Real Madrid 0-2 FC Barcelone: réingénierie tactique

Discussion dans 'Espagne' créé par simo160, 11 Avril 2010.

  1. simo160

    simo160 Accro Membre du personnel

    J'aime reçus:
    100
    Points:
    48
    Muselés par un système tactique impénétrable, les merengue ont du rendre les armes face à un FC Barcelone époustouflant de maîtrise collective. Les blaugrana peuvent envisager la fin de saison avec une grande sérénité.

    [​IMG]

    Les faits et le jeu
    Ce Clasico n'en était pas un comme les autres, du moins au niveau des enjeux. Une allure de finale entre deux équipes qui ont dominé cette Liga de la tête et des épaules, et cela dès les toutes premières journées du championnat, réduisant les autres équipes au rang de sparring-partners. Rendez-vous compte, Valence 3ième de celle Liga, affiche un retard de 21 points sur les deux rivaux historiques ! Une Liga plus polarisée que jamais qui tue finalement le suspens, celui-ci se réduisant à savoir qui entre blaugrana et merengue enfilera la couronne de roi d'espagne à la fin de saison.

    Deux équipes évoluant sur une autre planète donc et un compteur qui s'affole match après match. 77 points chacune en 30 journées avant cette rencontre décisive, tel était le bilan comptable presque parfait des deux éternels rivaux dans cette édition 2009-10. À l'avantage du Barça, une confiance pleine après la superbe qualification face aux anglais qui a tourné à la démonstration maître-élève, surtout lors de ce fameux match aller, où les blaugrana délivrent probablement le meilleur football de l'ère Pep lors des 20 premières minutes. Les madrilènes avaient pour eux une invincibilité effrayante au Bernabeu avec 15 victoires en autant de rencontres.

    Un Clasico, c'est traditionnellement quelque chose de très attendu, mais ce soir les attentes étaient multipliées par 10 en raison du nombre de matchs dans le match. Tout d'abord, le duel le plus médiatisé, celui entre le ballon d'or 2009 (Messi) et son prédecesseur (Ronaldo): tous les deux évoluent sur un rythme ultra prolifique, même s'il ne fait aucun doute que l'argentin évolue un voire deux crans au dessus du portugais cette saison, enchaînant les doublés, triplés et même quadruplés. Le portugais n'étant par ailleurs pas en reste, effectuant une première saison remarquable et portant à bout de bras une équipe encore à la recherche de sérénité collective.
    C'était ensuite le match entre Valdés et Casillas: le zamora actuel (19 buts encaissés en 30 matchs) n'avait rien à envier au meilleur gardien du monde, Casillas, 26 buts encaissés pour le même nombre de rencontres.
    Enfin, un match dans le match pour l'opposition entre deux philosophies de jeu aux antipodes l'une de l'autre: les individualités ramenées à coup de millions d'euros de Perez face au collectif parfaitement rodé et la politique de formation du club catalan (7 des titulaires ce soir ont fait leurs classes dans les équipes inférieures du club).

    Voilà donc pour le contexte. Sur le terrain, Pep prenait de court le monde entier en alignant une formation que personne n'aurait pu prédire. Si la reconduite du fameux 4-2-3-1 n'avait rien de surprenant, c'est les positions des joueurs à l'intérieur de ce schéma tactique qui laissaient pantois.

    Derrière, Puyol était aligné à droite, laissant Piqué et Milito dans l'axe tandis que Maxwell prenait le côté gauche. Au milieu, un double pivot Busquets-Keita pour épauler Xavi en position de meneur axial, avec Pedro et Alvés (!) comme milieux gauches et droits, l'inévitable Messi occupant donc seul l'axe. Alvés en milieu droit et Xavi en meneur de jeu pour mieux faire parler la connexion Messi-Xavi, voilà donc la surprise du chef.
    Cette fameuse rencontre aura finalement été un non-match, la faute (ou plutôt grâce) au génie de Pep, dont le schéma tactique complètement revu a déboussolé Pellegrini et ses hommes. De fait, le Real Madrid, malgré un nombre d'occasions honorable, n'aura jamais vraiment existé, toute velleité offensive ayant été tuée dans l'oeuf. Les deux équipes présentent des lignes extrêmement serrées laissant peu de marge aux manoeuvres individuelles, mais à ce jeu, nul doute que c'est le Barça et sa technicité supérieure qui sortirait vainqueur. Jouant à la perfection dans des espaces assimilables à des mouchoirs de poche, les blaugrana gagnent le combat haut la main.

    Pourtant, tout ne semblait pas gagné en début de rencontre: des catalans bien organisés avaient toutes les peines du monde à dépasser la ligne médiane, étouffés par un bloc madrilène positionné relativement haut. Pire, les madrilènes parvenaient à transformer chaque ballon perdu au milieu par les blaugrana en contre attaques potentiellement dangereuses. Une demi-heure de jeu plus tard, les occasions se comptent sur les doigts d'une main et le centre de l'attention est surtout l'homme en noir, Mejuto Gonzàlez, qui a la gâchette bien facile ce soir, avec pas moins de 4 cartons jaunes distribués (Xabi Alonso, Messi, Albiol et Xavi). Le 12 ème homme n'encourage pas vraiment l'engagement et l'intensité de la rencontre en calmant de manière bien trop autoritaire les ardeurs des 22 protagonistes de la soirée.
    A la demi-heure de jeu, le fameux duel Messi-Ronaldo semble tourner à l'avantage du second, mieux mis en valeur par le système de son équipe et à l'origine de la plupart des actions dangereuses des merengue. Le pire à faire cependant, c'est de sous estimer le génie de l'argentin, car s'il y a un aspect que ce dernier a amélioré cette saison, c'est sa capacité à s'adapter quand bien même le vent ne lui semble pas favorable.


    Peu mis en valeur par un système faisant la part belle à la rigueur défensive et la discipline tactique, l'argentin parvient tout de même à se réinventer. Pas beaucoup d'occasions de porter le ballon et d'éliminer les adversaires un à la suite ? Pas de problème. L'argentin, alors que le jeu est complètement arrêté, décide de jouer rapidement un coup franc (après une faute sur sa personne) et à la suite d'un une-deux avec le génial Xavi, hérite du ballon, élimine Albiol d'un superbe contrôle de la poitrine et bat Casillas (32'). 1-0 pour le Barça.
    Au retour des vestiaires, Pep le sorcier surprend une nouvelle fois son monde: Puyol passe à gauche, Alvés revient défenseur droit et Maxwell monte d'un cran à gauche. Le plan machiavélique de Pep est clair: conserver le ballon en le faisant tourner, endormir l'adversaire puis l'achever sur une accélération soudaine. La montée en jeu d'Iniesta, passé maître dans la conservation du ballon, va d'ailleurs dans ce sens.
    Côté merengue, l'entrée en jeu de Guti apporte un peu de folie. Immédiatement après son entrée, il délivre un caviar à Van Der Vart (hors-jeu non sifflé par l'arbitre) qui manque son face à face contre Valdés, impérial de la première à la dernière minute ce soir, comme toute cette saison d'ailleurs. Le néerlandais vient probablement là de manquer une occasion qui constituait une des très rares opportunités de provoquer un tournant dans cette rencontre. Les armes offensives côté madrilène semblent manquer. Ronaldo, fringuant en première période et qui semblait contester la suprématie de Messi, tombe une nouvelle fois dans ses travers et sombre progressivement en seconde période, bien aidé par un Piqué irrésistible. On a encore en tête ce fameux sprint du portugais bloqué sans problème par le canterano ! Ronaldo donc, après l'épisode lyonnais, au Bernabeu également, aura encore inexplicablement sombré, prouvant une fois de plus que sa présence dans les grands rendez-vous n'est jamais réellement acquise. Higuain, ce grand qui ne marque que face aux petits, a justifié la pluie de critiques qui s'était abattue sur lui au lendemain de la déconvenue face à Lyon. L'argentin n'a tout simplement pas pesé face à la paire Piqué-Milito.

    56': le Barça, qui faisait tranquillement tourner le ballon, accélère sous l'impulsion du cerveau, Xavi. El 6 adresse un second caviar à Pedro sur une ouverture lumineuse. Le canterano, d'un contrôle remarquable qui lui permet de gagner quelques mètres se met idéalement en position de course et s'en va crucifier Casillas d'un superbe enroulé du gauche. 2-0. Le break est fait, il n y a plus rien à espérer côté merengue. La remontée des gunners au match aller est encore bien présente dans l'esprit des blaugrana, qui ne referont pas la même bêtise. Pourtant, le timing semble être le même. À l'Emirates Stadium, ils avaient doublé la mise en tout début de seconde période. Ce soir, le second but intervient lui aussi précocement, quelques 10 minutes après le retour des vestiaires.

    Les merengues, déjà secoués par ce second but, le sont encore plus quand ils voient avec quelle facilité et calme leurs adversaires du jour ressortent le ballon lorsque mis en difficulté. C'est simple, à aucun moment, on n'a senti que les coéquipiers de Ronaldo pouvaient inscrire un but, hormis peut être le premier quart d'heure de jeu. Pire, les catalans répondent du tac au tac aux rares velleités offensives madrilènes. Ainsi, à la frappe sans angle de Ronaldo seul face à Valdés, le Barça répond deux fois, chaque fois par l'intermédiaire de Messi, chaque fois sous l'impulsion de Xavi et chaque fois c'est dévié par Casillas, égal à lui-même tout au long de la rencontre.

    Les entrées en jeu de Raul (un but refusé pour hors-jeu) et Benzema (jolie tête qui passe au dessus des cages de Valdés en toute fin de match) n'y feront rien. Le maître ce soir, c'est le Barça et à moins d'un retournement de situation improbable, il le restera jusqu'à la fin du championnat. À Bernabeu, certains supporters l'ont compris avant d'autres. On les voyait d'ailleurs quitter le stade presque 10 minutes avant le coup de sifflet final.

    2009-2010: Pep est machiavélique, l'équipe a muri

    Cette victoire ce soir au Bernabeu ne doit pas être vue comme une victoire isolée mais comme étant le fruit d'une longue, très longue mutation de la Pep team. Flash back un an auparavant. La Pep team, tel un ouragan, emporte tout sur son passage. Un triplé puis 3 autres titres à l'issue de l'année calendaire 2009. Le tout avec un jeu parfaitement léché, une sorte de rouleau compresseur géant fondé sur la doublette technique Iniesta-Xavi, avec la tour de contrôle Touré pour assurer leurs arrières. Cette version surhumaine du Barça avait affolé tous les statisticiens et avait un seul mot d'ordre: l'attaque à outrance au service du beau jeu. La seule quasi-fausse note de la saison, ce non match, que ce soit à l'aller ou au retour, face à Chelsea, qui avait, à trente secondes près, bien failli briser le rêve blaugrana. Ce Barça était donc humain.
    Qu'est-ce que l'on retient de cette saison 2008-09 ? Une équipe qui a régalé ses socios avec un jeu d'une pureté esthétique probablement jamais atteinte dans l'histoire du football et bien entendu cet incroyable triplé, le premier dans l'histoire du club.
    Passons maintenant à 2009-2010. On sent que quelque chose a changé. L'équipe joue moins fluide, moins ''beau''. Tout le monde s'en est rendu compte, de la presse internationale aux supporters. Le milieu n'est plus aussi dominant, l'équipe marque moins et on ne voit plus ce football champagne qui nous avait fait rêver près de 9 mois durant. Les plus exigeants (je m'inclus dans le lot), sont mécontents et sont nombreux à ressasser les mêmes questions. Mais pourquoi Touré, le meilleur milieu défensif du monde, a été mis au placard, au profit d'un jeune premier ? Mais pourquoi Iniesta, ce génie, est passé à gauche, où tout le monde sait qu'il rayonne moins ? Mais pourquoi Pep s'entête à faire jouer Keita ?
    Et pourquoi Messi est repositionné dans l'axe ? Tout le monde sait qu'il est meilleur à droite !! Beaucoup de questions sans réponse mais une seule certitude: ce Barça, aussi obscur soit-il, gagne. Il est même meilleur statistiquement que la saison passée, au nombre de points inscrits à tout le moins. L'année dernière au même moment, le Barça comptait moins de points en Liga ! C'est simple, la version 2 de la Pep Team n'est pas passée à côté d'un seul grand rendez-vous (la Copa peut être considérée comme moins importante au vu de tous les trophées remportés l'année passée): le Real Madrid par deux fois, l'Inter, Arsenal, Estudiantes, Valence, Séville... tous ont mordu la poussière. Pourtant, la victoire lors de la plupart de ces matchs n'a pas un goût aussi savoureux, en cause la façon moins spectaculaire de l'obtenir. Peut-on en vouloir à Pep et aux joueurs ? Assurément non. Les faits sont là: le Barça est premier de la Liga, seul, avec une incroyable somme de 80 points en 31 journées et il est qualifié pour les demi-finales en Europe. L'équipe joue moins spectaculaire donc, mais paradoxalement, elle semble encore plus solide que la saison passée. Cet ennui que vous ressentez quelques fois en voyant le Barça jouer, c'est peut être tout simplement parce que vous savez au fond de vous que l'équipe prendra les 3 points, sans nécessairement produire du jeu. Moins d'occasions de but ? Oui mais un réalisme froid et donc une meilleure conversion occasion/but. L'équipe ne se met plus aussi précocement à l'abri ? Oui mais elle gère mieux le tempo de ses rencontres. On vous le dit, ce Barça est moins beau mais il est plus fort. Il jouait de manière surhumaine mais ne donnait pas forcément cette impression d'invincibilité. Aujourd'hui, il joue de façon plus humaine mais curieusement semble plus invincible que la saison passée. L'aspect 'aller au combat la fleur au fusil' avec cet esprit idéaliste (pouvant être considéré comme naif par certains) n'existe plus. Place à la froideur et au contrôle total des matchs.

    Retour à la fin de saison 2008-09. Pendant que les joueurs, tout fraîchement auréolés de leur triplé, prennent un congé bien mérité, un homme, tout en haut de sa tour d'ivoire, ne se repose pas. Il pense déjà à la prochaine saison. Il sait que tout le monde attend son équipe au tournant. Il a besoin d'un plan B. L'équipe a tout gagné et il sait qu'elle ne pourra pas éternellement développer le même football chatoyant. Il sait aussi que la motivation et la faim de victoires, c'est ce qu'il y a de plus difficile à maintenir chez une équipe qui a déjà tout gagné. Il sait enfin qu'un onze titulaire type, c'est dangereux si les joueurs concernés prennent leur titularisation pour acquise. Il doit surprendre ses joueurs, leur donner envie de continuer à se battre même après avoir tout raflé. Surtout, il a en tête un exemple concret, le souvenir très frais et particulièrement douloureux de l'échec de Rijkaard lors de ses deux dernières saisons. Le technicien hollandais n'avait jamais véritablement utilisé toutes ses cartes pour redresser l'équipe et s'était limité à inlassablement reconduire le même 11 avec la même stratégie deux saisons durant (exepté le 3-4-3 mal exécuté et la mise à l'écart tardive de Ronnie, la gangrène étant déjà généralisée). Pep est visionnaire, nul n'en doute désormais. Le boss blaugrana a plus que probablement anticipé tout cela. Il a un plan B, très simple: repartir à zéro et bâtir l'équipe sur des fondations rénovées et de nouveaux principes, avec toujours le même objectif en tête: gagner et encore gagner. Il sait qu'il sera critiqué pour certaines décisions jugées incompréhensibles (Touré, Iniesta etc.) mais il voit sur le long terme et est prêt à encaisser ces critiques. Son équipe ne gagnera pas sur un score de 4-0 en sabrant le champagne à chaque rencontre de Liga mais elle continuera à gagner sur la durée, tout cela sans mettre en cause sa philosophie basée sur le jeu offensif.

    Le replacement de Messi dans l'axe est le premier coup de poker réussi. Ca marche. L'argentin est plus que jamais le meilleur joueur du monde. Vous pensiez que le Messi 2009 était déjà au top ? Guardiola lui pense que l'argentin, avec sa fabuleuse technique, peut devenir un buteur clinique hors-pair, devant des 9 de légende tels Van Nistelrooy et Batistuta. Et il le devient. Premier pari remporté.
    Le fameux 4-2-3-1/4-4-2 ? Aie ca joue moche, ca joue pas bien. Pourtant, les lignes plus serrées de ce système de jeu permettent une meilleure cohésion du bloc équipe et une meilleure emprise des catalans sur les matchs. Et curieusement, ce nouveau système coincide avec l'explosion du petit argentin ! Une coincidence ? Peut être, peut être pas.

    La titularisation de Busquets ? Ce jeune canterano qui met au placard le légendaire Touré ? Oui mais le jeune Sergio maîtrise mieux que personne le jeu à l'intérieur des espaces réduits (donnée fondamentale dans le nouveau système guardiolien) et surtout, Pep voit en lui l'avenir du Barça au poste de 4. Rappelez-vous et pensez long terme. Chaque choix douloureux que Pep a pu faire l'était dans l'intérêt collectif du Barça et ne pouvait donner des résultats que sur le long terme, à savoir... aujourd'hui. Une coincidence que le Barça monte en puissance depuis un mois ? Peut être. Peut être pas !

    Pep innove constamment, et en faisant cela trouve un moyen de toujours surprendre ses propres joueurs. Une façon bien efficace de conserver leur entrain. Pour cela, il peut compter sur le soutien inconditionnel de l'effectif. Quelque soit la composition et le schéma tactique, Guardiola peut être certain que ses joueurs mouilleront le maillot. Tout le monde grappille du temps de jeu par ci par là, contrairement à la saison passée où il y avait un noyau dur bien établi constitué de 13-14 joueurs. Le noyau dur cette saison, c'est l'ensemble de l'effectif, à quelques exceptions près (qui a parlé de Chygrynskiy). Personne n'a sa place acquise, tout le monde doit se battre, match après match, pour espérer jouer, à quelques exceptions près une fois de plus...

    Et finalement, le meilleur pour le fin. Rappelez-vous la double confrontation Barça-Chelsea de la saison passée. Objectivement, les blaugrana auraient du être éliminés. Mais il était écrit quelque part qu'une équipe développant un jeu aussi léché sur toute une saison ne pouvait pas fléchir tout près du but. Oui mais cela n'en était pas moins un avertissement. Ce Barça, aussi beau soit-il, était donc humain et avait lui aussi son talon d'Achille. Avancez à aujourd'hui et prenez le Barça actuel face au Chelsea de l'an passé. Vous voyez quoi ? Un Barça souverain tactiquement, réaliste devant, qui aurait éliminé le club 'russe' avec beaucoup moins de difficultés. Voilà donc le génie de ce Barça 2.0: son nouveau jeu, la nouvelle maturité de ses joueurs, lui permet de gagner face à n'importe quelle équipe. Talon d'Achille il ne semble plus y avoir.
    Pep avait donc pensé à tout. Comme de nombreux culés, je me suis posé des questions (présentes au dessus) durant 7 mois. Aujourd'hui, j'ai un début de réponse pour pour la plupart de ces interrogations. Et vous ?

    Les joueurs
    Valdés: 8.25 Avec Messi et Xavi, il forme la colonne vertébrale de l'équipe cette saison. Sollicité plus que de raison ce soir, il a à chaque fois parfaitement répondu présent. Décisif sur la seule action qui aurait pu faire basculer le match (arrêt face à Van Der Vaart) et plusieurs fois face à Ronaldo. Il a tout simplement pris une nouvelle dimension cette saison.

    Puyol: 7 Le capitaine et polyvalent défenseur du FC Barcelone a répondu présent avec sa fougue et son engagement habituels. Que ce soit à droite ou à gauche, il a fait le boulot.

    Piqué: 8.25 Irrésisistible face à de grands noms comme Ronaldo et Higuain. Un match parfait avec des interventions sobres et autoritaires de même qu'une relance propre. Le Camp Nou tient là le Rafa Marquez seconde génération. Comme la saison passée, il revient bien au bon moment.

    Milito: 7 C'est confirmé, sa grave blessure est définitivement derrière lui. L'argentin retrouve toutes ses sensations depuis quelques matchs et a livré une performance pleine ce soir. Un test grandeur nature qu'il a passé haut la main. Très complémentaire avec Piqué.

    Maxwell: 5.5 On lui demandait de ne pas sombrer ce soir, requête qu'il a respecté. Un match correct à défaut d'être solide. Peut remercier son équipe d'avoir maîtrisé le match.

    Keita: 6.5 Moins technique que ses coéquipiers, le malien a assuré l'essentiel et semble avoir assimilé les fondements : jouer simple, sans fioritures et dans des espaces réduits, le tout en résistant au pressing adverse. Quelques ballons perdus mais l'essentiel est là.

    Busquets: 6.5 Travailleur de l'ombre avec son compère Keita avec un placement frisant la perfection. Il s'est brillamment mis au service de Xavi.

    Xavi: 9 Le guide. Sans aucune contestation possible l'homme du match. On loue souvent le côté extra terrestre de Messi mais le vice capitaine dans un rôle largement moins médiatisé en est un lui aussi, à sa façon. Quelle vista, quel sens du rythme, quelle capacité à définir le tempo d'une rencontre !! C'est simple, il est à l'origine de tous les bons coups, sans exception aucune. Son entente avec Messi est extraordinaire. L'année dernière, il avait déjà placé la barre très haut, encore qu'il partageait les honneurs de métronome avec Iniesta. Don Andrés passé à gauche cette saison, Xavi se retrouve davantage sous le feu des projecteurs. Son nouveau rôle de 10 lui va à merveille.

    Alvés: 5.5 Repositionné milieu droit avec Puyol derrière lui, le brésilien n'a pas fait honneur à sa nouvelle position. Un lot considérable de déchets et de centres manqués. Son activité débordante constitue en quelque sorte l'arbre qui cache la forêt. Du mieux en seconde période mais demeure une des déceptions de cette fin de saison.

    Pedro: 7 Une grosse activité, un sens du sacrifice très appréciable et... ce superbe second but, son premier dans un Clasico. Il retrouve enfin son statut de buteur décisif dans les matchs importants qui l'avait abandonné voilà quelques semaines déjà. Un retour au premier plan qui arrive à point nommé

    Messi: 8.5 Nettement moins en vue que lors de son dernier match, non pas à cause d'une baisse de forme, mais tout simplement parce que la disposition tactique des deux équipes ne favorisait pas son explosion. A pourtant su réinventer son jeu (la marque des très grands) le temps d'un match pour déclencher la révolte avec une ouverture du score géniale qui passera sans aucun doute à la postérité dans quelques années. Un génie au service du collectif, voilà ce qu'est devenu l'argentin cette saison. Tout le monde a encore en tête ses fabuleux retours défensifs ce soir. Aurait pu marquer un voire deux autres buts s'il n'avait pas croisé un autre grand monsieur du football, Iker Casillas. Sa progression n'est pas uniquement dans le jeu, mais aussi dans l'attitude. L'argentin, lentement mais sûrement, est en train de se muer en rassembleur des troupes blaugrana. Et il en a la légitimité.

    Fiche Technique
    Real Madrid CF: Casillas; Ramos, Raúl Albiol, Garay, Arbeloa; Gago, Xabi Alonso, Marcelo (Guti, m.57); Van der Vaart (Raúl, m.69); Ronaldo et Higuaín (Benzema, 79)

    FC Barcelone: Valdés; Puyol, Pique, Milito (Márquez, m.79), Maxwell (Iniesta, m.63); Keita, Busquets, Xavi; Alves, Pedro et Messi

    Buts: 0-1, m.32: Messi. 0-2, m.56: Pedro

    Arbitre: Mejuto González. CJ: Xabi Alonso (13), Raúl Albiol (30), Ramos (61), Garay (83), Messi (19), Xavi (30), Alves (39) et Maxwell (51)

    Stade: Santiago Bernabeu (79.500 spectateurs)


    Source
     

Partager cette page