riches marchands

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par HANDALA, 30 Août 2012.

  1. HANDALA

    HANDALA Bannis

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    De riches marchands embarquent à bord d'un navire avec leurs
    biens, leurs esclaves et leur orgueil d'hommes à l'abri de tout
    besoin.

    Les marins portent leurs malles remplies de bijoux, d'or et de
    riches étoffes alors qu'eux n'ont pour tout bagage qu'un méchant
    sac vide et une vieille couverture.

    Mais la mer se fait d'huile et le vent n'est pas décidé à se
    lever.

    A bord, les marchands se conduisent comme s'ils commandaient aux
    Dieux eux-mêmes en pestant contre les astres, en regrettant que
    le vent ne souffle pas avec plus de force et en humiliant les marins
    qui ne "connaissent rien à l'art de la navigation".

    Tant et si bien que les Dieux finissent par les entendre et décident
    de répondre à leurs voeux en envoyant une terrible tempête pour les punir.


    Les nuages noirs s'amassent à l'horizon et le vent s'annonce par
    petites rides de plus en plus rapprochées sur la surface de la mer.
    Les marins comprennent qu'ils vont vivre de terribles heures et se
    tiennent prêt à leurs postes, tandis que les riches marchands, heureux
    que les Dieux les aient entendus, raillent la couardise de l'équipage.

    Au pire de la tempête, les marins s'aperçoivent qu'ils ne pourront
    pas s'en tirer sains et saufs sans larguer du lest.

    Soucieux de sauver leur navire, ils n'hésitent pas à passer les
    bagages les plus lourds par-dessus bord. Mais les riches ne l'entendent
    pas de cette oreille et s'accrochent à leurs malles comme si c'était
    elles qui allaient les sauver.

    Ils supplient les Dieux de les épargner et pleurent comme des enfants.

    Le capitaine du bateau est forcé de menacer d'en jeter quelques-uns
    à l'eau avec leurs coffres pour qu'ils acceptent de se séparer de leur or.

    L'énorme poids ainsi libéré, le navire retrouve sa stabilité.

    La tempête se calme aussitôt et l'équipage est sauvé. Les marins sont
    heureux mais les riches marchands restent silencieux : avec leur richesse,
    c'est leur vie qu'ils croient anéantie.

    Qu'est-ce qui est le plus important : nos biens ou notre vie? Trop
    souvent, pour nos biens matériels nous mettons notre santé en péril.
    Nous consacrons notre vie à l'argent, et la vie nous file trop vite entre
    les doigts.

    Comment gagner notre vie... sans la perdre?

    A l'image de ces marchands, moins nous avons de bagages à porter,
    plus notre fardeau sera léger... et moins la tempête sera redoutable.
     

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