de rejoindre en quittant le stade. Du grand n’importe quoi. Il faut repartir. Rien à dire, le Barça a repris la deuxième période du bon bout. La domination est là, et les corners s’enchaînent. « Si toute la deuxième mi-temps se passe comme ça, impossible qu’on ne marque pas »… Dur de savoir si on le pense vraiment, ou si c’est plus une forme de méthode Coué.

    Petit à petit, la domination se fait moins insistante, et Chelsea sort de temps en temps de son coup. Tout se passe sur le côté gauche opposé, on voit pas tout. On sait juste que Malouda a mis la fumette à notre défense et qu’Anelka part seul. Seul ? Non, comme va l’apprendre la défense Blaugrana. Drogba est tout seul après une superbe passe de son compère francais, il peut envoyer la frappe. Feinte de tir sublime, Piqué est complètement feinté. 2-0. Non ! Valdes, le dieu Valdes sauve la balle ! Pas vu grand chose mais ça semble être un arrêt du pied. Si Drogba a raté son un contre un, c’est bien parce qu’il faut que ça passe, non ?

    Et le Barça repart. Ca domine, mais ça ne trouve pas la solution. Pas du tout. Ca tourne aux trente mètres, mais pas plus. Alves fait vraiment n’importe quoi. Il commence à saouler. Trop nerveux, trop précipité, tente des frappes quand il faut centrer, des feintes quand il faut frapper, ça va pas. Et Chelsea repart. Passe sortie d’un autre monde pour Drogba, encore lui. D’où je suis, j’ai l’impression que Touré le tient. Mais le tacle final est bon. Tout Stamford Bridge gueule, JF me dit qu’il y avait peut-être faute là quand même. M’en fous. L’arbitre est roi, en particulier quand ça m’arrange. Encore une fois, les blaugranas sont relancés. Messi essaye de lancer Iniesta, Keita prend le ballon sans faire exprès. Tant pis, Messi essaye de lancer Eto’o juste après. Tacle sauvage pour empêcher le un contre un. On monopolise la balle, mais c’est tout. Alves continue son grand n’importe quoi. Si quelques signes de ras le bol se font sentir dans le camp blaugrana, ça pousse son équipe à fond. Et ça poussera jusqu’au bout. Messi fait encore la différence, passe à Iniesta tentative de une deux foirée, et Keita qui récupère dans la surface. La balle se lève sur son mauvais pied, tant pis, faut la tenter. Les nuages, encore une fois. On y a plus ou moins cru, mais encore une fois, c’est raté.

    De l’autre côté, Chelsea joue les contres à fond, passe par les airs, et file le ballon à Drogba. Celui-ci tombe, encore et toujours. Et le jeu s’arrête encore à cause de lui. 3ème fois déjà, ça frise le ridicule. Il se fait insulter, le Didier. Mais bon, son équipe mène. Et il est quand même très fort. A chaque fois, il récupère la balle, on sait pas comment. Petit relâchement dans les chants. La tension semble avoir pris le dessus. Messi essaye de nous redonner espoir, en dribblant encore une fois parfaitement, et en lâchant une belle frappe de 20 mètres. Au dessus, mais ça se rapproche. Je n’ai jamais vu le Barça perdre, et notre équipe ne peut passer 180 minutes sans marquer. La balle repart côté Chelsea, Anelka a fait la différence. Abidal le ceinture, il s’écroule. D’où je suis, la faute est évidente. Je sais parfaitement ce qui va suivre : faute + rouge. Ma seule interrogation consiste à savoir si la faute est dans la surface ou pas. Or, l’arbitre semble indiquer de son bras un coup-franc. Ce que j’avais prévu arrive. Rouge… ******, là, ça fait mal. J’vois pas comment on peut s’en sortir… Et il y a le coup franc à suivre, maintenant. Avec Chelsea, et des types comme Alex, ça peut faire mal. Lampard allume, la balle est à côté. « L’espoir » demeure. Plus ou moins… Pour la 1ère fois, j’me sens vraiment perdu. On a pas trouvé la solution à 11, notre défense prend cher à chaque contre, et Abidal est avec Piqué notre seul vrai défenseur de métier. On joue à 3, maintenant en défense, dont Alves. Soit 2. Je peste un peu contre Guardiola qui n’avait encore envoyé personne à l’echauffement. Résultat, on perdu du temps.

    Les catalans se remettent à chanter en tribunes, tandis que sur le terrain, la possession de balle reprend. Chelsea change pas son style. Alves foire encore un centre. Ca fait vraiment chier. Chelsea remet une mine, superbement arrêtée par Valdes. Si le Barça égalise, les Blues pourront s’en vouloir. Remplacement pour ces derniers.. Drogba sort, remplacé par Belletti. Sifflets de tous les blaugranas pour Drogba. Belletti a lui droit à son ovation. Le public l’applaudit, puis scande son nom. Ca restera toujours un héros. Il nous remercie d’un bref geste de la main. Le fair-play a assez duré, on se remet à soutenir profondément le Barça.

    La solution ne vient vraiment pas. C’est déprimant… On y arrive pas du tout. Xavi tente une passe en profondeur, joli tacle d’Alex. Tout de suite, je vois Messi, puis Terry qui se buche. Il peut passer ! Faute d’antijeu caractérisée du brésilien. Je demande, crie au rouge ! Carton jaune. Pour moi, c’est une honte. Messi partait seul au but, il allait tuer les Blues. Nouveau coup-franc. Là, j’y crois plus. Xavi est trop loin, Alves, c’est Alves. Encore un coup-franc à côté. Bah voyons. ******, on peut pas perdre… C’est pas possible. Je regarde le chrono, 78e. Ca sent mauvais. La possession de balle demeure. Mais Chelsea part en contre, encore une fois. Anelka s’effondre dans la surface, Stamford Bridge demande un péno. L’arbitre, ce chic type, dit encore non. Je vois rien, je ne peux que lui faire confiance, aveugle que je suis. Il reste dix p’tites minutes, et on trouve pas la solution…

    Nouvelle situation dangereuse pour Chelsea, Anelka tente un superbe geste. Pique semble prendre la balle de main, tous les Blues, joueurs comme supporters demandent le péno. Toujours rien. L’espoir demeure. Mais notre football a définitivement disparu… On en touche plus une, et quand on l’a, ce ballon, on ne sait quoi en faire. « Bojan va rentrer » me dit-on. Il n’y a plus que ça à faire. Et prier que s’il a une aussi belle balle qu’au match aller, il la mettra, cette fois. Je regarde encore le chrono… Cinq minutes… On supporte encore le Barça, on crie, on chante, mais surtout, on stresse. Un but, c’est quoi au fond ? Je dis à JF que je signerais tout de suite pour un but de la main. C’que vous voulez, tant qu’on marque. Mais Chelsea monopolise la balle. Il se procure de nombreuses demies occasions, sans jamais nous achever. On arrive même plus à rentrer dans les trente mètres adverses… Pique reste devant. JF n’est pas convaincu, je dis qu’il est grand, il peut aider. Combinaison Messi-Iniesta, et leur fameux une-deux. Faute non sifflé sur Messi. Ca fait chier, bordel.

    C’est de l’attaque-défense. Je prie pour au moins cinq minutes d’arrêts de jeu. Ca provoque, ça tente des choses, mais Alves rate encore un centre… On va bien avoir une frappe cadrée, une vraie occasion, non ? Le siège recommence. Piqué récupère la balle à vingt mètres, mais n’y arrive pas. C’est pas un attaquant.

    Quatre minutes de temps additionnel. Je regarde tout de suite ma montre. Il est 41 dessus. On a au moins jusqu’à 45. Plus grand monde ne chante. La tension est énorme. Belletti part, seul. Il dévisse sa frappe. Je me tourne vers mon compère de droite et lui dit « Belletti qui nous laisse une chance, c’est beau »… Dès que le Barça récupère, je crie « allez ! » de toutes mes forces. Tout le monde est debout. Xavi sur le côté pour Alves « Centre bien, allez te loupe pas » crie la quasi totalité des supporters. Très bon centre. Bojan peut l’avoir, peut-être ! ******, salopard de Terry. C’est pas fini ! Eto’o récupère, passe à Messi. On est aux vingt mètres. Messi pour Iniesta. Frappe en force direct. Elle part bien. Je sais qu’elle y va. Cech peut pas l’avoir. ******, les filets tremblent. ******, ******, ******, elle est dedans ! GOOOOOOOOOOOOL ! Ca crie de partout ! J’en oublie même de respirer ! Les joueurs viennent tous devant nous, ils sont tous là ! Ca crie. Je prends dans mes bras le mec derrière moi, je tape dans la main du type devant. On se serre tous dans nos bras, debout sur les chaises, on se prend dans les bras ! On gesticule, on crie. On scande tous les chants que l’on connaît. J’en ai mal à la tête, ma voix me lache.

    La rencontre a recommencée. On continue de chanter, mais on a quand même peur. Sur le côté, les Blues récupèrent un corner. ******, pas ça, pas ça… Plus de buts ! Je regarde ma montre : 45, déjà. C’est fini, c’est fini, terminons-en. Avant le corner, Iniesta sort. L’ovation du siècle. Tous les bras sont tendus vers notre héros. The killer of Stamford Bridge. « Iniiiessta, Iniiiiiesta » ! et ainsi de suite. C’est inimaginable. Guddy rentre. On s’en fout, tant qu’il reste derrière. Petr Cech monte. Le corner part, dégagé de la tête. Un Blues fout une balle, qui tape un des nos défenseurs. Tout Chelsea crie pour je ne sais quoi, une main. Mes yeux vont vers l’arbitre, qui ne siffle rien. L’action reprend. Nouveau coup franc à 50 mètres ! Cech monte. Bojan reste devant. La balle part, Pique la prend de la tête, et Xavi dégage ! C’est fini ! Le Barça est en finale de la Champion's League grace à un but de Don Andres Iniesta à la toute dernière seconde ! Le rêve de toute une vie !



    La fin est à venir très prochainement... N'hésitez pas à revivre la première partie du périple londonien des supporters blaugranas au cas où vous aurez raté cela.



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