Services marocains : le grand bluff

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 15 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Présenté par les services marocains comme l'homme clé de la fuite de Ben Laden, Tabarak a curieusement été libéré de Guantanamo.

    Les services marocains ont la cote, ce janvier 2003. Un officier des services marocains explique au « Washington Post » comment ils ont identifié le garde du corps de Ben Laden alors que « les officiels américains n'avaient pas réalisé exactement qui ils détenaient (à Guantanamo), malgré le fait qu'il soit pris avec un téléphone satellitaire ». L'histoire de l'homme qui avait risqué sa vie en emportant avec lui le téléphone de Ben Laden pour attirer les Américains et permettre au gourou de l'organisation terroriste de s'enfuir n'est pas le fruit d'analyses de données de la CIA, mais des aveux arrachés à Abdallah Tabarak par les services marocains. Les Etats-Unis, jusqu'au président, s'étaient alors félicités de cette révélation providentielle qui explique enfin comment Oussama Ben Laden a pu passer au travers des mailles du filet US dans les montagnes de Tora Bora. Pour Abdallah Tabarak, plus rien ne sera comme avant. Sa célébrité sera renforcée lorsque les responsables de Guantanamo déclareront, le 2 février 2004, aux responsables de la Croix Rouge : « C'est le seul détenu de la base auquel vous n'aurez pas accès ». G. W. Bush n'a pas Ben Laden, mais il n'a pas loupé celui qui s'est sacrifié pour lui, c'est une prise très précieuse à un moment où ses détracteurs rappellent sans cesse qu'il aurait certainement capturé O. Ben Laden s'il avait voulu le faire à Tora Bora. La perche des services marocains est, dans un tel contexte, appréciable. « Il avait un traitement spécial à Guantanamo », confessera, des bouts des lèvres, un ancien du camp qui a requis l'anonymat. Avant la capture d'Abou Zoubaydah, Abdallah Tabarak était le détenu le plus proche de l'ennemi public numéro 1 des USA.



    D'un garde du corps à l'autre

    Mais, coup de théâtre : dans l'avion qui rapatrie la première vague des Marocains libérés de la base navale de Guantanamo se trouve Abdallah Tabarak ! Il a été présenté au tribunal en août, le Maroc veut passer son jugement sous silence. Les Américains n'en parlent plus, les services marocains ne se vantent plus, l'affaire doit être expédiée fissa. Et, remis en liberté, celui qui a été vendu aux Américains comme l'homme de confiance de Ben Laden, son garde du corps et son dévoué serviteur est, tout à coup, considéré inoffensif et inutile pour les USA. Sa relaxe est d'autant plus étrange que, quelques semaines à peine après son envol de la base cubaine, soit le 14 juillet 2004, le ministère de la Défense américain inculpe officiellement Salim Ahmed Hamdan, un Yemeni de 34 ans arrêté par les forces pakistanaises en Afghanistan fin 2001… pour avoir servi en tant que garde du corps et chauffeur de Oussama Ben Laden ! Il doit essuyer quatre chefs d'inculpations dont « conspiration pour actes terroristes ». On prêtait à A. Tabarak les mêmes torts, sans compter qu'il serait à l'origine de la fuite de Ben Laden. « A. Tabarak a quitté Guantanamo pendant plusieurs mois, il était interrogé dans un autre pays », avouera un proche du dossier.


    trop beau pour être vrai

    Au Maroc, selon un article de Jason Burke publié le 13 juin 2004 dans le magazine british, « The Observer ». Est-ce que les « aveux » de Tabarak ont été arrachés sous la torture ? Aujourd'hui, ce dernier rejette tout semblant de relation avec Al Qaïda « de près ou de loin ». Son avocat enfonce le clou en qualifiant les déclarations marocaines de « mensonge du siècle » et défiant les services « de prouver leurs dires ». Que reste-t-il des prouesses des services locaux ? Une reconnaissance de collaboration dans les camps de Guantanamo, des menaces sur la famille du présumé « garde du corps » et un PV de la BNPJ bourré d'informations explosives. On y lit, pêle-mêle, qu'A. Tabarak est un ancien disciple de Cheikh Yassine, qu'il connaît bien le Groupe Islamique Combattant Marocain, qu'il a arrangé le mariage d'un des Saoudiens accusés dans l'affaire de Gibraltar, lequel mariage n'a été possible qu'avec le concours de Abou Houdaïfa, ancien Jihadiste et père du prêcheur zélé, Abous Hafs… A la fin du document, les mystères du terrorisme marocains ont donc été élucidés un à un… Il n'en demeure pas moins que ce père de huit enfants, marié et installé en Afghanistan, qui a préféré Addawa wa Attabligh à un poste de routine à la RATC de Casablanca, intrigue. Il continuera d'intriguer, mais restera celui qui risque de coûter cher à une administration américaine qui l'avait présenté comme une prise exceptionnelle. G. W. Bush s'en souviendra pendant un moment… les services marocains aussi.


    Source:Le journal-hebdo.

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  2. XenA

    XenA Visiteur

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    Re : Services marocains : le grand bluff

    Dommage pour la DST marocaine, on ne peut pas toujours être efficace à tous les coups!facile de fabuler et difficiler de prouver quoique ce soit [22h]
     

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