Sarko gagnera la présidentielle, car Zapatero soutient Ségo

Discussion dans 'Scooooop' créé par omarigno, 24 Avril 2007.

  1. omarigno

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    - En Espagne, le mot "gafe", avec un seul f, signifie porte-malheur. Le Google espagnol, français ou même anglais l'associe dès la première page de recherches à Zapatero, le leader socialiste espagnol. Or, à l'élection présidentielle française, Zapatero soutient Ségolène Royal, ce qui pourrait assurer le triomphe final de Nicolas Sarkozy...

    Plaisanterie? Sans doute, mais le rappel d'une succession de circonstances n'en est pas moins troublant surtout lorsqu'on admet, comme les Gaulois du village d'Astérix, gloires de l'Hexagone, que le ciel peut encore vous tomber sur la tête.

    Premier arrêt en remontant le temps, le meeting de Ségolène Royal du 19 avril à Toulouse. L'invité vedette y est le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Il lie dans son discours le futur de la France à la socialiste Ségolène, alias la Zapatera. Trois jours plus tard, le libéral conservateur Nicolas Sarkozy prend nettement les devants au premier tour de l'élection présidentielle française.

    En Espagne, Nicolas Sarkozy est bien en cour auprès du Parti Populaire (PP, droite), dont le responsable des Relations extérieures, Jorge Moragas, a déjà exhorté M. Zapatero à soutenir Ségolène également au second tour ... pour mieux assurer sa défaite.

    Le 10 avril, le dirigeant espagnol est à Valence. Il honore publiquement cette ville devenue siège de la plus prestigieuse compétition internationale de voiliers, la Coupe de l'America. Moins d'une semaine plus tard, sous l'oeil impatient de centaines de caméras de télévisions du monde entier, le coup d'envoi des régates, fixé au 16 avril, est retardé de quatre jours, faute de vent. Du jamais vu.

    En février dernier, José Luis Rodriguez Zapatero reçoit son homologue Romano Prodi au sommet hispano-italien d'Ibiza. A peine rentré à Rome, Prodi démissionne, son gouvernement étant mis en minorité au Sénat sur la présence militaire en Afghanistan.

    Le 29 décembre 2006, dressant un bilan "très positif" de l'année quasi écoulée, M. Zapatero déclare en conférence de presse à Madrid: "En ce qui concerne la lutte pour la fin de la violence, nous allons bien sûr mieux qu'il y a 5 ans. Mais nous allons aussi mieux qu'il y a un an et aujourd'hui, je vous exprime la conviction que, dans un an, nous irons mieux qu'aujourd'hui". Le lendemain, une camionnette piégée des indépendantistes basques de l'ETA souffle, à l'aéroport de Madrid, un parking de 4 étages et des centaines de voitures. Deux immigrés équatoriens périssent et le processus dit de paix avec l'ETA est enterré sous les gravats.

    Le meilleur cru du "gafe" le plus illustre d'Espagne reste 2005. En mai de cette année-là, il va en France appuyer le oui du président Jacques Chirac au référendum sur la Constitution européenne, rejetée presqu'aussitôt par les Français.

    Au même printemps 2005, M. Zapatero soutient en Allemagne les sociaux-démocrates du chancelier Gerhard Schröder aux élections régionales stratégiques de la Rhénanie du Nord-Westphalie. Le chancelier est battu. Du coup, il convoque des législatives nationales anticipées. Le soir de ce second scrutin, José Luis Rodriguez Zapatero célèbre "l'échec" de la démocrate-chrétienne Angela Merkel. Mais elle devient chancelière fédérale et l'est encore aujourd'hui.

    Toujours en 2005, le chef du gouvernement espagnol fait en juillet un saut à Singapour pour le dernier round de la candidature de Madrid aux Jeux olympiques de 2012... Jeux octroyés sous les yeux de M. Zapatero et de la reine Sofia à la ville de Londres.

    Last but not least, à la veille de l'élection présidentielle américaine du 2 novembre 2004, José Luis Rodriguez Zapatero appelle de tous ses voeux la victoire du candidat démocrate en s'exclamant: "John Kerry, le monde a besoin de toi!". Le triomphe du républicain George W. Bush pour un second mandat sera, malgré la guerre en Irak, le plus imposant en nombre de voix dans l'histoire des démocraties occidentales.

    Avant le 6 mai prochain, date du second tour de la présidentielle française, voilà Ségolène Royal mise en garde par ces quelques lignes contre le risque de voir son nom allonger la prestigieuse liste -Prodi, Chirac, Schröder, Kerry- des politiciens "gafadés" ("gafados" disent les Espagnols) par le "gafe" Zapatero.


    Certes, les Ibères sont aussi sympas que les Gaulois, mais l'amitié de leur plus célèbre et très souriant porte-poisse semble avoir parfois des effets surnaturels.

    par Christian GALLOY

    [Cet article se veut en principe humoristique, l'astrologie n'étant pas la tasse de thé de LatinReporters.]

    LatinReporters.com est un collectif de journalistes qui analysent l'actualité latino-américaine et espagnole. Le texte de cet article peut être reproduit aux conditions explicitées sur le site www.latinreporters.com
     

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