Sahara – ONU : Les Américains lâchent-ils le Maroc ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 14 Février 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Les Etats-Unis n'écartent pas la possibilité d'opter pour le retrait des forces onusiennes du Minurso pour la surveillance du cessez-le feu au Sahara marocain. Autant ce rebondissement pousse à se demander sur les subites volte-face caractérisant la politique de Washington dans la région, autant il laisse prévoir le pire, notamment après le refus officiel affiché par le Polisario du plan marocain prévoyant une autonomie élargie au profit des provinces sahariennes.

    Ce n'est pas la première fois qu'on soulève la possibilité de mettre fin à la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara (le Minurso), cela fait déjà des années qu'on en parle, précisément après que l'ONU eût échoué dans ses tentatives d'organiser le référendum prévu dans la Plan Baker dans sa seconde version. Il semble que la diplomatie marocaine n'est point surprise par cette éventualité. Un responsable au ministère marocain des Affaires étrangères a en effet déclaré, lors d'un séminaire à huis clos sur le thème du Sahara, tenu dernièrement à Rabat que « Cela fait longtemps qu'on évoque la possibilité du retrait du Minurso, ce sont surtout des pays comme le Japon et les Etats-Unis qui ne cessent d'oeuvrer dans ce sens, sous prétexte que cette mission coûte chère à l'ONU. » Et les observateurs de constater que l'ONU s'est déjà engagée dans cette voie, en réduisant le nombre de ladite mission : de 3000 au début, on en compte aujourd'hui seulement 479 entre militaires et civils, tous sous la direction du général Kurt Mustgard qui a été dernièrement nommé à cette poste.

    Très attentif au problème du Sahara, le journal espagnol El Païs rapporte dans son édition du lundi dernier les propos fort révélateurs de l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton : «si d'ici une année, le Minurso ne réussit pas dans la tâche qui lui est assigné, il vaut mieux mettre fin à sa mission. » Pour les observateurs, cette déclaration est fort alarmante, elle fait plutôt office d'une bombe à retardement menaçant la paix dans la région. La réponse du général Kurt Moostgard n'a pas donc tardé : « Ce serait là une décision politique des plus graves. Elle équivaut à pousser les parties concernées sur le sentier de la guerre. » La position américaine fait pendant à la lettre adressée, la semaine dernière, par le Polisario à la fois au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et à John Bolton, ambassadeur américain à l'ONU, où il exprime son refus catégorique du plan marocain prévoyant une autonomie élargie au profit des provinces du Sahara, voire il menace de reprendre les armes, si la proposition marocaine est acceptée. Fait étonnant, le Polisario s'est adressé aux Etats-Unis, à l'exception de tous les autres Etats jouissant du droit du veto au sein du Conseil de sécurité, pour débattre avec eux des derniers rebondissements dans la région. A dire vrai, cela fait déjà quelque temps que le Polisario semble se tourner plutôt vers Washington. On se rappelle à ce propos la déclaration du ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, à la chaîne arabophone Aljazeera : « Le Polisario table désormais sur les Etats-Unis, parce qu'il pense que l'Espagne l'a abandonné à son sort. »


    Une position sévère

    Devant ce refus catégorique par le Polisario de la proposition marocaine, on ne saurait prévoir que l'ONU coure le risque de l'accepter, notamment qu'il s'agit d'une nouvelle version, certes modifiée, du premier Plan Baker prévoyant l'autonomie pour le Sahara sous souveraineté marocaine, plan qui a été d'ailleurs rejeté par l'ONU. Ace que je sache, cette organisation n'a jamais ratifié quelque projet qu'elle a refusé auparavant. Entre-temps, selon des informations que l'hebdomadaire La Vérité a pu recueillir, le Polisario aurait l'intention de brouiller les cartes au Sahara, pour pousser l'ONU à réagir, en consolidant encore plus sa présence dans la région, justement en assignant au Minurso une nouvelle mission, celle de gérer l'autonomie au Sahara, à l'instar de ce qui se passe au Kosovo, évidemment à un moindre degré, mais surtout loin du rôle qu'il a joué jusqu'aujourd'hui :surveiller le cessez-le- feu et préparer le référendum.

    Qui plus est, le Polisario entreprend dernièrement des activités dans le no man's land du côté du mur de la séparation : réception de délégations étrangères, autorisations accordées à des sociétés pour la prospection pétrolière…Ce sont là des actes violant la souveraineté marocaine, parce qu'ils ont lieu sur des territoires faisant partie du Maroc. Conscient donc qu'il s'agit d'une pure provocation, le Maroc, refusant de jouer le jeu des séparatistes, a préféré la voie diplomatique en adressant aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU, le 1 février dernier, un message, pour attirer leur attention sur les périls encourus dans la région, en raison des agissements des séparatistes, d'où la nécessité de leur intervention au plus vite. Ainsi donc les deux mois à venir semblent décisifs. Si le Polisario réussissait ses manoeuvres, le Conseil de sécurité serait obligé de changer sa façon de gérer ce dossier. Rappelons-nous surtout ces propos de Peter Van Walsum : « Le Conseil de sécurité est appelé à adopter une position sévère visà-vis de ce conflit. »

    Paru sur lobservateur.ma
    Article Proposer Par Aghilasse
     

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