Religion et politique: Ça va chauffer!

Discussion dans 'Info du bled' créé par pouet, 28 Janvier 2006.

  1. pouet

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    · Un double conflit en latence: à la maison et dans l’arène politique


    · 32% des jeunes, garçons et filles, pensent que la religion doit guider les partis politiques

    · 37% pensent exactement le contraire

    La religion doit-elle guider les partis politiques? Cette question ne devrait théoriquement pas se poser puisque seul le Trône conjugue religion et politique, le Roi étant en même temps chef d’Etat et Commandeur des croyants. Mais la réalité est bien différente. En effet, et malgré tous les discours rassurants (ou démagogiques?), religion et politique s’entremêlent. Ce qui sous cette forme-là est un phénomène récent au Maroc.
    En tout cas, les jeunes (du moins ceux que nous avons interrogés et qui sont assez largement représentatifs des jeunes Marocains) sont bel et bien partagés sur la question. Les tensions sont fortes puisqu’elles dégagent trois grands groupes:
    - Celui où l’on pense que «la religion ne doit pas guider les partis politiques»: ils sont 37%
    - Celui où l’on estime que «la religion doit guider les partis politiques»: ils sont 32%
    - Celui où l’on dit «ne pas savoir», c’est-à-dire les indifférents, intimidés ou hésitants: ils sont 31%. Parmi ce dernier groupe, nous ne savons pas si c’est un refus de répondre ou une réelle méconnaissance du sujet, ou encore une sincère indécision (la réflexion n’ayant pas encore mûri).
    Notons qu’entre les deux premiers groupes qui ont une opinion claire, c’est du 50/50: le tiers restant va donc être dans les années qui viennent tout l’enjeu du débat ou du combat politique au Maroc.
    Pour l’instant, ces résultats montrent donc des divergences profondes chez les jeunes sur ce sujet. Mais ces divergences existent aussi entre garçons et filles. Le combat se fera donc également individuellement, au sein des familles et probablement entre les amis.
    Autant de filles que de garçons sont contre le fait que «la religion guide les partis politiques» (37 et 36% respectivement). En revanche, chez les filles, il y a davantage d’indécision: 39% contre 24% des garçons qui disent ne pas savoir s’il faut ou pas que la religion guide les partis politiques. Et pareillement, elles sont nettement moins nombreuses à dire que «la religion doit guider les partis politiques». Une jeune fille sur quatre le déclare (très exactement 25%), tandis que 39% des garçons veulent que les partis politiques obéissent à la religion.
    On peut donc prévoir sans jouer les devins, qu’il y aura un débat très fort au moment où les couples devront se former (presque 27 ans chez les filles et 31 ans chez les garçons, selon les résultats annoncés par le dernier recensement).
    Le désaccord garçons-filles ressort aussi dans d’autres questions de l’enquête: si une majorité relative de ces jeunes messieurs aimeraient voiler leur épouse, une majorité écrasante de jeunes filles ne se voient pas avec un mari qui leur impose un mode de vie intégriste.
    Il en va de même pour la confiance en la politique et pour la représentation des citoyens par les parlementaires: les filles sont un peu moins sévères, plus indécises que les garçons dans leur jugement. On peut aussi souligner, comme le montre notre enquête, qu’elles sont légèrement plus rationnelles que les garçons en ce qui concerne les superstitions.
    Les prises de position, sur le lien politique et religion, ne varient pas beaucoup (nettement inférieur au seuil de signification qui est de 10%), selon les tranches d’âge ou le lieu d’habitation.
    Mais selon que l’on appartient à une famille aisée ou pas, le différentiel est significatif:
    - 45% des jeunes de la classe A-B pensent que «la religion ne doit pas guider les partis politiques»
    - 35% des C
    - 37% des D
    Et inversement, les jeunes A-B favorables à ce que «la religion guide les partis politiques» sont nettement moins nombreux (23%) que les jeunes de la classe C (35%) et ceux de la classe D (31%).
    Mais il y a autant d’indécis qui déclarent «ne pas savoir» chez les jeunes aisés, de la couche moyenne et celle défavorisée.

    www.leconomiste.com
     
  2. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : Religion et politique: Ça va chauffer!

    Article trés interessant :D
    faudrait d'abord définir le religieux et le politique... le premier est un ensemble de régles plus ou moins formelles qui définissent les relations des hommes avec le divin. loin d'etre unique cette defintion n'est qu'un moyen d'aborder la question des relations entre religion et politique. on peut localiser le religieu dans la sphére publique a travers les acteurs qui se representent d'emblé comme "religieux" et se donnent pour function d'interpreter la doctrine afin de proposer une médiation entre celle ci et les croyants.... le religieux es aaussi present dans l'ensemble des pratiques individuelles et quotidienne ou des croyances les plus interieurs. la spécifite de la sphére religieuse tient de l'absence doctrinale de clergé,, ce qui lui donne une grande fluidité. dans nombreux pays musulmans et depuis tjrs des chaines d'autorité fortes etaient et sont encore présentes.. ces chaines servent aux etats qui souhaitent se defendre contre toute concurrence politique a fondement religieux !! mais peuvent aussi faire pression sur ces memes etats et plus rarement se retourner contre les pouvoirs qui les ont crées ... c'est a travers cette question de la concurrence pour le pouvoir et non dans le principe de fusion politico-religieuse qui serait consubstantielle a l'islam qu'il faut comprendre les relations entre islam et politique.
    le politique n'est pas simplement le lieu du pouvoir légal, c aussi plus largement un espace de concurrence pour l'obtention du pouvoir. en regime autoritaire est tres reduit mais il peut s'elargir a partir du moment ou les elites politiques au pouvoir decident de relacher les contraintes politiques.

    Aujourd'hui la politique marocaine est un espace de compétition élargi ou le religieux peut jouer un role politique mais aussi remettre en cause la construction religieuse de la monarchie.
     

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