Réunion maroco-espagnole:patrouilles communes contre l'émigration clandestine

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 18 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    La 5e réunion, aujourd'hui à Madrid, du groupe de travail permanent maroco-espagnol sur l'immigration intervient dans le contexte de l'ancrage croissant du Maroc à l'UE, impulsé par la politique européenne de voisinage. Celle-ci constitue un instrument de coopération renforcée dans le cadre du partenariat global euro-méditerranéen. Cette coopération apporte aujourd'hui ses fruits puisque l'Union européenne envisage d'octroyer 40 millions d'euros au Maroc pour un projet d'amélioration de la " gestion des contrôles frontaliers " dans la lutte contre l'émigration clandestine.

    La délégation de l'Union européenne à Rabat avait indiqué à l'AFP que cette aide - incluse dans une convention bilatérale - prévoit la " fourniture d'équipements, notamment des moyens mobiles de détection, d'identification, de surveillance, d'intervention, de transport et de secours ". Le projet prévoit aussi un programme de formation au profit des unités en charge de la lutte contre l'émigration clandestine.

    Pour ce qui est des relations bilatérales, la coopération entre le Maroc et l'Espagne a permis d'effectuer un coup de filet dans les milieux clandestins et démanteler un réseau de trafic d'êtres humains. Un trafic qui fait des centaines de victimes parmi les candidats marocains et ceux d'origine subsaharienne qui tentent de traverser la mer au prix de leur vie.

    Un échange d'informations sur les points de sortie ou de destination des embarcations et les routes maritimes que les patrons des pateras utilisent lors de leurs opérations est, de fait, prévu dans le cadre de la coopération entamée durant plus d'une année. L'expérience prévue initialement sur une période de six mois pendant lesquels les patrouilles sont alternées entre les côtes marocaines et espagnoles, et devait être transposée, en cas de réussite, au nord avec la création de patrouilles au détroit de Gibraltar. Ce qui est le cas aujourd'hui, selon nombre de responsables espagnols.

    A Madrid, le groupe de travail devrait passer en revue l'état actuel de la coopération et les actions à programmer à l'avenir notamment en matière de lutte contre l'émigration clandestine. La question de l'intégration de la communauté marocaine établie en Espagne et le problème des enfants mineurs non accompagnés en situation illégale en Espagne, figurent également à l'ordre du jour de cette réunion.


    Il faut souligner que depuis la dernière réunion de haut niveau maroco-espagnol sur l'immigration, tenue en janvier 2005 à Rabat, le renforcement de la collaboration entre les deux pays n'a pas cessé d'enregistrer des résultats concrets sur le terrain. Du côté espagnol, on annonce que le nombre d'immigrants clandestins arrêtés en 2004 en tentant de gagner l'Espagne à bord d'embarcations de fortune a baissé de 18%. Autrement dit, 15.675 immigrants clandestins à bord de 740 embarcations ont été interceptés sur les côtes d'Andalousie ou de l'archipel des Canaries, contre 19.176 sur 942 embarcations en 2003.

    Les autorités et les secours espagnols ont retrouvé 81 cadavres en 2004 contre 101 en 2003 et 60 personnes ont été portées disparues en 2004, contre 109 en 2003. Le nombre des immigrants repêchés a également diminué, passant de 406 en 2003 à 339 en 2004. Du côté marocain, on se félicite des résultats de la lutte contre les réseaux de l'émigration clandestine puisque le pays a enregistré en 2004 une baisse de 27 % par rapport à 2003 en termes des candidats à l'émigration clandestine et une hausse de 61 % de réseaux démantelés.
    Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire " La vie éco ", Al Mostafa Sahel, ministre de l'Intérieur a également indiqué que plus de 26.000 tentatives d'émigration illégale ont été mises en échec en 2004.

    Il a ajouté qu'au premier semestre 2005, le "nombre d'embarcations qui ont réussi la traversée du détroit de Gibraltar a enregistré une diminution de 20%, la baisse étant de 41% vers les Iles Canaries ". Selon le ministre, le nombre des clandestins arrêtés, lors du premier semestre 2005, est en augmentation de 13% concernant les marocains et de 27% pour les ressortissants étrangers. Concernant l'immigration clandestine des Subsahariens, les mesures prises par le Maroc, commencent à avoir un effet dissuasif sur les candidats au départ vers l'Europe.

    Outre l'entrée en vigueur en novembre 2003 de la loi sur l'entrée et le séjour des étrangers au Maroc et la criminalisation du trafic des migrants dont les commanditaires sont désormais passibles de peines de prison allant de 10 ans à la perpétuité, deux mesures importantes ont été prises, en l'occurrence la création de deux entités au niveau du ministère de l'Intérieur : l'Observatoire de la migration et la Direction de la migration et de la surveillance des frontières.

    La mission de cette dernière est spécialement dédiée à la lutte contre l'immigration clandestine, avec des prérogatives et un champ d'action clairement définis ; ce qui permet de rationaliser les méthodes de travail, d'affiner les outils d'analyse et d'optimiser le déploiement des unités opérationnelles de surveillance, de contrôle et de sécurisation des points d'infiltration empruntés par les clandestins migrants le long des frontières du Royaume.

    Pour le ministre de l'Intérieur, " le problème est certes appelé a être appréhendé sous un angle qui englobe la dimension sécuritaire mais qui doit nécessairement être accompagné par d'autres types de partenariat dans les domaines politique, économique et financier, afin d'ériger des zones de prospérité partagées susceptibles de fixer les migrants potentiels dans leur pays d'origine ".
    El Mahjoub Rouane

    Augmentation du nombre de passeurs arrêtés
    Entre le Maroc et l'Espagne, le nombre de passeurs arrêtés a augmenté de 26%, passant de 225 à 283, en 2004. Les afflux des subsahariens se poursuivent sans répit partout sur le territoire marocain. Pour que ces gens là puissent survivre, ils se livrent à toutes sortes d'activités sans exception (vol, violence, cambriolage, drogue, prostitution) et polluent aussi partout, la plupart étant sans domicile fixe.

    Depuis quelques années, on voit prospérer un marché de services, tendant à faciliter l'émigration illégale, notamment par la fourniture de documents falsifiés et de moyens de transport, l'hébergement en transit ou l'obtention d'un emploi. D'après les statistiques fournies par l'Organisation internationale de travail (OIT), les revenus annuels des trafiquants atteindraient, pour la seule union européenne, 2000 à 4000 milliards d'euros. Les Canaries, au large du littoral atlantique du Maroc, sont avec le détroit de Gibraltar le principal accès maritime des réseaux d'émigration clandestine vers l'Espagne.

    La plupart des clandestins interpellés sont des Marocains et des ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne. Ces chiffres montrent que la traversée par l'Atlantique vers les Iles Canaries est préférée au passage par le Détroit de Gibraltar. Quelque 8.426 candidats à l'émigration clandestine ont été arrêtés à leur arrivée aux Canaries en 2004, soit moins de 10 %, mais la baisse est plus significative dans la zone du Détroit où le nombre d'étrangers interceptés (7.425) a chuté de plus de 26 %. Officiellement, ces chiffres confirment les déclarations de satisfecit, ces derniers mois, tant du côté marocain que du côté espagnol sur les fruits de la coopération commune en matière d'immigration clandestine. Cette baisse s'explique notamment par l'efficacité des mesures prises par le Maroc pour lutter contre ce phénomène.

    La Secrétaire d'Etat espagnole chargée de l'immigration, Mme Consuelo Rumi, avait souligné l'importance des efforts déployés par le Maroc en 2004 pour freiner l'émigration clandestine ainsi que le renforcement spectaculaire de la coopération avec l'Espagne dans ce domaine.

    Elle avait relevé que 400 filières de trafic d'êtres humains ont été ainsi démantelées et 26.000 tentatives d'immigration clandestines avortées, dont celles de 17.000 subsahariens, et ce dans des opérations menées à l'intérieur du Maroc.


    PAR: El Mahjoub Rouane
    Source: Le matin.
     

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