Roland-Garros - Le Suisse Roger Federer a conquis le dernier titre qui lui manque

Discussion dans 'Tennis' créé par simo160, 7 Juin 2009.

  1. simo160

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    Roger Federer a conquis à Roland-Garros le dernier Graal qui lui manquait. Le Suisse est-il aujourd'hui le plus grand champion de l'histoire de son sport? La réponse est forcément subjective. Mais il a tout pour lui. Son palmarès, son jeu et sa personnalité en font un cas unique.

    "Pour moi, tu es le plus grand joueur de l'histoire." Cet hommage, c'est Robin Söderling qui l'a rendu à son bourreau, Roger Federer. L'opinion du Suédois reflète aujourd'hui un sentiment largement répandu. Est-il hâtif? Est-il émis, à chaud, sous le coup de l'émotion? Le jeu des comparaisons entre les champions, entre les générations, est toujours hasardeux. Parce que les statistiques ont leurs limites. Parce que le sport n'est pas une science. L'esthétisme du champion, sa personnalité, l'admiration qu'il peut susciter chez ses pairs, l'affection que peut lui offrir le public, tout ceci pèse également dans la balance. Mais aujourd'hui, Federer a tout pour lui. Les chiffres, et le reste. Pour toutes ces raisons, la trace qu'il laissera dans l'histoire du tennis est unique. On peut déjà l'affirmer, alors même qu'il n'a pas encore fêté son 28e anniversaire, et qu'il lui reste encore tant à accomplir.

    LES CHIFFRES

    En s'imposant à Roland-Garros, Roger Federer a effectué un double pas dans la légende. Il a d'abord glané le dernier titre du Grand Chelem qui osait encore lui échapper, tout en égalant le record de victoires de Pete Sampras dans les tournois majeurs avec 14 titres. Un double impact qui devrait mettre tout le monde d'accord en ce qui concerne les statistiques. D'autant qu'il n'est que le deuxième, après Andre Agassi, à avoir remporté les quatre principaux tournois sur quatre surfaces différentes. Certes, il lui reste maintenant à dépasser Sampras pour s'installer seul au sommet de la hiérarchie. Mais Sampras a mis 12 ans (entre l'US Open 1990 et l'US Open 2002) à effectuer sa moisson, quand Federer, lui, a mis moins de six ans, entre Wimbledon 2003 et ce dimanche. 14 majeurs en six ans, c'est tout simplement ahurissant. Plus encore que ses 19 finales, autre record établi lors de ce Roland-Garros.

    Par ailleurs, qualitativement, le palmarès de Sampras ne vaut pas celui de Federer. L'Américain n'a jamais gagné à Paris. Il ne s'en est même jamais approché avec une seule demi-finale à son actif. Plus que Sampras, seul Rod Laver semble posséder les arguments statistiques pour rivaliser avec le Bâlois. D'abord parce que l'Australien a réussi à deux reprises (1962, 1969) le défi ultime en tennis, le Grand Chelem. S'il n'est que quatrième au nombre des titres majeurs (11), il faut tenir compte du fait que Laver a passé cinq saisons, potentiellement les meilleures de sa carrière, chez les professionnels, de 1963 à 1967. Si la réunification avec les amateurs avait eu lieu avant 1968, avec combien de trophées aurait-il fini sa carrière ? Le raisonnement vaut aussi pour une autre légende australienne, Ken Rosewall, qui totalise 8 titres majeurs, sans avoir joué un seul tournoi du Grand Chelem entre 22 et 34 ans. Mais Laver jouait trois tournois du Grand Chelem sur gazon, la meilleure surface de Federer. Il n'en reste pas moins que l'ampleur de la domination de Federer est inédite sur une période aussi longue. Federer reste sur 20 demi-finales consécutives en Grand Chelem, symbole de son extraordinaire permanence au plus haut niveau, malgré les aléas. "C'est monstrueux pour moi aussi. C'est le record dont je suis le plus fier", confiait-il cette semaine. Un mauvais Federer arrive toujours dans le dernier carré...

    LE JEU


    Les chiffres ne disent donc pas tout. Mais en dehors de ses stats, effarantes, Federer possède d'autres atouts. Même ceux qui, aujourd'hui, refusent de le considérer comme le plus grand champion de tous les temps, s'accordent à louer le jeu du Suisse. Chaque champion a sa spécificité, mais Federer semble incarner une forme d'alchimie entre le génie de McEnroe, la froideur clinique de Lendl, le calme de Borg et la fluidité et l'élégance de Laver. Techniquement, la palette du vainqueur de Roland-Garros est exceptionnellement complète. Sa faculté d'adaptation à toutes les surfaces est remarquable, à l'inverse d'un Pete Sampras qui n'a jamais su jouer sur terre. Il n'a certes pas le côté un peu fou et imprévisible de McEnroe, mais il est tellement plus puissant que ne l'était l'Américain. Dès ses débuts sur le circuit, à 17 ans, Federer a été présenté comme un talent hors pair. La pureté de son jeu a rapidement fait l'unanimité mais il a mis du temps pour se forger un mental à la hauteur de son bras. Cela lui a valu quelques désillusions. Mais une fois le diamant poli, la concurrence s'est retrouvée laminée.

    LA PERSONNALITE

    Federer, c'est le gentil tueur. Derrière une personnalité affable, une bonne tête, et une gentillesse à toute épreuve, l'ancien numéro un mondial masque un instinct de tueur froid, un affamé de victoires. Il voue à la défaite une haine viscérale. C'est sa manière à lui d'être charismatique. Lorsqu'il a commencé à perdre un peu plus souvent, début 2008, que l'avènement de Nadal est devenu imminent, le Suisse s'est parfois montré un peu moins aimable, limite mauvais perdant. Un trait de caractère qu'on ne lui connaissait, tant il n'était pas habitué à commenter ses défaites, si rares. Mais son image n'a en rien été écornée. Au contraire. La popularité de Roger Federer est plus forte que jamais. Parce que le public a vu en lui un ambassadeur idéal de son sport, il le soutient coûte que coûte, de son jardin anglais à Melbourne, et de New York à Paris, où même les joueurs français ont du mal à mettre le public dans leur poche face à lui. D'habitude enclin à se lasser des suprématies trop longues et trop exclusives, les fans de tennis continuent de le porter. C'est tout aussi vrai chez ses pairs. Pendant des années, Federer a collé raclée sur raclée à la concurrence, sous les commentaires dithyrambiques de celle-ci. Fabrice Santoro, qui devait quitter Paris dimanche pour aller jouer un tournoi, a annulé son déplacement. Il ne voulait pas rater la consécration ultime de "Rodgeur". Tout un symbole.
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    ROGER FEDERER EN GRAND CHELEM
    . 14 VICTOIRES :
    3 à l'Open d'Australie
    1 à Roland-Garros
    5 à Wimbledon
    5 à US Open

    . 19 FINALES
    4 à l'Open d'Australie
    4 à Roland-Garros
    6 à Wimbledon
    5 à l'US Open

    . 22 DEMI-FINALES
    6 à l'Open d'Australie
    5 à Roland-Garros
    6 àWimbledon
    5 à l'US Open

    . 175 VICTOIRES - 26 DEFAITES
    47-7 à l'Open d'Australie
    39-10 à Roland-Garros
    44-5 à Wimbledon
    45-4 à l'US Open

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