Souvenir d'enfance (2) : La Tirelire

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par hjirou abdou, 26 Juillet 2010.

  1. hjirou abdou

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    Lorsque mon père me tendit les objets qu'il m'avait promis, en guise de présents, à l'occasion de la fête de ma sixième année printanière.Inconsciemment,mon doux et innocent regard sillonna durant un laps de temps, le néant pour aller se fixer sur une petite caisse versicolore très attirante. Garnie d'une fente,elle était munie d'une petite serrure métallique dorée à laquelle était suspendue une minuscule clef en fonte.


    Je gratifiais à mon tour d'un regard débordant d'amour cet homme qui avait pensé à moi et qui était pour beaucoup dans ma réussite ; avant d'aller me blottir contre lui.
    Et lui, avec son sourire affectueux de toujours ;il mit ses robustes mains sous mes aisselles et m'arracha de l'endroit où j'étais.

    Celle qui m'avait mis au monde et que je vénérais tant ,comprit d'emblée mes intentions. Elle me fit savoir que mon trésor lui avait été réservé un joli endroit digne de lui , sans omettre;comme à l'accoutumée de passer sa douce et caressante main sur une partie de mon chétif corps.
    Nous menions,mes parents,les deux brus et mes deux frères qui avaient l'air de deux jumeaux mais sans l'être réellement,une vie sereine et heureuse au sein d'une vaste et vieille demeure aux murs fissurés, qui donnaient l'impression qu'ils allaient s'effondrer d'un moment à l'autre.

    Le joujou que je chérissais tant,occupa à son tour une partie de ma vie,délaissant le nid douillet qui lui était destiné. Mon petit trésor m'accompagnait partout.Durant mes nuits,il vient ,à l'insu de tous, se blottir contre moi; me tenant au chaud pour me réveiller tôt le matin sous le tintamarre des petits pièces de couleurs jaunes et argent qui reposaient à l'intérieur.
    Je m'en souviens encore comme si c'était hier. L'aîné de mes frères prit la décision de se venger impitoyablement ,et sans raison décelable,sur ma tirelire.L'avait prise entre deux mains sanglantes et exerça sur elle toute sa force. Emporté par son ire,il la piétina,l'écrasa sous son poids et finit par l'éventrer. Je l'entendais pousser des cris aigus qui déchiraient mes entrailles.Mes organes de l'ouïe ne supportaient plus ses gémissements.Elle ne trouva ni abri ni refuge. J'avais réalisé à mon tour que nous étions incapables de lutter contre cette tyrannie qui s'élevait contre nous et cherchait à nous disséminer à jamais. Et lasse de vivre, elle succomba face à cet ennemi,bourreau sans coeur.Et tandis qu'elle agonisait devant mes yeux,du coin de mes paupières suintaient des larmes chaudes synonymes d'indélibiles et amers souvenirs d'enfance.
     
  2. russimor

    russimor motatabbi3

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    j'aime bien, bravo!
     
  3. hjirou abdou

    hjirou abdou Visiteur

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    Merci pour le message russimor. Nous espérons tous ,enrichir cet espace en vue de l'illuminer de notre humble savoir.
     

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