Russie

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 4 Mars 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Russie

    La Russie, en forme longue la Fédération de Russie, en russe
    Россия (Rossiïa) [SUP]prononciation[/SUP] et Российская Федерация (Rossiïskaïa Federatsiïa) [SUP]prononciation[/SUP], est le plus vaste État de la planète. Sa population était estimée à 143 millions d’habitants en 2012. Le pays est à cheval sur l’Asie du Nord (74,7 %) et sur l’Europe (25,3 % de sa superficie). Son territoire s'étend d’ouest en est (de Kaliningrad à Vladivostok) sur plus de 9 000 km pour une superficie de 17 millions de kilomètres carrés (soit deux fois celle des États-Unis, 31 fois celle de la France, 413 fois celle de la Suisse, 560 fois celle de la Belgique) et compte neuf fuseaux horaires. Sa capitale est Moscou, sa langue officielle le russe et sa monnaie le rouble. Bien qu’entourée de nombreux océans et mers, la Russie est caractérisée par un climat continental avec des milieux froids et hostiles sur la majeure partie du territoire.

    La Russie dispose de ressources minières (houille, fer, nickel, diamant, etc.) et énergétiques (pétrole, gaz naturel, hydroélectricité) abondantes qui en font l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux. Elle a hérité de l’URSS une industrie lourde puissante (aciéries, raffineries, industrie chimique, etc.). Les secteurs liés à l’armement, au nucléaire et à l’aérospatiale sont également fortement développés, ce qui a permis au pays de jouer un rôle pionnier dans la conquête de l'espace.

    La République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) fut la plus importante des quinze républiques de l’Union des républiques socialistes soviétiques, dont elle constituait le noyau historique.

    À la fin de 1991, l’URSS éclate en quinze États indépendants souverains, dont la Russie, qui a hérité de l’ancienne superpuissance les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. La Russie occupe aussi dans la continuité sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, tout en assumant également le passif financier de l’URSS. Elle est aussi fondatrice de la Communauté des États indépendants (CEI) qui rassemble onze des quinze ex-républiques soviétiques.


    Elle demeure une fédération constituée de 83 sujets disposant d’une autonomie politique et économique variable. Le découpage, tenant compte entre autres de la présence de minorités, existait déjà dans l’ancienne URSS.

    Après la fin du système soviétique à la fin des années 1980 et au début des années 1990, le pays a graduellement adopté une économie de marché et un régime parlementaire pluraliste. Aspirant à suivre la mondialisation, la Russie se considère par ailleurs le pont entre l'Europe et l'Asie. Aujourd'hui, la Russie fait partie des BRICS aux côtés de la Chine, de l'Inde, de l'Afrique du Sud et du Brésil. Elle est actuellement la neuvième puissance mondiale en 2011 en termes de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d'achat.

    En devenant la première capitalisation boursière européenne, le géant gazier Gazprom devient le symbole de cette expansion russe, au même titre que le leader mondial de l'aluminium Rusal.

    Frontières de l’État


    La Russie possède des frontières terrestres avec 16 pays (dans l’ordre inverse des aiguilles d’une montre, en partant du plus au nord) :
    - la Norvège 196 km,
    - la Finlande 1 313 km,
    - l’Estonie 290 km,
    - la Lettonie 292 km,
    - la Biélorussie 959 km,
    - la Lituanie 227 km,
    - la Pologne 432 km,
    - l’Ukraine 1 576 km,
    - la Géorgie 723 km,
    - l’Azerbaïdjan 284 km,
    - le Kazakhstan 6 846 km,
    - la République populaire de Chine 3 645 km,
    - la Mongolie 3 441 km et
    - la Corée du Nord 19 km.
    Elle possède également des frontières avec deux républiques séparatistes de Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dont elle a reconnu l’indépendance en 2008.


    Subdivisions


    La Russie est une fédération constituée de 83 sujets qui disposent chacun d’une certaine autonomie. Chaque sujet envoie deux représentants au conseil de la Fédération (le sénat). La présence de cent vingt-huit nationalités et le poids de l’histoire ont abouti à un découpage du territoire en de nombreux sous-ensembles aux dimensions et fonctionnement variables. La fédération de Russie est constituée de :

    • 21 républiques qui constituent les territoires d’ethnies (comme le Tatarstan) et disposent de la plus grande autonomie ;
    • 46 oblasts (régions) (en russe область) et neuf kraïs (territoires) qui recouvrent les parties du territoire occupées de longue date par les Russes ;
    • 4 okrougs (districts autonomes) constitués également sur une base ethnique, disposent d’une autonomie beaucoup plus faible et sont rattachés à une autre région ;
    • 2 villes d’importance fédérale, Moscou et Saint-Pétersbourg, avec leurs banlieues proches.
    Le Birobidjan garde un statut particulier : il avait été prévu par Staline comme une terre d’accueil des juifs d’URSS.

    Les sujets ont un pouvoir législatif encadré par la Constitution : les Républiques ont une Constitution tandis qu’on parle de statut pour les oblasts, kraïs, okrougs et villes. Chaque sujet dispose de 40 % des ressources fiscales collectées pour ses dépenses de fonctionnement et d’investissement.

    - Villes

    Malgré la faiblesse de la densité moyenne, la Russie est un pays fortement urbanisé : près des trois-quarts des Russes (73 %) résident en ville, soit 106,5 millions de ses habitants au sein d'environ 1 100 villes et 1 400 bourgs. 20 % des Russes se concentrent dans des villes de plus d'un million d'habitants et 45 % dans des zones urbaines de plus de cent mille âmes.
    Recensement de 2002

    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD]
    [/TD]
    [TD]
    Nom
    [/TD]
    [TD]
    Région
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    Pop.
    [/TD]
    [TD]
    [/TD]
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    Nom
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    Région
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    Pop.
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    1
    [/TD]
    [TD] Moscou[/TD]
    [TD] Moscou[/TD]
    [TD] 11 629 116[/TD]
    [TD]
    11
    [/TD]
    [TD] Oufa[/TD]
    [TD] République de Bachkirie[/TD]
    [TD] 1 042 437[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    2
    [/TD]
    [TD] Saint-Pétersbourg[/TD]
    [TD] Saint-Pétersbourg[/TD]
    [TD] 4 661 219[/TD]
    [TD]
    12
    [/TD]
    [TD] Volgograd[/TD]
    [TD] Oblast de Volgograd[/TD]
    [TD] 1 011 417[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    3
    [/TD]
    [TD] Novossibirsk[/TD]
    [TD] Oblast de Novossibirsk[/TD]
    [TD] 1 425 508[/TD]
    [TD]
    13
    [/TD]
    [TD] Perm[/TD]
    [TD] Kraï de Perm[/TD]
    [TD] 1 001 653[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    4
    [/TD]
    [TD] Nijni Novgorod[/TD]
    [TD] Oblast de Nijni Novgorod[/TD]
    [TD] 1 311 252[/TD]
    [TD]
    14
    [/TD]
    [TD] Krasnoïarsk[/TD]
    [TD] Kraï de Krasnoïarsk[/TD]
    [TD] 909 341[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    5
    [/TD]
    [TD] Iekaterinbourg[/TD]
    [TD] Oblast de Sverdlovsk[/TD]
    [TD] 1 293 537[/TD]
    [TD]
    15
    [/TD]
    [TD] Saratov[/TD]
    [TD] Oblast de Saratov[/TD]
    [TD] 873 055[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    6
    [/TD]
    [TD] Samara[/TD]
    [TD] Oblast de Samara[/TD]
    [TD] 1 157 880[/TD]
    [TD]
    16
    [/TD]
    [TD] Voronej[/TD]
    [TD] Oblast de Voronej[/TD]
    [TD] 848 752[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    7
    [/TD]
    [TD] Omsk[/TD]
    [TD] Oblast d'Omsk[/TD]
    [TD] 1 134 016[/TD]
    [TD]
    17
    [/TD]
    [TD] Togliatti[/TD]
    [TD] Oblast de Samara[/TD]
    [TD] 702 879[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    8
    [/TD]
    [TD] Kazan[/TD]
    [TD] République du Tatarstan[/TD]
    [TD] 1 105 289[/TD]
    [TD]
    18
    [/TD]
    [TD] Krasnodar[/TD]
    [TD] Kraï de Krasnodar[/TD]
    [TD] 646 175[/TD]
    [/TR]
    [TR]
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    9
    [/TD]
    [TD] Tcheliabinsk[/TD]
    [TD] Oblast de Tcheliabinsk[/TD]
    [TD] 1 077 174[/TD]
    [TD]
    19
    [/TD]
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    [TD] Oblast d'Oulianovsk[/TD]
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    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    10
    [/TD]
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    [TD] Oblast de Rostov[/TD]
    [TD] 1 068 267[/TD]
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    20
    [/TD]
    [TD] Ijevsk[/TD]
    [TD] République d'Oudmourtie[/TD]
    [TD] 632 140[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Milieux naturels

    Le territoire de la Russie est constitué majoritairement de vastes plaines où prédominent les steppes au sud, la forêt au nord et la toundra le long des rivages de l’océan Arctique. Les principaux massifs montagneux se situent le long de la frontière méridionale : ce sont le Caucase, dont le point culminant, le mont Elbrouz (5 642 mètres) est également le sommet le plus élevé d’Europe et les montagnes de l’Altaï. À l’est se trouvent le massif de Verkhoïansk et la chaîne de volcans de la presqu’île du Kamtchatka, dominée par le Klioutchevskoï, un strato-volcan de 4 835 mètres. L’Oural, qui sépare selon un axe nord-sud la Russie d’Europe de la Russie d’Asie, est un massif montagneux érodé riche en ressources minières.

    L’énorme ceinture forestière d’une largeur de 1 200 km en «Russie européenne» dont l'Oural est la barrière naturelle, et de 2 000 km en Sibérie constitue la plus grande réserve forestière de la planète. Les surfaces cultivées présentent 8,9 % de la surface cultivable de la planète.

    Le littoral de la Russie a une longueur de 37 653 km : il s’étire essentiellement le long de l’océan Arctique et de l’océan Pacifique ; il comprend également de relativement petites portions de côtes sur la mer Baltique, la mer Noire et la mer Caspienne.
    Les principales îles et archipels comprennent en océan Arctique la Nouvelle-Zemble, l’archipel François-Joseph, l’archipel de Nouvelle-Sibérie, et dans le Pacifique l’île Sakhaline et l’archipel des Kouriles dont les îles les plus méridionales sont revendiquées par le Japon.

    Plus de 100 000 rivières arrosent la Russie dont certaines figurent parmi les plus importantes de la planète. La Volga, qui draine un bassin versant de 1,4 million de kilomètres carrés, est le plus long fleuve d’Europe (3 350 km) et a joué un rôle majeur dans l’histoire du pays. Les grands fleuves sibériens figurent parmi les géants de la planète : ce sont l’Ienisseï (débit moyen 19 800 m[SUP]3[/SUP]s[SUP]-1[/SUP]), l’Ob, la Léna et l’Amour tous caractérisés par des débits énormes et des débâcles particulièrement violentes lorsque l’arrivée de l’été remet en mouvement les eaux prises dans les glaces. Les principales étendues d’eau sont le lac Baïkal, qui contient 20 % de l’eau douce lacustre de la planète, le lac Ladoga et le lac Onega.

    - Climat

    Plus de la moitié du pays est située au nord du 60° de latitude tandis que seule une faible partie se trouve au sud du 50° de latitude. Les montagnes qui ferment les frontières méridionales (Altaï...) empêchent la remontée des masses d’air chaud venues des régions plus méridionales ; par contre, les plaines qui dominent dans le nord du pays laissent pénétrer loin à l’intérieur des terres les masses d’air refroidies par l’océan Arctique. Il en résulte une température moyenne de -5,5 °C avec une grande amplitude thermique entre l’hiver et l’été.

    Dans pratiquement tout le pays, il n’existe que deux grandes saisons : l’hiver et l’été ; le printemps et l’automne sont généralement de très courte durée et le passage des températures les plus chaudes aux températures les plus froides est extrêmement rapide. Le mois le plus froid est janvier (février sur les côtes). Les températures hivernales vont en s’abaissant à la fois du sud au nord et de l’ouest à l’est (beaucoup plus continental) : on relève ainsi une température moyenne en février de −8 °C à Saint-Pétersbourg située à l’extrême-ouest, −27 °C dans les plaines de Sibérie occidentale, et −43 °C à Iakoutsk située en Sibérie orientale à peu près à la latitude de Saint-Pétersbourg.
    Le record du froid est détenu par la ville de Verkhoïansk (-70 °C relevé). Le vent du sud généré par l’anticyclone qui stationne en hiver sur la majeure partie de la Russie, réduit les différences de température entre les régions situées à des latitudes différentes. En été, le mois le plus chaud est généralement juillet (la température moyenne en Russie est de 20 °C). Les températures peuvent être très élevées dans les régions continentales (jusqu’à 38 °C au sud). L’amplitude des températures est généralement extrêmement élevée. L’été peut être très chaud et humide y compris en Sibérie. Une petite partie de la côte de la mer Noire près de Sotchi a un climat subtropical.


    Le climat continental limite fortement la pluviométrie. Si à l’ouest les précipitations annuelles sont de 600 mm dans les régions baltiques et de 525 mm à Moscou, elles tombent à 425 mm à Novossibirsk (en Sibérie).

    La durée de l’hiver, le froid intense et les variations brutales de température ont un énorme impact sur le mode de vie de la population et le fonctionnement de l’économie. Dans la partie la plus froide du pays, le sous-sol ne dégèle jamais : on parle de pergélisol (permafrost en anglais, merzlota en russe) ; l’eau stagne en surface et crée de gigantesques marécages - paysage récurrent de la Sibérie ; la présence du sous-sol gelé génère des contraintes très coûteuses sur le mode de construction des bâtiments et des infrastructures. Les grands fleuves sont généralement pris par les glaces d’octobre/novembre à avril/mai bloquant toute circulation fluviale ; au printemps, la débâcle des glaces entraîne souvent des inondations catastrophiques sur les plus grands fleuves sibériens.

    - Végétation

    Du fait de sa taille, le pays présente de nombreux types de paysages parmi lesquels prédominent des étendues relativement plates couvertes selon la latitude de toundra, de taïga, de forêts ou de steppes. La Russie d’Europe, définie de manière arbitraire comme la partie du pays située à l’ouest de l’Oural, présente successivement en allant du nord au sud les paysages suivants : au nord la partie la plus froide est le règne de la toundra à laquelle succède en allant vers le sud les forêts de conifères, puis les forêts mixtes (feuillus et conifères), les prairies, et enfin la steppe semi-désertique (près de la mer Caspienne). Le changement de végétation suit celui du climat. La Sibérie - la partie située à l’est de l’Oural - présente la même succession de paysages mais c’est surtout la taïga, forêt plus ou moins clairsemée composée majoritairement de conifères, qui prédomine.


    .... Histoire
     
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    Histoire de la Russie


    L'
    histoire de la Russie commence au IX[SUP]e[/SUP] siècle de notre ère. Durant ce millénaire, la Russie, aujourd'hui le plus vaste pays du globe, a connu un destin varié et de nombreuses vicissitudes. Petite principauté aux confins de l'Europe durant la période kiévienne, le pays a pris son essor sous la coupe de Moscou puis celle de Saint-Pétersbourg, avant de devenir au XX[SUP]e[/SUP] siècle le pays de la Révolution bolchévique. La difficile transition qui a fait suite à l'effondrement du bloc communiste à la fin des années 1980 et au début des années 1990 a obligé le pays à de difficiles reconversions.

    Antiquité


    La première trace humaine sur ce grand territoire remonte à 300 000 ans en Sibérie centrale. Vers 4000 ans avant J.-C., dans les steppes de la Russie du sud et de l'Asie centrale, se développe la civilisation des Kourganes. Vers 2000 ans avant notre ère, les Iraniens septentrionaux, des Indo-Européens appelés Peuples des Steppes ou Cimmériens, occupent un immense territoire entre l'actuelle Pologne et l'actuelle Chine occidentale. Vers 1000 avant notre ère d'autres Iraniens septentrionaux, les Scythes, créent un empire qui dure jusqu'au III[SUP]e[/SUP] siècle de notre ère entre le Dniestr et la Volga. Vers 200 avant notre ère les Sarmates, eux aussi Iraniens septentrionaux, finissent par supplanter les Scythes.
    Vers 400 après J.C., ce sont les Goths, cette fois des Germains venus du Nord, qui s'établissent dans l'actuelle Ukraine, tandis qu'en Russie d'Asie, les Huns constituent un immense empire qui s'étend sur l'Europe sous le règne d'Attila. L'empire des Huns, trop étendu et peu organisé, ne résiste pas à la mort d'Attila, et les Avars s'installent à leur place et dominent la région jusqu'au VII[SUP]e[/SUP] siècle, remplacés à leur tour par les Khazars.
    C'est au cours de la période correspondant aux dominations des turcophones Huns, Avars et Khazars que les Slaves, en provenance des plaines de l'actuelle Biélorussie, s'établissent peu à peu sur le territoire de la Russie européenne.


    Des origines de la Russie à la chute de l'empire des tsars en 1917

    La Rus' de Kiev

    La Rus' de Kiev ou principauté de Kiev (dite aussi Russinie, Russynie ou Ruthénie) est le premier État organisé à s'être formé dans la région occupée aujourd'hui par l'Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie occidentale (862). Fondée par des Varègues venus de Scandinavie à travers les différents fleuves de la plaine russe et ukrainienne, elle est dirigée par la dynastie des Riourikides, et son nom vient du scandinave Rodslagen: le gouvernail. Elle forme un État peu structuré dont les sujets sont les tribus de Slaves orientaux et des peuples finno-ougriens comme les Tchoudes et les Maris. Les princes varègues développent la route commerciale qui relie la mer Baltique, la mer Caspienne et la mer Noire en empruntant le Dniepr et la Volga.

    À partir de 860, ils deviennent pour l'empire byzantin un important partenaire commercial (bois, fourrures, ambre contre produits manufacturés, miel, parfums, soieries). En 882, Oleg le Sage déplace sa capitale de Novgorod à Kiev après s'être emparé de Smolensk. La paix commerciale est entrecoupée de guerres (voir guerre russo-byzantine de 907, de 941 et de 1043). Pour la Rus', l'Empire byzantin est tantôt un allié contre les peuples nomades des steppes, venus de l'est (Khazars, Petchenègues, Coumans et autres) tantôt un adversaire qui s'allie à ces mêmes peuples contre elle.

    Ainsi, en 907, Oleg le Sage s'allie à l'Empire byzantin en campagne contre les Bulgares du Danube, ces campagnes débouchent en 911 sur un accord commercial avec Byzance, mais aussitôt la Bulgarie vaincue, l'alliance est rompue et la Rus' est à nouveau en guerre contre les byzantins… aux côtés des Bulgares. Byzance en sort victorieuse, et la Rus' doit se retirer des Balkans.

    Entre 912 et 913, la principauté de Kiev tente d'accroître son influence sur de nouvelles tribus slaves dont les Drevlianes. Igor de Kiev organise une campagne vers la mer Caspienne avec 500 navires. La troupe pille Gillian, Tabaristan et Chirvan et prend un grand butin. La troupe du prince de Kiev est cependant repoussée par la suite par les Khazars. Igor doit retourner à Kiev pour reconstituer ses forces.
    Entre 915 et 916, les Petchenègues, un peuple de la steppe d'origine turque venu de l'Est, s'établit au sud du territoire de la principauté de Kiev, entre les Carpates et la boucle du Don, et pendant un siècle ils règnent sur la plaine qui borde les rivages septentrionaux de la Mer Noire.

    En 941, Igor de Kiev à l'instar d'Oleg le Sage, après avoir fait la paix avec les Petchenègues, organise une nouvelle expédition contre Byzance : il est repoussé par les Byzantins, qui utilisent le feu grégeois. Entre 943 et 945, la Rus' combat successivement les peuples de la mer Caspienne et Byzance sans plus de succès. Enfin, la paix est signée avec Byzance dans le Delta du Danube. Mais en 945, Igor de Kiev est tué par les Drevlianes à Iskorosten alors qu'il menait une expédition pour percevoir leur tribut.

    Sous le règne de Vladimir, le territoire s'étend et en 988, il se convertit au christianisme orthodoxe, qui devient religion d'État et l'un des facteurs de l'unité nationale russe. Lors du schisme de 1054, la Rus' reste fidèle à l'orthodoxie, alors que les Slaves de l'Ouest (Polonais, Tchèques, Slovaques…) ainsi que les peuples baltes, passent dans l'obédience de Rome ; les Finnois se divisent : ceux de l'ouest (les futurs Finlandais et les futurs Estoniens) passent dans l'obédience de Rome, tandis que ceux de l'est (les futurs Vepses et Caréliens) restent orthodoxes. Plus tard encore, les Finlandais, les Estoniens et une partie des Lettons deviendront protestants.

    À partir du XII[SUP]e[/SUP] siècle, après une longue période d'instabilité interne en raison des partages successoraux entre les descendants de Vladimir, la principauté de Kiev se désintègre au fil des années, tandis que les Coumans remplacent et assimilent les Pétchénègues au sud. La population slave s'étend vers le nord-est et de nombreuses villes-principautés nouvelles sont ainsi créées, parmi lesquelles Moscou en 1147. La Rus' fait alors place à une quinzaine de principautés comme la République de Novgorod.

    En 1276, la principauté de Moscou ou Moscovie, voit le jour.

    Les princes qui dirigent ces principautés règnent sur une masse de paysans à cette époque généralement libres, et vivant en paroisses, initialement maîtres de leurs terres, lesquelles n'appartiennent que nominalement au prince. Mais les armées des princes, formées de ces mêmes paysans, sont encadrées par des boyards, auxquels les princes font don de terres et qui deviendront progressivement des propriétaires terriens. Dès lors, les boyards ont tendance à exiger des paysans de plus en plus de corvées et de taxes, et à les maintenir sur la terre plutôt qu'à les envoyer à la guerre : ainsi se mettent en place le servage d'un côté, et des armées de guerriers de métier de l'autre. La principauté de Vladimir-Souzdal et surtout la république de Novgorod toutes deux situées au nord de la principauté de Kiev vont profiter de leur indépendance pour se développer.
    La république de Novgorod, cité-État dotée d'un système de gouvernement original, prospère grâce à ses échanges commerciaux avec les pays de la Baltique. Elle repousse à plusieurs reprises les tentatives d'expansion des chevaliers teutoniques, comme celle qui mène à la bataille du lac Peïpous.


    L’invasion tataro-mongole
    En 1226, un peuple nomade guerrier venu de Mongolie, appelé Tataro-Mongols par les Russes, attaque les principautés. Entre 1237 et 1242, le khan Batou petit-fils de Gengis Khan, défait les unes après les autres les armées des princes et réduit en cendres les principales villes dont Vladimir, Kiev et Moscou. Les populations sont massacrées ou réduites en esclavage. Seule Novgorod et dans une certaine mesure Pskov, situées au nord-est, réussissent à conserver une certaine autonomie. Les Mongols n’occupent pas les territoires vaincus mais les principautés doivent payer tribut et reconnaître la suzeraineté des Mongols qui fondent un État au sud de la Volga : la Horde d'Or. Cette vassalité ne prendra fin que trois siècles plus tard.

    Les Mongols tatars ont profondément marqué la Russie, ethniquement avec l'installation de peuples turcophones, culturellement avec l'islamisation des peuples de l'Est de Moscou, entre Vladimir et Kazan qui renforcera le poids de l'Église face à l'occupation musulmane. Le vocabulaire russe s'enrichit de nombreux termes de la langue mongole tels que yam (poste) et tamga (péage). Administrativement, les Russes intègrent les tributs ainsi que les levées de troupes. Comme les Mongols, les princes russes iront jusqu'à imposer à leurs sujets de maintenir un service de relais de poste. Enfin, militairement, l'armée russe reprendra à son compte l'usage de la cavalerie légère.
    Dans le même temps, le Grand-duché de Lituanie s'étend sur une grande partie du sud-ouest de la Rus'. La République de Pskov a aussi déclaré son indépendance par rapport à la République de Novgorod.

    La Moscovie
    Du XIII[SUP]e[/SUP] au XVI[SUP]e[/SUP] siècle, l’une de ces principautés, la Moscovie (dont la capitale est Moscou), dirigée par des princes habiles, annexe progressivement toutes les autres pour devenir la Russie. Le prince Dimitri IV de Russie vainc une première fois les Mongols à la bataille de Koulikovo (1380). Toutefois, ce mouvement d'unification se heurte aux rivalités et à la tradition de partage des territoires entre les différents fils du prince, ce qui engendra une guerre civile entre 1425 et 1453.

    Monté sur le trône en 1462, Ivan III de Russie, qu’un voyageur vénitien décrit comme un «homme de haute taille, penché en avant et beau», libère la Moscovie du joug des Mongols dont l’empire est désormais fragmenté en plusieurs khanats, puis absorbe les principales principautés russes encore indépendantes dont Novgorod (1478) et Principauté de Tver (1485). En 1485, Ivan III prend le titre de «souverain de toute la Rus'», désirant montrer sa volonté de reconstituer tout l'héritage de Vladimir. À la fin du règne d’Ivan III le territoire de la Moscovie a quadruplé. Son fils Vassili III (1505-1533) poursuit l'extension territoriale en annexant la cité-État de Pskov (1510) et la principauté de Riazan (1521) ainsi que Smolensk (1514).

    Ivan IV de Russie dit «le Terrible», premier prince à se faire désigner sous le titre de tsar, parachève ces conquêtes en s’emparant des principaux khanats mongols mais il perd l’accès à la mer Baltique face à une coalition de l’Empire suédois avec la Pologne et la Lituanie. Désormais l’expansion de la Russie vers l’est n’a plus d’obstacle sérieux. La colonisation par les paysans russes du vaste bassin de la Volga et de l’Oural prend son essor. Des paysans et fugitifs, les cosaques, s’installent sur les marges et s’organisent en «armée» tout en jouant les rôles de pionniers et de garde-frontières.

    Ivan IV se considère alors logiquement comme l'unique héritier de Vladimir, bien qu'il ne possède pas la ville de Kiev aux mains de la dynastie lituanienne des Jagellon. Cette dernière avait conquis la plupart des territoires de la Rus' occidentale.


    Tsarat de Russie

    La dynastie Romanov

    L’extinction de la dynastie des descendants de Riourik (qui remontait aux mythiques princes Varègues) déclenche le Temps des troubles jusqu’à ce qu’une nouvelle dynastie, les Romanov, monte sur le trône (1613). Plusieurs souverains brillants vont au XVII[SUP]e[/SUP] et XVIII[SUP]e[/SUP] siècles accroître la taille de l’Empire russe avec l’aide des cosaques.

    La guerre contre la Pologne et la Suède (1558-1583) finit par la défaite de la Russie, qui visait un débouché vers la mer Baltique. Le khanat de Crimée pille constamment les terres frontalières de la Russie. En 1571, le khan de Crimée brûle Moscou, mais à l'année suivante les Tatars de Crimée sont vaincus non loin de Moscou à la bataille de Molodi).
    · L'extension du servage (manque de main d'œuvre) provoque la fuite des paysans vers les marches de l'empire (on les appelle Cosaques : mot turc qui veut dire «évadé»), qui s'organisent en république. Certains groupes de Cosaques deviennent cavaliers et navigateurs. Ils sont tolérés par les Tsars dans la mesure où ils servent l'empire en conquérant de nouvelles terres à l'Est. C'est la conquête de la Sibérie par l'ataman Ermak et ses cosaques: ils y agissent comme une sorte de trappeurs, suivis par les commerçants, puis par les fonctionnaires et officiers du Tsar.

    Nouvelle période d'affaiblissement : après quatre années stériles dues aux éruptions du Laki et d'autres volcans d'Islande (de 1600 à 1603, les températures nocturnes d'été étaient souvent inférieures à zéro et les récoltes périclitèrent) la désorganisation économique et politique (Smouta) commence. Les Polonais attaquent la Russie par l'ouest en 1605. Ils occupent même Moscou. Les nobles russes offrent alors la couronne de Russie au fils du roi de Pologne, le prince Vladisdas. Mais une insurrection populaire chasse les Polonais de Moscou, et Michel (Mikhaïl) Romanov devient tsar «de toutes les Russies» (c'est-à-dire de toutes les principautés russes), et fonde une dynastie qui se perpétuera jusqu'en 1917.
    · Une révolte cosaque menée par Stenka Razine en 1670 et 1671 a lieu dans le Sud de la Russie. Saratov et Samara sont prises, et les paysans mécontents joignent Razine. Sa rébellion fut écrasée en 1671 et se termina par la mise à mort de Razine sur la Place Rouge à Moscou.



    .......
    L'empire russe

     
  3. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    L'empire russe



    L’Empire russe (officiellement appelé Rossiïskaïa Imperia, nom également traduit par «Empire de Russie»), est l'État russe de 1721, sous le règne de Pierre le Grand, à la déposition de Nicolas II, le dernier tsar, au début de la Révolution de 1917. Sa capitale était Saint-Pétersbourg (nom russifié en Petrograd, pour éviter sa consonance allemande, au début de la Première Guerre mondiale).


    À la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, la taille de l'empire était d'environ 21 800 000 kilomètres carrés (presque 1/6[SUP]e[/SUP] des terres émergées du globe), et seul l'Empire britannique pouvait rivaliser avec cette immensité. En plus des territoires de l'actuelle Fédération de Russie, la Russie comptait les Provinces baltes, la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, une partie de la Pologne, la Bessarabie (actuelle République de Moldavie), le Caucase, le grand-duché de Finlande et une partie importante de l'Asie centrale, sans compter la colonisation russe des Amériques essentiellement l'Alaska, vendue aux États-Unis en 1867, et la ville fortifiée de Port-Arthur, louée à bail par la Chine en 1894.

    En 1914, l'Empire russe se subdivisait en 81 goubernias («gouvernements» ou «gouvernorats») et 20 oblasts («régions»). Les vassaux et les protectorats de la Russie comptaient le khanat de Boukhara, le khanat de Khiva et, après 1914, Touva. En supplément de la Russie elle-même, l'Empire comprenait le Royaume de Pologne (1815-1915), placé sous le patronage de la Russie par le congrès de Vienne, et le grand-duché de Finlande (1809-1917).

    Si l'on se réfère au recensement de 1897, l'Empire comptait à cette date environ 128,2 millions d'habitants, dont les neuf dixièmes (93,4 millions) vivaient en Russie d'Europe. Plus de cent groupes ethniques différents vivaient dans le territoire de l'Empire (les Russes représentant 45 % de la population). Il s'agissait du pays le plus peuplé du monde occidental (68 millions d'habitants dans l'Empire allemand, 95 millions aux États-Unis d'Amérique) avec une croissance démographique forte. En effet, au recensement de 1913, on comptait 159 millions d'habitants.

    L'Empire russe était une autocratie dirigée par un empereur, appelé le plus souvent Gosoudar («souverain»), ou tsar dans les campagnes. Mais sa dénomination officielle est imperator. Il est issu de la dynastie des Romanov. Le christianisme orthodoxe était la religion officielle de l'Empire et était contrôlé par le souverain au travers du Saint-Synode. Les sujets de l'Empire étaient séparés en ordres (classes) comme le dvorianstvo (la «noblesse»), le clergé, les marchands (répartis en plusieurs guildes), le mechtchantsvo («petits commerçants» ou artisans), les cosaques, et les paysans (libres, d'État, ou de la noblesse). Les sujets non slaves, nés en Sibérie et en Asie centrale, étaient officiellement enregistrés comme inorodtsy («autre genre»), une autre classe.

    Pierre le Grand (1682-1725), au prix d’une longue guerre avec la Suède, obtient un accès à la mer Baltique ; il fait construire Saint-Pétersbourg qui devient à compter de 1712 la nouvelle capitale, symbolisant ainsi l’ouverture du pays vers l’Europe. Une puissante industrie métallurgique, la première d’Occident à l’époque, est édifiée dans l’Oural et permet de soutenir l’effort de guerre. Catherine II de Russie (1762-1796), autocrate éclairée, achève la conquête des steppes situées au bord de la mer Noire après avoir défait l’empire ottoman et le khanat de Crimée et repousse vers l’ouest les frontières de l’empire russe grâce au partage de la Pologne. L’actuelle Ukraine et la Russie Blanche (Biélorussie) sont désormais entièrement en territoire russe.
    Durant toute cette période, les cosaques occupent progressivement la Sibérie et atteignent l’océan Pacifique en 1640. Irkoutsk au bord du lac Baïkal est fondé en 1632, la région du détroit de Béring et l’Alaska sont explorés dans les années 1740.


    Un code édicté en 1649 lie désormais le paysan et ses descendants à la terre et à son propriétaire généralisant le servage, à contre-sens de l’évolution du statut du paysan en Europe occidentale. En contrepartie, les propriétaires terriens sont astreints à servir leur souverain. Catherine II confirme et renforce ces dispositions. Le mécontentement des paysans et d’une classe naissante d’ouvriers, exploités par leurs propriétaires et lourdement taxés par la fiscalité d’un État en pleine croissance déclenchent au XVII[SUP]e[/SUP] et XVIII[SUP]e[/SUP] siècles de nombreuses révoltes paysannes dont la plus importante, menée par le cosaque Pougatchev, parvient à menacer le trône avant d’être écrasée (1773).
    L’Église à l’époque joue un rôle essentiel dans la société russe et possède plus des deux tiers des terres. La réforme du dogme orthodoxe russe par le patriarche Nikon (1653) est à l’origine du schisme des vieux-croyants sévèrement réprimé.


    Pierre le Grand puis Catherine II font venir un grand nombre de colons allemands (par exemple les Allemands de la Volga), d’artisans et de savants occidentaux souvent allemands, pour moderniser le pays, édifier des industries et jeter les fondements des établissements d’enseignement et de diffusion du savoir. Les bases de la langue littéraire russe sont définies par Mikhaïl Lomonossov. Les premiers journaux sont publiés à cette époque. La noblesse russe s’occidentalise, surtout sous l’influence de la philosophie allemande et de la langue française, et certains de ses membres s’enthousiasmeront pour les idées des Lumières, et parfois même de la Révolution française.


    La Russie grande puissance européenne

    L’empire russe joue un rôle décisif durant les guerres napoléoniennes qui vont la transformer en puissance européenne. Mû comme tous les souverains européens par une idéologie conservatrice et donc hostile aux idées de la Révolution française, le tsar participe à deux coalitions contre Napoléon et essuie des défaites coûteuses.
    Alexandre I[SUP]er[/SUP]
    choisit alors par renversement d’alliance le camp de la France (paix de Tilsitt), mais la paix ne durera que 5 ans (1807-1812). Il profite de cette pause pour attaquer la Suède et annexer la Finlande. En 1812, les hostilités reprennent. La grande armée de Napoléon parvient au prix de combats acharnés à s’emparer de Moscou mais doit en repartir chassée par l’incendie de la ville. Les armées russes harcèlent alors un ennemi décimé par la faim et le froid et, en 1814, elles occupent Paris.
    Alexandre joue un rôle majeur dans la Sainte-Alliance qui veut gérer le destin de l’Europe post-napoléonienne : il s’oppose à la reconstitution de l’État polonais et participe militairement à la répression des soulèvements contre les monarchies (Hongrie 1849), à l’instar de l’empereur d’Autriche.


    Expansion de l’Empire vers le sud


    L’empire russe poursuit, sous son règne et celui de ses successeurs, son expansion dans le Caucase et vers les bouches du Danube, au détriment des empires perse et ottoman. La Géorgie rejoint volontairement l’empire en 1801. La partie orientale de la Principauté de Moldavie (vassale de l'Empire ottoman) est annexée en 1812 et forme la goubernia de Bessarabie. L’Arménie, le Daguestan et une partie de l’Azerbaïdjan sont annexés en 1813 au terme d’un conflit de quatre ans avec l’empire perse.

    Au décès d’Alexandre (1825), des officiers réformistes, les décembristes, se soulèvent en vain pour demander une réforme de la monarchie. Cette tentative de soulèvement d’officiers issus de l’aristocratie va servir aussi de modèle à de nombreux intellectuels russes au cours du siècle suivant, inspirés par la philosophie de Hegel ou de Kropotkine.
    En 1829 l'Empire russe se fait céder par l'Empire ottoman les Bouches du Danube. Nicolas I[SUP]er[/SUP] bénéficie d’une bonne croissance économique, mais renforce l’appareil répressif. Il écrase violemment un soulèvement armé de la Pologne (1831).

    Le déclin de l’empire ottoman, qui attise les convoitises des puissances européennes, est à l’origine d’un conflit entre la Russie et les autres puissances européennes, Grande-Bretagne en tête: la Guerre de Crimée. Défait à Sébastopol (1856), Alexandre II, le successeur de Nicolas, doit céder le sud de la Bessarabie avec les Bouches du Danube, et perd les droits de passage entre la mer Noire et la Méditerranée.

    Un dernier conflit victorieux avec l’Empire ottoman (1878) lui permet de retrouver un accès au Danube et parachève la conquête du Caucase. La Russie obtient aussi la création dans les Balkans d'un royaume de Bulgarie, et la reconnaissance par les Ottomans de l'indépendance de la Serbie et de la Roumanie.

    Par ailleurs, la Russie poursuit son expansion, amorcée au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, vers l'Asie centrale, avec notamment la conquête de Tachkent (actuelle capitale de l'Ouzbékistan) en 1865 et celle de la forteresse turkmène de Gök-Tepe en 1881 par le général Skobelev, vétéran de la guerre russo-turque de 1877-1878. Cet accroissement d'influence ravive l'hostilité du Royaume-Uni, cette tension géopolitique étant connue sous le nom de «Grand Jeu». La même année 1881, le traité de Saint-Pétersbourg (en) avec la Chine constitue l'un des rares retraits russes, l'empire cédant la région de Kuldzha (Yining, dans le Xinjiang ou «Turkestan oriental») annexée lors de la sanglante révolte des Dounganes (ou «révolte musulmane»).

    Enfin, l'empire s'étend aussi vers le Japon. En 1855, le traité de Shimoda établit les frontières des deux pays, l'île de Sakhaline faisant l'objet d'un échange lors du Traité de Saint-Pétersbourg de 1875. La Convention de Pékin de 1860, qui met un terme à la seconde guerre de l'opium avec la Chine, offre à la Russie un accès à la mer du Japon. Le Transsibérien est prolongé jusqu'à Vladivostok, permettant l'acheminement des troupes tsaristes. Les tensions augmentent jusqu'à la guerre russo-japonaise de 1904-1905, qui marquera durablement les esprits, tant par son caractère moderne de guerre industrialisée (Jack London y effectue un reportage biaisé de préjugés racistes sur les Coréens) que parce qu'il marque la première victoire d'un peuple non-blanc sur un pays occidental, conduisant à la popularisation de l'expression «péril jaune».

    De nombreuses jacqueries contre l’aristocratie terrienne endettée et attachée de ce fait au système du servage, ont lieu durant cette période. L’industrie se développe surtout dans les mines et le textile mais reste très en retrait par rapport à l’Angleterre et à l’Allemagne (environ 600 000 ouvriers vers 1860). Une nouvelle classe de commerçants et de petits industriels - souvent d’anciens serfs libérés par rachat - apparaît, mais ses effectifs sont relativement peu nombreux.

    L’enseignement se répand dans les classes les plus aisées et de nombreuses écoles supérieures sont fondées. La littérature russe connaît un premier épanouissement avec des écrivains majeurs comme Tourgueniev, Pouchkine ou Gogol qui témoignent des tourments de la société russe. Cet essor culturel s’étend également à l’architecture et à la musique (Glinka).


    Tentatives de réforme


    Alexandre II tente de tirer les leçons de la défaite de la guerre de Crimée. Le pays, qui s’étend désormais sur 12,5 millions de kilomètres carrés et compte 60 millions d’habitants, est handicapé par son fonctionnement archaïque. Des réformes structurelles sont mises en train par le tsar : la mesure la plus importante est l’abolition du servage (1861) qui inclut l’attribution à l’ancien serf d’une terre, souvent trop petite pour le nourrir, au prix d’un endettement à long terme vis-à-vis de l’État. Des conseils locaux élus au suffrage censitaire – les Zemstvos – sont créés à compter de 1864 : dotés de pouvoir leur permettant de gérer les affaires locales et de construire routes, écoles et hôpitaux, ils peuvent lever des impôts pour les financer. Ce type de structure est étendu par la suite aux villes (douma urbaine).
    Enfin le code juridique introduit les procédures d’accusation et de défense et crée une justice théoriquement indépendante du pouvoir jusqu’à l’échelon du district. Le régime conserve malgré tout un caractère autocratique et fortement policier. Les réformes vont d’ailleurs attiser la violence de groupes d’intellectuels nihilistes et Alexandre finira par tomber sous leurs coups (1881).
    Sous son règne, l’empire a poursuivi son expansion coloniale en Asie centrale : après l’annexion des terres des kazakhs achevée en 1847, les trois khanats du territoire ouzbek (Kokand, Boukhara et Khiva) sont conquis au cours des trois décennies suivantes puis annexés ou placés sous protectorat (1876).
    Cette avancée place les limites de l’empire russe aux portes de l’empire britannique aux Indes. La tension (Grand Jeu) entre les deux pays va rester très vive jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé en 1907 (convention anglo-russe). La Pologne se soulèvera sans succès en 1863.


    Industrialisation


    Alexandre III, lorsqu’il monte sur le trône en 1881, mène en réaction à l’assassinat de son père une politique de contre-réformes. Les dispositions autoritaires sont maintenues ou renforcées : les partis politiques et les syndicats sont interdits, le droit de circulation est limité, la presse est censurée. Sur le plan économique l’industrie se développe rapidement grâce, entre autres, aux investissements étrangers et à la construction d’un réseau ferroviaire qui atteint 30 000 km en 1890. De nouvelles régions s’industrialisent (Ukraine) tandis que certaines renforcent leur caractère industriel comme la région de Saint-Pétersbourg et surtout celle de Moscou. Mais la main-d’œuvre abondante dégagée par l’abolition du servage et la croissance démographique ne trouve pas entièrement à s’employer dans l’industrie (3 millions d’ouvriers en 1913). De nombreux paysans viennent coloniser les terres vierges de l’empire situées dans le Sud et l’Est (vallée inférieure de la Volga, Oural, Sibérie) de l’empire. Le Transsibérien, dont un premier tronçon est réalisé entre 1891 et 1901 pour désenclaver les immenses territoires de la Sibérie, facilite cette migration, tandis que parallèlement à l’Alliance franco-russe le financement de l’industrialisation se fait principalement par les emprunts russes venus surtout de France.

    L’agriculture a toujours un poids écrasant : en 1897 la Russie compte 97 millions de paysans pour une population totale de 127 millions d’habitants. Ceux-ci ne possèdent généralement pas les terres qu’ils cultivent (25 % seront propriétaires en 1914). Le taux d’alphabétisation est très faible et la mortalité infantile est élevée (environ 180 pour 1000). L’excédent démographique est absorbé par les villes dont le nombre croît rapidement : à la veille de la Première Guerre mondiale, la population citadine dépasse les 25 millions d’habitants.
    La Russie continue d’accroître son aire d’influence : en Chine et en Corée elle se heurte aux intérêts japonais. La guerre russo-japonaise qui s’ensuit se termine par une défaite complète (1905 à Tsushima) : la modernisation du Japon a été sous-estimée et l’éloignement du champ de bataille a créé d’énormes contraintes logistiques.


    Cette défaite déclenche le premier soulèvement généralisé de la population russe contre le régime.
     
  4. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    La révolution de 1905

    La Révolution russe de 1905 désigne l'ensemble des troubles politiques et sociaux qui agitèrent l'Empire russe en 1905. Elle commença le 9/22 janvier 1905, lors du Dimanche Rouge , et aboutit dix mois plus tard à l'octroi d'une constitution, le Manifeste d'octobre.
    La révolution russe de 1905 est d’abord un mouvement paysan qui touche essentiellement la région des terres noires. Les ouvriers se joignent au mouvement par la suite. La loyauté des forces armées va sauver le régime. Nicolas II, qui est monté sur le trône en 1894, est obligé de donner des gages d’ouverture. Une assemblée (douma) élue est dotée de pouvoirs législatifs. Mais les élections de deux doumas successives donnent une large majorité à l’opposition. La loi électorale est alors modifiée pour obtenir une chambre des députés favorable au pouvoir.

    L'évolution économique et sociale du pays avait fait monter les oppositions libérales, démocrates, socialistes et révolutionnaires au régime tsariste. La meurtrière fusillade du Dimanche Rouge à Saint-Pétersbourg mit le feu aux poudres. Le régime impérial survécut à cette première attaque d'envergure, mais le mécontentement grandit et l'opposition se radicalisa. La grève générale d'octobre 1905 réussit à faire céder le régime. Une constitution libérale fut octroyée ; mais dans les deux ans qui suivirent, la contre-attaque de Nicolas II réduisait à néant les espoirs soulevés par cette révolution.
    La mutinerie du cuirassé Potemkine et la fusillade de l'escalier Richelieu à Odessa, immortalisées en 1925 par Le Cuirassé Potemkine, film de Sergueï Eisenstein, en sont restées les symboles.

    Les causes de la Révolution de 1905

    Contexte politique

    Après le règne très réactionnaire de Nicolas I[SUP]er[/SUP], l'empereur Alexandre II abolit le servage en 1861 et mena une politique plus libérale pendant les années 1860. Conscient du retard économique et social de l'Empire russe, Alexandre II procéda à toute une série de réformes, jusqu'à créer des institutions locales et provinciales, les zemstva.
    Cependant, ces réformes ne furent que des aménagements, pas des bouleversements. Tout restait encore sous la coupe du souverain et rien n'était délégué. Le pouvoir des assemblées locales restait limité (éducation, santé et voirie). La libéralisation du régime avait cependant permis le développement d'une opposition nourrie par le populisme, le nihilisme ou le terrorisme, tandis que les nationalités, comme la Pologne en profitèrent pour s'agiter. L'insurrection polonaise de 1863-1864 et les multiples attentats contre le régime le firent changer de politique. Son assassinat en mars 1881 par le groupe terroriste Narodnaïa Volia provoqua la mise en place d'une politique de répression et de réaction qui ne s'acheva provisoirement qu'en 1905.

    Alexandre III puis son fils Nicolas II tentèrent de contrôler le plus étroitement possible le pays : retour sur toutes les avancées libérales avec par exemple la mise en place d'une police secrète très puissante, l'Okhrana dans le cadre des Règlements provisoires. Publiés le 14 août 1881, ils avaient pour but, selon Alexandre III, « d'extirper l'odieuse subversion qui déshonore notre terre russe, de raffermir la foi et les mœurs, et d'élever nos enfants dans le bien» et de «ramener l'ordre et la justice dans les institutions accordées à la Russie par son bienfaiteur».

    Les Règlements provisoires permettaient de mettre en place un quasi état de siège. La police pouvait procéder à des perquisitions et à des arrestations sommaires, à des emprisonnements sans jugement. Cette prison préventive pouvait durer de quatre à six mois. En cas d'absence de preuves ou de preuves insuffisantes, les autorités pouvaient emprisonner ou déporter administrativement tout suspect pour une durée de un à cinq ans. Pour les «crimes contre l'État», et leur définition était suffisamment vaste pour en englober le plus possible, on procédait à des procès en cour martiale siégeant à huis-clos, même pour des civils. Le gouvernement avait rappelé aux cours martiales qu'elles avaient obligation d'appliquer le paragraphe 279 du Code de justice militaire. Il prévoyait la peine de mort en cas de crimes contre l'État. La nouvelle police secrète était chargée de faire appliquer les Règlements provisoires, qui furent rendus définitifs par Nicolas II au début de son règne.

    De 1881 à 1904, la Russie vécut dans un état d'urgence ou un état de siège quasi permanent. Parallèlement, le pays connaissait un rapide essor économique : la révolution industrielle russe date des années 1890.

    Les causes structurelles
    Le mécontentement ne cessait de croître parce que la société russe se transformait, tandis que le système politique semblait incapable d'évoluer. Les classes moyennes, dites aussi Troisième Élément en Russie, étaient de plus en plus nombreuses. Le poids de l'administration russe y était pour beaucoup : le développement des Zemstva et la bureaucratie toujours plus lourde augmentaient le nombre de fonctionnaires qui rejoignaient la classe moyenne. Les professions libérales, c'est-à-dire les avocats, médecins ou vétérinaires, très influencées par les idées libérales, prenaient une place de plus en plus importante dans la société. Les classes moyennes étaient cependant frustrées, car quasiment exclues du pouvoir politique.
    L'industrialisation et le développement du capitalisme avaient eu aussi des conséquences sociales avec la naissance du prolétariat et la migration des ouvriers vers les villes. La paupérisation des paysans dans les campagnes nourrissait le prolétariat rural. Ces deux catégories sociales constituaient un immense réservoir de mécontents et des masses utilisables pour de grands mouvements de protestation.


    Dès la première vague d'industrialisation en 1870, la Russie connaît des mouvements de grève s'exprimant principalement par la destruction des machines sur les lieux de travail. Il faut pourtant attendre la deuxième poussée d'industrialisation, en 1875, pour que ces grèves spontanées atteignent une certaine ampleur.

    L'autocratie restait intransigeante face à une opposition elle aussi de plus en plus intransigeante. L'Union de libération, très influente dans les classes moyennes, avait organisé la campagne des Banquets à partir de décembre 1904. Les socialistes révolutionnaires étaient très présents dans les campagnes, où les révoltes paysannes se multipliaient : entre 200 et 300 dans les cinq ans précédant 1900. Les socialistes démocrates du POSDR de Lénine étaient très implantés dans les milieux ouvriers, où ils diffusaient la littérature de propagande marxiste.

    Le gouvernement essayait de contrecarrer les actions de propagande du POSDR par les méthodes de répression habituelles, mais aussi en tentant de canaliser les mécontentements. L'Okhrana joua un rôle très important dans la mise en place d'une organisation ouvrière légale. Elle échoua à Moscou, mais réussit à Saint-Pétersbourg : l'un des agents de l'Okhrana, le prêtre Gueorgui Gapon, mit sur pied onze sections ouvrières regroupant plusieurs milliers d'ouvriers.

    Les causes conjoncturelles
    Les mécontents multipliaient les actions : attentats pour les socialistes révolutionnaires, qui réussirent à assassiner le ministre de l'Intérieur Viatcheslav Plehve ou manifestations dans les rues de Saint-Pétersbourg après la fermeture des universités. Ces manifestations quotidiennes étaient durement réprimées par la police et les cosaques.
    La crise économique avait durement frappé la population entre 1901 et 1903. Dans un contexte de crise mondiale, les faillites industrielles s'étaient faites de plus en plus nombreuses, tout comme les famines dans les campagnes à cause des mauvaises récoltes. Entre 1900 et 1904, on compta 670 révoltes paysannes. De plus, les ouvriers, au chômage en ville, n'avaient même plus l'espoir de trouver refuge à la campagne, frappée elle aussi par la crise.

    La défaite dans la guerre face au Japon avait porté un coup au prestige du gouvernement et du tsar. Nicolas II avait espéré détourner l'attention de l'opinion publique des problèmes intérieurs grâce à une guerre facile contre ceux qu'il appelait «les macaques». La population avait d'abord été tout à fait indifférente à cette guerre lointaine, avant d'y être complètement opposée quand les levées de troupes se firent de plus en plus nombreuses, que les impôts pour financer le conflit augmentèrent et que les nouvelles de défaites successives arrivèrent.
    Le tsar n'avait pas su se concilier les classes moyennes. Il avait rejeté les demandes qu'il considérait comme «inadmissibles» de l'Assemblée des Zemstva de novembre 1904. Elles concernaient les libertés fondamentales, l'égalité des droits pour tous et la liberté totale de pensée.

    Les grèves se multipliaient dans les grands centres industriels : Bakou, Moscou et Saint-Pétersbourg. Elles débouchèrent dans cette ville sur le massacre du Dimanche rouge le 9/22 janvier 1905. Tout avait commencé en décembre 1904 aux usines Poutilov, le plus grand centre industriel (12 000 ouvriers) de la capitale. Les ouvriers avaient demandé à la direction un certain nombre de réformes modérées. L'influence de Gueorgui Gapon se faisait très fortement sentir avec cette utilisation de la voie légale, à laquelle le gouvernement était favorable. Mais la direction refusa d'accepter les demandes et licencia les meneurs. Le 21 janvier eut lieu une manifestation pour leur réintégration. Gapon se trouvait à la tête du cortège qui regroupait la quasi totalité des ouvriers de Saint-Pétersbourg : 220 000 personnes. On eut alors l'idée d'aller porter au Tsar une pétition pour lui apprendre la misère de son peuple. Les socialistes révolutionnaires intervinrent dans la rédaction de la pétition.
    Le texte était respectueux pour le tsar, mais remettait en cause l'autocratie. Il demandait toutes les libertés, les droits de se syndiquer et de faire grève, une réforme agraire et surtout une assemblée élue au suffrage universel.

    Le 22 janvier, une procession derrière le prêtre Gapon, des icônes et des portraits du Tsar devait aller respectueusement porter cette pétition au Palais d'Hiver où l'on supposait que Nicolas II résidait. Mais le tsar était parti en laissant tous les pouvoirs aux forces de l'ordre. La troupe tira sur la foule sur la Perspective Nevski. Les chiffres des victimes diffèrent : de 130 à plus de 1 000 morts et de quelques centaines à plusieurs milliers de blessés. La troupe tira au palais d'hiver, mais un peu partout dans la capitale aussi. La population russe perdit définitivement confiance en son tsar.

    Le développement de l'agitation
    Le développement de l'agitation fut la conséquence des massacres de janvier.

    Dimanche rouge

    Le Dimanche rouge (en russe : Кровавое воскресенье, littéralement «dimanche sanglant») du 9/21 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg en Russie correspond à la répression sanglante d'une manifestation populaire sur la place du Palais d'Hiver par l'armée du tsar Nicolas II qui tira sur la foule. C'est l'un des événements-clés contribuant au déclenchement de la révolution russe de 1905 anticipant celle de 1917.

    Historique
    Le dimanche 21 janvier 1905, près de 30 000 personnes, pour la plupart ouvriers, participèrent à une marche pacifique organisée par le prêtre orthodoxe Gueorgui Gapon en direction du Palais d'Hiver, lieu de résidence de l'empereur à Saint-Pétersbourg.
    Les manifestants réclamaient :
    · la libération de tous les révolutionnaires emprisonnés ;
    · de meilleures conditions de travail ;
    · la cession des terres aux paysans ;
    · la suppression de la censure.
    Les manifestants demandaient en outre la création d'un parlement. Ceci ne constituait pas alors un acte de révolution à proprement parler, puisque la manifestation se déroulait de façon pacifique. Certains manifestants étaient accompagnés par leur famille, et des portraits du tsar avaient été hissés au milieu de la manifestation.
    Les gardes ouvrent alors le feu sur les manifestants. Les versions des faits varient quant à l'origine de l'ordre d'ouvrir le feu sur la foule. Certaines affirment que Nicolas II aurait lui-même donné l'ordre de tirer alors que d'autres prétendent que le commandement armé aurait pris cette initiative, le tsar se trouvant depuis le 8 janvier 1905 dans sa résidence de Tsarskoïe Selo.
    Les chiffres officiels font état de 96 morts et 333 blessés. Des chiffres non officiels avancent le nombre de 4 000 morts.

    Les conséquences
    Le préfet de police de Pétersbourg est révoqué dès le lendemain ; le 20 janvier, c'est le ministre de l'Intérieur, Svjatopolk-Mirskij qui est relevé. Après ce Dimanche rouge, les ouvriers de Saint-Pétersbourg se mettent en grève. Celle-ci atteint rapidement son apogée avec 150 000 grévistes. Dès lors, de multiples grèves tant politiques qu'économiques éclatent un peu partout en Russie, qui vont en se radicalisant jusqu'à l'explosion d'octobre 1905. Commencent alors des actes de protestation plus durs, des grèves, des soulèvements révolutionnaires, des émeutes ou encore des meurtres d'industriels. Une vague de protestation se soulève contre la politique du tsar. Une grève générale d'ouvriers de tendance socialiste paralysa le pays. Devant la crise, le tsar recule.
    Sous la pression de la rue, il accepte le manifeste du 17 octobre, qui accède notamment à une des revendications principales des manifestants : la création d'une Douma d'État, un parlement sur la base du suffrage universel. Cependant, cette concession n'améliore pas la situation, puisque le tsar dissout par la suite l'assemblée de façon répétitive au gré de ses besoins. Les tensions politiques ne s'apaisent donc pas.
    À la mi-mai 1905, apparition du premier soviet, né dans le centre textile d'Ivanovo Voznessensk.
    Peu après ce dimanche rouge, le poète et révolutionnaire Piotr Yakoubovitch rédigea un de ses poèmes les plus fort "La Neige rouge" (en russe : «Красный снег»), qui dénonça ce crime d'État et qui fut étudié, par la suite, dans les programmes scolaires durant l'ère de l'Union soviétique.



    Affirmation de l'opposition


    En 1896-1897, Saint-Pétersbourg avait déjà été le lieu d'une grève générale et du premier essai d'organisation autonome des travailleurs. Pour résister à la répression policière et au chômage, des comités de grève illégaux se développèrent, véritables centres de ralliement des travailleurs en lutte pour la direction des grèves et l'aide financière aux grévistes.

    En 1905, il y eut une première flambée de grèves en janvier et surtout février. Les socialistes révolutionnaires reprirent les attentats, et assassinèrent le grand duc Serge. Les libéraux s'organisèrent. Les diverses Unions professionnelles (médecins, avocats, ingénieurs…) se regroupèrent en mai en Union des Unions, sous la présidence de Pavel Milioukov. Leur objectif était d'obtenir un régime de monarchie constitutionnelle avec deux chambres, les libertés fondamentales et un accroissement du lot de terre des paysans. Les revendications politiques des patrons rejoignaient là les revendications politiques des ouvriers. Mais ces derniers avaient aussi des revendications économiques.
    Il y eut une deuxième grande vague de grèves en mai et juin 1905, cette fois-ci sous la direction du POSDR. C'est de cette période que l'on date la naissance du premier soviet ouvrier, même si certains affirment que le premier soviet datait du lendemain du Dimanche rouge. Cette question historiographique renvoie à des problèmes idéologiques d'interprétation des événements.

    L'agitation croissait dans les campagnes : occupation des grands domaines par les paysans, multiplication des révoltes spontanées que les socialistes révolutionnaires tentaient de politiser. En juin 1905, fut créée l'Union paysanne panrusse qui affirmait que la terre devait être considérée comme la propriété collective du peuple tout entier. L'armée et la marine étaient elles aussi lasses et mécontentes. Ce fut à ce moment que se situa l'épisode de la mutinerie du cuirassé Potemkine. Cette mutinerie n'était pas politisée et débuta par des problèmes sociaux : des relations mal gérées entre officiers et marins, et sur les conditions de vie à bord, logement et nourriture avariée. À cela vint s'ajouter la défaite navale face aux Japonais. Le navire entra dans le port d'Odessa en arborant le drapeau rouge. Pourtant, les marins refusèrent de s'associer aux ouvriers grévistes. La lassitude de l'armée se lit aussi dans son refus d'intervenir contre les marins du Potemkine.


    Attitude du gouvernement


    L'attitude fut assez ambiguë et indécise. Deux tendances s'affrontaient en effet au sein du gouvernement : ceux favorables à la répression, regroupés autour du gouverneur de Saint-Pétersbourg, le général Trepov ; et ceux favorables à la négociation, autour du comte Serge Witte. En décembre 1904, un manifeste impérial avait annoncé la libéralisation du régime, mais il était resté sans suite. Les grèves de février avaient entraîné une répression dure de la troupe sous les ordres de Trepov.

    En mars, le ministre de l'Intérieur Boulyguine avait annoncé la probable convocation d'une assemblée consultative, la tolérance religieuse et l'abrogation des lois de russification, tandis que Trepov obtenait l'interdiction d'une réunion d'ouvriers qui devaient discuter de leurs problèmes économiques et l'arrestation des meneurs. En août, un manifeste impérial annonçait la convocation d'une Douma consultative élue au suffrage restreint et indirect. Cette annonce vint trop tard. Toute l'opposition, des libéraux aux extrémistes voulaient une Douma délibérative élue au suffrage universel. Cela entraîna une répression forte. La troupe intervint partout. La célèbre fusillade dans l'escalier Richelieu à Odessa date de ce moment.
    La réaction de l'opposition fut équivalente à la répression gouvernementale.


    La grève générale d'octobre

    La grève : 7-17 octobre 1905

    La grève fut l'apogée du mouvement. Elle fut conduite par le POSDR et le Soviet des ouvriers de Saint-Pétersbourg. Elle débuta dans les universités. Le gouvernement avait accordé le droit de réunion aux étudiants en septembre 1905. Les universités proclamèrent alors leur autonomie et organisèrent des réunions où toutes les classes sociales se croisèrent et confrontèrent leurs revendications. Les bourgeois demandaient les libertés constitutionnelles et politiques ; les ouvriers avaient des revendications sociales : journées de huit heures et augmentations de salaires. Les paysans continuaient à occuper les grands domaines. Les nationalités en Pologne, en Finlande, dans le Caucase et dans les régions baltes s'agitaient et demandaient leur autonomie.

    Trepov crut qu'il pouvait écraser le mouvement grâce aux troupes fraîches et fidèles revenant du front oriental. Le 7 octobre, il fit arrêter les dirigeants de l'Union des cheminots et fit intervenir les cosaques dans la capitale. Cela entraîna la grève générale qui paralysa progressivement tout le pays. L'armée fut alors incapable d'agir.
    La population réclamait une constitution, une Douma et les libertés. À Saint-Pétersbourg, les socialistes-révolutionnaires, les bolcheviks et les mencheviks s'unirent au sein du soviet ouvrier, qui publia les Izvestia.

    Le Manifeste du 17 octobre
    Devant l'échec de Trepov, on se tourna vers les solutions proposées par Serge Witte, qui disposait alors d'une aura importante : il venait de signer aux États-Unis une paix pas trop humiliante pour son pays avec le Japon. Le tsar créa pour lui le poste de président du Conseil des ministres. Il fit signer au tsar le Manifeste du 17 octobre 1905. On crut que c'était la fin de l'autocratie et le premier pas de la Russie vers la monarchie constitutionnelle.

    Le Manifeste accordait un certain nombre de libertés immédiatement : conscience, parole, réunion, association. Un ministère homogène fut constitué sous la direction de Witte, nommé Premier ministre. Le gouvernement annonça qu'il ne s'immiscerait pas dans les futures élections pour la Douma législative élue au suffrage universel. Les Règlements provisoires furent abrogés.
    Il restait cependant des ambiguïtés : la Douma aurait-elle un rôle constitutionnel et les ministres seraient-ils responsables, et devant qui ?

    Division de l'opposition
    À l'annonce du Manifeste, la population laissa éclater sa joie, pavoisa les rues et chanta la Marseillaise. Mais, si pour les libéraux la victoire était complète, pour les socialistes et les ouvriers, le Manifeste n'était qu'un premier pas.
    La pression des ouvriers s'accentua. Les soviets ouvriers se multiplièrent. Il y eut même des soviets de soldats parmi les troupes revenant du front. Il y eut des insurrections de marins : à Kronstadt et à Sébastopol en novembre. À l'initiative des socialistes révolutionnaires, des soviets de paysans se constituèrent. Des révoltes rurales avaient toujours lieu : 219 soulèvements en octobre, 796 en novembre et 575 en décembre. L'Union paysanne panrusse réclamait la nationalisation du sol, donc la suppression de la propriété privée du sol.

    Pourtant, la majorité des paysans était favorable au Manifeste et faisait confiance à la Douma ; d'autant plus que les premières mesures de Witte furent favorables aux paysans. Les libéraux créèrent le Parti constitutionnel démocratique ou KD, dirigé par Milioukov et Malakov. Les modérés parmi les socialistes révolutionnaires créèrent en janvier 1906 le Parti social du peuple qui joua le jeu de la démocratie et de la Douma.
    Le gouvernement joua alors sur les divisions de l'opposition : en 1906, il diminua de moitié les sommes encore dues par les paysans pour le rachat des terres datant de l'abolition du servage en 1861 ; en 1907, cette dette fut totalement effacée ; le fermage fut diminué, et les salaires des ouvriers agricoles augmentés.

    Les conservateurs s'organisèrent dans l'Union du peuple russe, dirigée par Dimitri Chipov et Alexandre Goutchkov. L'extrême droite créa les Centuries noires, plus ou moins soutenues par le gouvernement, pour lutter contre les libéraux, les intellectuels, les socialistes et les Juifs, notamment par l'organisation de pogroms comme celui de Kichinev.

    À la fin du mois de novembre 1905, il ne restait plus comme opposition que le mouvement ouvrier et l'Union paysanne panrusse. Witte fit arrêter les dirigeants de l'Union paysanne le 27 novembre et les membres du soviet ouvrier de Saint-Pétersbourg, dont Trotski le 16 décembre. Le soviet de Saint-Pétersbourg appela à la Révolution. Le soviet de Moscou prit le relais. Des troupes nombreuses furent acheminées par train à Moscou. Du 22 décembre 1905 au premier janvier 1906 des combats qui firent plus d'un millier de morts opposèrent les ouvriers de Moscou à la police et à l'armée. Il y eut encore quelques agitations sporadiques en 1906 : des grèves, des révoltes paysannes ou des mutineries dans l'armée ou la marine, mais le gouvernement réussit à maintenir l'ordre.

    Nicolas II avait octroyé une constitution garantissant les libertés fondamentales et une Douma élue. Apparemment, la Russie prenait la voie de la démocratie et de la liberté. Mais, la première Douma, dominée par les KD fut impuissante. Le tsar refusait de nommer un gouvernement correspondant à la majorité à la chambre. Celle-ci refusait toutes les mesures gouvernementales et le gouvernement refusait toutes les mesures proposées par la Douma. Elle fut dissoute deux fois successivement, jusqu'à l'élection d'une majorité docile et favorable au tsar. Il avait fallu pour cela procéder à des modifications des modalités électorales. La Douma dite des Seigneurs fut alors docile et on revint à un fonctionnement de type autocratique.


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  5. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Première Guerre mondiale
    et révolution russe


    La Russie entre en guerre contre l’Allemagne et l’Empire austro-hongrois en 1914 pour venir en aide à la Serbie, son alliée. L’Empire russe déclenche une offensive en Pologne orientale mais est sévèrement battue. Les troupes russes doivent abandonner la Pologne.

    Début 1917 éclatent des mouvements sociaux, suscités par le poids de la guerre sur l’économie, les pertes sur un front réduit à une stratégie défensive, l’instabilité des dirigeants et la défiance vis-à-vis du tsar. Le refus des troupes de réprimer les manifestations et la lassitude des classes dirigeantes obligent le tsar Nicolas II à abdiquer ; ainsi éclate la Révolution de Février 1917 et la Russie devient une république. Un gouvernement provisoire est alors constitué, présidé par Alexandre Kerensky.
    Tout en esquissant des réformes, celui-ci tente malgré tout de respecter les engagements de la Russie vis-à-vis de ses alliés en poursuivant la guerre. L’impopularité de cette dernière mesure est exploitée par le parti des bolcheviks qui, le 25 octobre 1917, renverse le gouvernement à Saint-Pétersbourg (alors capitale de la Russie) par les armes (Révolution d'Octobre).
    La paix est signée avec les Allemands (à Brest-Litovsk, en Biélorussie actuelle) au prix d’énormes concessions territoriales (Pologne, partie de l’Ukraine, pays Baltes, etc., soit environ 800 000 km[SUP]2[/SUP]). Une guerre civile va opposer pendant trois ans les Russes blancs (républicains ou monarchistes), assistés par les puissances occidentales, aux bolcheviks. Après leur victoire, le 22 décembre 1922, les bolcheviks instaurent l’Union des républiques socialistes soviétiques ; la Russie devient une des républiques de l’Union (République socialiste fédérative soviétique de Russie).


    Entre les deux guerres


    Dès la prise du pouvoir, le nouveau régime tourne à la dictature réprimant toute opposition même au sein du parti bolchevik. L’ensemble des moyens de production industrielle est placé sous le contrôle de l’État.
    À la fin de la guerre civile en 1921, le pays est exsangue : la désorganisation des transports et les réquisitions agricoles déclenchent une famine qui fait un million de victimes autour de la Volga. Le mécontentement gagne et le régime doit assouplir son programme : c’est la NEP qui autorise une forme limitée d’économie privée. En quelques années, les productions agricole et industrielle se rétablissent.

    Lénine
    , décédé en 1924, laisse sa «succession» ouverte. Staline va en quelques années se hisser au pouvoir en éliminant physiquement ses rivaux. Le plan de collectivisation est repris avec vigueur et les terres agricoles sont regroupées par la force au sein de grandes coopératives. Une nouvelle famine éclate, cette fois-ci majoritairement en Ukraine (1932-1933) et dans le Kouban. Le développement de l’économie est désormais planifié de façon centralisée et le pouvoir, qui se concentre à Moscou (redevenue capitale du pays en 1918), mène un vaste programme d’industrialisation (surtout dans le domaine de l’industrie lourde) à l’aide des plans quinquennaux. Le gouvernement incite les travailleurs au dépassement des normes de productivité (stakhanovisme) au nom de l’avenir radieux. La machine de propagande communiste fonctionne à plein régime. En même temps, Staline mène une politique répressive qui envoie au goulag ou à la mort plusieurs millions de personnes avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l’empêche pas d’instaurer un véritable culte de personnalité. C’est la montée du stalinisme.


    Seconde Guerre mondiale


    Staline, qui a signé avant le début de la Seconde Guerre mondiale un pacte de non-agression avec Hitler comprenant une clause de partage de la Pologne et des Pays baltes, est attaqué par l'Allemagne en juin 1941 (opération Barbarossa). L’Armée rouge sous-équipée et désorganisée par les purges staliniennes recule en essuyant des pertes qui se chiffrent en millions. L’avancée allemande est bloquée devant Stalingrad (janvier 1943), puis repoussée vers l’ouest, notamment suite à la bataille de Koursk (juillet-août 1943). Les généraux soviétiques reprennent progressivement l’initiative et l’Armée rouge, renforcée par des livraisons d’armes alliées, reconquiert les territoires perdus, libère les pays de l’Europe orientale puis rentre victorieuse dans Berlin (mai 1945), au prix d'un terrible bilan de 20 à 30 millions de victimes (dont presque la moitié de civils).
    Staline et ses alliés occidentaux ont conclu un accord sur un partage de l’Europe en zones d’influence qui entérine le rôle joué par l’URSS dans le conflit (conférence de Yalta). Les pays d’Europe orientale et l’Allemagne de l’Est se voient bientôt imposer un régime socialiste piloté par l’URSS.


    L’URSS, une puissance mondiale


    La guerre a saigné l’URSS (plus de 20 millions de victimes dont une majorité de civils) et détruit une bonne partie de ses installations industrielles et de ses villes. L’immédiat après-guerre est une période de reconstruction. Le pays retrouve son niveau de production industrielle d’avant-guerre puis le double en 1952. L’industrie nucléaire se développe, avec la création du complexe nucléaire Maïak. L’URSS effectue son premier essai nucléaire en 1949, accédant ainsi au rang de seconde puissance nucléaire mondiale.

    Dans le même temps, le culte de la personnalité est porté à son comble par Staline. Peu après le décès de celui-ci en 1953, Nikita Khrouchtchev accède au pouvoir (1953) et dénonce les excès de son prédécesseur. Sur le plan intérieur commence une période de relative prospérité ; les droits des citoyens sont mieux respectés, c'est le début d'une certaine libéralisation. L'URSS stupéfie le monde par son avance dans le domaine spatial en mettant en orbite le premier Spoutnik et en y envoyant Youri Gagarine, premier homme dans l’espace.
    Sur le plan international, l’URSS élargit son influence à de nombreux pays du tiers monde et parvient par des investissements massifs dans l’armement à faire jeu égal avec les États-Unis, notamment dans le domaine nucléaire et des missiles balistiques. Cette période de guerre froide se traduit par de nombreux conflits ou tensions un peu partout dans le monde entre les deux superpuissances et leurs alliés.
    La crise de Cuba en 1962 manque de dégénérer en un conflit nucléaire. L’accession de Léonid Brejnev au pouvoir (1964) se traduit par une relative détente entre les deux grands (conférence d’Helsinki) mais également, sur le plan intérieur, par une réduction des tentatives de réforme qui n’avaient pas réussi à son prédécesseur (Programme des terres vierges entre autres). L’écart entre le niveau de vie des Soviétiques et celui des habitants des pays occidentaux s’accroît. La tension entre les deux superpuissances reprend à compter de 1979 à la suite de l’invasion de l’Afghanistan et de l’arrivée de Ronald Reagan à la tête des États-Unis en 1980.


    La fin de l’URSS


    Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985 en prenant la tête du PCUS avec la volonté de réformer le régime pour combattre la stagnation économique et les reliquats du stalinisme, mais ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La perestroïka (restructuration économique) n’a pas atteint les objectifs escomptés ayant aggravé les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales entrainant un mécontentement populaire, tandis qu’une démocratisation du régime, amorcée avec la glasnost (transparence), déclenche des conflits inter-ethniques et la montée des nationalismes, mal perçus par les Russes.

    En 1989, pour la première fois depuis le début de l’ère soviétique, des élections libres ont lieu, les partis politiques sont autorisés en 1990. Cette ouverture est surtout l’occasion pour les peuples des différentes nationalités composant l’URSS de manifester leurs souhaits de souveraineté.
    Vers 1991, un véritable dualisme du pouvoir s’installe au Kremlin - la puissance montante des structures étatiques russes libérées de la tutelle du PCUS, avec Boris Eltsine en tête, face aux organes du pouvoir soviétique et communiste, archaïque et conservateur, essayant en vain de freiner les réformes gorbatcheviennes et de préserver le système soviétique. Un coup d'État en août 1991 mené par les conservateurs échoue et accélère la fin de l'Union.

    Le 21 décembre 1991, le PCUS est dissout par Mikhaïl Gorbatchev et l’URSS s’effondre : les républiques qui la constituaient prennent leur indépendance, le CAEM (Conseil d'assistance économique mutuelle) créé en 1949 et le Pacte de Varsovie (1955) ne sont plus. La Russie, qui en constitue le noyau historique, reprend de l’ancienne grande puissance mondiale les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. Principale héritière de l’URSS, elle occupe désormais sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, mais assume également le passif financier de l’ancienne URSS. Une union politique et économique, la CEI, est fondée en 1991 pour tenter de maintenir des liens privilégiés entre les pays issus de l’URSS.

    Bien que la Russie, dirigée par Boris Eltsine à partir de 1991, soit l'héritière de l'Union soviétique, elle ne peut endosser le rôle de superpuissance. La Fédération de Russie est confrontée à de nombreux problèmes internes, parmi lesquels l'élaboration laborieuse d'un système politique démocratique et une guerre de sécession en Tchétchénie, et laisse la grande politique mondiale aux Américains et à leurs alliés.


    Effondrement, puis redressement économique


    Le premier président de la nouvelle Russie, Boris Eltsine donne une inflexion apparemment libérale au régime. Le fonctionnement de la société russe qui a dû abandonner le socialisme est profondément bouleversé et mène à l’enrichissement d’une minorité (oligarques), au déclin de l’outil économique, à l’affaiblissement de l’État fédéral et à une chute catastrophique du niveau de vie des Russes.

    Au niveau économique, la planification dirigiste et centralisée de l’économie a été abandonnée sans transition au profit d’un mode de fonctionnement s’inspirant des thèses libérales des économistes de l’école de Chicago. Les moyens de production ont été en grande partie privatisés, dans des conditions souvent obscures. La réorganisation rapide de l’appareil économique combinée avec les effets de l’éclatement de l’URSS ont provoqué au cours des années 1990 un effondrement de l’économie, le PIB étant divisé par deux en quelques années, ainsi qu’une crise financière majeure en 1998, plongeant une grande partie de la population dans les difficultés (exceptée une infime minorité de nouveaux riches, surnommés nouveaux Russes).

    L’armée est de plus tenue en échec dans le conflit qui l’oppose aux séparatistes islamistes de Tchétchénie. Les élections de 1993 complètement libres se traduisent par une montée du courant nationaliste (22,92 % des votes vont au Parti libéral-démocrate de Russie de Vladimir Jirinovski, contre 7,81 % en juin 1991) et le maintien d’un vote communiste important (12,40 % des votes, contre 16,85 % en juin 1991). Une nouvelle constitution, adoptée en décembre 1993 après une grave crise constitutionnelle et la mise au pas du Congrès des députés du peuple à l'aide de l'armée, donne un tour plus présidentiel au régime. La période est également caractérisée par de grands mouvements de population entre les États composant l’URSS (population russe des États voisins se repliant en Russie, émigration des Russes de religion juive ou d’origine allemande, fuite des cerveaux) et au sein même de la Russie (abandon des campagnes et des zones les plus éloignées en Sibérie).
    Le désordre économique et politique se prolonge jusqu’en 1998 date à laquelle le système financier russe s’effondre : entre 1990 et 1998 le PIB aura chuté de 45 %.


    Le président russe, Vladimir Poutine, porté au pouvoir en 2000, se donne pour objectif de rétablir le fonctionnement de l’État et de l’économie par le biais d’un régime présidentiel fort. Le nouveau président bénéficie de l’envolée du cours des matières premières dont la Russie est le plus grand producteur. Il lance des réformes structurelles visant entre autres à rétablir la «verticale des pouvoirs». Les mesures ont été prises par ailleurs contre la fraude fiscale ce qui s’est traduit par l’arrestation de certains oligarques.
    Depuis 2000, la Russie connaît une croissance forte (augmentation du PIB de 7 % en moyenne) étroitement liée à la montée des prix des matières premières et plus particulièrement du pétrole et du gaz. L'afflux de revenus qui en découle permet le développement du secteur tertiaire (banque, assurance, distribution) et la croissance de la consommation intérieure. Vladimir Poutine devient très populaire dans le pays en tentant de redonner à la Russie un rôle de premier plan sur la scène internationale en profitant, entre autres, des déboires américains en Irak, et de renouer des liens privilégiés avec les anciennes républiques composant l’URSS en maniant alternativement la manière forte (Biélorussie, Ukraine) et une approche plus diplomatique.
    Son successeur, Dmitri Medvedev, élu en mars 2008, est plus libéral, mais continue d'appliquer la politique générale de Poutine. Par ailleurs, la guerre d'Ossétie en 2008 étend l'influence russe dans le Caucase, en particulier en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Vladimir Poutine lui succède à nouveau après l'élection présidentielle de mars 2012.


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    Politique



    La Constitution de 1993, adoptée à la suite de la crise constitutionnelle de 1993 qui avait opposé le président Boris Eltsine à l’Assemblée et n’avait pu être résolue que par l’intervention des chars, définit la Russie comme une Fédération et une République présidentielle dans laquelle le président, en tant que chef de l’État, dirige la Nation et le président du gouvernement dirige le gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le chef du gouvernement. Le pouvoir législatif est détenu à la fois par le gouvernement et les deux chambres de l’assemblée fédérale de la Russie.
    Le président est élu au
    suffrage universel pour une période de six ans depuis 2008. Son mandat est renouvelable une seule fois. La dernière élection présidentielle a eu lieu le 4 mars 2012.

    Le pouvoir législatif est représenté par l’Assemblée fédérale composée de :


    • La Douma (Дyмa) ou, plus précisément, Douma d’État, assemblée de 450 députés élus au suffrage universel direct pour 4 ans. La Douma est présidée par Boris Gryzlov (2007).
    • Le Conseil de la Fédération (Russie) (Совет Федерации), formé de 166 représentants des sujets (régions) composant la Fédération, appelés souvent «sénateurs» (voir Subdivisions). Le Conseil de la Fédération est présidé par Valentina Matvienko (depuis septembre 2011).

    La constitution russe garantit l’égalité de tous les citoyens devant la justice, l’indépendance des juges et leur sujétion à la seule loi. Les procès doivent être publics et le droit de la défense est garanti aux accusés.
    Les régions disposent d’une certaine autonomie mais, depuis 2005, les gouverneurs des régions ne sont plus élus mais désignés par le président.
    Les principaux partis sont le parti du président
    Vladimir Poutine, Russie unie (238 sièges à la Douma aux élections de 2011), le Parti communiste de la Fédération de Russie (92 sièges), Russie juste (64 sièges), et le LDPR (56 sièges). La majorité des trois quarts est nécessaire à la destitution du chef de l’État.
    Le président de la Russie est
    Vladimir Poutine (élu le 4 mars 2012).


    Défense et géostratégie de la Russie


    L’actuelle armée russe, formée en 1992, est l’héritière de l’ancienne Armée rouge qui fut l'Armée soviétique de 1922 à 1991, année de la dislocation de l’URSS. Elle a hérité de l’armement et de l’équipement de l’armée soviétique située sur le territoire russe, ainsi que de la totalité de l’arsenal nucléaire soviétique qui lui a été transféré par le Kazakhstan, l’Ukraine et la Biélorussie.

    La Russie est l’un des cinq pays reconnus officiellement par le
    Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme possédant l’arme nucléaire. Elle possède d'ailleurs le plus vaste arsenal nucléaire au monde avec plus de 16 000 têtes nucléaires dont 3 500 sont opérationnelles. Au cours de son histoire, l’URSS aura produit quelque 50 000 têtes nucléaires.

    Après la chute de l’URSS, malgré la baisse des effectifs et du budget, l’armée russe reste une armée de premier plan à l’échelle mondiale.

    La Russie est en tête des exportations d’armes avec un excédent de 7 à 8 milliard de dollars américains, émanant de son
    secteur de l'armement. Les principaux clients de la Russie sont l’Inde et la Chine en tête, puis notamment l’Iran, le Venezuela et l’Algérie.
    La Russie doit se protéger contre diverses menaces : menaces indépendantistes au sein de la Russie, rivalités avec ses voisins de l'Ouest, d'Asie Mineure, du Japon, de Mongolie et de Chine. Elle surveille de près les détroits turcs pour accéder à la Méditerranée, le «verrou» danois pour accéder à l'océan Atlantique et à l'Est, le «verrou» japonais pour l'océan Pacifique, et l'Arctique notamment pour le pétrole.


    • Effectifs : 1 140 000 militaires et 2 000 000 réservistes
    • Budget : 70 milliards de $ (2008)

    Économie


    La Russie fait partie des pays économiquement développés : PIB de 2 056 milliards de $ en 2010 (nominatif), 2 097 milliards de $ (en parité de pouvoir d'achat, 7[SUP]e[/SUP] rang en 2007).
    Son économie est marquée par le poids des industries extractives :
    gaz naturel (1[SUP]er[/SUP] producteur et exportateur mondial), pétrole (1[SUP]er[/SUP] producteur), charbon (6[SUP]e[/SUP] pays producteur), métaux non ferreux.

    De son passé soviétique, la Russie a hérité d’une industrie métallurgique lourde puissante et concurrentielle, d’un savoir-faire pointu dans les domaines de l’
    aéronautique, de l’armement et de l’énergie.

    L’agriculture, longtemps handicapée par la
    collectivisation des exploitations agricoles sous le régime soviétique, malgré le labourage des terres vierges dans les années 1970, composant avec un environnement naturel globalement peu favorable et immense, est structurellement déficitaire (déficit en valeur de 10 milliards de $). Mais la Russie peut être considérée comme une puissance agricole forte - la Russie est le premier producteur mondial d’orge, de framboise, de groseille. Elle est aussi un gros producteur de betterave, de blé et de pomme de terre.

    La répartition du PIB (secteur primaire 7 % - secondaire 37 % - tertiaire 56 %) reflète la montée en puissance des services.

    Le fonctionnement de l’économie russe a subi des transformations radicales après les réformes entamées par
    Gorbatchev dans la 2[SUP]e[/SUP] moitié des années 1980 (perestroïka), caractérisées par le passage d’une économie planifiée (dont l’ensemble des moyens de production étaient contrôlés par l’État) à un mode de fonctionnement basé sur l’économie de marché.

    Ce processus de transformation est à l’origine d’une crise économique profonde, culminant avec la crise financière en 1998, dont la Russie s’est progressivement relevée depuis : le PIB a retrouvé en 2007 son niveau de 1990. L’évolution du prix des matières premières a grandement favorisé la reprise économique amorcée en 1998. Avec une croissance du PIB supérieure à 6 % en moyenne depuis cette date, l’État russe a pu régler par anticipation les emprunts contractés au plus fort de la crise financière et ramener la dette publique à 8 % fin 2007.

    L’inflation est désormais contenue (6,1 % en 2011 contre 36,5 % en 1999). La Russie s’est constituée la troisième réserve de change du monde (504 milliards de $ en février 2012) grâce à une
    balance des paiements excédentaire de 10 % du PIB durant cette période. Le budget de l’État, régulièrement excédentaire grâce à une gestion prudente de la manne financière constituée par des rentrées fiscales plus efficaces et au prix assez élevé des hydrocarbures, a permis la constitution en 2004 d’un fonds de stabilisation qui se montait à 130 milliards de $ en septembre 2007. L’État russe a retrouvé des moyens financiers permettant de lancer des projets d’envergure (infrastructures, soutien à l’investissement).

    Des secteurs importants de l’industrie russe sont, depuis la libéralisation de l’économie, confrontés à la concurrence des entreprises étrangères : celle-ci n’est freinée que dans des domaines jugés stratégiques (construction automobile, ressources minières et énergétiques, industrie de l’armement). La Russie reste le premier exportateur mondial d’armes (avions de chasse, sous-marins, etc.). Mal préparée, l’industrie légère russe a vu ses parts de marché fondre sur le marché national. Le phénomène touche également des industries de pointe comme la construction aéronautique. Les exportations sont désormais en grande partie composées de produits à faible valeur ajoutée (hydrocarbures et métaux représentaient en 2005 82 % des exportations). La croissance de cette économie peu diversifiée est très sensible aux évolutions du prix des matières premières.

    Le PIB par habitant s’élevait en 2007 à 12 200 $ et le taux de chômage à 6,6 % (2006). Mais ce PIB est très inégalement réparti. La libéralisation de l’économie a accentué un phénomène qu’avait jusqu’à présent contrebalancé le régime socialiste. La richesse s’est plutôt concentrée au cours de la décennie dans quelques régions favorisées : les deux métropoles de Moscou et Saint-Pétersbourg, les régions sibériennes où sont situées les gisements d’hydrocarbures et quelques régions industrielles (
    Tatarstan, Iekaterinbourg, Samara, etc.). La ville de Moscou concentre à elle seule 22 % du PIB russe.



     
  7. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Agriculture


    Les statistiques officielles de la Fédération de Russie reconnaissent trois formes d’exploitations agricoles. Les organisations agricoles, les fermes privées et les lopins de terre. La culture du blé et des pommes de terre en représente une large part. L’élevage porcin et de volaille est également très répandu. En revanche, l’élevage de bovins est essentiellement destiné à la production laitière.

    Les conditions climatiques de la Russie ne lui permettent une mise en culture de ses terres que sur une période relativement courte (environ sept mois de l’année). La dimension de sa surface agricole utile et le facteur climatique permettent sans doute d’expliquer que son agriculture est plutôt extensive qu’intensive.

    Démographie


    Après la Seconde Guerre mondiale, qui avait entraîné la mort d’environ 27 millions de personnes (civils et militaires), la population avait retrouvé son niveau d’avant-guerre en 1955 (111 millions), puis s’était accrue de près de 35 % en atteignant son maximum en 1992 (148,7 millions). Cependant plusieurs phénomènes sont venus modifier cette dynamique démographique dont la plus importante est sans doute la «normalisation» de la fécondité russe qui a effectué à compter de 1988 sa transition démographique et présente désormais un taux de natalité proche de celui des autres pays d’Europe de l’Est, c'est-à-dire très bas.

    La population de la Russie s’établit à 143,4 millions d’habitants, avec un taux d’urbanisation élevé (73 % de la population). La densité est de 8,5 hab. /km², mais la population est très inégalement répartie sur le territoire : de 26,9 en Russie d’Europe (Oural compris) elle tombe à 2,5 en Russie d’Asie. L’urbanisation tend à dépeupler la gloubinka, ou « Russie profonde » au profit de grandes métropoles et plus particulièrement des villes de la Russie européenne. La population en Russie est en baisse régulière depuis 1992 du fait d’un déficit naturel important stabilisé autour de 800 000 habitants par an depuis une dizaine d’années que n’arrive pas à compenser l’immigration. Ce déficit reflète l’écart entre le taux de natalité qui s’établit aujourd’hui à 12,6 ‰ avec des mères plus âgées qu'avant et le taux de mortalité évalué à 13,5 ‰ en 2011.

    Depuis 2007, pour enrayer la diminution de la population, l'administration Vladimir Poutine octroie un capital maternité de 267 500 roubles (environ 6 300 euros) à la naissance du second enfant. Le déficit naturel est en partie compensé par des flux migratoires en provenance des pays issus de l’éclatement de l’URSS. L’immigration, qui était dans les années 1990 essentiellement le fait de russophones, a aujourd’hui des origines plus mélangées (immigration chinoise et ouzbek).

    En 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d’immigrés. La crise économique, l’augmentation du chômage et la redéfinition de l’identité russe provoquent une montée de la xénophobie dans le pays : 74 meurtres à caractère racistes ont été recensés en 2007, 114 en 2008, ce qui est à mettre en perspective avec les statistiques inférieures des autres pays européens connaissant désormais eux aussi ce phénomène. L’espérance de vie est inférieure à la moyenne européenne pour les femmes (75 ans) mais l'est surtout pour les hommes : pour ceux-ci l’âge moyen au décès est de 63 ans (inférieur de 9 ans à la moyenne européenne et de 14 ans à la moyenne française) soit un un taux de mortalité de 15 ‰ pour un taux de natalité est de 9 ‰.

    L'espérance de vie a connu une chute dramatique pendant la période de chaos politique et économique des années 1990, suite à la disparition de l'Union soviétique. Cela s’explique par divers facteurs : l’alcoolisme de masse, le suicide, un système de santé déficient qui ne réussit pas à stopper le développement rapide du SIDA et la tuberculose. Ainsi, la Russie a connu pendant la crise de la période de transition quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis : en effet, elle se classait à l’époque au deuxième rang mondial pour les homicides (28,4 pour 100 000 habitants en 2000) et troisième pour les suicides (38,4 pour 100 000 habitants en 2002.

    L’arrivée, plus tardive qu’à l’Ouest, de certaines épidémies comme le sida explique aussi la situation : à la fin de 2005, la Russie enregistrait près de 350 000 infections au VIH. Face à cette situation, le gouvernement russe a inscrit dans son programme la mise en place d’une politique nataliste reposant sur des incitations financières pour la naissance des 2e et 3e enfants. Les résultats semblent d'ores et déjà prometteurs, puisque le premier ministre a pu annoncer, fin 2009, une augmentation considérable (cinq ans) de l'espérance de vie par rapport à son niveau de 2005.

    Ainsi, en 2009, la population russe a augmenté pour la première fois depuis 1995, sous l'effet conjugué depuis quatre ans d'une remontée de la natalité et d'une baisse de la mortalité. Par ailleurs, le courant d’émigration en direction d’Israël, des États-Unis et de l’Allemagne, très important durant les années 1990, s’est aujourd’hui pratiquement tari et fut bien inférieur à certaines prévisions.

    Religions


    Selon l'agence d'informations RIA Novosti, la Russie compterait 83 % de croyants, 7 % d'indécis et 10 % d'athées.
    - Chrétiens orthodoxes : 56,4 % (incluant les Vieux-croyants), dont 15 % se disent pratiquants.
    - Musulmans
    : 8 à 15 % entre 11 et 22 millions (principalement sunnites, mais aussi avec une forte communauté soufie proche du chiisme au Daguestan).
    - Chrétiens protestants
    : 9 % (principalement luthériens et baptistes).
    - Bouddhistes : 2 % (essentiellement de tradition tibétaine).
    - Juifs : 2 % (incluant les orthodoxes et hassidiques).
    - Chrétiens catholiques romains et byzantins
    : 1 %.
    - Église apostolique arménienne
    : 0,8 %.

    Éducation


    Le taux d’alphabétisation est très élevé, parmi les plus élevés au monde : 100 % (2003-2008). Les populations n’appartenant pas à l’ethnie russe sont souvent bilingues (exemples : russe et tatar, russe et oudmourte, russe et iakoute, russe et arménien). Entre 2003 et 2008, le taux de scolarisation brut pour les hommes et femmes est de 96 % et le taux de scolarisation net est de 91 %.

    Dans un cadre éducatif, 21 % des enfants scolarisés utilisent un accès à Internet, en 2007. Le taux de survie en dernière année d’école primaire est de 99 %, entre 2003 et 2008, d'après les données administratives russes. Le taux de scolarisation au secondaire est de 85 % pour les hommes et de 83 % pour les femmes entre 2003 et 2008.
    - Sources : Unicef (Éducation; Indicateur de Base)


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  8. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Art et culture


    La littérature russe prend son essor à Saint-Pétersbourg avec
    Alexandre Pouchkine, qui est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature moderne russe et est parfois surnommé le «Shakespeare russe». Parmi les poètes et écrivains russes les plus célèbres figurent Nicolas Gogol, Mikhaïl Lermontov, Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï et Anton Tchekhov. Les écrivains les plus marquants de la période soviétique sont Boris Pasternak, Alexandre Soljenitsyne, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Cholokhov et les poètes Evgueni Evtouchenko et Andreï Voznessenski.

    Un grand nombre de groupes ethniques vivant en Russie ont des traditions folkloriques très variées. La musique russe du XIX[SUP]e[/SUP] siècle est caractérisée par l’existence de deux courants musicaux : celui représenté par le compositeur
    Mikhaïl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des éléments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la Société de Musique russe dirigée par Anton et Nikolaï Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnée par Tchaïkovski ou encore Nikolaï Rimski-Korsakov (bien qu’également successeur de Glinka), fut prolongée au XX[SUP]e[/SUP] siècle par Sergueï Rachmaninov, l’un des derniers grands compositeurs de musique romantique.

    Les compositeurs du XX[SUP]e[/SUP] siècle de renommée mondiale comprennent
    Alexandre Scriabine, Igor Stravinski, Sergueï Rachmaninov, Sergueï Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l’époque soviétique, la musique était sous surveillance constante du régime, car elle était un moyen d’éduquer les masses socialistes, et elle ne devait pas être influencée, selon la propagande officielle, «par la décadence bourgeoise». Les conservatoires de Russie ont produit des générations de solistes de renommée mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David Oïstrakh, Leonid Kogan et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Guilels et la cantatrice Galina Vichnevskaïa.

    Tchaïkovski composa des ballets connus dans le monde entier comme
    Le Lac des cygnes, Casse-noisette et La Belle au bois dormant. Au début du XX[SUP]e[/SUP] siècle, les danseurs russes Anna Pavlova et Vaslav Nijinski devinrent célèbres et les déplacements à l’étranger des Ballets russes influencèrent fortement le développement de la danse dans le monde.
    Le ballet soviétique a préservé à la perfection les traditions du XIX[SUP]e[/SUP] siècle et les écoles de chorégraphie de l’Union soviétique ont fait naître de grandes
    étoiles, admirées partout comme Maïa Plissetskaïa, Rudolf Noureev et Mikhaïl Barychnikov.
    Le ballet du
    Bolchoï à Moscou et le celui du Mariinsky
    à Saint-Pétersbourg sont universellement prisés.

    Alors que le cinéma a souvent été considéré comme une forme de divertissement bon marché à destination des classes populaires, la production cinématographique en Russie a eu dès 1917 un rôle culturel important : immédiatement après la révolution de 1917, le cinéma soviétique a exploré les possibilités et les limites du montage avec par exemple des films comme
    Le Cuirassé Potemkine.

    Le régime utilisait cet art pour former les masses, mais il tenta cependant de le faire avec des formes nouvelles et une grande créativité. Des réalisateurs soviétiques comme
    Sergueï Eisenstein et Andreï Tarkovski marquèrent leur époque et eurent une grande influence sur les cinéastes contemporains. Eisenstein fut l’élève du metteur en scène et théoricien Lev Koulechov
    , qui mit au point les principes du montage cinématographique dans la première école du cinéma créée au monde, l’institut du cinéma de l’Union à Moscou.

    En 1932, Staline promulgua le
    réalisme socialiste soviétique comme fondement de l’art soviétique, ce qui freina la créativité mais beaucoup d’œuvres produites à cette époque sont des réussites artistiques comme Tchapaev, Quand passent les cigognes et la Ballade du soldat.

    Le cinéma soviétique fut en crise dans les
    années 1980 et 1990. Les réalisateurs russes n’étaient plus obligés d’affronter la censure, mais les réductions des subventions d’État ne leur permettaient de produire qu’un nombre réduit de films. Le début du XXI[SUP]e[/SUP] siècle quant à lui se caractérisa par un accroissement des entrées en salle et en conséquence une prospérité accrue de l’industrie cinématographique.

    Fêtes et jours fériés

    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD]
    Date
    [/TD]
    [TD]
    Nom français
    [/TD]
    [TD]
    Nom local
    [/TD]
    [TD]
    Remarques
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 1[SUP]er[/SUP] janvier[/TD]
    [TD] Nouvel an[/TD]
    [TD] Новый год[/TD]
    [TD][/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 7 janvier[/TD]
    [TD] Noël (orthodoxe)[/TD]
    [TD] Рождество Христово[/TD]
    [TD][/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 13 janvier[/TD]
    [TD] Nouvel an «ancien» (julien)
    [/TD]
    [TD] Старый новый год[/TD]
    [TD] non férié[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 23 février[/TD]
    [TD] Fête du Défenseur de la Patrie[/TD]
    [TD] День Защитника Отечества[/TD]
    [TD] ancienne Fête de l’Armée rouge, aujourd’hui fête des hommes, jour férié[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 8 mars[/TD]
    [TD] Journée internationale des femmes[/TD]
    [TD] Международный женский день[/TD]
    [TD][/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 1[SUP]er[/SUP] mai[/TD]
    [TD] Fête du printemps et du travail (le Pervomaï)[/TD]
    [TD] Праздник весны и труда (Первомай)[/TD]
    [TD][/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 9 mai[/TD]
    [TD] Fête de la victoire de la Grande guerre patriotique (1941-1945)[/TD]
    [TD] День Победы в Великой Отечественной войне[/TD]
    [TD] Célébrée le 9 mai à cause de la différence de fuseau horaire entre Berlin et Moscou (la capitulation nazie eut lieu dans la nuit à Berlin).[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 12 juin[/TD]
    [TD] Jour de Russie (Fête de la Souveraineté de la Fédération de Russie)[/TD]
    [TD] День России (День суверенитета РФ)[/TD]
    [TD] Le 12 juin 1990, le Parlement russe démocratiquement élu proclama l’indépendance de la Russie vis-à-vis de l’Union soviétique.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 4 novembre[/TD]
    [TD] Fête de l’unité nationale[/TD]
    [TD] День национального единства[/TD]
    [TD][/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 7 novembre[/TD]
    [TD] Fête de Réconciliation (Anniversaire de la Révolution russe 1917)[/TD]
    [TD] День согласия и примирения[/TD]
    [TD] non férié[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] 12 décembre[/TD]
    [TD] Jour de Constitution[/TD]
    [TD] День Конституции[/TD]
    [TD] non férié depuis 2005[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Outre ces jours fériés, il existe un grand nombre de fêtes de corporations (Профессиональные праздники). Ces jours ne sont pas chômés, mais les plus importants sont célébrés officiellement (12 avril : jour de la cosmonautique ; 28 mai : jour des gardes-frontières ; 5 octobre : jour des enseignants ; 10 novembre : jour de la police…).


    Codes


    La Russie a pour code :

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    Source : Article
    Russie de Wikipédia en français (auteurs)
    Les textes sont disponibles sous
    licence Creative Commons paternité partage à l’identique

    ______________________________

    VOIR AUSSI/

    Agriculture en Russie.
    Armée rouge,
    Chronologie de la Seconde Guerre mondiale.
    Chronologie de l'URSS
    Communauté des États indépendants,
    Communauté économique eurasienne,
    Culture russe,
    Démographie de la Russie.
    Économie de la Russie.
    Empire russe.
    Fin du régime tsariste en Russie
    Forces armées de la Fédération de Russie.
    Front de l'Est (Première Guerre mondiale)
    Géographie de la Russie.
    Géostratégie de la Russie,
    Grande-Principauté de Moscou.
    Guerre froide
    Histoire de l'URSS sous Staline.
    Islam en Russie.
    La russie, sur Wikinews
    Liste des monarques de Russie.
    Littérature russe
    Marine russe,
    Marine soviétique,
    Musique russe.
    Organisation de coopération centre-asiatique
    Organisation du traité de sécurité collective,
    Perestroïka.
    Putsch de Moscou
    Relations entre la Russie et l'Union européenne.
    Révolution russe.
    Socialisme d'État
    Spetsnaz,
    Subdivision de la Russie.
    Union de la Russie et de la Biélorussie.
    Union des républiques socialistes soviétiques.
    VVS
    __________________________________________

    FIN
     

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