Sony: «Nous avons beaucoup appris des erreurs de la PS3»

Discussion dans 'High tec' créé par dul2, 13 Juin 2014.

  1. dul2

    dul2 salam alikom

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    Les consoles se suivent mais ne se ressemblent pas. Malmené lors des premières années de la PlayStation 3, trop chère et trop compliquée à appréhender pour les développeurs, Sony est désormais leader des consoles de nouvelle génération. La PlayStation 4 s'est vendue à plus de 7 millions d'exemplaires entre novembre et fin mars, surpassant les attentes de Sony, qui espérait en écouler 5 millions. Interrogé en marge du salon des jeux vidéo E3, Andrew House, président de Sony Computer Entertainment, revient sur les raisons qui ont permis à Sony de réussir son pari. Et précise les visées du groupe vis-à-vis de la Chine, mais aussi de l'Europe

    ANDREW HOUSE - Nous ne communiquons pas sur ce sujet actuellement, mais la console continue à extrêmement bien se vendre. Nous sommes sur le point de pouvoir répondre à la demande des consommateurs en Amérique du Nord. Ce n'est malheureusement pas encore le cas pour l'Europe, mais nous en sommes en train de rediriger notre production vers ce continent. Je pense que les problèmes d'approvisionnement des magasins devraient commencer à se résorber à partir du mois prochain.

    Comment expliquez-vous que la PlayStation 4 rencontre un tel succès?

    La précédente génération de consoles est sur le marché depuis bien longtemps. La communauté des joueurs avait envie de nouveauté. Je pense que nous avons eu une bonne intuition en mettant l'accent sur le partage. Pour nous, partager son expérience de jeu sur les réseaux, c'était la nouvelle étape du jeu vidéo. Cette vision a été très bien reçue par les joueurs, plus encore que ce que l'on espérait.

    Quelles erreurs avez-vous veillé à ne pas reproduire avec la PlayStation 4?

    Nous avons beaucoup appris des erreurs de la PlayStation 3. Le prix de la console est l'un des éléments les plus évidents. La PlayStation 3 était très chère à son lancement, surtout en Europe. Nous avons donc cherché cette fois-ci le prix le plus juste et le plus acceptable pour le consommateur. Nous avons aussi pris la décision de ne pas développer l'architecture de la machine en interne, contrairement à ce qui avait été fait pour la PlayStation 3, et de nous tourner vers des outils bien connus des développeurs. Utiliser des composants déjà sur le marché nous a permis de maîtriser les coûts. Je suis heureux d'annoncer aujourd'hui que la PlayStation 4 est déjà rentable sur tous les marchés où nous l'avons lancée. Enfin, et c'est probablement le plus important, avoir choisi des outils déjà connus permet aux studios, quelle que soit leur taille, de développer extrêmement facilement sur PlayStation 4.

    La PlayStation 4 va-t-elle connaître le même succès que la PlayStation 2?

    C'est très dur de répondre à cette question. Tout a tellement changé depuis l'époque de la PlayStation 2: l'explosion du jeu mobile, la dématérialisation des jeux… Du coup, je ne sais pas s'il est vraiment possible de retrouver les niveaux de vente de cette console. La durée de vie de la PlayStation 4 excédera celle de la PlayStation 3, mais aujourd'hui la concurrence est féroce. Les gens possèdent déjà de nombreux appareils qui leur permettent de jouer. D'un autre côté, nous pouvons nous attaquer à de nouveaux marchés émergeants, comme l'Amérique Latine ou l'Asie du sud-est, qui, à l'époque de la PlayStation 2, étaient trop gangrénés par le piratage pour qu'on puisse sérieusement s'y lancer. Je pense néanmoins que les revenus générés par chaque utilisateur de PlayStation 4 vont dépasser ceux de la PlayStation 3, grâce au développement des contenus dématérialisés. Et je suis assez confiant sur le fait que la base installée de PlayStation 4 sera aussi supérieure à celle de la PlayStation 3.

    Les autorités chinoises ont récemment autorisé la vente de consoles de jeux vidéo, mais nous avons désormais besoin d'explications claires sur tout ce qui concerne les contenus. Quel sera le type de censure appliquée? Comment se déroulera le processus de validation des jeux? Quels services en ligne pourront nous apporter? Si nous arrivons à clarifier tout cela et à établir de bonnes relations avec les autorités chinoises - ce sur quoi nous travaillons déjà-, la Chine sera un marché extrêmement intéressant pour nous.

    Le président de Sony, Kaz Hirai, a dirigé pendant de nombreuses années la division PlayStation. Avoir un PDG parfaitement au fait du secteur du jeu vidéo vous aide-t-il au quotidien?

    Kaz Hirai a été mon patron pendant plus de dix ans, lorsque j'étais à la tête de la branche américaine de Sony Computer Entertainment. Il comprend les stratégies, il sait comment ce marché fonctionne. Après, je ne vous cache pas que lorsque nous faisons des réunions, c'est lui qui me pose les questions les plus difficiles. Du coup, ce n'est pas toujours facile pour moi! (rires)

    Le service de jeux en streaming PlayStation Now va arriver en version beta aux États-Unis cet été. Qu'en est-il de l'Europe?

    Nous préférons avancer prudemment. La PlayStation 3 (toujours vendue par Sony comme modèle d'entrée de gamme, ndlr) marche mieux en Europe qu'aux États-Unis et nous ne voulons pas cannibaliser notre propre business. Une autre raison très importante est que les services en streaming, comme l'accès à des films ou à des séries via cette technologie, sont moins développés en Europe. Nous préférons lancer dans un premier temps le PlayStation Now aux États-Unis et travailler sur des questions très importantes comme le prix des jeux, les services de location, le coût d'un abonnement. Une fois ces questions réglées, nous pourrons importer le PlayStation Now en Europe. Cela ne se fera que lorsque le marché européen se sera tourné vers la distribution de contenus en streaming.

    Lors de votre conférence, vous avez annoncé que le PlayStation Now sera accessible via les téléviseurs Sony. Est-ce un moyen de toucher un nouveau public?

    C'est exactement ça. Nous voulons toucher un nouveau public pour les jeux vidéo en lui offrant une expérience console sans qu'il ait besoin d'en acheter une, et sur un appareil qu'il possède déjà.

    «Jouer avec sa PlayStation 4 dans une autre pièce de la maison, sans avoir besoin de débrancher la console.»
    Vous avez également annoncé l'arrivée prochaine en Europe et aux États-Unis de votre boîtier PlayStation Vita TV, sorti depuis quelques mois au Japon. Vous l'avez renommé PlayStation TV, pourquoi?

    Pour les marchés occidentaux, nous allons moins mettre l'accent sur la possibilité d'accéder à tout l'écosystème de notre console portable, la PS Vita, sur sa télévision et plutôt insister sur d'autres fonctionnalités. En Europe, nous allons vendre ce produit comme le moyen de jouer avec sa PlayStation 4 dans une autre pièce de la maison, sans avoir besoin de débrancher la console. Du coup, le nommer «PlayStation Vita TV» aurait été assez perturbant pour le consommateur! Nous avons donc décidé de changer le nom de ce boîtier.

    Avec cette PlayStation TV vendue seulement 99 dollars, voulez-vous concurrencer d'autres boîtiers TV, comme l'Apple TV ou le FireTV d'Amazon?

    Ce n'est pas comme cela que nous avons conçu la PlayStation TV, même si certains l'utiliseront comme moyen d'accéder à des films ou à des séries sur leur télévision. Nous voyons plus cet appareil comme l'opportunité de toucher un public à la recherche d'une console «low cost» avec un catalogue de jeux de qualité, accessible en téléchargement ou en streaming. C'est notamment vrai aux États-Unis, où le prix de la PlayStation 3 n'a pas encore suffisamment baissé.


    Sony : «Nous avons beaucoup appris des erreurs de la PlayStation 3»
     

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