Rapport Banque mondiale/ Pauvreté

Discussion dans 'Info du monde' créé par kochlok03, 28 Décembre 2007.

  1. kochlok03

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    · Pourquoi certains s’en sortent mieux que d’autres


    · Accès au capital, environnement et éducation, nerfs de la guerre

    · La prospérité n’est pas qu’économique


    «Un progrès modeste et guère spectaculaire». C’est le constat de la Banque mondiale qui se prononce sur les avancées de la mobilité sociale, dans son dernier rapport «Se soustraire à la pauvreté au Maroc». Pour sûr, il y a fort à faire. Environ 15% de la population vit en situation de pauvreté. Le monde rural en concentre près des deux tiers. Et c’est à cette dernière frange de la population que la Banque mondiale s’intéresse. Elle a mené une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 9 communautés sélectionnées dans trois provinces (Chichaoua, Beni Mellal et El Hajeb) qu’elle étudie sur la dernière décennie.
    Il en ressort que certains s’en sortent mieux que d’autres. Comment? Le tout est de savoir profiter des facteurs facilitateurs. L’accès au capital est déterminant. «Par le biais des banques, des associations de microcrédit ou de l’héritage, le financement contribue au bien-être et à la mobilité des ménages», souligne l’étude. Et bien qu’insuffisantes pour les sortir de la pauvreté, les rentrées d’argent permettent aux familles d’investir dans des activités productives, ou d’acquérir des biens tels que des maisons, source de sécurité psychologique tout autant qu’économique. Dans la même optique, «la coopération avec des associations et organisations formelles ou informelles s’avère bénéfique». Pour autant, la corruption et le clientélisme continuent de sévir. «Ils représentent la face obscure du capital social, et sont des facteurs inhérents de discrimination vis-à-vis des ménages les plus marginalisés, ce qui limite encore davantage leurs chances de se soustraire à la pauvreté», note la Banque mondiale.
    Toujours en rapport avec le financement, la diversification des revenus s’impose comme condition pour progresser socialement. «Compte tenu de la volatilité des moyens d’existence (agriculture…) et l’absence de filets sociaux formels, la diversification des revenus conditionne la progression sociale». Pourvu que l’environnement offre des opportunités économiques de par sa taille ainsi que ses infrastructures et services. A ce titre, «les ménages pauvres parviennent à améliorer leur situation plus aisément dans des communautés urbaines plus larges et/ou prospères». Ces dernières offrent, en effet, plus d’opportunités et de services. Dans la même logique, le milieu peut être à l’origine d’un effet d’entraînement. «Les ménages pauvres progressent mieux dans des communautés en majorité prospères». En effet, leur enrichissement se traduit par davantage d’activités économiques, plus de liquidités en circulation, une demande plus forte pour les services, et donc plus d’opportunités.
    La migration étrangère et intérieure est aussi un catalyseur pour la mobilité sociale, estiment les auteurs du rapport. Et pour cause, «les communautés prospères ont investi dans la migration à l’étranger et bénéficié en retour d’une demande accrue pour des biens et services de la part des ménages enrichis par les envois de fonds des MRE». L’éducation, enfin, est élevée au rang «d’étape essentielle pour la mobilité ascendante». En effet, elle s’avère incontournable pour «trouver un bon emploi, démarrer une entreprise à succès, et atteindre l’autonomie personnelle». Ceci étant, il est constaté par ailleurs que la qualité de l’enseignement et la motivation des enseignants a précipitamment baissé.
    Autant dire que les défis ne manquent pas. D’autant plus que la pauvreté est une problématique multidimensionnelle. «Elle implique de multiples formes d’exclusion et ne dépend pas seulement du revenu, mais du sentiment d’intégration et de dignité». Autrement dit, la population considère l’évolution de son bien-être, tout autant que les opportunités économiques, pour juger de sa prospérité. C’est dire que l’absence de filet social formel, pointée du doigt par la Banque mondiale, est particulièrement ressentie par les tranches les plus défavorisées.


    leconomiste
     

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