Sport marocain : La fuite des talents et ses multiples raisons

Discussion dans 'Autres Sports' créé par ouldsahra, 28 Janvier 2012.

  1. ouldsahra

    ouldsahra Visiteur

    J'aime reçus:
    1
    Points:
    0
    Au Maroc, il n’y a pas que les cerveaux qui fuient leurs terres et mettent leur savoir au service d’autres pays. Au Maroc, les sportifs qui quittent leur monde et défendent les couleurs d’autres pays se font de plus en plus nombreux. Toutes les disciplines, sans exception, sont concernées. Football, athlétisme, tennis, sports de combat, et même d’autres sports moins médiatisés, la fuite des talents est devenue une norme.

    Pour avoir droit à une vie meilleure et pouvoir réussir leur carrière, ces talents se trouvent contraints à quitter leurs terres. Ils trouvent dans l’exil un moyen pour se libérer de leur enfer et ces barrières (manque d’infrastructures et moyens financiers) qui achoppent leur réussite. En manque de soutien financier et aussi moral au Maroc, c’est particulièrement en France et aux pays du Golf qu’ils trouvent le refuge et les moyens qui faut pour réaliser leur rêve de devenir champions.

    L’exil offre souvent une chance de reconnaissance et parfois un destin rayonnant. Abandonné par la FRMA (Fédération Royale Marocaine de l’Athlétisme), le talent de Rachid Ramzi a été enterré avant qu’il soit remis en vie par le Bahreïn. Au moment que les dirigeants marocains lui ont tourné leurs dos, ce sont les bahreïnis qui lui ont ouvert les bras et lui ont offert tous les soutiens qui faut pour remporter le 800m et le 1500m lors des championnats mondiaux.


    Ismaël Sghir, Driss Maazouzi, Abdallah Bahar, Brahim Lahlafi et d’autres athlètes marocains ont été à leur tour abandonnés par les dirigeants de l’athlétisme marocain. La France les a accueilli et a fait d’eux le fer de lance de son équipe nationale. Mohamed Mourrhit, le détenteur des records d’Europe du 3000m et du 5000m, et Khalid Khannouchi, ex-recordman du marathon, ont connu le même sort: le premier a trouvé son bonheur en Belgique et le second en USA. Des cas similaires en football et sports du combat où une bonne dizaine de sportifs marocains ont été assimilés hollandais, allemands, et français... toujours pour la même raison: chercher un avenir certain auprès des pays possédant les moyens de valoriser leur talent et assurer leur avenir.

    Au-delà des aspects financiers, le problème est aussi organisationnel. Le sport marocain est toujours encrassé dans une forme d’amateurisme et d’anarchisme qui favorise la fuite de ses talents. Ghizlane Samir, la patineuse de vitesse en roller, et Abdelatif Benazzi, la légende du rugby français, leur exil n’était pas du tout animé par des raisons purement économiques. Ces deux, c’est le manque d’infrastructures, l’amateurisme du sport national, la médiocrité de la formation technique qui ont motivé leur choix de la France. Ces deux, s’ils n’ont pas fait ce choix, jamais ils ne vont atteindre le haut niveau et devenir champions internationaux.

    D’autres sportifs marocains boycottent le Maroc pour des raisons purement politiques. C’est le cas de Kamal Znidar qui rêve d’une participation aux Jeux Olympiques mais pas sous les couleurs du Maroc. C’est également le cas de ces internationaux souvent originaires du Rif et du Sahara qui ont tourné leurs dos aux sélections marocaines et ont préféré de jouer pour la Hollande, l’Espagne, la France et l’Algérie. Tout ces sportifs de haut niveau ont trouvé dans le boycott du Maroc un moyen pour exprimer leur opposition à un système qui pille leurs richesses et maintient leur monde dans le retard et les crises sur tous les plans.

    La fuite des talents, ses raisons sont multiples. Elles varient d’un sportif à l’autre. Economiques, techniques, des fois même politiques, toutes ces failles qui poussent le talent marocain vers les bras des autres mondes doivent être corrigées pour que cette hémorragie cesse. C’est en résorbant ce gap et en s’attaquant aux sources de ses maux qu’un pays garde ses talents et éloigne ce spectre de déserter le podium lors des scènes sportives mondiales.

    Source : SportVox.fr
     

Partager cette page