Rome antique

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par alexander, 28 Juin 2008.

  1. alexander

    alexander Weld Azrou Membre du personnel

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    voila sur ce topic on collectera tout ce qui concerne cette ville et son grand empire.

     
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    Rome
    6. Histoire

    Selon la légende, la cité de Rome aurait été fondée par Romulus en 753 av. J.-C. Même si des éléments archéologiques indiquent des traces antérieures d’habitation sur le site, il est probable que la véritable installation humaine date approximativement de cette période. On a découvert les traces d’un village qui daterait de l’âge du fer, soit du viiie siècle av. J.-C., sur le mont Palatin. De même, certaines ruines semblent attester l’authenticité de la légende de l’enlèvement des Sabines par les Romains, de l’alliance qui s’en est suivie entre les deux peuples et de l’union des Romains et des Sabins.

    1. La Rome royale et républicaine

    Ce sont des rois étrusques qui dirigent Rome du viie siècle à la fin du vie siècle av. J.-C. Le renversement du dernier monarque, aux alentours de 510 av. J.-C., marque la fin de la royauté et l’instauration de la République. Rome commence alors à absorber les villages voisins. Après une invasion gauloise au début du ive siècle av. J.-C., les Romains entreprennent la construction du mur Servien autour de la cité, puis du premier aqueduc de la ville en 312 av. J.-C. Au même moment se déroule la construction de la voie Appienne (Via Appia), qui relie Rome au sud de l’Italie. La ville continue à se développer pendant et après les guerres puniques (264-146 av. J.-C.). C’est à cette époque qu’est construite, dans le Forum, la première basilique, un édifice public pouvant accueillir un grand nombre de personnes démunies en cas de mauvais temps (184 av. J.-C.).

    Après les assassinats (133 et 121 av. J.-C.) des frères Tibérius et Caïus Gracchus, qui ont tenté d’instaurer des réformes agraires destinées à aider les plus démunis, la cité connaît une phase d’instabilité, en particulier au cours des guerres civiles qui se déroulent au ier siècle av. J.-C. et qui voient Jules César s’installer au pouvoir en tant que dictateur de la République (le dictateur à Rome est investi temporairement de tous les pouvoirs politiques et militaires). Le premier Forum ne pouvant plus accueillir la plèbe, César entreprend la construction d’un second monument. Celui-ci est réalisé sous Auguste, le premier empereur, qui fait également bâtir le Forum d’Auguste.

    2. La Rome impériale

    À la fin du ier siècle av. J.-C., Rome devient le centre de l’Empire et la capitale du « monde civilisé », tant sur le plan géographique que sur le plan politique. Cette vaste agglomération dispose de réserves d’eau suffisantes et d’un système d’égout efficace, mais souffre de la fréquence des incendies provoqués par le surpeuplement et la promiscuité des habitations. L’empereur Auguste crée alors les vigiles, des pompiers disposant des mêmes pouvoirs que la police. En outre, il interdit le passage des véhicules dans les ruelles surpeuplées pendant la journée et limite la hauteur maximale des bâtiments. Un dramatique incendie en 64 apr. J.-C. détruit cependant une grande partie du centre-ville, permettant à l’empereur Néron de faire édifier un palais, la Domus Aurea (« Maison dorée »).

    La dynastie des Flaviens (69-96 apr. J.-C.), soucieuse de se faire apprécier du peuple, entreprend un programme de travaux publics. L’imposant amphithéâtre (le Colisée), destiné à accueillir les combats de gladiateurs et certaines batailles très populaires, est sa plus célèbre réalisation. À cette époque, un manque de travail chronique sévit dans la ville. Des distributions de nourriture sont alors organisées pour le peuple, qui bénéficie aussi de spectacles gratuits. C’est également la période des courses de chars et des représentations dans de somptueux théâtres. Cette politique démagogique, destinée à maintenir l’empereur en place, répond à l’appel populaire « du pain et des jeux ! » (panem et circenses).

    L’empereur Trajan fait construire le dernier forum de l’Empire au début du iie siècle. C’est la période des thermes romains, dont les plus importants sont construits par Caracalla et Dioclétien au iiie siècle. En raison du déclin qui menace déjà l’Empire, on construit, au iiie siècle, une enceinte autour de la cité. Au cours du siècle suivant, l’empereur Constantin le Grand fonde la ville de Constantinople (aujourd’hui Istanbul), qu’il baptise la « Nouvelle Rome » chrétienne. En dépit du déclin progressif que Rome accuse, les premières basiliques chrétiennes, dont la basilique Saint-Pierre, y sont élevées à cette époque.

    3. Déclin de la cité

    En 410 et 455, Rome est mise à sac par des tribus germaniques, les Wisigoths puis les Vandales. Les autorités tentent de préserver l’unité de la ville malgré le désordre grandissant, mais l’arrivée des Ostrogoths au vie siècle, suivie d’une occupation byzantine dévastatrice, précipitent la chute de la cité et la diminution de sa population. Rome étant cependant, à cette époque, le siège de la papauté, un noyau de citoyens y reste attaché. Sous l’autorité du pape Grégoire Ier, le déclin cesse, jusqu’à ce que l’Italie redevienne un champ de batailles. Au ixe siècle, les Arabes attaquent la région de Rome. Au Moyen Âge, les zones constructibles se limitent aux berges du Tibre en raison du manque d’eau, un seul des anciens aqueducs demeurant utilisable.

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    Rome antique (République)

    1. Présentation

    Rome antique (République) ou République romaine, période de l’histoire romaine durant laquelle l’État romain a été régi par une République entre 510 av. J.-C. et 27 av. J.-C., après l'expulsion de Tarquin le Superbe, le dernier des rois de Rome.

    2. Conquête de l'Italie (510-264 av. J.-C.)

    En remplacement du roi, deux magistrats étaient élus chaque année par l'ensemble du corps des citoyens. Ils s'appelaient préteur, puis portèrent le titre de consul. L'exercice collégial du pouvoir suprême et la limitation de la durée de la charge à une seule année empêchaient tout magistrat de devenir autocratique. La nature du corps consultatif existant, le Sénat, fut modifiée par la venue de plébéiens, appelés conscripti, et de ce fait l'appellation officielle des sénateurs devint patres conscripti (pères conscrits). Au début, seuls des patriciens pouvaient devenir magistrats, mais le mécontentement de la plèbe provoqua un conflit violent entre les deux classes et aboutit à la disparition progressive des interdictions sociales et politiques dont la plèbe était victime.

    En 494 av. J.-C., une sécession de soldats plébéiens provoqua l'instauration des tribuni plebis : élus chaque année, les tribuns de la plèbe possédaient un droit de veto sur les actes des patriciens. Lors de sa nomination, le décemvirat, une commission de dix hommes, en 451 av. J.-C., fut chargé de la rédaction d'un code juridique. En 445 av. J.-C., sous la loi canuléenne, les mariages entre patriciens et plébéiens furent légalement reconnus. Sous les lois liciniennes-sextiennes, promulguées en 367 av. J.-C., il fut établi que l'un des deux consuls devrait désormais être issu de la plèbe. Progressivement, les autres postes officiels furent également ouverts à la plèbe : la dictature, une magistrature d'exception, dont le bénéficiaire était nommé dans les situations de danger extrême (356 av. J.-C.), la censure (350 av. J.-C.), la préture (337 av. J.-C.) et les charges magistrales des collèges des pontifes et des augures (300 av. J.-C.).

    Ces changements politiques donnèrent naissance à une nouvelle aristocratie, composée de familles patriciennes et plébéiennes riches, et l'admission au Sénat devint le privilège héréditaire de ces familles. Le Sénat, qui à l'origine ne jouissait que de pouvoirs administratifs restreints, devint un puissant organe de gouvernement, traitant de guerre et de paix, des alliances étrangères, de la fondation de colonies et de la gestion des finances de l'État. Même si l'arrivée de cette nouvelle nobilitas mit un terme aux luttes entre les deux classes, la situation des familles plébéiennes les plus pauvres ne s'améliora pas, et le contraste de plus en plus marqué entre les riches et les pauvres conduisit aux luttes entre le parti aristocratique et le parti populaire dans les derniers temps de la République.

    La politique extérieure romaine durant cette période fut principalement axée sur la conquête et l'expansion. Avant la fin de la période royale, Rome était devenue la principale puissance du Latium. Aidés de leurs alliés, les Romains se battirent contre les Étrusques, les Volsques et les Èques. Entre 449 et 390 av. J.-C., Rome devint particulièrement conquérante. La prise de la cité étrusque de Véies en 396 av. J.-C. par Camille marqua le début de la perte d'indépendance de l'Étrurie. D'autres cités étrusques s'empressèrent de faire la paix et, au milieu du IVe siècle av. J.-C. des garnisons romaines stationnaient dans le Sud de l'Étrurie et un grand nombre de colons romains s'était établi dans la région. Des victoires sur les Volsques, les Latins et les Herniques permirent aux Romains de contrôler l'Italie centrale et les mirent aux prises avec les Samnites d'Italie méridionale, qu'ils battirent au cours de trois guerres, entre 343 et 290 av. J.-C. Une révolte des Latins et des Volsques fut matée et, en 338 av. J.-C. la Ligue latine, une confédération des cités du Latium déjà ancienne, fut dissoute. De puissantes coalitions, composées d'Étrusques, d'Ombriens, de Gaulois au nord, de Lucaniens, de Bruttiens et de Samnites au sud, se formèrent contre Rome et menacèrent sa puissance jusqu'à la défaite de la confédération du Nord en 283 av. J.-C. et des États du Sud peu après. En 281 av. J.-C., la colonie grecque de Tarente fit appel à Pyrrhus, roi d'Épire, contre Rome. Ses campagnes en Italie et en Sicile entre 280 et 276 av. J.-C. se soldèrent par un échec et Pyrrhus reprit le chemin de la Grèce. Au cours des dix années suivantes, les Romains achevèrent leur conquête de l'Italie méridionale et prirent le contrôle de l'ensemble de la péninsule jusqu'à l'Arno et le Rubicon au nord.

    3. Une puissance mondiale (264-133 av. J.-C.)

    En 264 av. J.-C., Carthage gouvernait un empire maritime s'étendant jusqu'à l'Espagne. Les guerres puniques qui eurent lieu entre Rome et Carthage avaient pour enjeu l'hégémonie en Méditerranée occidentale.

    La première des guerres puniques portait sur la possession de la Sicile et fut marquée par l'émergence de Rome comme grande puissance navale. Avec le soutien de Hiéron II, roi de Syracuse, les Romains s'emparèrent d'Agrigente et, en 260 av. J.-C., leur flotte flambant neuve commandée par le consul Caius Duilius battit la flotte carthaginoise lors de la bataille de Myles. Le déplacement de la guerre sur le sol africain provoqua la défaite et la capture du général Marcus Atilius Regulus. Après plusieurs défaites navales, les Romains remportèrent une victoire décisive en 242 av. J.-C. au large des îles Égades, à l'ouest de la Sicile. La guerre s'acheva en 241 av. J.-C. par la cession aux Romains de la partie carthaginoise de la Sicile, qui devint une province romaine et fut la première possession de Rome à l'étranger. La Sardaigne et la Corse furent prises à Carthage et annexées comme provinces peu après. Carthage prépara une reprise des hostilités en acquérant un point d'appui en Espagne. Sous la direction d'Hamilcar Barca, elle occupa la péninsule Ibérique jusqu'au Tage, au nord. Le gendre d'Hamilcar, Hasdrubal, poursuivit son œuvre de conquête jusqu'à sa mort en 221 av. J.-C. et, entre 221 et 219 av. J.-C., Hannibal étendit les conquêtes de Carthage au nord, jusqu'à l'Èbre. La deuxième guerre punique débuta en 218 av. J.-C., lorsque Hannibal entra en Italie, il infligea aux Romains une série de défaites et ravagea la majeure partie de l'Italie méridionale durant plusieurs années. Rappelé en Afrique en 202 av. J.-C. pour faire face à Scipion l'Africain, qui avait assiégé Carthage, il fut vaincu à la bataille de Zama. Carthage dut rendre sa flotte, céder l'Espagne ainsi que ses îles de Méditerranée, et payer une très lourde indemnité.

    Rome exerça un contrôle plus strict des communautés italiennes placées sous sa direction, tandis que les cités grecques du sud de l'Italie qui avaient épaulé Hannibal devenaient des colonies romaines. Elle continua également à accroître sa puissance vers le nord. Entre 201 et 196 av. J.-C., les Celtes de la vallée du Pô furent soumis, et leur territoire fut latinisé, bien qu'eux-mêmes fussent empêchés d'acquérir la citoyenneté romaine. La Corse et la Sardaigne furent conquises, et l'Espagne fut occupée militairement, une pratique qui donna naissance à la première armée permanente romaine.

    Au cours des IIIe et IIe siècles av. J.-C., Rome fut impliquée dans un conflit avec la Macédoine pour la domination de la mer Égée, conflit connu sous le nom de guerres macédoniennes. Du côté macédonien, les deux premières guerres furent dirigées par Philippe V, qui fut finalement vaincu en 197 av. J.-C. Avec l'aide des États grecs méridionaux, les Romains se tournèrent alors contre le roi de Syrie Antiochos III, qu'ils battirent à Magnésie en 190 av. J.-C. et qui dut rendre ses possessions en Europe et en Asie Mineure. Le fils et successeur de Philippe, Persée (v. 212-v. 166 av. J.-C.), continua à résister aux Romains, ce qui provoqua la troisième et dernière guerre macédonienne. En 168 av. J.-C., son armée fut mise en déroute à Pydna par le général Lucius Aemilius Paullus (v. 229-v. 160 av. J.-C.). La Macédoine devint une province romaine en 146 av. J.-C. La même année, une ultime révolte de la Ligue achéenne dirigée contre Rome provoqua la prise et la destruction de Corinthe.

    Entre 149 av. J.-C. et 146 av. J.-C., Rome fut également impliquée dans la troisième guerre punique. Scipion Émilien y mit un terme en prenant et détruisant Carthage, qui fit alors partie de la province romaine d'Afrique. Une série de campagnes en Espagne s'acheva par la prise de Numance en 133 av. J.-C., tandis que, la même année, Rome recevait le royaume de Pergame à la mort de son dernier souverain Attale III. Peu après, ce territoire devint la province d'Asie.

    En 131 av. J.-C., Rome avait édifié un empire à l'échelle mondiale, dominant la Méditerranée de la Syrie à l'Espagne. Les Romains entrèrent en contact avec les Grecs, d'abord en Italie méridionale et en Sicile, et plus tard à l'est, adoptant une grande partie de l'art, de la littérature, de la philosophie et de la religion de la Grèce antique. Le développement de la littérature latine débuta en 240 av. J.-C. par la traduction et l'adaptation de la poésie épique et dramatique grecque. En 155 av. J.-C., des écoles grecques de philosophie furent mises en place à Rome.

    4. Luttes intestines 133-27 av. J.-C.

    Plusieurs familles plébéiennes extrêmement riches s'arrangèrent avec les anciennes familles patriciennes pour que les hautes charges de l'administration et le Sénat leur soient réservées à l'exclusion de toute autre ; on les appela les optimates. Cette classe gouvernante aristocratique devint égoïste, arrogante et attachée au luxe. La disparition progressive des paysans, provoquée par la croissance de grands domaines, la pratique de l'esclavage et la dévastation du pays par la guerre, conduisit au développement d'un sous-prolétariat urbain incapable d'avoir une opinion politique. Les conflits entre le parti aristocratique et le parti populaire étaient inévitables. Les tentatives des tribuns de la plèbe Tiberius Sempronius Gracchus et son frère Caius Sempronius Gracchus, pour soulager la détresse économique des citoyens les plus pauvres par le biais de réformes des lois agraires et céréalières, se soldèrent par des émeutes au cours desquelles les deux frères furent tués, Tiberius en 133 av. J.-C. et Caius en 121 av. J.-C.

    L'expansion territoriale de Rome se poursuivait. En 105 av. J.-C., Jugurtha, roi de Numidie, fut déposé par Marius aidé de Sylla, ce qui contribua à renforcer la renommée militaire de la République.

    Les communautés italiennes qui s'étaient alliées à Rome voyaient leurs charges s'alourdir à mesure que leurs privilèges disparaissaient, et réclamèrent la part des conquêtes auxquelles elles avaient participé. Le tribun Marcus Livius Drusus tenta de se concilier les pauvres par des réformes agraires et les alliés italiens en leur promettant la citoyenneté romaine. Son assassinat en 91 av. J.-C. fut suivi l'année suivante par une révolte des armées italiennes voulant créer une nouvel État italien, gouverné sur les bases de la constitution romaine. Cette guerre, qui dura de 90 à 88 av. J.-C., est connue sous le nom de guerre sociale, ou guerre des Marses, en raison de la part importante prise dans celle-ci par les Marses. Les Italiens furent finalement battus mais obtinrent la citoyenneté romaine.

    Les troubles à l'intérieur de Rome se poursuivirent. Lors de la guerre contre le roi du Pont, Mithridate VI Eupator, un conflit éclata entre Marius, le porte-parole et l'idole du parti populaire, et Sylla, le chef de l'aristocratie, pour savoir qui commanderait le corps expéditionnaire. À la tête des légions qu'il avait dirigées durant la guerre sociale, Sylla marcha sur Rome et, pour la première fois, fit pénétrer des légions romaines dans la Cité. La fuite de Marius et l'exécution du tribun Publius Sulpicius Rufus (v. 124-88 av. J.-C.) qui s'en suivirent permirent à Sylla d'imposer des mesures autoritaires et, après que des élections consulaires l'eurent confirmé dans son commandement, il se mit en route contre Mithridate VI en 87 av. J.-C. En l'absence de Sylla, Cinna, l'un des chefs du parti populaire et un opposant acharné à Sylla, tenta d'introduire les réformes proposées à l'origine par Sulpicius, mais fut chassé de Rome. Il rallia à lui les légions de Campanie et, accompagné de Marius, qui était revenu d'Afrique, rentra à Rome. Ils partagèrent le consulat de 86 av. J.-C., mais Marius, après s'être vengé en massacrant sénateurs et patriciens, mourut peu après. Cinna resta au pouvoir jusqu'en 83 av. J.-C. lorsque Sylla, revenu d'Asie Mineure avec 40 000 hommes, marcha sur Rome et battit le parti populaire. La constitution républicaine était désormais à la merci du chef qui possédait le plus grand appui militaire. Sylla réprima ses ennemis par des proscriptions, dressant et affichant au Forum une liste d'hommes importants déclarés ennemis publics et hors-la-loi. Il confisqua également les terres de ses opposants politiques et les donna aux vétérans de ses légions, qui en règle générale les négligèrent ou les délaissèrent. La riche économie agricole de Rome périclita, et la Cité dut importer la majeure partie de son ravitaillement, en particulier d'Afrique, qui devint la principale source d'approvisionnement en grain.

    5. Ascension de César

    En 67 av. J.-C., Pompée, qui avait combattu le parti de Marius en Afrique, en Sicile et en Espagne, nettoya la Méditerranée des pirates et fut alors chargé de la guerre contre Mithidiate VI. Dans l'intervalle, son rival, Jules César, prit l'ascendant en profitant de son absence. En tant que chef du parti populaire, César renforça sa mainmise sur le peuple en vengeant les noms souillés de Marius et Cinna, en plaidant la clémence pour leurs enfants et en traînant les partisans corrompus de Sylla devant les tribunaux. Il trouva un allié favorable en la personne de Marcus Licinius Crassus, un homme extrêmement riche ; toutefois, en 63 av. J.-C., il suscita l'opposition des classes moyennes après son implication dans la conjuration de Catilina. Deux ans plus tard, Pompée revint victorieux de l'Orient et demanda au Sénat de ratifier ses mesures en Asie Mineure et d'accorder le pays à ses vétérans. Ses demandes rencontrèrent une opposition déterminée jusqu'à ce que César, se prétendant son ami, forme en 59 av. J.-C., avec lui et Crassus, une coalition appelée le premier triumvirat.

    Celui-ci réussit à obtenir le consulat pour César et à satisfaire les demandes de Pompée. Les chevaliers, dont beaucoup étaient de riches membres de la classe des commerçants, furent apaisés aux dépens du Sénat, et une loi agraire fut instaurée permettant à Pompée de récompenser ses troupes. Le couronnement des efforts de César fut cependant d'obtenir le commandement militaire de la Gaule Cisalpine, de l'Illyrie et plus tard de la Gaule Transalpine, où il accomplit d'importantes conquêtes. En 55 av. J.-C., les triumvirs renouvelèrent leur alliance, et César garda son commandement en Gaule pour cinq nouvelles années. Pompée et Crassus furent élus consuls pour l'année 55 av. J.-C. et, l'année suivante, Pompée reçut la responsabilité de l'Espagne et de l'Afrique, tandis que Crassus recevait la Syrie. La mort de Crassus en 53 av. J.-C. mit Pompée directement en conflit avec César. En l'absence d'un gouvernement efficace, Rome tomba dans l'agitation jusqu'à ce que le Sénat persuade Pompée de rester en Italie, confiant ses provinces à des légats. Il l'élit comme consul unique pour l'année 52 av. J.-C. et le soutint contre César.

    Le Sénat souhaitait mettre un terme au commandement militaire de César et afin de faire échec à sa deuxième candidature au consulat en 49 av. J.-C., exigea qu'il quitte son commandement. César refusa et, en 49 av. J.-C. il franchit le Rubicon, s'empara de Rome, forçant Pompée et les membres les plus influents de l'aristocratie à s'enfuir en Grèce. La victoire de César, contrairement à celles d'autres généraux qui avaient marché sur Rome, ne fut pas suivie par un règne de terreur. Il instaura des réformes économiques et administratives, dans une tentative d'éradiquer la corruption et de ramener la prospérité à Rome. Il poursuivit également la guerre contre Pompée, battant ses légats en Espagne et passant en Grèce où il infligea à Pompée une défaite écrasante à Pharsale au début de 48 av. J.-C. Pompée fut tué peu après en Égypte, mais la lutte contre ses partisans continua jusqu'en 45 av. J.-C., lorsqu'ils furent définitivement battus à Munda en Espagne, et César devint dictateur à vie.

    Songeant à rétablir la monarchie, César se fit un grand nombre d'ennemis parmi les nobles républicains qui l'assassinèrent le 15 mars 44 av. J.-C. Cicéron tenta de restaurer l'ancienne constitution républicaine, mais Marc Antoine, qui avait été nommé consul avec César, joignit ses forces à celles de Marcus Aemilius Lépide et du petit-neveu de César, Octave, le futur empereur Auguste, pour former le second triumvirat. Les triumvirs entamèrent leur souveraineté en proscrivant et en assassinant leurs opposants, dont Cicéron. En 42 av. J.-C., Octave et Marc Antoine battirent les troupes de Marcus Junius Brutus et de Caius Cassius Longinus, deux des assassins de César, à Philippes, dans le Nord de la Grèce. Par la suite, les triumvirs se partagèrent le contrôle de l'Empire, Octave prenant l'Italie et l'Occident, Marc Antoine l'Orient et Lépide l'Afrique. Peu après avoir pris ses fonctions en Orient, Marc Antoine tomba sous le charme de Cléopâtre, et voulut créer avec elle un Empire d'Orient distinct. Lépide, appelé en Sicile par Octave pour l'aider dans la guerre contre Sextus Pompeius, le fils de Pompée, tenta de s'emparer de l'île et perdit sa province et sa position dans le triumvirat. La mort de Sextus Pompeius, après la destruction de sa flotte en Méditerranée, laissait Octave, qui avait renforcé sa position en Occident, avec pour seul rival Marc Antoine. Après la bataille d'Actium en 31 av. J.-C., et peu après les suicides de Marc Antoine et de Cléopâtre, Octave prit le contrôle de l'Orient (29 av. J.-C.), exerçant de ce fait la suprématie totale sur l'ensemble des territoires de Rome.

    En dépit d'une série de guerres civiles désastreuses, la littérature latine connut un remarquable développement pendant la période dite cicéronienne, entre 70 et 43 av. J.-C. César et Cicéron menèrent la prose latine vers de nouveaux sommets, et Térence fut l'un des plus brillants dramaturges de cette époque. Catulle et Lucrèce illustrèrent la poésie.


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    "Rome antique (République)" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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    Rome antique (Empire)

    1. Présentation

    Rome antique (Empire) ou Empire romain, période au cours de laquelle l’État romain et les provinces d’outre-mer furent sous la souveraineté d’un empereur, et qui s’étend, pour l’histoire unifiée du domaine romanisé, du moment où Octave, ou Octavien, reçut le titre d’« Auguste » en 27 av. J.-C., jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident en 476 apr. J.-C.

    2. Auguste et les empereurs julio-claudiens

    L’Empire résulta de la concentration entre les mains d’Auguste de l’ensemble des pouvoirs républicains (voir République romaine). La date de naissance de l’Empire, très controversée, se situerait entre la victoire décisive d’Octave, le fils adoptif de Jules César, sur Marc Antoine à la bataille d’Actium, en septembre 31 av. J.-C., et l’obtention de la puissance tribunicienne (voir Tribun) et de l’imperium majus que le Sénat accorda à Octave en 23 av. J.-C. Le mérite de l’empereur est d’avoir su imposer cette concentration des pouvoirs qui n’annihilait pas la tradition républicaine, mais lui permit d’assurer le retour à l’ordre après un demi-siècle de guerres civiles quasi ininterrompues.

    1. Auguste et les fondements de la pax romana

    L’Empire succéda donc à la République. Auguste, avec le titre de princeps, ou premier des citoyens, maintint théoriquement la Constitution de la république jusqu’en 23 av. J.-C., date à laquelle il exerça l’autorité effective à travers la puissance tribunicienne et le pouvoir suprême sur toutes les armées (ou imperium). Le Sénat conserva le contrôle de Rome, de l’Italie et des provinces pacifiées. Les provinces frontalières, où il était nécessaire de maintenir des légions, étaient gouvernées par des légats, nommés et supervisés par Auguste en personne (voir Armées romaines). La corruption et le chantage qui avaient sévi dans l’administration des provinces au cours du dernier siècle de la République furent réprimés, ce qui profita grandement à la prospérité des provinces.

    Auguste mit en œuvre de nombreuses réformes sociales pour restaurer les traditions morales et l’intégrité du peuple romain ; il s’efforça de combattre la licence des mœurs et chercha à rétablir les cultes anciens (voir Romaine, mythologie). Il orna Rome de temples, de basiliques et de portiques, et fit, selon ses propres mots, « d’une cité de briques une cité de marbre » (voir Romain, art). Pour les Romains, une ère de paix et de prospérité semblait s’amorcer. La période augustinienne représente l’âge d’or de la littérature latine, caractérisée par les œuvres en vers de Virgile, d’Horace et d’Ovide, ou en prose de Tite-Live, dont la monumentale Histoire de Rome (Ab Urbe condita). (voir Auguste, siècle d’).

    2. Les successeurs d’Auguste

    Avec la mise en place du gouvernement impérial, l’histoire de Rome s’identifie largement avec le règne personnel des empereurs. La question successorale fut l’un des points noirs du long règne d’Auguste, qui perdit successivement tous les prétendants putatifs. La pratique de l’adoption systématique de ses dauphins permit cependant de trouver, en la personne de Tibère, un successeur déjà expérimenté dont la compétence politique avait été éprouvée par l’exercice de différentes magistratures au service de l’empereur ; Tibère succéda à son père adoptif en 14 apr. J.-C. Grand administrateur, il provoqua cependant l’aversion et la suspicion générales, en particulier chez les sénateurs, et s’appuya essentiellement sur son pouvoir militaire, tenant en alerte à Rome sa garde prétorienne, seules troupes autorisées à l’intérieur de la cité ; le préfet de la garde, Séjan, manqua même de le renverser. Tibère fut le premier empereur à s’éloigner volontairement de la ville, qu’il gouvernait depuis Capri.

    Son successeur fut Caligula, empereur jeune et instable, qui régna de 37 à 41 ; les comportements étranges, souvent humiliants pour les sénateurs, de ce personnage extravagant furent peut-être guidés par une conception orientale et théocratique du pouvoir. Plus encore que Tibère, Caligula renforça le culte impérial.

    Un complot de sénateurs ayant mit fin au règne de Caligula, le titre impérial passa ensuite à son oncle, Claude Ier, dont le règne (41-54) fut marqué par la conquête de la Bretagne (l’actuelle Grande-Bretagne), et qui poursuivit les travaux publics (voir Voies romaines) et les réformes administratives entrepris par César et Auguste. Lettré, consciencieux, probablement soucieux de préserver les institutions mises en place par Auguste et d’intégrer les élites provinciales au gouvernement de l’Empire, Claude souffrit des activités de ses deux dernières épouses, Messaline et surtout Agrippine qui finit probablement par le faire empoisonner.

    Le fils d’Agrippine, adopté par Claude, Néron, commença son règne (54-68) comme un empereur modéré, sous l’égide éclairée et les conseils du philosophe Sénèque et de Sextus Afranius Burrus (mort en 62), préfet de la garde prétorienne. Son règne correspondit à une consolidation des frontières de l’Empire à la fois en Germanie et en Orient. Très hellénisé, fasciné par l’Orient comme Caligula, extrêmement populaire et démagogue, Néron suscita bientôt l’opposition des sénateurs, qu’il soumit à de nombreuses persécutions. Ses excès conduisirent à sa destitution et il se suicida en 68, marquant ainsi la fin de la lignée des empereurs julio-claudiens.

    3. Les Flaviens et les Antonins

    Les brefs règnes de Galba, d’Othon et de Vitellius entre 68 et 69 furent suivis par celui de Vespasien : cette période est communément appelée ' l’année des quatre empereurs '. Cette instabilité montrait une transformation radicale du régime impérial : désormais, les empereurs devaient non seulement être légitimés par le Sénat, mais aussi par les légions, qui accédèrent ainsi à un pouvoir politique réel (voir Armées romaines).

    1. Vespasien et ses fils

    Vespasien et ses fils, Titus et Domitien, les empereurs flaviens, revinrent à la cour plus sobre des débuts de l’Empire, tentèrent de restaurer l’autorité du Sénat et de promouvoir le bien-être du peuple. Le règne de Vespasien (69-79) fut marqué par la fin de la révolte des juifs, qui aboutit à la destruction du Temple de Salomon et à la seconde grande Diaspora de l’histoire juive (voir Massada). Ce fut sous le règne de Titus (79-81) que se produisit l’éruption du Vésuve, qui dévasta la région du sud de Naples, dont les villes d’Herculanum et de Pompéi. Bien que la littérature fleurît sous le règne de Domitien (81-96), celui-ci se révéla bientôt un tyran cruel et suspicieux, instaurant une période de terreur qui ne s’acheva que par son assassinat.

    2. Les Antonins et la pax romana

    Marcus Cocceius Nerva, qui régna de 96 à 98, fut le premier de cinq empereurs, les autres étant Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux et Marc Aurèle (voir Antonins ; pax romana). Chacun des empereurs fut choisi, puis officiellement adopté par son prédécesseur, pour son habileté et son intégrité. Trajan (98-117) se battit contre les Daces, les Arméniens et les Parthes, et se signala pour son excellente administration. L’Empire atteignit sous son règne son extension extrême. L’auteur satirique Juvénal, l’orateur et épistolier Pline le Jeune et l’historien Tacite furent tous trois des contemporains de Trajan.

    Les vingt et un ans du règne d’Hadrien (117-138) furent une période de paix et de prospérité. En abandonnant certains territoires à l’est, Hadrien consolida le reste de l’Empire et stabilisa ses frontières. Le règne de son successeur, Antonin le Pieux (138-161), fut également serein et pacifique. Celui de l’empereur suivant, le philosophe stoïcien Marc Aurèle, qui régna (161-180) collégialement avec Lucius Aurelius Verus jusqu’à la mort de ce dernier en 169, fut troublé par les incursions menées par différentes tribus migrant dans diverses parties de l’Empire.

    Les Antonins furent confrontés à l’émergence du christianisme qui remettait en question les fondements religieux du gouvernement impérial en refusant le culte de l’empereur. Après les voyages de saint Paul au Ier siècle, le christianisme connut un immense succès d’abord en Asie, puis en Occident : selon certaines estimations, la moitié de la population d’Asie aurait été convertie au christianisme dès le milieu du IIe siècle. Ce phénomène entraîna de la part des empereurs le recours à une répression systématique, qui se traduisit par des persécutions tragiques.

    À Marc Aurèle succéda son fils Commode (180-192). L’un des tyrans les plus sanguinaires de l’histoire, il fut assassiné. Les désordres du règne de Commode, comme ceux connus sous Caligula ou Néron, traduisaient aussi une mutation du monde romain : son extension et sa richesse en faisaient un pôle d’attraction pour tous les peuples avec lesquels il était en contact ; la pression des Barbares s’accroissait non seulement aux frontières, ce qui avait amené les Antonins à systématiser la fortification du limes, mais aussi à l’intérieur même de l’Empire où, par le commerce et par la participation aux troupes auxiliaires, ils étaient de plus en plus présents. La romanité, qui avait accepté sans difficulté la prééminence du modèle culturel hellénique dès l’époque républicaine, était confrontée à la nécessité absolue d’une nouvelle adaptation.

    4. Le déclin et la chute
    1. La pression des Barbares

    Les brefs règnes de Publius Helvius Pertinax (193) et de Didus Severus Julianus (193) furent suivis par celui de Lucius Septime Sévère, d’origine syrienne, qui gouverna de 193 à 211 ; sa dynastie éphémère compta les empereurs Geta (règne : 211-212), Caracalla (règne : 211-217), Élagabal (règne : 218-222) et Sévère Alexandre (règne : 222-235). Septime était un bon souverain, mais Caracalla était célèbre pour sa brutalité et Élagabal pour sa débauche. Caracalla octroya la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire en 212 probablement pour pouvoir lever des impôts dont seuls les citoyens étaient redevables. Son règne et surtout celui d’Élagabale firent l’objet d’une exécration véhémente de la part des historiens romains, outrés par l’orientalisation de ces empereurs très marqués par les cultes ésotériques dont ils étaient les grands prêtres à Émèse. Alexandre Sévère fut, au contraire, et sans doute par contraste, connu pour sa sagesse et son sens de la justice ; il n’en mourut pas moins, comme ses deux prédécesseurs, assassiné.

    La période qui suivit la mort d’Alexandre Sévère fut extrêmement confuse à Rome et en Italie. Sur les douze empereurs qui régnèrent durant les trente-trois ans qui suivirent, presque tous moururent de mort violente, souvent des mains des soldats mêmes qui les avaient installés sur le trône. Un renouveau de paix et de prospérité se manifesta un temps grâce aux empereurs illyriens, originaires de la région appelée aujourd’hui la Dalmatie. Parmi ceux-ci figurent Claude II, dit le Gothique, qui régna de 268 à 270 et chassa les Goths, et Aurélien, qui, entre 270 et 275, battit également les Goths, ainsi que les Germains et Zénobie, reine de Palmyre, qui avait occupé l’Égypte et l’Asie Mineure. L’unité de l’Empire était rétablie. Aurélien fut suivi par une rapide succession d’empereurs relativement insignifiants jusqu’à l’arrivée de Dioclétien, un autre Illyrien, en 284.

    2. Dioclétien et le partage de l’Empire

    Bon administrateur, Dioclétien (284-305) introduisit de nombreuses réformes sociales, économiques et politiques. Il supprima les privilèges économiques et politiques dont Rome et l’Italie bénéficiaient aux dépens des provinces. Il essaya de maîtriser l’inflation effrénée en contrôlant le prix des denrées alimentaires et de beaucoup d’autres biens de consommation, ainsi que le salaire maximal des travailleurs.

    Mais surtout, afin d’assurer une administration plus uniforme à travers tout l’Empire et permettre un contrôle plus rapproché sur le limes, il établit un nouveau système de gouvernement dans lequel lui et Maximien (286-305) partagèrent la pourpre. Cette dyarchie fut renforcée par la nomination de deux Césars ou adjoints, Galère et Constance Ier Chlore. Dioclétien contrôlait la Thrace, l’Égypte et l’Asie, tandis que Galère, gouvernait les provinces du Danube. Maximien reçut l’Italie et l’Afrique (voir Afrique, province romaine d’), Constance, la Gaule, l’Espagne et la Bretagne. Ce système, appelé tétrarchie, créa une mécanique administrative très solide, mais accrut encore la bureaucratie déjà pléthorique du gouvernement, avec quatre cours impériales et leurs officiels pesant d’un poids financier énorme sur l’Empire.

    Dioclétien et Maximien abdiquèrent en 305, laissant les nouveaux Augustes et Césars dans un conflit débouchant sur des guerres civiles qui ne s’achevèrent qu’avec l’accession au pouvoir de Constantin le Grand en 312.

    3. Constantin et les empereurs chrétiens

    Constantin (306-337), qui était auparavant devenu César de l’armée en Bretagne écarta ses rivaux du pouvoir et réunifia l’Empire romain d’Occident. Sa victoire en 324 sur Licinius, empereur d’Orient de 308 à 324, laissa Constantin seul maître du monde romain. Le christianisme, qui était apparu sous le règne de Claude et s’était développé sous ses successeurs, malgré les persécutions, fut décrété par Constantin religion officielle de l’Empire.

    Mais surtout, Constantin établit sa nouvelle capitale à Byzance, qu’il reconstruisit comme une nouvelle Rome et rebaptisa Constantinople (aujourd’hui Istanbul) en 330. Des raisons de prudence à la fois politiques (le milieu politique romain demeurait à la fois agité et dangereux) et militaires (la menace des peuples germaniques et, les révoltes en Gaule faisaient craindre pour la sécurité romaine) expliquent peut-être ce transfert ; quoi qu’il en soit, la ville de Rome perdait, pour la première fois depuis près de six siècles, la prééminence sur l’espace romanisé.

    La mort de Constantin en 337 marqua le début de la guerre civile entre les Césars rivaux, qui se déroula jusqu’à ce que le seul fils survivant de Constantin, Constance II (337-361), réunifie l’Empire en 353. Il fut suivi de Julien l’Apostat (361-363), qui doit son nom à son désir de restaurer le paganisme, puis vint Jovien qui régna en 363 et 364. Par la suite, l’Empire fut à nouveau coupé en deux. Sous Théodose Ier (qui régna de 379 à 395 en Orient et de 394 à 395 en Occident), l’Empire fut brièvement réuni après la mort de son cosouverain d’Occident, Valentinien II (375-392). Trois ans plus tard, toutefois, à la mort de Théodose, l’Empire fut partagé entre ses deux fils, Arcadius (395-408), empereur d’Orient, et Honorius (395-423), empereur d’Occident.

    4. La dislocation de l’Empire

    Au Ve siècle, les provinces de l’Empire romain d’Occident étaient rendues exsangues par les taxes levées pour entretenir l’armée et la bureaucratie, aussi bien que par les pillages causés par la guerre civile et les invasions barbares. Le partage de l’Empire en deux zones, l’une principalement hellénisée dominée par Constantinople, l’autre essentiellement romanisée mais où le poids de Rome continuait de décroître, était devenu une réalité à la fois politique et culturelle. Dans un premier temps, la politique de conciliation avec les envahisseurs, nommés à la tête de l’armée et de l’État, porta ses fruits dans les deux parties de l’Empire ; les Barbares, de plus en plus nombreux, étaient admis à la cour des empereurs.

    Progressivement, toutefois, les immigrants venus de l’Orient visèrent à la conquête de l’Occident. À la fin du IVe siècle, Alaric Ier, roi des Wisigoths, dévasta la Grèce. Arcadius le fit gouverneur de la province romaine d’Illyrie dans le but de le neutraliser. En 410, Alaric s’empara de Rome, qu’il pilla. Son successeur, Ataulf (410-415), conduisit les Wisigoths en Gaule et, en 419, le roi wisigoth Wallia reçut de l’empereur Honorius la permission formelle de s’établir dans le sud-ouest de la Gaule où il fonda à Toulouse la dynastie wisigothe. Déjà, à cette époque, le contrôle effectif de l’Espagne était aux mains des Vandales, des Suèves et des Alains, et Honorius fut obligé de reconnaître leur autorité sur la région.

    Au cours du règne de son successeur, Valentinien III, Carthage fut conquise par les Vandales du roi Genséric, tandis que la Gaule et l’Italie étaient envahies par Attila et ses Huns. Attila marcha d’abord sur la Gaule, mais les Wisigoths, christianisés et déjà à moitié latinisés, lui barrèrent le passage par fidélité aux Romains. En 451, les Wisigoths, commandés par Flavius Aetius, battirent les Huns à la bataille des champs Catalauniques, près de Troyes. L’année suivante, Attila envahit la Lombardie, mais ne parvint pas à avancer plus au sud. Il mourut en 453. En 455, Valentinien, le dernier descendant de la lignée de Théodose en Occident, fut assassiné. Entre sa mort et 476, le titre d’empereur d’Occident fut porté par neuf souverains, quoique le pouvoir réel se trouvât aux mains du général Suève Ricimer (mort en 472), dit le Faiseur de rois. Le dernier empereur d’Occident, Romulus Augustule (475-476), fut déposé par le mercenaire Odoacre, chef des Hérules, proclamé roi d’Italie par ses troupes en 476. L’histoire de Rome se fondit par la suite avec celle de la papauté, du Saint Empire romain germanique, des États pontificaux et de l’Italie. L’Empire romain d’Orient, également appelé Empire byzantin, perdura jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

    L’Empire romain fut une construction politique, économique et culturelle d’une durée unique dans l’histoire. Pendant trois siècles, un État uniforme contrôla un espace immense. Les infrastructures, les bâtiments, la religion, les institutions politiques, les pratiques culturelles, tout cela fut influencé, sinon modelé, par la puissance romaine. Si le prix à payer fut la soumission à l’empereur, le résultat fut, pendant deux siècles au moins, la réalité d’une paix qui permit à tout l’Empire d’accéder à une certaine prospérité.


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    "Rome antique (Empire)" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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