Scolarisation : Des tentes classes pour nomades à Figuig

Discussion dans 'Scooooop' créé par smaq5, 7 Juin 2006.

  1. smaq5

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    Scolariser les enfants en âge de scolarité tout en respectant l’environnement social des nomades, c’est ce à quoi aspire une expérience pilote dans la région de Figuig. Des tentes classes accueilleront les élèves et leurs maîtres, partageant la vie quotidienne des nomades.



    LE ministère de l’éducation nationale, en partenariat avec l’Union européenne, a lancé une expérience unique en son genre : des tentes classes pour les enfants des nomades dans la région de Figuig. Cette opération vise à généraliser la scolarisation et à offrir une structure adéquate aux spécifités des populations du milieu rural et en particulier les nomades. Cette expérience a été lancée dans les sites pilotes de Dhanana commune de beniguil, Hjirat commune de Bouchaoun, Lagdal commune de Maatarqua. Ces localités se situent à une centaine de kilomètres de la ville de Figuig. Trois tentes sont déjà installées et neuf autres sont en cours d’acheminement. Elles ont été fournies dans le cadre du projet MEDA. Les tentes classes sont équipées du matériel nécessaire : tableaux, tables et fournitures scolaires pour les 20 élèves de chaque classe. En plus, un espace est prévu pour l’hébergement des instituteurs. Les habitants des localités concernées par ce projet ont vite adopté le concept puisqu’il s’intègre facilement à leur environnement, qui reste caractérisé par l’activité pastorale et la transhumance au fil des saisons.

    La région de Figuig est une région aride limitrophe de la frontière algérienne dont l’activité principale est l’élevage de mouton, la race de Béni Guil est connue dans tout le Maroc. Pendant la période de l’Aïd el Kabîr, les nomades de la région plient baguages et emmènent une bonne partie de leurs troupeaux par camions vers les souks de Casablanca et Rabat. C’est la seule occasion de l’année où ils peuvent dégager du bénéfice avant de retourner à leurs confins éloignés de l’oriental.

    Si cette expérience donne des résultats satisfaisants, elle risque d’être généralisée sur d’autres lieux. Le phénomène des nomades existe toujours dans le Maroc, dans le haut Atlas comme dans le Sud ou l’oriental. A l’aube de l’indépendance où un élan de nationalisme aspirait à offrir un banc d’école pour tous. Des tentes classes ont été utilisées pour combler le manque d’écoles dans de nombreuses régions du Maroc profond. C’est ainsi que des milliers de jeunes cadres marocains avaient été formés en 1956. L’école rurale au Maroc traverse une crise depuis le début du programme de scolarisation dans le monde rural, qui n’a vraiment débuté qu’aux années quatre-vingt. Des classes en préfabriqué ont été installées à la hâte dans des communes rurales sans aucun équipement de base. Parfois même dans un terrain escarpé, difficile d’accès en contradiction avec le milieu naturel.

    Ces classes préfabriquées étaient calquées sur un modèle standard pour tout le Maroc. La première chose qui attire l’attention, c’est l’absence de locaux pour les bureaux administratifs ou de logements de fonctions pour les instituteurs. Ces classes préfabriquées ont généralement une durée de vie de quinze ans. Aujourd’hui, elles ont bel et bien dépassé leur durée de vie et continuent de fonctionner avec quelques restaurations. Cette expérience a permis de combler un retard en matière de scolarisation en milieu rural et d’intégrer la campagne dans le circuit de la mobilité sociale pour les enfants scolarisés. Mais la solution intermédiaire s’est vite installée dans le paysage.

    Actuellement, la construction d’école dans le milieu rural ne dépend plus du ministère de l’éducation nationale mais des collectivités et communes rurales. Qui ne sont pas logées à la même enseigne au niveau de leurs ressources financières. Plusieurs experts qui ont fait le bilan des écoles rurales au Maroc ont appelé à ce que la construction soit adaptée au milieu géographique. Une école dans le haut Atlas où il neige en hiver n’est pas l’école à Merzouga ou Tata. En plus, les matériaux de construction peuvent être utilisés sur place en utilisant des nouvelles techniques de construction écologique.





    source:le reporter
     

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