Syrie

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 24 Février 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Histoire de la Syrie


    L'histoire de la Syrie est marquée par sa situation exceptionnelle. C'est un territoire de transition au carrefour de plusieurs mondes : la Méditerranée, la Mésopotamie, la Perse, l'Inde, l'Asie mineure, les terres du Caucase, et l'Égypte. La Syrie était traversée par les plus importantes voies commerciales, entre l'Europe, la Chine (route de la soie) et l'Inde.


    L'homme de la terre syrienne a peut-être découvert, pour la première fois de l'histoire de l'humanité, à Abu Huraira, l'art de cultiver, d'associer l'eau et le grain de blé, pour multiplier les épis. Grâce à cette découverte première l'homme commença à se fixer, à sortir des cavernes, à construire des maisons, à prendre conscience de son être, à invoquer le ciel avec les premières incantations mythologiques et religieuses, à s'essayer au dessin, à la sculpture et à la décoration.

    C'est également en Syrie, que l'homme découvrit comment utiliser le cuivre, comment le façonner et en réaliser un alliage : le bronze. Dès le III[SUP]e[/SUP] millénaire av. J.-C. les Syriens construisaient des palais, créaient des fresques, et connaissaient un essor culturel et commercial remarquables.

    La Syrie a eu une part importante dans l'histoire du christianisme et dans ses débats. À travers ses routes sont passés les pèlerins vers les grands centres religieux, les croisés et les caravanes de la soie et des épices.


    Les habitants des nombreux petits royaumes qui se sont développés en Syrie, descendaient de peuplades sémites venues, depuis les premiers temps, du sud de la Péninsule Arabique, et qui sont connus sous le nom d'Amorrites, de Cananéens, de Phéniciens (zone côtière), d'Araméens (hautes terres) de Ghassanides et de Nabatéens (au sud).


    Les dominations en Syrie


    La Syrie de l'antiquité s'étendait sur un territoire beaucoup plus vaste que le territoire syrien actuel et fut donc un champ de bataille entre les grands peuples voisins. La Syrie subit ainsi plusieurs dominations :

    Chronologie des civilisations et régimes politiques




    SUITE/


    Histoire de la Syrie moderne



     
  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    Histoire de la Syrie moderne


    La Syrie ottomane


    La Syrie ottomane fait référence au Levant sans l'Empire ottoman entre 1516 et 1948. La Syrie au cours de l'ère ottomane incluait la Syrie, le Liban, Israël, la Cisjordanie, la Bande de Gaza, la Jordanie et des parties de l'Irak et de la Turquie.
    Après la chute de l'Empire ottoman en 1918, le pays est divisé en une Syrie mandataire (France) et en une Palestine mandataire (Royaume-Uni).
    La Syrie était divisée en 2 eyalets : Damas et Alep, comprenant chacun plusieurs subdivisions, appelées Sanyak.

    Ottomane depuis 1516, le début de la renaissance de la Syrie moderne peut être datée des années 1832 à 1840, lors desquelles Mehemet Ali tenta de secouer le joug de l'Empire ottoman.
    En 1840, a lieu l'affaire de Damas contre les populations juives suite à la disparition d'un moine capucin.

    En 1860, les événements du Mont Liban et de Damas entraînent l'envoi d'un corps expéditionnaire par les puissances européennes. En 1861, cette intervention militaire eut pour conséquence l'autonomie du Liban vis-a-vis de Damas.
    Dès 1860, l'ouverture vers l'Occident entraîna un renouveau culturel et la prise de conscience d'une identité et le développement d'un nationalisme arabe.

    Cherchant des appuis pendant la Première Guerre mondiale, les Britanniques promirent l’indépendance du pays en cas de victoire sur l’Empire ottoman. Cependant, le 16 mai 1916, le Royaume-Uni et la France conclurent des accords secrets, les accords Sykes-Picot, par lesquels elles se partageaient les terres arabes sous domination ottomane. Cet accord résulte d'un long échange de lettres entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et Sir Edward Grey, secrétaire d'État au Foreign Office. Par la suite, un accord ultra-secret fut conclu à Downing Street entre Sir Mark Sykes pour le Royaume-Uni et François Georges-Picot pour la France portant sur le partage de l'espace compris entre la mer Noire, la Méditerranée, la mer Rouge, l'océan Indien et la mer Caspienne (Accord Sykes-Picot).

    Britanniques et Arabes participèrent à la prise de Damas en 1918. L’année suivante, les forces britanniques se retirèrent de la zone, cédant son contrôle aux troupes françaises. Toutefois, les nationalistes syriens, organisés depuis la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, espéraient la création d’une Syrie indépendante, incluant la Palestine et le Liban. En 7 mars 1920, le Congrès national syrien (élu en 1919) proclama unilatéralement l’indépendance du pays. Celui-ci devint une monarchie constitutionnelle dirigée par le fils de Hussein, le prince Fayçal.

    En avril 1920 pourtant, la Conférence de San Remo confirma les accords Sykes-Picot et le contrôle français de la Syrie et le Liban, et décida de les transformer aux mandats plus tard, lesquels devaient rapidement aboutir, du moins en théorie, à l’indépendance des deux territoires.

    Fayçal décide de collaborer avec les Français, son ministre de la guerre Youssef al-Azmeh le refuse; les troupes du général Gouraud arrivent, vainquent une armée menée par Youssef al-Azmeh dans la bataille de Maysaloun en 23 juillet, et entrèrent à Damas. Fayçal se trouva contraint à l’exil, trouva alors refuge en Irak, où il sera couronné en 1921. Ce fut alors l'effondrement du «grand projet arabe» qui devait rassembler autour de Damas les terres arabes autrefois placées sous contrôle ottoman.


    Affaire de Damas

    L'Affaire de Damas fait référence aux évènements de dimension internationale faisant suite à une accusation d'assassinat rituel contre des membres de la communauté juive de Damas en février 1840.
    Le 5 février 1840 dans le quartier chrétien de Damas, le Père Tommaso da Calangiano (1777-1840), un moine sarde, frère mineur capucin, et son domestique, Ibrahim Amarah, disparaissent sans laisser de traces. Des notables juifs de Damas sont accusés du meurtre du moine, emprisonnés et torturés. Plusieurs prisonniers meurent sous la torture et l'un d'entre eux préfère se convertir à l'Islam pour échapper à son sort. Parmi les assassins juifs du Père Thomas, le témoignage du barbier Sleiman Salloum sera décisif, puisqu'il permettra aux enquêteurs de découvrir les restes du corps du moine capucin. Parallèlement, la population musulmane de Damas pille la synagogue de la banlieue de Jobar, détruisant des rouleaux de la Torah.
    L'affaire a eu d'importantes répercutions internationales.

    Contexte

    Selon la loi islamique, les Chrétiens et les Juifs sont des dhimmis, classe de non-musulmans aux droits limités, mais autorisés à suivre leurs préceptes religieux. En contrepartie, ils doivent payer un impôt, le Djizîa, et accepter un statut juridique et social inférieur à celui des musulmans. Depuis 1832, Damas est sous la domination du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali alors en rébellion contre son suzerain le sultan ottoman. Méhémet Ali est soutenu par la France, traditionnellement protectrice des chrétiens au Proche Orient.
    En contrepartie de se soutien, il a consenti des droits supplémentaires aux chrétiens entraînant une certaine rancœur de la part de la population musulmane. Par ailleurs Juifs et Chrétiens sont en lutte pour la domination économique et cherchent de chaque côté l'appui de la majorité musulmane. Les autres puissances européennes s'opposent à Méhémet Ali et aident le sultan à reprendre la main au Proche Orient. Craignant une nouvelle vague de violence musulmane avec le retour prévisible de la domination ottomane à Damas, les chrétiens font venir des prêtres catholiques de l'ordre des capucins et des franciscains. Ce sont ces derniers qui auraient importé le mythe des sacrifices sanglants rituels imputés aux Juifs.


    Incident et arrestations

    Le 5 février 1840, le Père Tommaso, citoyen français d'origine sarde, moine capucin, gardien du couvent de Damas, disparaît avec son serviteur. Ce moine pratiquait la médecine et était bien connu des milieux juif, chrétien et musulman. Dans les jours précédents, il avait eu un différend avec un muletier turc qui l'aurait entendu blasphémer Mohamed. A quoi le turc aurait répliqué : «Ce chien de chrétien doit mourir de ma main».

    Le consul de France à Damas, Ulysse de Ratti-Menton soutient les marchands et familles chrétiennes qui cherchent à prendre l'ascendant économique sur les Juifs, notamment la famille Farhi. Il fait procéder à une enquête sur la disparition du moine et accuse des Juifs de l'avoir assassiné pour utiliser son sang à des fins rituelles, en l'occurrence la confection de pains de la Pâque. Le gouverneur égyptien de la Syrie, Chérif Pacha, par sympathie pour les relations franco-égyptienne, soutient aussi l'accusation. L'aveu est extorqué sous la torture à un coiffeur juif du nom de Negrin. Huit autres notables juifs de Damas, parmi lesquels Joseph Lañado, Moses Abulafia, Rabi Jacob Antebi, et un membre de la famille Farhi, sont arrêtés et torturés. Lañado décède, Abulafia se convertit à l'Islam pour échapper au même sort, d'autres avouent. Alors que Ratti-Menton fait publier en français et en arabe les aveux, Chérif Pacha sollicite l'autorisation de Méhémet Ali pour exécuter les meurtriers du moine.

    Cet incident illustre les tensions particulièrement vives entre les populations juive et chrétienne de Syrie, situation exceptionnelle en cette période de Tanzimat de l'Empire ottoman pendant laquelle la situation des Juifs est plutôt meilleure que celle des Chrétiens. Les violences entre Chrétiens et Musulmans d'une part et entre Chrétiens et Druzes d'autre part sont en fait plus fréquentes en raison de la position économique dominante des premiers.

    Protestations

    D'autres arrestations sont effectuées, notamment celle de Isaac Picciotto, ressortissant autrichien qui amène le consul autrichien de Damas, Caspar Merlatto, à intervenir pour réfuter les accusations.

    Les puissances occidentales se mobilisent alors pour les Juifs de Damas et font pression sur le sultan ottoman et le pacha d'Égypte aidé par Abraham Salomon Camondo. Début juillet, les consuls de huit puissances chrétiennes à Alexandrie – à la seule exception du français Adrien-Louis Cochelet – demandent au vice-roi d’ordonner la révision du procès. La position du gouvernement français, ami de l'Égypte, et refusant de désavouer leur représentant à Damas est au départ ambigüe. Une délégation composée de Moïse Montefiore, Adolphe Crémieux et Salomon Munk, se rend en Égypte pour obtenir de Mohamed Ali d'intercéder en faveur des Juifs de Damas.

    Les négociations durent du 4 au 28 août à Alexandrie. Les neuf prisonniers survivants (sur les treize) sont finalement libérés le 6 septembre. Montefiore obtiendra par la suite du sultan Abdul Majid qu'il proclame un décret de protection des Juifs de l'Empire ottoman contre les accusations de crimes rituels: «Et pour l'amour que nous portons à nos sujets, nous ne pouvons pas permettre à la nation juive d'être inquiétée et tourmentée par des accusations qui n'ont pas le moindre fondement de vérité…».


    Conséquences

    Pour l'historien américain Hasia Diner, cet incident a amené la communauté juive américaine à s'organiser pour la défense de communautés juives de la diaspora, faisant pression sur le président Van Buren pour protester officiellement. Plus généralement, cette affaire est à l'origine des liens de solidarité juive moderne, du développement de la presse juive (tel The Jewish Chronicle par exemple) et en définitive de la création en 1860 de l'Alliance israélite universelle.



    SUITE/

    Le Mandat français
     
  3. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    Le Mandat français


    Alors qu'elle avait été hostile envers les Turcs, la population syrienne développa rapidement un sentiment antifrançais.

    Le mandat français sur la Syrie fut organisé en un «Grand Liban» composé de quatre provinces: les sandjaks de Damas et d'Alep, l'État alaouite (1920), et l'État du djebel druze (1921), auxquels s'ajouta, en mars 1923, le sandjak d'Alexandrette (au nord) détaché d'Alep et peuplé en partie d'une minorité turque.
    La même année, le général Gouraud créa la Fédération syrienne, qui regroupait Damas, Alep et l'État alaouite, sans le Djebel druze, ni Alexandrette. En 1924, l'État alaouite en fut également séparé. De 1925 à 1927, le Djebel druze entra en état d'insurrection, dirigée par le sultan Pacha-El-Atrache. Le général Sarrail y fut chargé de rétablir l'ordre.


    Soutenus par la France, les Maronites bénéficièrent en 1926, de la création de la République libanaise en lieu et place du «Grand Liban».

    Sachant la fin du mandat proche, la Turquie indiqua dès 1936 qu'elle n'accepterait pas que la minorité turque du Sandjak d'Alexandrette passe sous autorité syrienne. Pour ménager la Turquie en cas de guerre avec l'Allemagne et protéger ses intérêts dans la région, la France céda le Sandjak d'Alexandrette qui devint la province du Hatay.

    Toujours rattachée à la France, la Syrie passa sous contrôle du gouvernement de Vichy en juillet 1940.
    En 1941, les forces françaises libres et les Britanniques chassèrent le général Dentz, haut-commissaire du Levant. Le général Catroux, au nom de la France libre, reconnut officiellement l’indépendance de la Syrie, mais les troupes franco-britanniques demeurèrent sur le sol syrien.
    En mai 1945, pour réprimer le mouvement indépendantiste, de Gaulle envoie des troupes et donne l'ordre à l'aviation française de bombarder Damas le 29 mai. Mais les britanniques s'opposent à ces opérations.
    Les Français ne se retirèrent totalement du Liban et de la Syrie qu’en 1946.
    Cette même année, la Syrie devint membre des Nations unies.



     
  4. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    De 1920 à 1946, la Syrie a été administrée par la France sous un régime de mandat de la SDN. Le mandat français sur la Syrie et le Liban a été institué par la Société des Nations le 25 avril 1920 après la Première Guerre mondiale. Il devait permettre officiellement aux États du monde arabe d'accéder à l'indépendance et à la souveraineté, sitôt après avoir atteint un niveau suffisant de maturité politique et de développement économique. Quatre mandats ont été créés, le gouvernement de la Palestine et de l'actuel Irak revenant aux Britanniques, les Français se voyant attribuer celui sur le Liban et la Syrie.

    La France et la Syrie ont signé en 1936 un traité franco-syrien d'indépendance, mais dans les faits le mandat a continué d'exister car la France n'a pas ratifié le document. La Syrie a déclaré son indépendance en 1944.

    Les causes du conflit

    De la domination ottomane à l'indépendance

    La Syrie tombe sous contrôle ottoman en 1516, ceux-ci occuperont le pays pendant plus de 400 ans.

    De la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle au début du XX[SUP]e[/SUP], le sentiment nationaliste des Arabes va croissant, même si la grande majorité reste acquise à l'idée de l'ottomanisme, un nationalisme pluriethnique, multiculturel, multiconfessionnel avec prééminence musulmane.
    Cependant, cette forme de nationalisme n'est populaire que chez les musulmans, les Arabes chrétiens étant quant à eux assez hostiles à l'Empire ottoman et privilégient un nationalisme strictement arabe de tendance laïque.

    Avec la révolution Jeunes-Turcs de 1908, les Arabes qui avaient surtout affirmé une identité culturelle spécifique au sein de l'Empire convoquent un Congrès à Paris. Lors de ce Congrès, les deux cents délégués demanderont la reconnaissance par l'Empire Ottoman du peuple arabe, ce que refusera le gouvernement nationaliste Jeune-Turc.
    C'est au cours d'un séjour à Damas, que Fayçal ibn Hussein qui prendra la tête de la Grande révolte arabe se convertit aux thèses de certaines sociétés nationalistes arabes secrètes. Avec la guerre, ce mouvement arabiste devient plus politique mais aussi plus radical et réclame rapidement l'indépendance des territoires arabes, mais aussi l'unité qu'elle soit syrienne, arabe ou islamique.

    Lors de la guerre, les Français sont contraints de laisser la prédominance militaire au Proche-Orient aux troupes britanniques.
    Ces derniers ont négocié la collaboration des Arabes.


    Le 10 juin 1916, sur la foi des promesses britanniques, le Chérif Hussein (gardien des lieux saints), se proclame roi des arabes (même s'il n'est reconnu que comme roi du Hedjaz par les puissances européennes) et lève à Médine l'étendard de la révolte contre les Turcs.le 10 juin sera une fête nationale en Jordanie (Royaume hachémite)

    Damas est libérée le 3 octobre 1918, et pour signifier que le pays passe désormais sous le double contrôle anglais et arabe, l'Emir Fayçal entre dans la ville accompagné du général Edmund Allenby.

    Néanmoins, après la reddition de l'Empire ottoman le 30 octobre 1918, le Liban et la Syrie sont considérés comme des «territoires ennemis occupés» et c'est en tant que tels qu'ils sont occupés par les troupes britanniques. À l'automne 1918, les Syriens se rallient à Fayçal ; le commandement de la révolte arabe s'installe à Damas, et Fayçal y proclame un gouvernement arabe provisoire au nom de son père, le Chérif Hussein.


    Il rallie une à une les principales villes de la région qui hissent à leur tour le drapeau arabe, et la nouvelle administration prête allégeance à Hussein en tant que roi de tous les Arabes. Les Arabes de Palestine soutiennent l'émir Fayçal, craignant l'installation d'un foyer national juif en Palestine : à Beyrouth et au Mont-Liban, il installe ses représentants en vue d'un rattachement du Liban et de la Syrie.
    Le général Allenby dresse les grandes lignes du gouvernement militaire de la Syrie et du Liban, et il procède à la répartition des territoires. Il confie à Fayçal l'administration de la Syrie intérieure (zone est), tandis que les Anglais se réservent la Palestine (zone sud). Quant aux Français qui ont débarqué à Beyrouth le 8 octobre, ils occupent les côtes syriennes jusqu'à Naqoura au sud (zone ouest).

    Pour apaiser les craintes des populations du Levant, Paris et Londres publient le 8 novembre 1918 la déclaration suivante «La Grande-Bretagne et la France sont d'accord pour encourager et aider à l'établissement de gouvernements et d'administrations indigènes en Syrie et en Mésopotamie, actuellement libérées par les Alliés». Entre octobre et novembre 1918, Fayçal forme le premier gouvernement arabe et nomme Rida Pacha al-Rikabi gouverneur militaire. Il associe par ailleurs au gouvernement certains de ses compagnons d'armes tels Sati al-Housri, Kamel Qassab, Abderrahman Chahbandar, Fakri al-Baroudi, Farès al-Khoury, ou Ihsan al-Jabiri. Les nationalistes se nomment eux-mêmes «patriotes», «al-wataniyyoun» ; la plupart sont influencés par les idées européennes, et veulent instituer dans la région un État unitaire, multiconfessionnel, démocratique et indépendant.

    Le gouvernement arabe de Damas
    Confronté à la volonté des Britanniques et des Français de prendre le contrôle total de la région, les gouvernements arabes des villes sont dissous en octobre 1918. Les Français demandent la mise en application des accords Sykes-Picot, plaçant la Syrie sous leur influence. Ne pouvant pas se permettre de rentrer en conflit avec les Français, du fait que les Britanniques devaient s'occuper de la guerre d'indépendance irlandaise et de la révolte indienne (voulant plus d'autonomie) en 1919, les Britanniques décident de céder la région aux Français.
    Les troupes britanniques se retirent de Damas le 26 novembre 1919, laissant le gouvernement arabe et la France face à face.
    Au mois de décembre 1919, les français envahissent la Bekaa. Lors de cette crise, des rivalités éclatent entre communautés, clans, familles, régions et villes. Le nouveau pouvoir hachémite se heurte dès les premiers jours aux élites traditionnelles damascènes qui occupaient une place de choix dans le pays sous l'ère ottomane. Ces personnes voient avec mécontentement les officiers d'origine irakienne, les civils palestiniens, syriens et libanais venant de classe sociale modeste s'arroger une grande partie du pouvoir politique et militaire.

    Avec la conférence de paix de Versailles, Fayçal se retrouve encore plus affaibli, en raison de l'attitude des Européens qui ont décidé d'ignorer les revendications arabes.

    À partir de juin 1919, une commission d'enquête américaine, la commission King-Crane mène une enquête en Syrie avec pour mission d'éclairer les congressistes de Versailles sur l'état de l'opinion publique dans le pays. Sa zone d'étude va de la ville d'Alep à Beer-Sheva, elle visite 36 villes importantes, rencontre plus de 2000 délégations venues de plus de 300 villages et reçoit plus de 3000 pétitions. Ses conclusions confirment l’opposition des Syriens à un mandat dans leur pays, ainsi qu'à la déclaration Balfour et leur souhait de voir s’établir une Grande Syrie englobant la Palestine. Les conclusions de la commission sont cependant rejetées par les Français et tout simplement ignorées par les Anglais.

    Pour convaincre Paris et Londres de changer de position, Fayçal entreprend deux longs voyages en Europe (novembre 1918 et septembre 1919 - janvier 1920), et rencontre plusieurs diplomates dont Robert de Caix qui dirige les négociations avec Fayçal. Cependant ses prises de positions ne rencontrent pas d'écho à Paris, en particulier après la victoire aux élections législatives de janvier 1920 de la droite conservatrice, favorable à la colonisation.

    Signe de la détermination de la France à intervenir au Levant, le général Gouraud est nommé Haut-commissaire en Syrie-Cilicie, et ses troupes relèvent les soldats britanniques présents au Liban et sur le littoral syrien.
    En Syrie, les nationalistes refusent de revoir leur position, et se divisent sur la marche à suivre. Fayçal qui a accepté d'importants compromis face à Clemenceau et au chef sioniste Weizmann sur l'immigration juive en Palestine se voit de plus en plus isolé.


    Les nationalistes se radicalisent et se divisent en deux groupes, le premier, plutôt modéré, comprend Rida Pacha Rikabi et le second des radicaux rassemblés autour de Yassin al-Hachimi pour lesquels l'indépendance n'est pas négociable. Fayçal qui doit se justifier de ses actes devant les partis nationalistes (Club arabe, al-Fatat, Al-Ahd, Istiqlal) cherche à créer une force politique plus modérée. C'est ainsi qu'il convoque des élections pour le Congrès général syrien en mai 1919. Cette élection profite aux grands propriétaires terriens et aux notables conservateurs ainsi qu'aux villes (80 % des sièges).
    Mais la minorité nationaliste arrive à dynamiser le Congrès autour des grands noms du nationalisme arabe (Jamil Mardam Bey, Shukri al-Kuwatli, Ahmad al-Qadri, Ibrahim Hananou, Riyad es-Solh)…


    Après les premières rumeurs de l’accord Fayçal-Clemenceau, des manifestations anti-hachémites éclatent dans la région ainsi qu’à Damas.
    Au Mont-Liban, les populations craignent de se voir intégrer au sein d'un futur «Grand-Liban». Ils se révoltent, entraînant des incidents violents, à Tripoli, Baalbek et Marjayoun.

    Devant cet état de fait, Fayçal se tourne vers des notables conservateurs qui fondent le Bloc national à la fin du mois de janvier 1920. Les vues du parti sont compatibles avec les accords passés entre Fayçal d'une part et Weizmann et Clemenceau d'autre part.

    Royaume arabe de Syrie
    Le 8 mars 1920, le Congrès syrien, présidé par Hachem el-Atassi adopte une résolution, rejette les accords Fayçal-Clemenceau et proclame à l'unanimité l'indépendance de la Syrie dans ses frontières naturelles (Palestine incluse). Par ailleurs, Fayçal se fait couronner roi constitutionnel de Grande Syrie. Le Congrès prévoit également une union politique et économique avec l'Irak voisin, pour lequel il demande également l'indépendance.

    Le premier gouvernement nationaliste est constitué le 9 mars 1920, il est dirigé par Ali Rida Pacha Rikabi. La Syrie est donc l'un des premiers pays arabe à avoir rédigé une constitution, laquelle fait d'elle une monarchie bicamérale.
    Le 25 avril 1920, au cours de l'élaboration du Traité de Sèvres, le conseil suprême interallié attribue à la France un mandat sur la Syrie (Liban inclus) et au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine et la Mésopotamie.

    L'annonce de la nouvelle entraîne en Syrie de violentes manifestations, les Syriens exigent une action gouvernementale immédiate afin de contrer les plans franco-britanniques. Ces manifestations causent la chute du gouvernement Rikabi et le roi Fayçal charge Hachem el-Atassi de constituer un nouveau gouvernement. Ce gouvernement est formé le 7 mai 1920 et celui-ci décide d'organiser la conscription générale, lançant parallèlement un emprunt intérieur pour financer l'armée.

    Cette décision provoque une levée de boucliers tant en Europe qu'au sein du patriarcat maronite du Mont Liban qui dénonce un «coup d'État». À Beyrouth, la presse chrétienne anti-chérifienne affiche son hostilité à la décision prise par Fayçal.

    Les nationalistes libanais profitent de cette crise pour réunir le 22 mars 1920 un Conseil administratif à Baabda. Le conseil réunit des notables et des dignitaires chrétiens ainsi qu'un groupe de druzes. Ce conseil proclame l'indépendance du Liban.

    Le 14 juillet 1920, le général Gouraud lance un ultimatum à Fayçal, l'invitant à se rendre aux conclusions du traité de Sèvres. Sachant que l'équilibre des forces n'est pas à son avantage, Fayçal décide de collaborer.
    Cependant, le jeune ministre de la guerre Youssef al-Azmeh refuse de déposer les armes et mène une ultime bataille contre les Français. La bataille de Maysaloun est gagnée en moins d'une journée par les Français sous le commandement du général Mariano Goybet, et Azmeh y trouve la mort avec la plupart des hommes qui avaient conduit la révolte arabe à Médine.

    Le mandat français

    Le général Mariano Goybet et les troupes françaises entrent à Damas le 24 juillet 1920. Au Liban, les hommes du général Gouraud ont été accueillis en libérateur par la communauté maronite, mais en Syrie, les Français se heurtent à une forte opposition. Dans une déclaration publiée en 1920, le général Gouraud expose sans ambiguïté sa politique à l'égard de la Syrie,

    «Vous n'ignorez pas, Syriens, que depuis six mois le Gouvernement de Damas, poussé par une minorité extrémiste, a dépassé toutes les bornes en poursuivant la politique la plus agressive contre les Français (…) Par un sentiment d'humanité commun à tous les Français, je n'ai pas l'intention d'employer les avions contre les populations sans armes, mais à la condition qu'aucun Français, aucun chrétien ne soit massacré. Des massacres, s'ils avaient lieu, seraient suivis de terribles représailles par la voie des airs.»

    Cependant, le reste du pays est encore hors de contrôle et, de 1920 à 1923, l'armée française combat les insurgés dans la région des Alaouites, des Druzes et d'Alep. Ce n'est qu'après trois ans de combat que les Français parviennent à vaincre les dernières résistances.

    Le 1[SUP]er[/SUP] septembre, le général Gouraud proclame la création de l'État du Grand Liban, en y annexant le Mont-Liban et les villes côtières conformément aux souhaits émis par les maronites et par la droite coloniale française. Par cette décision, la Syrie perd une importante zone côtière et en particulier la ville de Tripoli qui possédait l'un des plus grands ports du Levant. Le pays ne compte alors plus que sur Lattaquié et sur son port qui devient le premier du pays. Quant à Fayçal, il part en exil, il s'installe d'abord en Palestine puis en Italie, avant de prendre le trône d'Irak sur la proposition du Royaume-Uni.

    Après avoir pris le contrôle du pays, les Français tentent de créer une structure administrative à plusieurs niveaux. La première décision a été de choisir quelle serait le siège du Haut-commissariat français. Les Français ont longuement hésité entre Beyrouth et Damas. Tandis que l'une était francophile, l'autre était hostile même au sein de la communauté chrétienne. Les Français choisissent une solution intermédiaire : installer l'administration du mandat dans la petite ville de Chtaura, située à égale distance entre Beyrouth et Damas. Cependant, le projet a vite été abandonné au profit de Beyrouth.
    Pour le général Gouraud, la France doit faire taire les velléités nationalistes en divisant la région en petites unités administratives, ce qui est fait dès la fin de l'année 1920. Trois États sont créés faisant passer la taille de la Syrie d'un territoire de 300 000 km² à 185 000 km²,

    • l'État du Grand Liban : Le général Gouraud proclame la création de ce nouvel État le 30 août 1920, qui est rendu officiel par un arrêté du 31 août 1920, cet État est constitué du Mont-Liban qui comprend en majorité des chrétiens ainsi que de villes côtières conformément aux souhaits émis par les maronites. À partir de ce jour, le Liban séparé de la Syrie suivra sa propre évolution. L'indépendance du pays vis-à-vis de la Syrie est proclamée le 1[SUP]er[/SUP] septembre 1920 par le général Gouraud.

    • l'État d'Alep : Proclamé le 1[SUP]er[/SUP] septembre 1920, il repose principalement sur la ville d'Alep et de sa région.

    • l'État de Damas : Proclamé en septembre 1920, il repose principalement sur la ville de Damas et de sa région.
    Un territoire autonome alaouite est créé le 2 septembre 1920 et est directement placé sous autorité française. L'État du Djebel druze est institué le 24 octobre 1922 avec Soueïda comme capitale.

    En juin 1922, un premier regroupement a lieu avec la réunification des États de Damas, d'Alep et de Lattaquié en une Fédération syrienne. Avec la création de ce nouvel État, la France doit choisir la nouvelle capitale. Le choix se portait entre Alep au nord et Damas au sud, mais les Français choisissent finalement Homs. Homs bénéficiait d'une position stratégique, elle offrait un meilleur placement géographique et d'une meilleure situation commerciale. C'était enfin une ville provinciale qui était en dehors des luttes intestines entre familles et clans des deux autres villes.

    En mars 1923, l'État du sandjak d'Alexandrette qui était peuplé d'une minorité de Turcs est créé. Par l'arrêté du 5 décembre 1924, l'État des Alaouites avec les Sandjaks de Lattaquié et de Tartous est créé, avec Lattaquié comme capitale. Le 1[SUP]er[/SUP] janvier 1925, le général Gouraud crée – grâce à l'arrêté 2980 – l'État de Syrie, composé de ceux d'Alep, de Damas et des Alaouites (qui en sera séparé à partir de 1924) avec Damas comme nouvelle capitale, mais c'est néanmoins de Beyrouth que le pouvoir mandataire prend ses décisions.



    Suite/
    Insurrection contre le mandat





     
  5. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    Insurrection contre le mandat

    L'insurrection syrienne contre le nouveau pouvoir français naît pendant l'été 1925 dans l'État des Druzes. C'est là que les premières défaites sont infligées à l'armée française. Les Druzes se plaignaient des méthodes trop brutales des Français.
    Le mandat était d'ailleurs considéré comme trop colonial, trop militaire et trop dépendant des méthodes d'administrations importées d'Afrique du Nord. Cette insurrection menée par Sultan el-Atrach se propagera dans toute la Syrie en quelques mois et deviendra très vite une révolte nationale. Cette révolte voit le ralliement du Parti du peuple, parti politique créé en février 1925 par Abderrahman Chahbandar, Farès al-Khoury et Jamil Mardam Bey.


    Les insurgés lutteront contre le pouvoir français jusqu'au printemps 1927. L'insurrection est défaite principalement à cause de mésententes sur l'objectif à atteindre et sur la façon de l'atteindre entre les différentes familles et communautés du pays.
    Cette révolte eut comme effet principal une réorientation politique du mandat avec la séparation des pouvoirs entre civils et militaires.

    Ce sont les civils (dont le premier était Henry de Jouvenel) qui ont administré le pays à partir de novembre 1925 en menant une politique plus libérale.


    Révolution syrienne

    La révolution syrienne de 1925-1927 ou révolution nationale, en arabe :
    الثورة السورية الكبرى, la Grande Révolte Syrienne, est la plus importante révolte ayant eu lieu sur le territoire de l'actuelle Syrie contre le pouvoir français. Elle a éclaté au Djébel el-Druze pour se propager à Damas, Qalamoun, Hama, au Golan et dans le sud-est du Liban. La révolution a été menée par le chef druze, Sultan al-Atrach.

    Contexte historique
    La révolution syrienne s'inscrit dans la lutte pour l'indépendance contre le mandat français en Syrie et au Liban. La France, à qui la Société des Nations, suite au démantèlement de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, avait attribué le mandat sur la Syrie en 1920, doit faire face à une importante révolte dans ce pays entre 1925 et 1927. L'opposition venait surtout des Druzes, exaspérés par les méthodes des autorités militaires françaises, qui pratiquaient une administration directe, sans discernement ni égard envers les élites et les coutumes locales.

    La révolution
    L'insurrection syrienne contre le mandat français naît pendant l'été 1925 au Djébel el-Druze. Excédés par les pratiques du capitaine Gabriel Carbillet, Gouverneur du Djébel, les Druzes basculent dans la révolte, menée par un jeune chef nationaliste, Sultan al-Atrach. La révolution nationale est proclamée en octobre 1925. Les militaires français voient dans cette proclamation l'échec de leur politique de "pacification" du pays. Les rebelles se concentrent pour la plupart dans les environs de Damas, et préparent le soulèvement de la capitale à partir de l'oasis de Ghouta.

    Le 18 octobre, une grande rébellion a lieu à Damas et dans ses environs. L'attaque d'une patrouille française par les rebelles déclenche un cycle de représailles. Plusieurs villages, accusés de complicité avec les rebelles sont incendiés, et une opération de police ramène à Damas le 14 octobre une centaine de prisonniers et plusieurs dizaines de cadavres de rebelles. Les corps sont exposés sur la place al Merjeh.

    L'attaque du Palais Azem, siège de l'administration française en Syrie, le 18 octobre, provoque un nouveau soulèvement. Damas est considérée comme "territoire rebelle". La loi martiale est instituée, et le général Gamelin décide d'utiliser l'artillerie pour écraser la résistance. La ville est bombardée pendant trois jours, et un incendie embrase le 20 octobre une zone de 45 000 mètres carrés.

    À la suite de ce bombardement, le corps consulaire adresse un télégramme de protestation à la Chambre des députés. Dans leur action, les Syriens trouvent un certain soutien en Chine, en Égypte, en Inde, en Russie et aux États-Unis.
    A Genève, les représentants du Mouvement national syrien entament un recours contre les agissements de la France en Syrie auprès de la Société des Nations.
    En France, le député communiste Jacques Doriot demande l'abandon du Mandat, l'indépendance de la Syrie et du Liban, ainsi que le retrait des forces françaises. Doriot n'est pas suivi par les parlementaires, mais le Mandat perd en crédibilité, surtout sur la scène internationale.
    L'opinion publique française devient elle aussi hostile au mandat, mais pour d'autres raisons. Après les revers militaires infligés à l'armée française par les rebelles, les Français suivent de moins en moins le gouvernement dans sa politique. Ce sentiment augmente après la défaite de Mazraa au Djébel el-Druze (août 1925), où 3000 soldats français ont été mis en déroute, permettant aux insurgés de s'emparer de nombreuses armes.


    Les Français en difficulté
    Du milieu du mois d'octobre 1925 au mois de mai 1926, les Français se trouvent en difficulté. Le Djébel a été pendant près de sept mois libre de toute occupation française. La répression menée par l'armée française permet aux insurgés de grossir leurs rangs. Ils isolent Damas en attaquant les voies de communication, le chemin de fer qui relie Damas au Hedjaz, ainsi que la route menant vers Beyrouth, les ponts et les lignes télégraphiques. Les Français sont harcelés dans la ville même par les rebelles. De plus, l'insurrection s'étend au Liban où une garnison française est attaquée. D'abord encerclés dans la citadelle de Rachaïya, les Français prennent le dessus sur leurs assaillants après l'intervention de deux colonnes venues en secours et le bombardement de la ville du 18 au 20 octobre. D'autres bombardements de Damas auront lieu en mai 1926.

    En février 1926, une centaine de notables, favorables à l'administration française, se réunissent et envoient une délégation auprès des chefs insurgés pour leur demander de s'éloigner de Damas.

    Défense de Damas
    Devant l'insurrection, l'état de siège est imposé le 22 novembre 1925. Le colonel Andréa prépare un plan de défense de Damas qui a pour but d'isoler la capitale de la guérilla. Le plan d'Andréa est d'entourer la ville d'une barrière de fer, dont les abords seront défendus par des batteries de mitrailleuses. Le projet est nommé "embellissement" et il est présenté le 10 décembre 1925 aux conseillers municipaux.

    La construction de cette barrière nécessite le travail de 1500 ouvriers. Les travaux sont achevés au début du mois de février 1926. La ville est entourée d'un boulevard de douze kilomètres constitué d'un réseau de fils de fer barbelés. Des soldats sont installés aux postes de sécurité, filtrant les entrées et les sorties de la ville. Damas sécurisée, le colonel Andréa parvient à prendre l'oasis de Ghouta qui servait de base avancée à l'insurrection. Mais il ne parvient pas pour autant à liquider la guérilla qui s'est repliée dans la montagne. La guérilla druze atteint son apogée au printemps 1926.

    Fin de la guérilla
    A Damas, un nouveau gouvernement est formé par Ahmed Nami Bey. Ce gouvernement est constitué de trois ministres nationalistes, Farès al-Khoury, Lufti al-Khaffar et Husni Barazé. Les ministres nationalistes s'opposent à la politique menée par les autorités françaises, ils protestent publiquement contre la proclamation par les militaires de la Ghouta comme zone militaire. Le 11 juin, ils refusent de signer avec le reste du gouvernement une motion contre la rébellion, ce qui leur vaut d'être arrêtés et déportés à Djézireh.
    L'insurrection s'essouffle principalement à cause des conflits opposant les différentes communautés syriennes. La révolte a entrainé une réorientation politique du mandat avec la séparation des pouvoirs entre civils et militaires.


    Période de libéralisation


    Modernisation du pays

    L'arrivée des civils au Haut-commissariat a accéléré le processus de modernisation du pays. Damas et d'autres grandes villes syriennes sont modernisées, d'abord sur le plan de l'aménagement urbain des frères René Danger (1872-1954) et Raymond Danger (1883-1958) et de l'architecte Michel Écochard, qui établit des plans pour la modernisation et l'urbanisation de Damas. Ils organisent des chantiers, des restaurations ainsi que des conservations de monuments historiques. En plus d'avoir construit des musées archéologiques, il travaille sur l'électrification et l'alimentation en eau des villes.
    Damas voit l'apparition de tramways et de calèches, et la recherche générale d'une plus grande hygiène. Un réseau de routes a été construit et des liaisons vers l'extérieur se sont développées. Des aides ont été accordées à l'agriculture ainsi qu'à l'industrie. L'éducation a été étendue à des milieux variés socialement, ainsi le nombre d'écoles a été multiplié par quatre en vingt ans.

    Le mandat a également consolidé et modernisé le jeune État syrien, consolidation qui s'est accompagnée d'une réforme de la justice et de sa pratique dans le pays. L'armée a également été modernisée, par la création de la base d'une armée nationale.

    Une modernisation culturelle gagne aussi la région, la France qui représentait à l'époque un modèle de savoir-vivre est prise comme exemple par les peuples du Levant. Le mandat voit la création de grands hôtels, de restaurants, de cafés, de cinémas, de théâtres et de cabarets. Les femmes s'émancipent, elles accèdent au monde universitaire et à certains aspects de la vie politique et professionnelle. La tenue des Syriens évoluent, surtout dans les villes, suivant la mode occidentale. Si les hommes gardent toujours leur tarbouch sur la tête, les femmes adoptent la mode parisienne.

    La création de partis politiques et de cercles littéraires est en augmentation ainsi que les activités sportives. La création de journaux augmente également, passant de 50 pendant l'administration arabe à 180 pendant l'administration française.

    Fin 1932, on peut lire ce commentaire du reporter Pierre La Mazière dans l'hebdomadaire "Le Miroir du Monde" :

    «Lorsque fut institué le mandat, l’ensemble des voies ferrées représentait une longueur de 707 kilomètres – elle est aujourd’hui de 1 663 kilomètres ; un seul port était équipé : Beyrouth. Aujourd’hui Tripoli, Lattaquieh, Alexandrette sont pourvus d’aménagements et d’un outillage qui leur permettent d’accueillir des bâtiments venant de l’Europe. Le port de Halifa qui pourra recevoir des navires de fort tonnage sera achevé avant le mois de juillet prochain.

    La longueur du réseau routier d’intérêt général ne dépassait pas 650 kilomètres, dont 470 à peine étaient en état de viabilité. Elle est aujourd’hui de 1 868 kilomètres. Encore sied-il d’ajouter à ce chiffre 1 500 kilomètres de pistes destinés à assurer les communications à travers le désert.
    Evaluées à 700 000 hectares cultivables en 1920, les surfaces cultivables dépassent les 1 600 000 hectares. C’est donc 900 000 hectares qui furent mis en valeur : région d’Alep, d’Antioche, plaine de l’Amour, oasis de la Goutha près de Damas. La récolte de blé et d’orge a doublé en dix ans ; celle du coton, du tabac, des fruits, de l’olive a subi une progression sensiblement égale.
    Le cheptel race ovine et race caprine s’est considérablement accrû. On a pourvu à l’exploitation des gisements d’asphalte de la région de Lattaquieh et créé une importante fabrique de ciment utilisant les riches gisements calcaires de la région de Chekka. Pour demeurer sur le plan industriel, la puissance globale des entreprises d’énergie électrique qui était, en 1920, de 3 264 chevaux, est passée à 16 940 chevaux. De nouvelles usines fourniront un supplément de 22 000 chevaux.
    Enfin, les études pour l’établissement d’un pipe-line à travers la Syrie, pour le transport des pétroles de Mossoul, sont maintenant achevés et les travaux préliminaires sont en voie de réalisation. On a commencé à poser la tuyauterie le mois dernier, conformément au programme tracé qui prévoit l’achèvement des travaux fin juillet 1934.
    Si l’on examine maintenant ce que fait la puissance mandataire pour développer l’enseignement, que voit-on ? 2 191 établissements officiels ou privés instruisant 180 000 élèves. Six lycées (Damas, Alep, Homs, Hamab, Antioche, Deir ez Zor) donnent l’enseignement secondaire. A Damas, centre principal de la culture musulmane, une université comprend, outre la faculté de médecine laissée par le régime ottoman, une faculté de droit, une école supérieure de lettres et une académie arabe qui a pour mission de fixer la langue arabe littéraire." (Source: Le Miroir du Monde - n°146 - 17 décembre 1932 collection Pierre Arrivetz)

    Vers la fin du mandat

    Le 24 avril 1928, des élections à deux degrés sont convoquées pour former une assemblée constituante. Ces élections excluent les territoires druze et alaouite. Dans les campagnes, les résultats sont favorables aux modérés, dans les villes aux nationalistes. L'assemblée, constituée de 68 députés passent sous le contrôle des nationalistes alors que ceux-ci étaient minoritaires au sein du parlement. L'assemblée qui se situe dans la continuité du Congrès syrien de 1919 élabore un projet de constitution faisant de la Syrie une république parlementaire englobant «tous les territoires syriens détachés de l'Empire ottoman, sans égards aux divisions intervenues après la fin de la guerre mondiale.»

    Devant les activités des parlementaires, le Haut-commissaire décide de dissoudre l'assemblée et promulgue unilatéralement une constitution. Et les élections suivantes portent Mohammed Ali Bay al-Abid au pouvoir.

    Dans le pays, l'autorité réelle du territoire ne dépassait pas celle de la Syrie centrale, Damas, Homs, Hama, Alep et leurs campagnes avoisinantes. Les autres régions du pays sont dominées par des chefs nationalistes comme les Atassi, les Mardam Bey, les Ubeid, les Jabiri et les Barakat. Ceux-ci appelaient à des grèves générales, des manifestations, et à partir des mosquées appellent à la révolte contre l'occupant.

    Les militaires français voient d'un mauvais œil la politique menée par les civils qui n'arrivent pas à gouverner le pays dans son ensemble. C'est pour cela que les militaires se concentraient dans les montagnes alaouites et druzes, ainsi que dans les steppes (Chamiyé et Djéziré). Le but officiel de cette présence était d'une part de protéger les minorités du pays, et d'autre part la garantie et la défense des frontières orientales. Devant un centre jugé trop remuant, les militaires maintiennent une présence stratégique dans la montagne libanaise à l'ouest, la montagne alaouite au nord, la montagne druze au sud et la zone de steppe à l'est.

    Par ailleurs, les militaires encouragent l'émergence de mouvements régionalistes, voir séparatistes pour certains comme au Djézireh entre 1936 et 1939.
    Cette politique provoque l’hostilité des Syriens contre le pouvoir centralisé de Damas. À Soueïda, Lattaquié ou Hassatché, le drapeau français était agité par les Syriens, les souks été fermés en signe de protestation au pouvoir central et les séquestrations ou expulsions des envoyés du gouvernement se multipliaient à la fin des années 1930.

    En France, l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936 rend possible l'envoi à Paris d'une délégation nationaliste. Les négociations entre le gouvernement français et les nationalistes se concluent le 22 décembre sur un traité d'indépendance (accord Viénot) de la Syrie dans un délai de cinq ans en échange de divers avantages politiques, économiques et militaires.

    Le traité a été ratifié par le parlement syrien à l'unanimité, mais ne passera pas devant le parlement français, le gouvernement prévoyait déjà un rejet du Sénat. Le traité est définitivement enterré en 1938 devant l'imminence d'une guerre contre l'Allemagne.
    En 1939, pour s'assurer de la neutralité de la Turquie dans cette guerre, les Français cèdent le Sandjak d'Alexandrette au gouvernement kémaliste.

    Le 8 juin 1941, le général Catroux, chef des Forces françaises libres (FFL) en Orient proclament solennellement l'indépendance de la Syrie et du Liban, ainsi que la fin du mandat au Levant. Mais le pays reste encore dans les faits, sous domination française.
    La Seconde Guerre mondiale a été catastrophique pour l'autorité de la France, non seulement par sa défaite contre l'Allemagne mais aussi par les combats qui opposaient les vichystes et gaullistes en Syrie même. Cette perte d'autorité est significative dans les bastions régionaux, pourtant réputés pro-français.

    En juin 1941, les Britanniques et les Français libres entrent en Syrie et au Liban et, après une violente campagne militaire, concluent un armistice avec les troupes françaises. Cet armistice a été conclu entre le général Henri Dentz, délégué de Vichy au Levant et les autorités anglaises, en présence du général Catroux. Avec l'aide britannique, les deux territoires passent sous le contrôle des Forces françaises libres (FFL) et le Haut-commissariat devient par la même occasion la délégation générale de la France libre au Proche-Orient[SUP]1[/SUP]. La même année, de Gaulle déclare : «La France a le devoir et la possibilité d'établir ces États dans leur indépendance.»

    En 1945, l'affrontement entre Français et Syriens est proche. Le Baath a créé des équipes de "Jihad nationale" dont le rôle est de mobiliser les bases populaires contre l'autorité française. Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l'ordre du général Fernand Olive, dit Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d'affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien, et le quartier environnant qui est maintenant surnommé Hariqa, l'Incendie.

    La Grande-Bretagne demande l'arrêt des combats et intervient le 1[SUP]er[/SUP] juin pour faire cesser la répression. Durant le mois de juillet, le commandement de l'armée passe aux mains des Syriens, et neuf mois plus tard, le 17 avril 1946, le dernier soldat étranger quitte la Syrie.

    Les archives du Haut-commissariat (cabinet politique, secrétaire général, bureau diplomatique, services de renseignements et de la presse, archives de souveraineté) ont toutes été rapatriées vers Paris. Mais les dossiers des délégations et des différents services administratifs (comme la justice, l'agriculture, les postes et télégraphes) ont été laissés sur place.




    A SUIVRE/
    [h=3]La République indépendante[/h]
    République syrienne (1930-1963).
     
  6. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    La République indépendante


    A l'indépendance, en 1943, Shukri al-Kuwatli est élu comme premier président de la république. Il obtient le retrait définitif des troupes françaises en avril 1946. Sous sa direction, le pays prend part à la première guerre contre l'établissement de l'État d'Israël en 1948.

    La défaite subie engendre l'instabilité politique. Shukri al-Kuwatli est renversé par un coup d'État militaire de Husni al-Zaim, en mars 1949. Ce coup d'État est suivi par d'autres, alimentés par l'opposition entre une faction pro-irakienne de l'armée et une autre faction pro-égyptienne.

    En 1955, après le retour de la démocratie, Shukri al-Kuwatli est de nouveau élu président, un poste à l'époque largement honorifique. Sous l'influence des pro-égyptiens, il signe en février 1958 l'union avec l'Égypte de Nasser, qui dure de 1958 à 1961 (R.A.U.: République arabe unie).

    Cette tentative de communauté des États arabes échoue, et les conservateurs reprennent le pouvoir jusqu'au coup d'État de 1963, à partir duquel le Parti Baas syrien s'est assuré le gouvernement du pays, en s'adaptant aux évolutions politiques.


    La Syrie baasiste
    Ainsi un premier gouvernement «modéré» est renversé en 1966 par une faction du parti Baas pro-soviétique et extrémiste, qui entraîne le pays dans une guerre désastreuse contre Israël en 1967, la Guerre des Six Jours. La défaite laisse le champ libre au général Hafez el-Assad, qui prend le pouvoir en novembre 1970 et chasse les extrémistes. Il accède à la présidence de la République en mars 1971.

    La libéralisation progressive de l’économie est engagée, tandis que le nouveau régime, consacré par la Constitution de 1973, tente de rompre l’isolement diplomatique du pays. Mais en 1973, une nouvelle guerre contre Israël - la Guerre du Kippour - et la conquête et le contrôle du massif du Golan par les Israéliens plonge la Syrie dans de nouvelles difficultés politiques et financières, aggravées par l'intervention dans la guerre civile libanaise à partir de 1975.

    En 1974, des tensions apparaissent entre la Syrie et l'Irak, suite à la construction du barrage de Tabqa sur l'Euphrate et aux reproches faits à la Syrie sur sa stratégie militaire dans la Guerre du Kippour. Très vite, le conflit dégénère, et des troupes sont massées près des frontières. Une médiation soviétique et saoudienne empêche la guerre en 1975. Les relations entre la Syrie et l'Irak restent toutefois exécrables.

    Dans les années 1980, le gouvernement syrien signe un traité d'amitié avec l'URSS, soutient l'Iran lors de son conflit contre l'Irak, et subit une forte opposition des mouvements de musulmans intégristes. Du fait du positionnement pro-soviétique du président Hafez el-Assad et de ses problèmes de santé, les États-Unis et la France croient, à cette époque, en une alternative possible avec le frère cadet d'Hafez, Rifaat al-Assad, lui-même vice-président de la République et patron des « Brigades de Défense », jugé pro-occidental. Il est depuis tombé en disgrâce et vit souvent en France.

    En 1985, la Syrie obtient le retrait israélien de la plus grande partie du Liban. En février 1987, elle dépêche 7000 hommes en renfort dans le secteur musulman de Beyrouth pour rétablir l’ordre, et opère la réunification de la capitale libanaise. Les accords de Taef, en 1989, consacrent la tutelle exercée de fait par la Syrie au Liban. En mai 1991, le gouvernement syrien et le gouvernement libanais signent un traité d’amitié et de coopération précisant que leurs deux pays appartiennent à une «même nation». La présence militaire syrienne se poursuit au Liban.

    Sur le plan interne, la Syrie doit faire face aux conséquences de sa politique régionale et internationale. En 1980-1982, le pays est la place de multiples affrontements entre les Frères musulmans qui veulent instaurer un régime politique islamique et les forces du régime de Hafez el-Assad. En 1982, ce dernier a pu écraser l'insurrection des Frères musulmans dans la ville de Hama. On déplore alors des milliers des victimes, notamment civiles. Par la suite le régime devient stable, mais au détriment du développement économique et social. En effet, le général Assad gère le pays avec des membres de sa famille et des proches de l'armée et du parti Baas, et la corruption est monnaie courante.
    L'alliance déclarée du régime syrien avec le camp occidental contre Saddam Hussein lui vaut une sortie "honorable" de l'isolement sur la scène internationale. Grâce à cette alliance, Hafez el-Assad peut garantir la mainmise sur le Liban (neutralisation de la révolte de Michel Aoun en 1991), la consolidation de son régime, et même l'assurance de sa propre succession par son fils aîné Bassel el-Assad. Ironie du sort, celui-ci trouve la mort en 1994 lors d'un accident de voiture sur la route de l'aéroport de Damas. Il faut alors que le vieux général prépare son deuxième fils Bachar, alors ophtalmologiste en formation à Londres, pour l'accession au pouvoir.

    En juillet 2000, après le décès de son père, Bachar el-Assad accède à la présidence comme prévu. Les observateurs remarquent alors qu'un vent de liberté politique commence à souffler sur le pays. Espoir vain. La vieille garde, représentée notamment par l'appareil sécuritaire du clan alaouite (d'obédience chiite) et quelques politiciens, comme le vice-président Abdel Halim Khaddam et le ministre des affaires étrangères Farouk el-Shr'e, exercent des pressions considérables sur le jeune président pour mettre fin à cette liberté. Le printemps de Damas, dit-on, n'a duré que 8 mois. Les opposants pacifiques sont mis en prison. Et l'espoir du peuple de retrouver sa liberté est anéanti.

    Après les attentats du 11 septembre 2001, la politique américaine change d'orientation, en commençant par la guerre contre le régime des Talibans en Afghanistan. Mais l'occupation américaine de l'Irak constitue la menace la plus grave pour la Syrie. Celle-ci doit faire face aux accusations américaines concernant son aide aux insurgés irakiens. Mais rien ne change la vision de la Maison Blanche. La Syrie est maintenant dans le collimateur des États-Unis. Avec le début de la guerre en Irak, le pays doit faire face à une vague d´immigration venue d´Irak.

    Le 14 février 2005, le premier ministre libanais Rafik Hariri est assassiné lors d'un attentat. La Syrie est désignée comme l'instigateur de cet assassinat. Une fois plus, le régime de Bachar el-Assad doit faire face aux pressions internationales : arrêt des relations avec les États-Unis, refroidissement important avec la France, ralentissement des rapports avec l'Arabie saoudite et le reste des pays arabes. Les forces syriennes doivent quitter le Liban un mois après cet attentat. Une commission d'enquête de l'ONU est formée sous la présidence du juge allemand Mehlis. Le rapport de ce dernier ne peut, selon les observateurs, présenter des preuves indiscutables montrant l'implication de la Syrie : deux témoins présentés par la justice libanaise s'avèrent non crédibles.
    L'année 2005 est l'année la plus difficile pour le régime syrien qui doit désormais rendre compte à la communauté internationale de sa politique libanaise. Enfin, en décembre 2005, le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam déclare à la presse ses convictions de l'implication du régime de Damas dans l'assassinat de Rafik Hariri, un régime dont Khaddam a été l'un des piliers durant 40 ans.


    La République syrienne

    La République syrienne est le nom du régime politique qui gouverna la Syrie de 1930 à 1958, puis de 1961 à 1963. Au départ, c'est un mandat français englobant les mandats français en Syrie (sauf le Grand Liban). En 1946, date de l'indépendance, le pays devint une république.


    Histoire
    De la formation de la République syrienne à l'Indépendance
    En France, l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936 rend possible l'envoi à Paris d'une délégation nationaliste. Les négociations entre le gouvernement français et les nationalistes se concluent le 22 décembre sur un traité d'indépendance (accord Viénot) de la Syrie dans un délai de cinq ans en échange de divers avantages politiques, économiques et militaires.

    Le traité a été ratifié par le parlement syrien à l'unanimité, mais ne passera pas devant le parlement français, le gouvernement prévoyait déjà un rejet du Sénat. Le traité est définitivement enterré en 1938 devant l'imminence d'une guerre contre l'Allemagne.

    En 1939, pour s'assurer de la neutralité de la Turquie dans cette guerre, les Français cèdent le Sandjak d'Alexandrette au gouvernement kémaliste.

    Le 8 juin 1941, le général Catroux, chef des Forces françaises libres (FFL) en Orient proclame solennellement l'indépendance de la Syrie et du Liban, ainsi que la fin du mandat au Levant. Mais le pays reste encore dans les faits, sous domination française.

    La Seconde Guerre mondiale a été catastrophique pour l'autorité de la France, non seulement par sa défaite contre l'Allemagne mais aussi par les combats qui opposaient les vichystes et gaullistes en Syrie même. Cette perte d'autorité est significative dans les bastions régionaux, pourtant réputés pro-français.

    En juin 1941, les Britanniques et les Français libres entrent en Syrie et au Liban et, après une violente campagne militaire, concluent un armistice avec les troupes françaises. Cet armistice a été conclu entre le général Henri Dentz, délégué de Vichy au Levant et les autorités anglaises, en présence du général Catroux. Avec l'aide britannique, les deux territoires passent sous le contrôle des Forces françaises libres (FFL) et le Haut-commissariat devient par la même occasion la délégation générale de la France libre au Proche-Orient. La même année, de Gaulle déclare : «La France a le devoir et la possibilité d'établir ces États dans leur indépendance.»

    En 1945, l'affrontement entre Français et Syriens est proche. Le Baath a créé des équipes de "Jihad national" dont le rôle est de mobiliser les bases populaires contre l'autorité française. Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l'ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d'affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien.

    La Grande-Bretagne demande l'arrêt des combats et intervient le 1[SUP]er[/SUP] juin pour faire cesser la répression. Durant le mois de juillet, le commandement de l'armée passe aux mains des Syriens, et neuf mois plus tard, le 17 avril 1946, le dernier soldat étranger quitte la Syrie.

    Les archives du Haut-commissariat (cabinet politique, secrétaire général, bureau diplomatique, services de renseignements et de la presse, archives de souveraineté) ont toutes été rapatriées vers Paris. Mais les dossiers des délégations et des différents services administratifs (comme la justice, l'agriculture, les postes et télégraphes) ont été laissés sur place.

    Les débuts de la République syrienne indépendante
    Le 30 mars 1949, Husni al-Zaim accomplit un coup d'État et destitue Shukri al-Kuwatli, alors président de la république.
    Le 14 août 1949, Sami al-Hinnawi renverse Husni al-Zaim et le fait exécuter.
    Le 15 août 1949, Hachem al-Atassi est nommé chef de l'État. En décembre 1949, Adib Chichakli renverse Sami al-Hinnawi.
    Le 3 décembre 1951, Hachem al-Atassi démissionne de son poste et fut remplacé par Fawzi Selu.
    Le 11 juillet 1953, Fawzi Selu est démis de ses fonctions par Adib Chichakli qui devint président.
    Le 25 février 1954, Adib Chichakli est victime d'un coup d'État qui rétablit Hachem al-Atassi.
    En septembre 1955, ce dernier démissionne pour raisons de santé et des élections libres sont organisées. Shukri al-Kuwatli est alors élu président.


    Coups d'État

    Premier coup d'État

    Après la guerre israélo-arabe de 1948, le colonel Husni al-Zaim procède à un coup d'État en mars 1949, mettant fin au système parlementaire syrien. Zaim emprisonne brièvement Shukri al-Kuwatli avant que ce dernier part en Égypte. Certains avancent comme une des causes de ce coup d'État la volonté de Zaim d'empêcher une enquête sur un détournement de fonds dans l'armée syrienne suspecté par al-Kuwatli qui constate la mauvaise qualité de la nourriture lors d'une visite à un poste de l'armée.
    Pour son coup d'État, Zaim aurait reçu une aide discrète de l'ambassade américaine[SUP][réf. nécessaire][/SUP]. On pense aussi qu'il a été aidé par le Parti social nationaliste syrien, même si lui même n'était pas membre du parti.
    Le coup d'État d'al-Zaim est le premier coup d'État qu’aient connu la Syrie et le monde arabe.
    Zaim n'a pas utilisé de méthode violente pour s'imposer dans le pays, il n'avait pas recours aux exécutions des opposants politiques et il y avait peu d'arrestations d'opposants, mais, malgré cela, il s'est rapidement fait beaucoup d'ennemis. Sa proposition de donner le droit de vote aux femmes et de les faire dévoiler a soulevé une vive opposition parmi le clergé. Sa décision d'augmenter les taxes a déçu beaucoup d'hommes d'affaires, et sa volonté de signer un traité de paix avec Israël et de participer à la construction d'un pipeline avec une compagnie américaine a irrité beaucoup de nationalistes arabes.
    Après la fuite du dirigeant et fondateur du PSNS, Antoun Saadé du Liban, Zaim lui offre l'asile en le promettant de le protéger. Mais Zaim trahit sa promesse et livre Antoun Saadé aux autorités libanaises, et après un bref jugement, il est exécuté le 8 juillet 1949, jour désormais considéré comme jour de deuil parmi ses partisans.

    Second coup d'État
    Après sa trahison, Zaim est lui même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonel Sami al-Hinnawi, membre du PSNS, arrête le colonel Zaim et le fait exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnawi lui indiquant que la mort de son mari a été vengée. Sami al-Hinnawi l'a fait à la suite de l'exécution du président-fondateur du Parti social nationaliste syrien Antoun Saadé que Zaim devait protéger. C'est avec l'aide de membres du PSNS et d'Adib Chichakli qu'al-Hinnawi procède au coup d'État. En tant que président il fait assassiner les membres du gouvernement qui sont responsables de la mort de Saadé, il fait exécuter Zaim et son premier ministre Muhsen al-Barazi dans une prison de Damas.

    Troisième coup d'État
    Un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli en décembre 1949 renversera Al-Hinnawi. Il s'auto-proclame Président de la République en 1951, et dissout le Parlement la même année. Les États-Unis et le Royaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer au Pacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avec Israël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable.

    Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse des réfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions de dollars pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de Djézireh - 500 000 Palestiniens.

    Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore le parti Baas de Michel Aflaq - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, purement et simplement, la vente du droit au retour des Palestiniens. Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis.

    Quatrième coup d'État
    Le 25 février 1954, Adib Chichakli fut renversé par une junte militaire et il remplacé par le président de l'assemblée constitutionnelle Maamoun al-Kouzbari. Finalement, Hachem al-Atassi redevint président de la république. Le 6 septembre 1955, Hachem al-Atassi démissionne pour raisons de santé. Des élections libres sont organisées et Shukri al-Kuwatli est élu président de la République.

    L'expérience de la République arabe unie

    Pensée à l'origine comme l'ébauche d'une grande fédération englobant l'ensemble du monde arabe, la République est créée le 1[SUP]er[/SUP] février 1958, après les pressions effectuées par les militaires syriens inquiets de la menace communiste dans leur pays, et qui se tournent vers Nasser.

    Face à l'axe hachémite de la Jordanie et de l'Irak qui étaient pro-américains, les Syriens se prononcent pour l'unité entre l'Égypte et leur pays. En 1955 un premier traité d'alliance militaire est signé entre les deux pays. Michel Aflak, fondateur du parti Baas estime que cette fusion doit se faire car les tensions intérieures dues à la guerre froide sont de plus en plus fortes. Même s'il n'est pas convaincu de la capacité de Nasser à unifier le monde arabe, il fait abstraction de ses sentiments et rencontre, lors d'un déjeuner au Caire, Nasser qui pose les conditions de l'union.

    Nasser accepte le principe de l'unité mais exige un État fortement centralisé, une armée syrienne dépolitisée et que la Syrie passe sous un régime de parti unique à l'image de l'Égypte. Malgré la réticence du président de la République, Shukri al-Kuwatli et de son premier ministre Sabri Assali, les deux hommes acceptent l'union.

    De la rupture de la République arabe unie au coup d'État du parti Baas

    Le 28 septembre 1961, un groupe d'officiers syriens accomplit un coup d'état dans le but de restaurer la République syrienne. Izzat an-Nuss assura l'intérim entre le 20 novembre 1961 et le 12 décembre 1961. Le 12 décembre 1961, Nazem Koudsi fut élu président de la République.

    A SUIVRE / La révolte de 2011 contre Bachar el-Assad

     
  7. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    La révolte de 2011 contre Bachar el-Assad



    Les circonstances internationales d’avant la révolte de 2011


    Jusqu’au mois de décembre 2010, la situation du régime syrien sur la scène internationale était plutôt favorable.

    1- D’abord, malgré la crise libanaise qui est survenue après l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri et a causé un certain isolement de la Syrie sur la scène internationale, le régime a su maintenir des rapports plus qu’étroits avec le voisin turc.
    Recep Tayyip Erdoğan a joué un certain rôle de protecteur du régime face aux occidentaux et aux régimes arabes «modérés» (développement du commerce entre la Syrie et la Turquie, suppression des visas et, notamment cession implicite ― mais définitive pour les Turcs de la région d’Alexandrette).

    2- Ensuite, dès le début de l’année 2008 Bachar el-Assad a pu retrouver une place dans la communauté internationale. Le président français Nicolas Sarkozy lui a préparé une certaine réinsertion dans le concert des nations. Les États-Unis l’ont trouvé à nouveau fréquentable, même si un ambassadeur, Robert Ford, a été envoyé tardivement à Damas, peu après la Révolution tunisienne.

    Le prix de ce réchauffement vient de la conviction des occidentaux (même si elle s’est avérée fausse par la suite) selon laquelle le régime syrien pourrait encore jouer un rôle comme médiateur fiable vis-à-vis de l’Iran. L’objectif était donc d’assouplir les ambitions des mollahs iraniens. C’est la raison pour laquelle Bachar el-Assad n’était pas particulièrement visé par les accusations du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), constitué à la suite de l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri.

    Même l’Arabie saoudite avait voulu à un moment donné enterrer ledit tribunal, retendant la main à Bachar el-Assad.

    Bachar el-Assad a donc été jusqu’en décembre 2010 la personnalité politique incontournable. En somme il est devenu politiquement le véritable héritier de son père Hafez el-Assad.

    Sur le plan interne


    Sur plan arabe et interne, Bachar el-Assad a été vu comme le président du seul pays arabe qui n’a pas cédé face aux exigences de la politique américaine. Il est considéré ainsi comme le soutien de la résistance palestinienne et libanaise face à Israël. Cependant, personne en Syrie n’a la mémoire courte ou les yeux fermés à propos d’autres réalités.

    1- Le pays est toujours soumis au parti unique (même s’il est désigné selon l’article 8 de la Constitution syrienne comme le parti commandant de l’État et de la société).
    À ce titre, Bachar el-Assad se réserve le privilège – comme son père – d’être le seul candidat à sa propre succession à la présidence de la République syrienne. Cette situation n’existe que dans très peu de pays dans le monde : la Corée du Nord, Cuba et la Libye.


    2- Personne n’oublie non plus qu’aucune des promesses prononcées lors de son investiture en l’année 2000 n’a été tenue. Les libertés publiques sont muselées. Les droits à la manifestation, à la grève ou même à la libre expression n’existent pas. Il convient de souligner que les prisons syriennes détiennent le plus grand nombre de prisonniers politiques dans le monde (environ 12 000 prisonniers, y compris les membres des Frères musulmans.)


    3- De plus, Bachar el-Assad, par sa rapide succession à son père décédé le 10 juin 2000, a consolidé le système d’une gouvernance familiale qui avait confisqué toutes les ressources économiques du pays. À titre d’exemple, son cousin maternel, Rami Makhlouf, empoche à lui seul 60 % des résultats des activités économiques du pays chaque année.

    4- Les résultats d’une économie syrienne libéralisée et ayant enregistré un taux de croissance annuelle entre 5 et 6 %, n’ont été qu’au bénéfice de 0,05 % de la population, dont la propre famille du président.


    Les causes directes


    En décembre 2010, Mohamed Bouazizi s’est donné la mort de façon héroïque, provoquant ainsi une onde de choc dans tous les pays arabes.
    Ainsi, le régime du président Ben Ali est tombé en Tunisie trois semaines après la révolte tunisienne.

    De même Hosni Moubarak a été forcé de quitter le pouvoir en Égypte après à peine quelques semaines de manifestations (des millions de personnes sont descendues dans les rues).

    Mouammar Kadhafi a longtemps résisté face à l’insurrection des Libyens soutenus par la communauté internationale (Résolution 1973 du conseil de sécurité).

    Ali Abdallah Saleh s’est éclipsé devant le feu de la révolte yéménite, qui a fini par s’armer.


    Bachar el-Assad a cru, à tort, que son pays serait épargné de ces vents de liberté qui soufflaient depuis la Tunisie. Cependant, il a entamé à la hâte quelques petites réformes, sans grands effets, afin de calmer la colère qui commençait à naître. En vain.

    Parallèlement, tout événement à l’intérieur de chaque société, y compris celle de la Syrie, est désormais transmis très rapidement grâce à internet.


    La révolte


    À la suite de l’appel de quelque trente mille personnes, la révolte a commencé le 17 février 2011, par une petite manifestation à Damas, dans Souk Al Harika. Ce jour, les manifestants ont crié pour la première fois "Al chaâb alsouri ma binzal" ("Vous ne pouvez pas écraser la dignité du peuple syrien").
    Ensuite les événements ont vite pris de l’ampleur.


    ........
    La suite demain incha2 Allah :)

     
  8. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113

    Selon Wikipédia :

    "Ces informations peuvent manquer de recul
    et changer à mesure que l'événement progresse.
    Le titre lui-même peut être provisoire.
    Dernière modification de cette page le 20 février 2013 à 21:55"

    ______________________________________________________________________________



    Guerre civile syrienne

    La révolte de 2011 contre Bachar el-Assad


    La guerre civile syrienne est un conflit armé issu d'un large mouvement de contestations contre le régime baasiste qui débute par des manifestations anti-régime et pro-régimepacifiques le 15 mars 2011, c'est-à-dire trois mois après le début du climat révolutionnaire appelé Printemps arabe. Le mouvement, qui est réprimé par les forces syriennes, se prolonge encore en 2012 et se transforme peu à peu en conflit opposant deux camps armés au milieu des populations civiles, faisant près de 25 000 (17 281 civils, 1 051 déserteurs (rebelles) et 6 163 soldats (régime syrien) morts fin août 2012 selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestées.

    Face à l'armée régulière et ses supplétifs (moukhabarat notamment), se constitue et se structure progressivement en 2011 une «armée syrienne libre» (ASL), sur la base d'un noyau de déserteurs et de citoyens.
    Tandis que le gouvernement syrien est soutenu par la Russie et la Chine (par intérêt ou principe de non-ingérence), notamment à l'ONU, la rébellion est soutenue par les pays occidentaux, et l'ASL peu à peu soutenue et armée par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, et dispose de l'aide d'agents de la CIA opérant à partir de la Turquie. L'ASL est également progressivement renforcée (ou noyautée) par des jihadistes proches de la mouvance Al Qaïda, ce qui participe de la défiance de certains États face à cette armée informelle et disparate, et au caractère potentiellement confessionnel de ce conflit.

    Contexte

    Parti Baas syrien

    Le Parti Baas comptait prendre le pouvoir par des moyens légaux. Le premier succès est venu de la Syrie, où le parti est devenu une force importante, mais est dissous suite à la formation de la République arabe unie (1958) en appui au nouveau gouvernement de nasséristes. Après la rupture de la République arabe unie en 1961, le parti et son idéologie passent sous le contrôle d'un groupe de militaires qui préparent le renversement du gouvernement, qu'ils comptent justifier par l'idéologie baassiste.

    La junte militaire prend le pouvoir en 1963, et porte le Parti Baas au pouvoir en Syrie. Le nouveau gouvernement réalise rapidement et à grande échelle les nationalisations. En 1963, le Baas est le seul parti politique légal en Syrie, mais les factions et l'éclatement du parti mènent à une succession de gouvernements et des nouvelles constitutions. En 1966 une junte militaire menée par Salah Jedid, représentant les éléments pro-soviétiques du parti, l'emporte sur l'aile plus modérée, purgeant du parti ses fondateurs originaux, Michel Aflak et Bitar .

    Dans ces circonstances le Parti Baas syrien se sépare en deux factions : la faction «progressiste», menée par Nureddin Atassi, qui accorde la priorité à la réforme économique néo-marxiste, et le groupe «nationaliste», mené par le général Hafez-el-Assad. Les partisans d'Assad sont moins intéressés par le socialisme, et favorisent plutôt un maintien militant de l'union des Arabes et l'hostilité envers Israël. En dépit des changements constants de politique et de gouvernement, les deux factions demeurent au pouvoir jusqu'en 1970 dans une coalition incommode, quand, par un autre coup d'État, Assad réussit à évincer Atassi en tant que premier ministre. Assad sera l'un des chefs d’État du Proche-Orient resté le plus longtemps au pouvoir. Il décède en 2000, son fils Bachar el-Assad devenant président.

    Aujourd'hui le Parti Baas syrien a peu à voir avec l'idéologie originelle. Il a peu fait de progrès vers l'unité arabe, et a tout abandonné sauf une conception autoritaire du rôle de l'État dans l'économie, prétendument «socialiste».

    Le Parti Baas syrien a des branches au Liban, au Yémen, en Jordanie, au Soudan, en Irak (actuellement coupée en deux factions), bien qu'aucune des branches non syriennes n'ait l'importance de la branche syrienne. Les Palestiniens connaissent le Parti Baas syrien sous le nom d'as-Saiqa (le coup de foudre).


    Historique

    Genèse

    Alors que le printemps arabe s'étend en 2011 à tout le monde arabe, le régime de Damas prend des mesures de prévention, répression assorties de tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février, mais les moukhabarat répriment ces manifestations.

    La Syrie garde en mémoire la révolte de Hama initiée par les Frères musulmans en 1982 et réprimée sans réaction internationale (7000 à 35 000 victimes) par Hafez el-Assad.


    Appels à manifester non suivis
    Suivant l'exemple de la révolution tunisienne, des appels à manifester sont lancés sur Facebook, invitant les Syriens à se mobiliser les 4 et 5 février, notamment devant le siège du parlement à Damas. L'appel ne fut pas suivi, en raison notamment de l'important dispositif de sécurité, des intimidations des forces de sécurité et de l'arrestation des principaux organisateurs.

    Le 17 février 2011, le gouvernement annonce des mesures sociales prévoyant la baisse de taxes sur les produits alimentaires de première nécessité, l'augmentation des subventions pour le fioul et la création d'un fonds social qui aidera 420 000 personnes en difficultés. D’autres augmentations de prix et l’instauration de la TVA sont reportées ; le gouvernement annonce également le recrutement de 67 000 fonctionnaires, multiplie les rencontres avec des représentants de la société civile et des dignitaires religieux. Des dizaines de fonctionnaires corrompus sont mutés ou renvoyés.
    Le gouvernement apporte son soutien diplomatique, mais aussi matériel, et envoie des renforts en Libye, soutenir le colonel Kadhafi, en manière d’avertissement sur ses intentions en cas de révolte.

    Le 17 février 2011, les violences policières contre un commerçant entraînent le soulèvement d'un quartier de Damas.
    Fin février, le pouvoir rétablit l'accès à Facebook et Youtube pensant apaiser d'éventuelles tensions. Certains analysèrent le geste comme un moyen de mieux repérer les activistes.
    Le pouvoir multiplie également les mesures sécuritaires :
    - renforcement des écoutes,
    - plan de rupture des moyens de communications pour isoler des régions ou des villes du reste du pays,
    - ordre donné aux moukhabarat de réprimer fermement toute agitation,
    - interdiction de messagerie instantanée et de Skype, nombreuses arrestations préventives ou non, comme celles d’enfants tagueurs.


    Le 7 mars 2011, 13 prisonniers politiques entament une grève de la faim.


    Révolte de Deraa - mars 2011
    Le 13 mars 2011, quinze écoliers sont arrêtés pour avoir taggé les slogans de la révolution égyptienne de 2011, puis transférés à Damas. Un nouvel appel est lancé sur Facebook, appelant les Syriens au soulèvement à partir du 15 mars dans toutes les villes de Syrie.
    Des manifestations quotidiennes se succèdent ainsi à Deraa à partir du 15 mars, et plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont alors incendiés.


    Une manifestation a lieu le même jour à Damas, avec quelques dizaines de personnes rassemblées au souk Al Hamidia (ou Hamidiyé) criant des slogans tels que : «Dieu, la Syrie, la liberté et c'est tout !» ; la foule fut rapidement dispersée par les forces de l'ordre.
    Selon les organisateurs, des manifestations eurent aussi lieu à Deir ez-Zor, Alep et Hassakeh.

    Le lendemain, 200 personnes, pour la plupart des proches de prisonniers politiques, manifestent près du ministère de l'Intérieur à Damas pour demander leur libération. Ils sont violemment dispersés par la police
    . Selon des témoins, des intellectuels ont été sauvagement battus, Amnesty International condamne la répression de manifestants pacifiques et affirme que 30 personnes ont été arrêtées, dont les activistes des droits de l'homme Mazen Darwish et Suhair Al-Attassi et le philosophe Tayyeb Tizini

    Les auteurs de l’appel organisent le 18 mars un «vendredi de la dignité». Ce vendredi 18 mars 2011, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Alep, Damas, Homs, Banias et surtout Deraa (ville du sud, d'environ 80 000 habitants). Les manifestations partent des mosquées (le vendredi étant jour de prière) ou des stades où des matches ont lieu ce jour-là (ce qui entraîne la suspension de toutes les compétitions de football). Ces manifestations ont un caractère tribal et confessionnel limité : ainsi, la croix et le croissant ont été brandis au sein de la mosquée des Omeyyades à Damas. Pour l’ancien diplomate Ignace Leverrier, il est même absent. Le pouvoir réprime ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés ; Human Rights Watch parle de véritable massacre. Des dizaines d'opposants, armés ou non, sont arrêtés.

    Ainsi à Deraa, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant quatre d'entre eux et en blessant des centaines. Parmi les blessés transportés à l'hôpital, certains sont enlevés par la police. Le même jour, la composition d’un «conseil national de transition temporaire», virtuel, est publiée sur Facebook pour manifester l’existence d’une alternative.

    Le lendemain, 19 mars 2011, à Daraa, les funérailles des manifestants tués la veille se transforment en manifestations, les forces de sécurité dispersent la foule par des tirs de gaz lacrymogènes, occasionnant plusieurs blessés.
    La contestation s’amplifie le dimanche 20 mars 2011, avec environ 10 000 manifestants descendant de nouveau dans les rues de Daraa (selon les organisateurs), rejetant la tentative de médiation d’une délégation gouvernementale. Les forces de l’ordre répriment violemment les contestataires en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles, tuant un manifestant et en blessant une centaine. La manifestation tourne alors à l’émeute, les protestataires incendient le siège du parti Baas au pouvoir, le Palais de Justice ainsi que deux succursales de deux compagnies de téléphonie mobile, dont l’une appartient à Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad.

    Les manifestations continuent le 22 mars 2011 à Daraa et s’étendent à la ville voisine de Djassem.
    Le 23, un millier de personnes manifestent de nouveau à Daraa, où on compte plus de cent morts. La révolte s'étend à la ville de Nawa avec 2 500 manifestants scandant des slogans contre le pouvoir et se dirigeant vers le commissariat de la ville, et à Jassem.


    Le 24 mars 2011, vers 1h30 du matin, une unité de l'armée prend d'assaut la mosquée Omari à Daraa où s'étaient retranchés certains manifestants, en tuant au moins six.
    Plus tard dans la journée, la police ouvre le feu lors des funérailles de manifestants qui rassemblaient 20 000 personnes selon les protestataires. D'autres incidents ont lieu entre opposants et forces de l'ordre dans les villages avoisinants. Au total, 15 personnes sont tuées tout au long de la journée. Malgré cette violente répression, le gouvernement annonce des mesures le soir du 24 mars, comprenant des hausses importantes de salaires dans l'administration (de 20 à 30 %), la libération des protestataires arrêtés durant les troubles et une potentielle abrogation de la loi sur l'état d'urgence (en vigueur depuis 1963). De plus, la conseillère du président juge les revendications des manifestants «légitimes».


    À partir du 25 mars, malgré la répression et diverses concessions du gouvernement, le mouvement s'étend à toutes les principales villes du pays.



    .........

     
  9. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Extension à tout le pays - mars et avril 2011


    Du 25 au 27 mars 2011, le mouvement s'étend dans plusieurs grandes villes du pays. Après les concessions annoncées par le gouvernement, et la libération de plus de 200 prisonniers politiques, les manifestations se renforcent à Deraa où une statue de Hafez el-Assad est déboulonnée. La contestation s'étend à deux villes proches de Deraa, Tafas et Sanamein et dans la capitale Damas (1,4 million d'habitants). Les troubles éclatent aussi à Hama (500 000 habitants), qui avait été victime d'une violente répression en 1982 (massacre de Hama). Des locaux du Parti Baas ont été incendiés dans plusieurs villes. Les manifestants scandent des slogans tels «le peuple veut la chute du régime» ou «nous nous sacrifierions pour Deraa».

    Le 26 mars 2011, Lattaquié (700 000 habitants) commence à participer au mouvement de contestation où la répression fait au moins dix morts. Le lendemain, l'armée est envoyée dans la ville. Ce même jour, le gouvernement annonce qu'il abrogera la loi sur l'état d'urgence, après avoir évoqué cette possibilité trois jours auparavant, et que le président Bachar el-Assad devrait prochainement s'adresser à la nation. Deux cent quatre-vingt prisonniers politiques sont libérés.
    Au 5 avril 2011, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme recense 123 personnes tuées entre le 18 mars et le 1[SUP]er[/SUP] avril en Syrie.
    Le 8 avril, on compte 26 nouveaux morts à Deraa.
    Une manifestation de 500 personnes a lieu le 13 avril à Alep.
    Un nouveau gouvernement est nommé le 14, mais sans calmer la contestation, qui rassemble 10 000 personnes à Lattaquié le 17.
    Le 18 avril, 20 000 personnes font un sit-in à Homs, huit sont tuées.
    Le 20 avril, d'autres manifestations ont lieu à Alep et Homs, et le 21, l'état d'urgence est levé et la Cour de sûreté de l'État, un tribunal d'exception, est abolie. Toutefois, une nouvelle loi est adoptée quelque temps plus tard, qui selon les opposantes est tout aussi restrictive que la précédente.
    Le 22 avril, après la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, deux députés et le mufti de Deraa démissionnent.
    C’est à cette période que la dissidence, totalement inorganisée, constitue un «comité de coordination pour le changement démocratique en Syrie».


    Sièges des villes opposantes

    Siège de Deraa - 25 au 30/4/2011
    Le 25 avril 2011, les 4[SUP]e[/SUP] et 5[SUP]e[/SUP] divisions mécanisées, commandées respectivement par Maher Al-Assad et Muhammad Saleh Al-Rifai, et le 132[SUP]e[/SUP] bataillon, attaquent la ville rebelle de Deraa. Des sources encore insuffisantes pour avoir des certitudes font état de mutineries individuelles, voire d’unités entières, qui occasionneraient un arrêt de la progression de l’armée dans la ville. Pour rendre la défense de la ville plus difficile, l’eau, l’électricité et les communications téléphoniques ont été coupées. L’ampleur de la répression provoque la démission de plus de 230 membres du parti au pouvoir. De la même façon, les communications par téléphone satellite sont coupées.

    Le 29 avril 2011, les forces de sécurité ouvrent le feu vendredi sur des milliers de personnes marchant sur la ville de Deraa, foyer de la contestation contre le régime en Syrie, situé près de la frontière jordanienne. Des manifestations ont lieu dans tout le pays. Au moins 48 civils sont tués lors des manifestations.

    Six personnes périssent samedi 30 avril 2011 dans le pilonnage de l'armée et les tirs de francs-tireurs à Deraa où l'eau, la nourriture et les médicaments manquent depuis l'intervention des troupes lundi. Le même jour, près d'une centaine de personnes se rassemblent devant les locaux de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, accusée de «mensonges» et d'«exagération» dans sa couverture du mouvement anti-régime débuté mi-mars. Les forces syriennes arrêtent deux personnalités de l'opposition, Hassan Abdel Azim et Omar Kachach.
     
  10. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Siège de Homs - mai et juin 2011

    Le 1[SUP]er[/SUP] mai 2011, de nouvelles manifestations ont lieu à Deraa, Kameshli, Douma, Lattaquié. Le soir du 4 mai 2011, 161 véhicules blindés commencent le siège de deux villes du centre du pays, Al-Rastan et Talbisseh. À Alep et Damas, des sit-in ont lieu dans les universités.
    Le 5 mai 2011, l’armée se retire de Deraa.

    Le 6 mai, comme chaque vendredi, des manifestations ont lieu un peu partout en Syrie pour demander la fin du régime de Bachar al-Assad. Comme chaque vendredi, les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les contestataires. Selon les militants des droits de l'Homme, il y aurait ainsi eu au moins 26 morts, la plupart à Homs, dans le centre du pays.
    Riad Seif, l'un des leaders de l'opposition, est arrêté, avant d'être libéré 10 jours plus tard sous caution.

    Le 7 mai 2011, six manifestantes tuées près de Baniyas.

    Le 9 mai 2011, les manifestations continuent, des coups de tirs se multiplient, et les communications téléphoniques sont coupées. Selon Human Rights Watch, les bilans en morts, en blessés comme en arrestations sont invérifiables. L’ONG Insan indique un bilan de 632 morts et 8 000 arrestations entre le 15 mars et le 6 mai, mais en indiquant que les identités de 5 000 personnes arrêtées n’ont pas encore pu être vérifiées.

    Le 11 mai, 21 personnes sont tuées dont deux soldats, un enfant et une infirmière.
    Le 13 mai 2011, comme tous les vendredis, des manifestations pacifiques se déroulent dans tout le pays, notamment à Deraa, Homs, Hama, Bou Kamal, Lattaquié, Kameshli, Amouda et Alep. Au moins deux manifestants sont tués à Homs.

    Le 14 mai, au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à Tall Kalakh, près de Homs, par des tirs des forces de l'ordre.

    Le 20 mai, des milliers de personnes manifestent. Ils répondent à l'appel de l'opposition pour la liberté et l'unité nationale. Damas, la capitale, et Alep, la deuxième ville pays, jusque-là globalement épargnées par les défilés, sont cette fois concernées. Les forces de sécurité ont tiré à de nombreux endroits, notamment Homs, Sanamein ou Maaret al Noumane. Il y aurait au total au moins 44 morts.


    Le 12 juin 2011, l'armée syrienne pénètre dans Jisr al Choughour pour «déloger les groupes armés» après avoir pilonné et tiré à la mitraillette au hasard sur les habitants depuis des hélicoptères.

    Le 21 juin 2011, la coordination nationale des comités locaux de jeunes révolutionnaires publie son programme politique, Vision des comités locaux de coordination pour l'avenir politique de la Syrie, qui formule l'avenir de la Syrie sous forme de démocratie parlementaire. Cette réunion est suivie le 27 juin d'une réunion entre intellectuels de l'opposition dans un hôtel à Damas, alors que 400 étudiants d'Alep sont jugés pour sabotage et insulte au président.


    Siège de Hama - juillet à septembre 2011

    Le 15 juillet 2011, des centaines de milliers de Syriens manifestaient vendredi, notamment dans les villes de Deir Ezzor (350 000 personnes), Hama (150 000) et Damas (7 000), pour demander la libération des détenus et la chute du régime, plusieurs civils ont été tués à Damas et à Idleb, dans le nord-ouest du pays, par les forces de sécurité.

    Le 17 juillet, des affrontements entre partisans du régime et opposants à Homs (centre) ont fait au moins 30 morts au cours des 24 heures précédentes.

    Le 19 juillet, treize civils ont été tués par des tirs de l'armée syrienne à Homs.

    Le 31 juillet, 140 personnes sont tuées par l'armée.

    Une escalade de la répression est constatée après la déclaration début août du Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Fondé fin août et lancé les 1[SUP]er[/SUP] et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, le CNS (Conseil national syrien) a pour but de coordonner les opposants et mener des opérations contre le régime de Bachar el-Assad. Son analogue libyen, le CNT, est le premier à le reconnaitre comme unique représentant du peuple syrien.
    La France lui apporte son soutien le 10 octobre.
     
  11. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Multiplication des combats et des massacres


    Après une relative accalmie, des protestations reprennent le vendredi 14 octobre 2011, avec notamment des manifestations de soutien aux soldats ralliés à la contestation, et douze personnes sont tuées par les forces de l'ordre loyalistes.

    Le journaliste cameramen français Gilles Jacquier est tué à Homs, le 11 janvier 2012 pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes, destiné au magazine télévisé Envoyé spécial. Gilles Jacquier est tué par un obus de mortier dans des circonstances obscures. Plusieurs sources anonymes interrogées par le quotidien Le Figaro attribuent la responsabilité des tirs à l'Armée syrienne libre, qui dément ces affirmations. Le journaliste Sid Ahmed Hammouche, qui faisait partie du même convoi de presse, évoque la possibilité d'un crime d'État. Jacquier est le premier journaliste occidental tué durant la révolte syrienne.
    Les combats reprennent le mercredi 25 janvier 2012, selon l'opposition, l'armée syrienne a lancé une vaste offensive contre Hama, dans le centre du pays, un chrétien a été tué et on dénombre de nombreux blessés.


    Offensive de février-mars 2012 à Homs


    Le vendredi 3 février 2012 est la journée la plus meurtrière depuis le début de la révolte ; des massacres ont lieu à Homs où l'armée tire au char et au mortier sur les populations civiles. L'OSDH, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés, compte 260 morts dont de nombreuses femmes et enfants mais aussi des manifestants qui dénonçaient le Massacre de Hama survenu 30 ans plus tôt. L'ONG Human Rights Watch dénonce des cas de tortures sur des enfants par l'armée alors que l'ONU est toujours paralysée par le véto de la Russie et de la Chine qui soutiennent le régime syrien.

    Le jeudi 9 février 2012, plus de soixante civils ont été tués par les forces du régime du président Bachar al-Assad, la plupart dans la ville de Homs, 57 civils ont été tués dans de violents bombardements sur Homs, dont 35 dans le quartier de Baba Amr, et onze (…) dans le pilonnage de leurs maisons dans le quartier d'Inchaat.

    Le 10 février, après le veto russe et chinois à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre le régime de Bachar el-Assad, l'opposition syrienne baptise sa journée de mobilisation au Liban «vendredi de la Russie qui tue nos enfants».

    Le mardi 14 février 2012, on découvre d'après l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés, que l'armée tire deux roquettes par minute sur Homs dans le quartier meurtri de Baba Amr. Toutefois, cet organisme est selon ses opposants se disant proches des zones de combat, qualifié de frauduleux ou de mystérieux.

    Le mercredi 15 février, à Homs, un oléoduc alimentant une raffinerie située à la périphérie du quartier de Baba Amr est détruit après avoir été bombardé par deux avions militaires, Damas affirme qu'il s'agit d'un acte de sabotage perpétré par des «groupes terroristes». La ville d'Hama est prise d'assaut par les forces du régime syrien et plusieurs quartiers de la ville sont bombardés.

    Le 22 février, Rémi Ochlik un photojournaliste français de l'agence IP3 Press, entré clandestinement à Baba Amr, est tué avec la journaliste américaine Marie Colvin, 56 ans, du Sunday Times dans le bombardement d'une maison du quartier transformée en centre de presse où il se trouvaient. Les journalistes Édith Bouvier du Figaro et Radio France Internationale et Paul Conroy, photojournaliste indépendant ont été blessés au cours de la même attaque. Avec William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time Magazine, et Javier Espinosa d'El Mundo ils sont bloqués à Homs. Après six jours de difficiles négociations menées pas le CICR et le Croissant Rouge syrien, et dans une grande confusion quant au sort d'Édith Bouvier, seul Paul Conroy a pu être été évacué vers le Liban le 28 février 2012. La journaliste espagnole basée au Liban, Monica García Prieto, affirme qu'Édith Bouvier ainsi que les journalistes Javier Espinosa et William Daniels sont toujours à Homs, dans le quartier assiégé de Baba Amr et qu'ils seraient en «sérieux danger».
    Edith Bouvier et William Daniels, ont été exfiltrés de Syrie vers le Liban puis évacués en France le 2 mars. Nicolas Sarkozy qui les a accueillis a prévenu que Damas devra rendre des comptes de ses crimes devant les juridictions pénales internationales.


    Le 28 février 2012 le bilan de la répression en Syrie a été réévalué à plus de 7 500 morts civils. Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires politiques annonce que «des informations crédibles font état d'un bilan désormais souvent supérieur à cent civils tués par jour, dont de nombreuses femmes et des enfants».

    Le 1[SUP]er[/SUP] mars 2012, après avoir conquis le quartier rebelle de Baba Amr, à Homs, le pouvoir syrien continue son offensive contre les insurgés. D'autres villes de Syrie comme Deraa et Rastane sont maintenant la cible des bombardements de l'armée, de nombreux réfugiés fuient vers le Liban.

    Le 4 mars, des sources de l'ASL à Deraa affirment que les chars des forces du régime tirent des obus antiaériens sur les quartiers résidentiels et que des tireurs d'élite de l'armée syrienne ouvrent le feu sur tout ce qui bouge. Le quartier de Baba Amr qui connaît une grave crise humanitaire est toujours isolé et sans secours, malgré un convoi de sept camions chargés d'une aide d'urgence du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui attend depuis plus de trois jours l'autorisation du régime pour apporter son aide. Israël a proposé au CICR d'envoyer une aide humanitaire à la population, déclarant ne pas vouloir rester sans réagir quand des atrocités sont commises dans un pays voisin.

    Le 10 mars 2012, tandis que Kofi Annan rencontrait Bachar al-Assad pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, les forces gouvernementales syriennes assiègent et bombardent la ville d'Idleb, l'un des bastions de la rébellion. Durant cette seule journée plus de 62 personnes ont été tuées en Syrie.
    De son côté, le Qatar a jugé qu'un cessez-le-feu était insuffisant et a dénoncé un génocide organisé par le régime de Bachar al-Assad. «Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu», a déclaré le ministre qatari des affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem al Thani lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le pouvoir syrien a parallèlement entrepris le rappel de ses ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne anticipant leur expulsions en représailles à la répression brutale de l'armée syrienne.


    Le 12 mars 2012, Kofi Annan, a quitté la Syrie sans aboutir sur une solution à la crise ou obtenir de concessions d'Assad.

    Le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud accuse «les gangs terroristes» d'avoir perpétré le massacre «en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie», accusant l'Arabie saoudite et le Qatar d'être «complices» de ces «gangs».

    Le 14 mars 2012, la ville d'Idleb tombe aux mains des forces d'Assad qui l'ont prise d'assaut, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés, 15 civils auraient été tués, 150 autres arrêtés. L'ONG syrienne affirme que «23 corps portant des marques de torture d'une extrême violence ont été retrouvés près de Mazraat Wadi Khaled, à l'ouest de la ville d'Idleb».

    Le 17 mars, un attentat terroriste attaque le quartier chrétien de Damas. Deux voitures piégées ont explosé le matin à 7 heure 30, une visant la direction de la police criminelle et l'autre visant le centre des renseignements de l'aviation. On compte pas moins de 30 morts dont certains calcinés et une centaine de blessés. Les vitres de tous les bâtiments atteints par l'explosion ont volé en éclats. La télévision officielle syrienne dénonce le Qatar et l'Arabie saoudite comme responsable de cet attentat.

    Le 18 mars, deux personnes sont mortes dans un autre attentat à Alep.

    Le 19, des combats ont opposé des déserteurs et les forces gouvernementales à Damas non loin du palais présidentiel dans le quartier de Mazzé, qui abrite aussi les services de renseignements et autres bâtiments gouvernementaux, ainsi que dans deux autres quartiers de la ville, selon l'OSDH. Le bilan serait de six morts selon l'OSDH et de quatre morts selon les autorités.

    Le 23 mars, l'armée du régime continue de pilonner dans un «déluge de feu» la ville de Homs qui reste coupée du monde. Un habitant a déclaré durant un entretien via un téléphone satellitaire à Jérôme Bastion de RFI : «La situation est bien pire qu'auparavant. Les bombardements aujourd'hui sont d'une intensité incroyable, cela tombe partout. Ils utilisent toute sorte d'artillerie, la plupart du temps des chars modèle T72, mais aussi souvent des roquettes».
     
  12. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Massacres de Houla, Al-Koubeir et Treimsa


    Massacre de Houla - 26/5/2012
    Le 26 mai, un massacre perpétré à Houla, localité proche de Homs, fait 108 victimes dont 49 enfants. Ce massacre suscite une condamnation unanime du régime de Damas par le conseil de sécurité, c'est ainsi la première fois que la Russie et la Chine condamnent le régime syrien pour les violences.

    Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, c'est au contraire l'Armée syrienne libre qui est responsable du massacre. L'auteur revient ensuite sur son article, rappelant que d'autres journaux avaient rapporté des témoignages similaires, et que la vérité est la première victime de la guerre.

    Massacre d'Al-Koubeir - 6/6/2012
    Le 6 juin 2012 une tuerie de masse est perpétrée à Al-Koubeir, une localité située dans la région de Hama, en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés, au moins 55 personnes ont été tuées, dont 18 femmes et enfants. Le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, qui dénombre 80 morts, a accusé «le régime criminel d'Assad».

    Le gouvernement syrien a démenti qu'un tel massacre ait eu lieu. Le général Robert Mood, chef de la mission d'observation de l'ONU dépêchée en Syrie, a annoncé le 7 juin 2012, que des observateurs de l'ONU déployés en Syrie ont été empêchés, entre autres, par des barrages des militaires de l'armée syrienne, de se rendre sur les lieux. Ce nouveau massacre a été sévèrement condamné par l'ONU et la communauté internationale.


    Massacre de Treimsa - 12/7/2012
    Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés, 150 personnes auraient été massacrées à Treimsa le lundi 12 juillet 2012. Selon un militant «Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village. Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers champs était abattu.» devant l'AFP. Toujours selon le même militant, après le bombardement, l'armée est entrée [dans Treimsa] avec des armes légères et les shabbihas [miliciens pro-régime] suivaient avec des couteaux.»
    Pendant ce temps, le régime nie toute responsabilité et fait porter la responsabilité à des «groupes terroristes» ainsi qu'aux «médias assoiffés de sang», selon l'agence officielle Sana (Agence de presse). Ce massacre fait suite à celui de Houla, en mai, où ont péri une centaine de personnes.


    Exactions envers des enfants - mars 2012
    Le 12 juin, l'Onu dénonce le gouvernement syrien comme étant «l'un des pires sur sa liste annuelle «de la honte» où figurent les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre.»

    Dans son rapport sur les enfants dans les conflits armés rendu public le même jour, les Nations unies affirment que «les soldats syriens ont torturé et exécuté sommairement des enfants, et se sont servi de certains d'entre eux âgés d'à peine huit ans comme de «boucliers humains» au cours de leurs opérations contre les rebelles». Le rapport cite à l'appui les circonstances d'une opération menée le 9 mars par les forces de sécurité syriennes, armée, services de renseignement et milice Shabiha, contre le village d'Ayn l'Arouz dans la région d'Idlib où ont été «raflés des dizaines de garçons âgés de huit à treize ans avant d'attaquer le village.
    «Ces enfants ont été ensuite utilisés par des soldats et des miliciens comme boucliers humains, placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village lors de l'assaut. Parmi les 11 morts du premier jour de combats ont figuré trois garçons de 15 à 17 ans. Trente-quatre autres personnes, dont deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de neuf ans, ont été capturés. Le village fut finalement incendié et quatre des 34 prisonniers ont été abattus par balles et brûlés, notamment les deux garçons».

    Radhika Coomaraswamy représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, avait déjà fustigé les forces gouvernementales syriennes avant la publication de ce rapport déclarant
    «J'ai rarement vu autant de brutalités contre les enfants qu'en Syrie, où les filles et les garçons sont emprisonnés, torturés, exécutés et utilisés comme boucliers humains».
     
  13. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Tentative de cessez-le-feu et mission d'observation de l'ONU - avril à juillet 2012


    Le 12 avril 2012, un cessez-le-feu est conclu entre les forces du régime et l'opposition armée par l'intermède des négociations menées par Kofi Annan, délégué de l'ONU. Il est violé le jour même par l'armée syrienne, voire par ses opposants, et ne sera jamais respecté. L'accord prévoit aussi la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté de la presse et des manifestations. Il prévoit aussi la mise en place d'une mission d'observation de l'ONU de 300 membres.

    Le 20 mai et les jours qui suivent, des rumeurs persistantes, relayées par l'opposition, évoquent que la Cellule centrale de gestion des crises du gouvernement aurait été décimée par un empoisonnement.
    Cette cellule réunit plusieurs généraux dont
    - le ministre de l'Intérieur Mohammed Al Cha’’ar,
    - le directeur des Renseignements militaires Abdel-Fattah Qoudsiyeh,
    - le directeur des Renseignements de l'Armée de l'Air Jamil Hasan,
    - le directeur de la Sécurité politique Mohammed Dib Zitoun,
    - le directeur des Renseignements généraux Ali Mamlouk,
    - ainsi que le frère cadet de Bachar el-Assad Maher el-Assad, patron de la 4[SUP]e[/SUP] division mécanisée et homme fort de l'appareil militaire,
    - et son beau-frère Assef Chaoukat, ancien directeur des Renseignements militaires et vice-ministre de la Défense depuis l'été 2011.
    Ces rumeurs ne seront toutefois guère confirmées par la plupart des médias et sont démenties par le gouvernement syrien.


    Le 26 mai, le massacre de Houla, localité proche de Homs, fait 108 victimes dont 49 enfants. Ce massacre suscite une condamnation unanime du régime de Damas par le conseil de sécurité, c'est ainsi la première fois que la Russie et la Chine condamnent le régime syrien pour les violences.

    Le 5 juin, le vice-ministre des affaires étrangères russe Guennadi Gatilov affirme n'avoir «jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique», ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie.

    Le 6 juin, Bachar Al-Assad désigne un nouveau premier ministre, Riad Hijab, ancien ministre de l'agriculture, tandis que l'opposition syrienne dénonce un nouveau massacre de 78 personnes, dans le village de Mazraat Al-Qoubir situé près de Hama. Le lendemain, des observateurs de l'ONU venus y constater la situation sont empêchés d'entrer dans le village par l'armée syrienne avant d'être pris pour cibles par des armes lourdes, des balles perforantes et des drones.

    Le 8 juin, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon évoque le danger d'une guerre civile «imminent et réel» en Syrie. Au niveau diplomatique, la Russie persiste à bloquer jusqu'en juillet 2012 toute condamnation ou intervention internationale des Nations Unis en Syrie.


    Attentat du 18 juillet 2012


    Début juillet 2012, les combats se propagent et s'intensifient au cœur de la capitale Damas.
    Le 18 juillet 2012, alors que l'ONU se prépare à délibérer sur une nouvelle résolution concernant la reconduction de la mission d'observation et que le cessez-le-feu semble condamné, un attentat à la bombe tue trois des plus hauts responsables de l'appareil sécuritaire dans les locaux extrêmement protégés du siège de la sécurité nationale, dans le quartier damascène de Rawda.

    Les 5 victimes avérées mi-août sont 5 généraux :

    • le chrétien Daoud Rajha (Dawoud Al Rajiha), ministre de la défense,
    • son vice-ministre de la défense Assef Chaoukat (Asef Chawkat) qui est par ailleurs le beau-frère du président Assad
    • Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise pour la révolte
    • le chef des renseignements, directeur du Bureau de la Sécurité Nationale Hicham Al Ikhtiyar, qui succombe à ses blessures 2 jours après l'attentat.
    • son adjoint le général Amin Charabeh.
    Selon la télévision officielle syrienne, le ministre de l'intérieur Mohamed Al-Chaar est également blessé. D'insistantes rumeurs -non confirmées- évoquent par ailleurs de très importantes blessures de Maher Al Assad, frère cadet du président Bachar et dernier fils de l'ancien président Hafez al-Assad, à la tête de la garde républicaine.
    En réaction, les combats s'intensifient dès les jours suivants, le régime engageant des chars mais aussi des hélicoptères de combat pour bombarder les villes et villages insurgés, notamment les deux principales villes du pays Damas et Alep. On signale un afflux considérable de réfugiés (plus de 18 000 dans les deux jours suivants).


    Batailles de Damas et Alep - été 2012


    À la suite des offensives lancées par les insurgés dans les deux principales villes du pays, le régime lance d'abord une contre-offensive en juillet dans la capitale, aboutissant à la réduction des rebelles fin juillet, avant de retourner début août ses forces contre Alep dont 50 % est tenue par les insurgés.

    En août, l'ONU qualifie juridiquement le conflit syrien de guerre civile, ce qui amplifie les qualifications de crimes contre la population susceptibles d'être reprochés aux cadres principaux du régime qui les ordonnent.

    Cette contre-offensive se poursuit à la mi-août, où un nouvel attentat est commis par l'ASL au centre de Damas sur un parking de l'état-major de l'armée, faisant cinq blessés.

    À partir du 15 août, l'armée lance une vaste contre-offensive dans la banlieue de Damas, progressant ville par ville, puis sur Alep et sur différentes villes du pays.

    Fin août 2012, l'Armée syrienne libre prétend avoir abattu un hélicoptère militaire de l'armée syrienne au-dessus de la capitale Damas. Elle indique que l'aéronef a été visé par des personnes au sol, au nord-est du district de Jobar (en), et qu'il s'est écrasé dans les environs de Qabun. La télévision d'État confirme qu'un hélicoptère s'est écrasé dans cette ville.
    Le même jour, après d'intenses bombardements, un massacre est révélé à Darayya, à 7 km de Damas. Des centaines de corps empilés d'adultes et enfants sont retrouvés, certains s'avérant avoir été tués de balle à bout portant.


    Attentat du 26 septembre 2012


    Le 26 septembre 2012, un double attentat touche le siège de l'état-major syrien à Damas : il s'agit d'une explosion de voiture par un kamikaze et de bombes déclenchées au troisième étage du bâtiment grâce à la complicité de militaires. 4 gardes sont blessés et 14 civils et militaires sont blessés. S'ensuivent d'intenses combats entre l'armée syrienne et les rebelles, ainsi que l'assassinat d'un journaliste syrien travaillant pour la chaîne iranienne Press TV au moment où il couvre ces attaques ; le chef libanais du bureau de la chaîne à Damas est également blessé par balles. L'attentat est revendiqué par un groupe djihadiste mais trois autres brigades de l'Armée syrienne libre ont également participé à l'opération.

    Entre septembre et décembre 2012, malgré un engagement militaire croissant loyaliste (avec l'emploi d'hélicoptères de combat bombardant les civils et la multiplication des raids aériens et de chars) l'insurrection progresse sur tous les terrains.

    Bachar el Assad est ainsi chassé d'une large zone au nord et à l'est du pays ;
    Le 10 décembre, la dernière base loyaliste à l'Ouest d'Alep est prise par des combattants djihadistes, mettant fin à une bataille débutée en juillet, avec une répression féroce d'Assad et des tirs de francs-tireurs. De même, la ville côtière de Lattaquié, fief du clan Assad, tombe au début du mois de décembre.


    Dans la même période, des satellites espions britanniques et américains repèrent la fabrication des éléments chimiques précurseurs du gaz sarin, laissant craindre une attaque chimique de la part du régime de Damas. À une quinzaine de kilomètres de Damas, une attaque suspecte sur une maison est relayée par le journal Le Monde : la bombe lancée était jaquetée de béton, matériau souvent employé lors d'un bombardement chimique, et les victimes ne sont pas immédiatement mortes de brûlures aux muqueuses, signe d'exposition au sarin.
    Cela suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale, d'où la mise en garde de Barack Obama et sa reconnaissance du Conseil National Syrien comme représentant du peuple syrien.
    Au 12 décembre, les combats se rapprochent de Damas et il est possible que le conflit, après 20 mois et 40000 morts, arrive dans une phase de tournant militaire.


    Offensive de Hama - décembre 2012


    En décembre 2012, l'armée syrienne libre (ASL) lance une offensive afin de capturer le gouvernorat de Hama.

    Le 11 janvier 2013, après deux mois d'assaut, la base aérienne de Taftanaz est prise par les rebelles, lors desquels le Front al-Nosra joua un rôle déterminant.



    SUITE CE SOIR INCHA2 ALLAH
     
  14. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Parties internes au conflit


    Opposition armée, ASL et CNS

    Devant la poursuite de la répression, des défections se produisent et une frange de l'armée semble se constituer à l'automne 2011 en opposition armée au régime. Deux groupes de soldats séditieux, l'Armée syrienne libre (créée en juillet 2011 par le colonel Riyad Al Asaad) et le Mouvement des officiers libres, se constituent, et pourraient avoir tué plusieurs centaines de membres des forces de sécurité : ils fusionnent en septembre 2011 sous l'égide du premier.

    Mi-octobre 2011, le développement de ces défections de nombreux soldats des forces armées, dont certains se rebellent pour retourner leurs armes contre les forces de répression, fait craindre à l'ONU un mouvement de guerre civile, d'autant plus que les attaques de déserteurs contre les forces loyalistes au régime semblent se multiplier, les déserteurs rejoignant les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL), laquelle intensifie ses opérations contre les piliers du régime.

    Ainsi, le 16 novembre 2011, le centre des services de renseignements aériens situé à l’entrée de Damas est attaqué à l'aube à la roquette et à la grenade par un commando armé. Quatre jours plus tard, le 20 novembre, c'est le siège du Parti Baas à Damas qui est la cible d'attaque à la roquette.

    Le 29 novembre 2011, l'Armée syrienne libre reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS). Le haut commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme déclare le 1[SUP]er[/SUP] décembre 2011 que la Syrie est en état de «guerre civile».

    L'Armée syrienne libre dispose d'un camp installé en Turquie. En partie formée de jihadistes proches de la mouvance Al Qaïda, elle est armée par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. Elle dispose également de l'aide d'agents de la CIA opérant à partir de la Turquie.

    Position du gouvernement syrien
    La position du gouvernement vis-à-vis de la révolte armée est d'incriminer des «groupes armés antigouvernementaux» ou des «islamistes armés». Après le massacre de Houla, le gouvernement accuse ainsi principalement des islamistes armés.

    Des «ingérences extérieures» occidentales et des infiltrations d'armes commanditées par des pays adverses, dont le Qatar et l'Arabie saoudite sunnites, sont également régulièrement évoquées. Ainsi, dans une allocution télévisée du 3 juin 2012, le président syrien Bachar Al-Assad affirme que l'État syrien fait «face à une véritable guerre menée de l'étranger».

    Défections
    Début juillet 2012, le Général Manaf Tlass, intime tombé en disgrâce du président Bachar Al-Assad, fils de l'ancien ministre de la défense de Hafez Al-Assad, fait défection et se présente à la troisième réunion des Amis du peuple syrien qui se tient à Paris.

    Le 11 juillet 2012, l'ambassadeur de Syrie en Irak Naouaf Fares fait également défection.
    18 généraux et de nombreux officiers et soldats de l'armée syrienne ont abandonné le régime et se sont réfugiés en Turquie avec leurs familles.

    Lundi 6 août, le premier ministre d'origine sunnite Ryad Hijab fait défection 2 mois après sa nomination pour rejoindre l'opposition au Qatar, tandis que la télévision d’État annonce son limogeage.

    Mi-août 2012, une dizaine de diplomates syriens à l'étranger ont officiellement rejoint la contestation :

    - Bassam Al Imadi (ancien ambassadeur en Suède),
    - Nawwaf Al Cheykh Fares (ambassadeur en Irak),
    - Lamia Hariri (chargée d’affaires à Chypre),
    - Abdel-Latif Al Dabbagh (ambassadeur aux Émirats arabes unis),
    - Mohammed Tahsin Al Faqir (attaché de sécurité près l’ambassade à Oman),
    - Farouq Taha (ambassadeur en Biélorussie),
    - Mohammed Housam Hafez (conseiller et consul en Arménie),
    - Khaled Al Ayyoubi (chargé d’affaires au Royaume-Uni),
    - Khaled Al Saleh (chargé d’affaires au Nigeria),
    - Dani Ba’aj (deuxième secrétaire à la représentation permanente auprès de l’ONU à Genève).

    Confessions : estimations et réactions
    Il n'existe pas de recensements officiels des confessions en Syrie. Il est néanmoins possible d'en faire une estimation sur la base de l'état du pays durant la première moitié du vingtième siècle.
    Voici les pourcentages respectifs des différentes communautés tels qu'estimés aujourd'hui :

    - Musulmans sunnites 72,8 % (dont Kurdes 9 %), Alaouites 10 %, chiites 0,5 %,
    - Druzes 1,8 %,
    - ismaéliens 0,9 %,
    - chrétiens syriaques orthodoxes 12 %,
    - chrétiens grecs-catholiques 1,3 %,
    - chrétiens grecs-orthodoxes 1,2 %,
    - chrétiens arméniens orthodoxes 1 %,
    - autres chrétiens 3 %...

    Selon d'autres chiffres, en 2012,
    - les Arabes sunnites étaient 72,8 %,
    - les Kurdes sunnites 8,3 %,
    - les Arabes alaouites 10,2 %,
    - les Arabes druzes, 1,8 %,
    - les Arabes chiites ismaéliens 0,9 %,
    - les Arabes chiites duodécimains 0,4 %,
    - les Tcherkesses sunnites 0,3 %,
    - les Turkmènes - Turcomans sunnites 0,6 %.
    - Les kurdophones de religion Yezidi 0,1 %.

    Les différentes branches chrétiennes représentaient 4,6 % de la population syrienne avec 994 000 membres. Les chrétiens se répartissaient ainsi :


    - Arabes de religion grecque orthodoxe : 526 000 membres ;

    - Arabes de religion grecque catholique: 121 000 ;
    - Arméniens apostoliques : 121 000 ;
    - jacobites 89 000 ;
    - maronites 29 000 ;
    -Arméniens catholiques 26 000 ;
    - protestants 21 000 ;
    - nestoriens 20 000 ;
    - syriaques catholiques 18 000 ;
    - chaldéens catholiques 14 000 ;
    - catholiques latins 9 000.

    Chiites dont Alaouites : 12.2 à 14.2 %
    Les principaux courants chiites en Syrie sont par ordre croissant :

    - l'Ismaélisme 1,3 %,
    - les Druzes 1,9 %
    et surtout les Alaouites 9 à 11 %, majoritaires le long de la côte ouest du pays. Ses membres sont régulièrement victimes d'actes de vengeance dans ce conflit, du fait de leur présence et domination à la tête de l’État depuis 1970.

    La création d'un mini-État alaouite est régulièrement évoquée dans ce conflit dans l'hypothèse d'une future victoire des rebelles. Mais près d'un million d'Alaouites ne vivent plus dans leur région d'origine.

    Arabes sunnites : 60 à 70 %, majoritaires
    Le 22 avril 2011, à la suite de la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, le mufti de Deraa démissionne.

    Le conflit syrien est fréquemment présenté, notamment par les soutiens du régime, comme de nature confessionnelle, les sunnites étant alors considérés comme les responsables d'un conflit par lequel ils chercheraient à s'approprier le pouvoir contre la grande minorité dirigeante alaouite notamment.

    En dépit de réelles persécutions religieuses ponctuelles, notamment contre les Alaouites perçus comme les persécuteurs, le caractère religieux de ce conflit est vraisemblablement minoritaire face à une véritable rébellion contre un pouvoir oppressant et corrompu, dans la foulée du printemps arabe.

    Kurdes : 9 à 11 % (sunnites essentiellement)
    Les Kurdes ne constituent pas une confession à part entière, mais sont majoritairement sunnites, notamment en Syrie. Regroupée au nord-est du pays sur la frontière turque, ainsi que dans la province d'Alep, le Jazirah et la banlieue de Damas, cette population au fort sentiment communautariste, met à profit l’affaiblissement de l'armée syrienne en juillet 2012 pour investir plusieurs villes du Nord du pays, soutenue par l'espoir entretenu par le PKK de la création d'un Kurdistan indépendant.

    Chrétiens : 4,6 % toutes branches confondues
    La part des chrétiens dans la population totale a fortement baissé au cours des dernières décennies, cette population émigrant beaucoup et ayant un taux de natalité faible.
    Le 15 décembre 2011, les patriarches d'Antioche lancent un appel à la paix et à un arrêt des sanctions internationales contre la Syrie. Les patriarches sont les «leaders» des chrétiens, qui représentent 4,6 % de la population. Les chrétiens sont très inquiets des manifestations du vendredi et ont en mémoire les chrétiens d'Irak qu'ils ont accueillis après les massacres. En effet, une semblable persécution religieuse semble se mettre en place à Homs ou 230 chrétiens ont été abattus par des hommes identifiés comme étant des insurgés sunnites tandis que les quartiers mixtes seraient désertés de 80 % de leurs habitants chrétiensnotamment en décembre pour célébrer Noël.
     
  15. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Réactions internationales




    Géostratégie de la Russie

    Enjeux géopolitiques


    - Syrie

    Les relations de la Russie avec la Syrie sont cimentées par une communauté de vues (opposition à l’«hégémonie» américaine et à la guerre en Irak, etc.), une perception des menaces vivace du côté syrien (qui renforce l’intérêt du recours à la Russie) et par des liens culturels anciens. Néanmoins, c’est sur la coopération militaro-technique que se focalise l’essentiel de l‘agenda entre Moscou et Damas.

    À l’époque soviétique, le régime d’Hafez El-Assad a bénéficié d’importantes livraisons d’armes, au point de faire de l’armée syrienne l’une des plus puissamment équipées de la région. L’effondrement de l’URSS a laissé à la Syrie une dette conséquente à l’égard de la Russie, objet de discorde entre Moscou et Damas dans les années 1990, en plus de priver le pays de toute possibilité de moderniser son vaste arsenal.

    Après une amélioration des relations à l’occasion de la visite du ministre de la Défense syrien Moustafa Tlas à Moscou en 2001, un tournant diplomatique intervient en 2005 lorsque le Kremlin décide de ramener la dette syrienne de 13,4 milliards de dollars à 3,6 milliards. Le dialogue stratégique et économique se renforce depuis lors : le président syrien Bachar el-Assad a rendu visite à son homologue russe en 2005, 2006 et 2008. Au centre de ses déplacements figure la reprise de la coopération militaro-technique, contestée par Jérusalem et Washington, d’autant que cette relance s’est inscrite dans le contexte de la crise libanaise déclenchée à la suite du retrait forcé des troupes syriennes du Liban et de l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri en 2005.

    La Russie a vendu à la Syrie des missiles de défense anti-aériens à courte portée et livré des chasseurs MiG-31 E de dernier cri. En revanche, Vladimir Poutine a interdit la vente de matériels plus sophistiqués qui seraient considérés par Israël comme une menace à sa sécurité. La Russie n’a pas non plus usé de son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour empêcher l’adoption de résolutions sur le retrait des troupes syriennes du Liban et sur l’assassinat de Rafic Hariri.

    Sur un plan stratégique, la Russie entend profiter des atouts que peut lui offrir la Syrie dans sa politique moyen-orientale, les dirigeants russes considérant Damas comme un pivot incontournable en Méditerranée. En particulier, elle devrait réutiliser la base navale de Tartous abandonnée après 1991 faute de moyens. La Russie y stationne une garnison de 150 hommes. Damas offre par ailleurs des facilités logistiques aux bâtiments de guerre russes dans le port de Lattaquié, ce qui permet à Moscou de disposer d’une plate-forme de soutien pour un éventuel déploiement naval dans la région.

    En effet, depuis l'été 2007, le commandant en chef de la marine, l'amiral Vladimir Massorine, réfléchit au rétablissement d'une présence navale permanente en Méditerranée qu'il considère comme «une mer de la plus haute importance stratégique» et comme «une région où la puissance navale et le drapeau russe doivent être vus ». Selon les services israéliens, les Russes voudraient rajouter des navires pour soutenir le bâtiment russe stationné dans le port de Tartous (où les Russes effectuent des travaux en 2006) mais aussi à Lattaquié. Les Israéliens estiment que l'escadre serait constituée autour du croiseur lance missiles Moskova, et craignent que les bases russes deviennent des sites de défense aérienne et des centres de renseignement électronique.


    - Iran
    Dans la "montée en puissance" de la Russie au Proche et Moyen-Orient au cours des mandats présidentiels de Vladimir Poutine, l’Iran n’a pas été oublié et joue un rôle clé dans la diplomatie moyen-orientale russe.

    La relation russo-iranienne de cette dernière décennie est mue par une communauté d'intérêts réciproques, en particulier dans le domaine commercial et sécuritaire. Les enjeux économiques jouent en effet un rôle important, malgré leur relative modestie (en 2005, la Russie était le 7[SUP]e[/SUP] partenaire commercial de l’Iran). Tous les secteurs russes de pointe (armement, aéronautique, spatial, nucléaire et énergie) ont été activement soutenus en Iran par le gouvernement russe ces dernières années.
    Dans le domaine de l’armement, la Russie est un partenaire particulièrement intéressant pour l’Iran, soumis à un embargo américain depuis trois décennies. Téhéran est ainsi devenue le troisième client de l’industrie de défense russe, bien que très loin derrière la Chine et l’Inde. Cependant, le caractère sensible de certains armements vendus ou devant être transférés par Moscou à Téhéran (missiles sol-air Tor-M1, système antimissile S-300) ont mis sur le devant de la scène internationale la coopération militaro-technique entre la Russie et l'Iran. Les États-Unis (notamment par l'entremise de l'Arabie saoudite, rivale de la République islamique) et Israël, en particulier, ont demandé l'annulation des contrats d'armements russo-iraniens.


    Sur le plan sécuritaire, la stabilité de l’environnement stratégique régional est un autre intérêt partagé par les deux pays. L’Iran n’a pas cherché à entrer en rivalité avec Moscou dans le Caucase et en Asie centrale. Téhéran partage avec Moscou le désir d’être entouré d’états relativement stables et les deux pays veulent éviter une éventuelle contagion des instabilités des pays voisins à leurs territoires.

    La relation entre la Russie et l'Iran est cependant traversée par certains facteurs d'ambigüité.
    Dans le dossier du nucléaire iranien, la Russie joue un rôle clé. Russes et Occidentaux ont dans cette affaire des intérêts communs : il n’est pas de leur intérêt que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. La Russie, qui a toujours affirmé que les équipements livrés à l’Iran pour la centrale de Bushehr n’ont de finalité que civile, a pris des mesures marquant son engagement en matière de non-prolifération.

    En février 2005, elle n’accepte de signer un contrat sur la livraison du combustible qui doit alimenter cette centrale qu’après avoir reçu de Téhéran des garanties de non-prolifération. Elle a par ailleurs tenté de trouver des compromis permettant à l’Iran de se doter de centrales d’énergie nucléaire dans des conditions qui soient acceptables pour la communauté internationale, proposant notamment en 2005 que les opérations d’enrichissement d’uranium nécessaires au fonctionnement des centrales iraniennes se fassent entièrement sur son sol.

    En 2006-2007, elle se rapproche en outre des positions américaines et européennes. Elle accepte au début de 2006, après s’y être longtemps opposée, que l’AIEA transfère ce dossier au Conseil de sécurité des Nations unies. Bien qu’hostile à l’idée de sanctions économiques qui ne vont pas dans le sens de ses intérêts, elle se résout en décembre 2006, puis en mars 2007, de suspendre, à la suite de défauts de paiement iraniens (que Téhéran nie), l’exécution du contrat sur la centrale de Bushehr dont la mise en route a pris plusieurs années de retard.


    La Russie cultive cependant les ambiguïtés. Elle n’a, semble-t-il, jamais accepté de partager avec les Occidentaux les informations dont elle dispose sur le programme nucléaire iranien. Si elle se rapproche en 2006-2007 des positions américaines et européennes, c’est probablement parce qu’elle redoute une intervention militaire américaine en Iran qui risquerait de déstabiliser davantage qu’ils ne le sont déjà le Moyen-Orient et le monde musulman. Elle ne le fait qu’avec de fortes réticences et après avoir tenté à chaque étape des négociations de gagner du temps. Lors de la visite que Vladimir Poutine fait en 2007 à Téhéran, il réaffirme son soutien aux positions iraniennes et son opposition à toute menace d’un recours à la force pour sortir de la crise.

    De façon paradoxale, les enjeux liés aux États-Unis, centraux dans le renforcement du partenariat stratégique russo-iranien, sont une des principales sources de divergences entre les deux pays. Des ambiguïtés persistent, réduisant la portée de leur entraide. Dans le cadre du développement de ses relations avec Téhéran, Moscou est attentive à ne pas s’aliéner Washington. La Russie tente souvent de jouer sur les deux tableaux, l’équilibre étant généralement assez difficile à trouver.

    La carte iranienne peut être utile pour la Russie, notamment pour améliorer son image dans le monde musulman. Mais pour l’Iran, l’affichage de bonnes relations avec Moscou n’est pas aussi intéressant. La Russie est partenaire d’Israël dans la lutte contre le terrorisme, a soutenu les Serbes et utilise la force militaire contre les populations musulmanes du Nord Caucase.

    Depuis le raidissement du régime islamique consécutif aux élections présidentielles contestées de juin 2009, les relations entre Moscou et Téhéran semblent moins sereines qu'auparavant. L'Iran reproche à la Russie le retard dans la livraison des systèmes antimissiles S-300 à l'armée iranienne, le rapprochement de Moscou avec Riyad et les menaces de sanctions russes au Conseil de sécurité de l'ONU. Toutefois, Moscou très réticente à accepter des sanctions qui puissent pénaliser ses intérêts (embargo sur les armes).

    ……..


    Le 3 août 2012, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies Ban Ki-moon dénonce une «guerre par procuration entre grandes puissances». La Syrie est en effet l'enjeu d'une lutte géopolitique entre deux camps : l'Iran et la Russie d'un côté, le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et les États-Unis de l'autre.

    Saoudiens, Qataris et Emiratis fournissent à l'Armée syrienne libre kalachnikovs, lance-grenades, missiles antichar et sol-air contre les hélicoptères et équipements sanitaires, la Central Intelligence Agency équipe en moyens de transmissions.

    Les Russes ont envoyé des centaines d'instructeurs et de techniciens entretenir le matériel de guerre vendu par Moscou : hélicoptères d'attaque, missiles, radars, batteries antiaériennes. Les Iraniens auraient envoyé des soldats combattre aux côtés des troupes loyalistes.


    SUITE DEMAIN INCHA2 ALLAH
     
  16. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    ONG et personnalités


    Appel de personnalités


    Dans une lettre ouverte publiée le 13 mars 2012, une cinquantaine de personnalités, anciens dirigeants politiques, Prix Nobel de la paix et intellectuels ont appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir pour retirer au président syrien son «permis de tuer» :
    Dans ce texte publié dans le Financial Times et dans Le Figaro, ces personnalités de plus de vingt-sept nationalités estiment que « es divisions au sein de la communauté internationale ont donné au gouvernement d'Assad un permis de tuer et demandent que ce permis lui soit maintenant retiré».


    Amnesty International


    Le 14 mars 2012, Amnesty International rend public un rapport dénonçant un recours de grande ampleur à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en Syrie par le régime. L'ONG recense 31 méthodes de torture et d’autres formes de mauvais traitements attribuées aux forces de sécurité, à l’armée et aux bandes armées progouvernementales connues sous le nom de shabiha.

    Comité international de la Croix-Rouge


    Le 21 février 2012, Le Comité international de la Croix-Rouge a demandé instamment aux autorités syriennes et à toutes les autres parties au conflit d’observer une cessation quotidienne des violences afin de permettre l’acheminement rapide des secours humanitaires. Le CICR a également rappelé à toutes les parties au conflit qu'elles étaient tenues de faire en tout temps la distinction entre les civils et les personnes participant aux hostilités et de respecter pleinement le droit international humanitaire.
    Le 3 septembre 2012, le président du CICR, Peter Maurer, s'est rendu en Syrie pour une mission de trois jours, avec pour objectif de renforcer l'action humanitaire du CICR et du Croissant-Rouge arabe syrien.


    Human Rights Watch


    Le 15 mars 2012, Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué les « méthodes de terre brûlée » utilisées par l’armée syrienne afin de tenter d'écraser la révolte qui perdure dans le pays. L'ONG basée à New York déplore que le Conseil de sécurité l'ONU soit bridé par la Russie et la Chine et considère qu’après un an de révolte populaire en Syrie «le Conseil de sécurité devrait enfin s'unir et signifier clairement à Assad que ces attaques doivent cesser». Le 20 mars 2012, Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué des crimes également commis par des groupes armés de l'opposition.

    Observatoire syrien des droits de l'homme


    L'OSDH est un organisme d'information controversé revendiquant un réseau d'environ 200 contacts, source importante des principaux médias occidentaux pour le conflit syrien.
    L’Observatoire syrien des droits de l'homme a été critiqué par des chercheurs et diplomates pour donner des affirmations invérifiables à court terme et avoir donné des informations fausses (comme la mort de Zainab al-Hosni, présentée comme martyre de la répression avant de réapparaître).
    Les critiques dénoncent la fiabilité de cet organisme, remarquant qu'il n'est composé que de deux personnes basées au
    Royaume-Uni affirmant recevoir des informations au téléphone par un réseau de 200 civils en Syrie. Alors que des spécialistes du Moyen-Orient comme Alain Chouet et Fabrice Ballanche estiment que l'OSDH est un «instrument de propagande» des Frères musulmans, d'autres comme Bassam Tahhan décrivent l'OSDH comme proche des «services secrets britanniques».

    Saint-Siège


    Le Saint-Siège a plusieurs fois appelé à l'arrêt des violences en interpellant aussi bien les parties impliquées que la communauté internationale ainsi que les leaders religieux et les croyants des différentes religions.
    Et, alors que l'ONU décide de retirer ses observateurs, le 16 juin, le Saint-Siège a réitéré ses appels en demandant à ce que la Syrie ne soit ni abandonnée ni oubliée. Ce même jour, l'agence Fides, de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, a relayé l'appel d'environ 800 civils musulmans et chrétiens de Homs pris au piège. Information reprise dans les médias occidentaux.


    Pays occidentaux


    Dès le mois de mars 2011, l'Union européenne, le Canada, les États-Unis et la Turquie ont condamné les violences.

    En Europe


    L'Union européenne a pris des sanctions à plusieurs reprises contre le régime de Bachar El-Assad. Tout au long du mois d'août 2011, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a annoncé une série de sanctions contre la Syrie. Une vingtaine de personnes faisant partie du régime de Bachar El-Assad ont été interdits de visa et voient leurs avoirs gelés. Cinq entreprises militaires impliquées dans les violences sont interdites de relations commerciales. Un embargo de l'UE sur les exportations de pétrole syriennes est également instauré.

    Le 23 mars 2011, le Ministère des Affaires étrangères français appelle le pouvoir syrien à «renoncer à tout usage excessif de la force» et condamne «les violences qui font des morts et des blessés». Il invite également Bachar al-Assad à engager des réformes politiques. La France se joint à la demande du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de «procéder à une enquête transparente sur les événements» des jours précédents.

    Le 17 novembre 2011, la France rappelle l'ambassadeur français en Syrie, Éric Chevallier, à Paris et ferme les consulats généraux d'Alep et de Lattaquié.

    Le 12 mars 2012 Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, dénonce «l'obstination criminelle de gouvernements archaïques» et la fuite en avant du régime syrien qui «s'enfonce dans une répression toujours plus sanglante, dans une violence toujours plus barbare».


    Aux États-Unis


    Le 10 août 2011, le gouvernement des États-Unis prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas. Ces sanctions empêchent les citoyens américains de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés situés aux États-Unis sont gelés.

    Dans une déclaration écrite publiée le 18 août 2011, le président Obama dit explicitement pour la première fois que Bashar El-Assad devrait démissionner : «Le futur de la Syrie doit être déterminé par son propre peuple, mais le président Bashar al-Assad s'est mis en travers… Pour le bien du peuple syrien, le moment est venu pour le président Assad de s'éloigner.» Il a condamné à nouveau la répression brutale, mais répété que les États-Unis n'interviendraient pas dans les affaires syriennes au-delà des pressions politiques et économiques pour qu'Assad quitte le pouvoir. Le même jour, Hillary Clinton a annoncé un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers syriens aux États-Unis.


    En Asie


    L'Inde et la Corée du Nord sont favorables à une résolution du conflit par un dialogue entre Syriens. Le Bangladesh s'aligne sur la position de la fédération de Russie.

    En Amérique du Sud


    Le président vénézuélien, Hugo Chavez, apporte dans ce contexte son soutien à son «ami» Bachar el-Assad, et le décrit comme «un humaniste».
    D'autres pays comme le Brésil soutiennent une position en faveur du dialogue avec le régime syrien de Bachar Al-Assad.
    La Bolivie soutient une solution pacifique sans intervention étrangère.

    En Russie et en Chine


    La Russie et la Chine s'opposent à toute résolution ou sanction envers le régime syrien, ce qui pourrait entre autres s'expliquer par des raisons intérieures (craintes de voir le Printemps arabe faire tache d'huile chez eux), par des raisons de principes (ces deux pays sont traditionnellement opposés à tout droit d'ingérence), ou encore par des raisons d'intérêts :

    - la Russie est notamment le premier fournisseur d'armes au régime syrien, qui reste le seul allié de Moscou dans la région, y compris du point de vue militaire grâce à la base navale de Tartous : c'est la dernière qui, en Méditerranée, accueille encore en permanence des navires de la flotte militaire russe ; la Russie prétend néanmoins ne livrer que des armes de défense anti-aérienne à la Syrie, affirmant même en juillet 2012 qu'elle ne conclurait plus de nouveaux contrats d'armement avec la Syrie avant la stabilisation de la situation ;

    - la Chine s'aligne systématiquement sur les positions russes en espérant tout simplement obtenir en retour un soutien de Moscou lorsque les intérêts chinois sont également menacés.

    Ces deux pays ont notamment boycotté en juin 2011 les discussions à l'ONU destinées à établir un projet de résolution condamnant la répression sanglante en Syrie. Moscou se déclare par la suite opposé aux sanctions prises par l'Union européenne au cours du mois d'août. Début octobre 2011 à l'ONU, Russes et Chinois opposent leur veto à un projet de résolution concernant le régime Syrien, puis l'opposent une seconde fois en février 2012.

    Alors qu'une demande d'intervention de la Turquie par des réfugiés syriens se fait de plus en plus pressante, la Russie prévoit en retour de déployer une importante flotte militaire dans les eaux territoriales syriennes pour empêcher une éventuelle attaque de l'OTAN.

    Le 20 mars 2012, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce que la Russie est prête à soutenir une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appuyant la mission en Syrie de Kofi Annan sous condition que celle-ci «ne constitue pas un ultimatum».

    Le 5 juin, son vice-ministre Guennadi Gatilov affirme n'avoir "jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique", ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie, devant la répétition de massacres.

    Le 25 juin la crise prend une tournure plus internationale lorsque la défense anti-aérienne syrienne abat un F-4 Phantom de la Force aérienne turque effectuant un vol d'entraînement au-dessus des eaux internationales. Les autorités syriennes arguent que le chasseur avait violé l'espace aérien syrien et menacent de détruire les équipages partis à la recherche des débris de l'aéronef. Le lendemain la Turquie demande à Bruxelles une réunion de crise des 28 ambassadeurs de l'OTAN. À l'issue de cette réunion la solution de représailles militaires contre le régime syrien n'était pas retenue d'actualité comme l'a confirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

    Sur le plan financier, la Russie a envoyé des tonnes de billets de banque à la Syrie. L'impression de la monnaie syrienne était initialement dévolue à une banque autrichienne mais elle fut stoppée à cause des sanctions occidentales.


    Au Moyen-Orient


    Plusieurs capitales arabes condamnent finalement le pouvoir syrien, se joignant aux pays occidentaux pour provoquer une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 22 août 2011.

    Le 12 novembre 2011, la Ligue arabe (sauf l'Irak et le Liban) vote la suspension de l'adhésion de la Syrie à toutes ses réunions à compter du 16 novembre et prône des sanctions politiques et économiques contre le pouvoir syrien.

    Le 7 mai 2012, les chefs de tribus se rencontrent à une conférence au Caire pour annoncer leur support de l'Armée syrienne libre et des révolutionnaires en Syrie ; à la fin de la conférence les chefs de tribus arabes en Syrie annoncent la fondation d'un conseil politique, où toutes les tribus en Syrie sont représentées.

    Le 15 août 2012, le sommet islamique de La Mecque (en Arabie saoudite) prononce la suspension de la Syrie de l'Organisation de la coopération islamique.
    Cependant, le roi du Bahreïn, qui vient de réprimer la contestation massive dans son propre pays, apporte son soutien au régime de Damas.

    Quant à l'Égypte, elle adopte une position ambiguë.
    En février 2012, le chef de la diplomatie égyptienne
    Mohamed Kamel Amr se prononce pour un règlement pacifique du conflit syrien, une prise en compte des exigences du peuple et une cessation immédiate des violences dans le pays, rejetant toute ingérence extérieure.
    En septembre 2012, le président égyptien Mohamed Morsi affirme qu'«il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme» et que le régime de Bachar el-Assad «ne sera pas là pour longtemps», ce à quoi réagit le ministère des affaires étrangères syrien en accusant l'Égypte d'ingérence ; mais le même mois, Morsi s'oppose devant l'Assemblée générale de l'ONU à une intervention militaire étrangère.

    D'un autre côté, l'appartenance de la famille el-Assad au groupe ethnique et religieux chiite des Alaouites a permis depuis plusieurs années un important rapprochement du régime iranien des Mollahs : le régime syrien est ainsi devenu le principal allié de Téhéran dans le monde arabe. Mais la nature du soutien de l'Iran aux forces de Bachar el-Assad reste longtemps confuse.
    Dans un premier temps, Téhéran semble avant tout préoccupé de préserver ses intérêts dans la région en adoptant une attitude assez ambiguë.

    D'un côté, l'Iran prend quelques distances avec le régime de Damas en ouvrant le dialogue avec l'opposition syrienne ; de l'autre, il désapprouve les sanctions prises par la Ligue arabe, craignant que celles-ci n'attisent la violence, et ne débouchent ainsi sur une guerre civile. Mais alors que l'Union européenne et de hauts responsables militaires américains ont accusé l'assistance iranienne, le commandant en second de la Force Al-Qods (milice des Gardiens de la révolution) reconnaît en juin 2012 que la République islamique a été présente en Syrie lors de la révolte, poussant le chef des forces armées iraniennes à assurer que l'aide était "uniquement logistique et morale".

    De son coté, l'Armée syrienne libre affirme avoir capturé des combattants iraniens en mars 2012, tandis que le ministre des affaires étrangères iranien admet en août 2012 que «des retraités des Gardiens de la révolution et de l'armée, mais aussi d'autres administrations» figuraient parmi 48 otages iraniens enlevés à Damas. Le même mois, le Guide suprême Ali Khamenei déclare par ailleurs : «La Syrie est notre première ligne de défense. Nous combattons là-bas pour notre propre compte. Nos ennemis viendront vers nous après la Syrie, et c'est pour les ralentir et résister à leurs plans que nous nous y battons».

    En septembre 2012, le commandant de la Force Al-Qods reconnaît la présence de certains de ses hommes en Syrie, en précisant qu'ils fournissent une assistance de nature «intellectuelle» et «financière» mais non militaire ; cette déclaration est suivie d'un démenti par le ministre iranien des affaires étrangères. Le même mois, la diffusion d'une photo de la tombe de Moharram Tork, un gardien de la révolution «mort en martyr pour la patrie» à Damas, confirme que l'assistance iranienne est bien militaire.

    Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS), l'aide iranienne a d'abord été logistique avant de devenir militaire dès 2011 : l'Iran aurait alors envoyé des militaires, des gardiens de la révolution et des armes pour soutenir le régime syrien, s'engageant même à un soutien "illimité" dans le cadre d'un accord de défense mutuelle après l'attentat ayant touché la cellule de crise syrienne le 18 juillet 2012.
    Par ailleurs, l'Iran a notamment fourni une aide d'un milliard de dollars au régime syrien pour contourner les sanctions internationales. Ce soutien économique est reconnu en février 2013 par le ministre iranien des affaires étrangères, précisant que son gouvernement fournit notamment de l'essence et du blé au régime syrien.
    En revanche, il déclare par ailleurs :
    «L'armée syrienne est suffisamment importante et n'a pas besoin de combattants étrangers».

    En outre, le Hezbollah, la milice libanaise chiite pro-iranienne à laquelle Damas assure toujours à l'heure actuelle un important soutien logistique dans sa lutte contre Israël, a également été accusé par l'opposition syrienne d'envoyer des combattants en soutien des forces de Bachar el-Assad (ce qu'il a démenti), puis par le Département du Trésor des États-Unis de jouer un "rôle central" dans la répression, sans que ces affirmations soient vérifiables dans un premier temps.
    Toutefois, on apprend en octobre 2012 qu'un commandant du Hezbollah, Ali Hussein Nassif, et plusieurs de ses hommes ont été tués en Syrie, alors que l'Armée syrienne libre affirme détenir 13 hommes de la milice libanaise et accuse celle-ci d'être «impliqué[e] jusqu'au cou dans le conflit syrien, dans l’assassinat du peuple syrien et dans la tentative de mater la rébellion surtout à Damas et Homs». Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah assure alors que des membres de son parti combattent bel et bien les rebelles syriens mais à titre individuel et sans mandat de sa formation, puis déclare en février 2013 que «tout ce qui aboutirait à transférer la lutte en Syrie vers le Liban serait une erreur» ; mais dans le même temps, il est annoncé dans la presse que les combats ayant lieu du côté syrien de la frontière syro-libanaise ont fait trois morts au sein de l'organisation libanaise.
    Néanmoins, pour le directeur de l'
    Observatoire syrien des droits de l'homme Rami Abdel Rahmane, «il ne s'agit pas de combattants du Hezbollah» ; il ajoute : «en dépit de nombreuses rumeurs autour de la présence en Syrie de combattants du Hezbollah, nous n'avons recueilli pour l'heure aucune preuve tangible en deux ans de conflit», précisant malgré tout que le Hezbollah contribue, avec l'Iran, à entraîner les forces du régime syrien.
    La milice chiite irakienne
    Badr est également accusée de renforcer l'effort iranien.
    C'est dans ce cadre d'une opposition traditionnelle entre le front sunnite et un front chiite représenté par l'Iran et la Syrie alaouite que peut se lire notamment l'hostilité marquée du Qatar et de l'Arabie saoudite au régime syrien.
    En effet, ce dernier accuse dès fin 2011 ces deux États de participer au financement et à l'armement des «rebelles».
    Ainsi, pour David Rigoulet-Roze, «[les monarchies du
    Golfe] et l'Iran, dont la rivalité est historique, se livrent une guerre par procuration en Syrie aujourd'hui.
    Les pays sunnites redoutent la constitution d'un croissant chiite, de l'Iran jusqu'à la Méditerranée avec le Hezbollah libanais, auquel la Syrie de Bachar Al-Assad offre une continuité».
    Le clivage religieux vient ici doubler un clivage géostratégique, notamment dans l'attitude face aux États-Unis, même s'il faut nuancer cette coïncidence avec l'attitude du
    Hamas sunnite, rattaché à l'axe chiite.


    Aux Nations unies


    Les 7, 20 et 31 juillet 2011, le secrétaire général Ban Ki-moon appelle à mettre un terme à la répression.

    Le 3 août 2011, le Conseil de sécurité condamne la répression par les autorités syriennes. Le 3 août 2011, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne à l'unanimité les «violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils» par les autorités syriennes. Ce type de protestations dépasse par son ampleur et sa durée le soulèvement qui avait mené au massacre de Hama en 1982, d'autant que les membres de différentes communautés se sont impliqués. Fin août est créé le CNS (Conseil national syrien), à l'image du CNT libyen. Il est lancé officiellement les 1[SUP]er[/SUP] et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie.

    Le 5 août 2011, des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils.

    Le 5 octobre 2011, puis le 4 février 2012, la Chine et la Russie opposent à deux fois leur veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression en Syrie.

    En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardées par l'armée syrienne, le secrétaire général des Nations uniesBan Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est «presque certainement un crime contre l'humanité».
    Selon les sources proches de l'opposition, la répression et les combats auraient fait un total de 19 000 morts en juillet 2012 et des centaines de milliers de déplacés. En un an, les organisations humanitaires estiment le nombre de réfugiés à 90 000 en Jordanie.

    Le 23 février 2012,
    Kofi Annan est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie. Il en démissionnera en juillet 2012, face à la mésentente entre les 5 membres permanents du conseil.

    Le 20 mars 2012, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, déclare lors d'une conférence de presse à Bogor, que «La situation en Syrie est devenue intolérable et inacceptable». Il ajoute que «La communauté internationale doit s'unir. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas capables d'avoir une résolution à l'ONU qu'il faut que la souffrance de la population syrienne continue. Il s'agit de la responsabilité morale et politique de la communauté internationale».

    Fin mai 2012, le massacre de Houla suscite une condamnation unanime du régime de Damas par le conseil de sécurité ; cependant Russie et Chine maintiennent tout veto à des projets de résolution du Conseil de sécurité contre le régime Syrien.

    Le 15 août 2012, une commission d'enquêteurs des droits de l'homme des Nations unies conclut que les forces gouvernementales syriennes et les milices chabihas ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment des meurtres et des actes de torture; elle incrimine également les insurgés, quoiqu'à un degré moindre.


    Les Amis de la Syrie


    Le 24 février 2012 se tient en Tunisie la première Conférence internationale des amis de la Syrie, regroupant une soixantaine de délégations arabes et étrangères qui souhaitent voir condamner fermement le régime syrien.
    Elle se réunit pour la troisième fois à Paris le 6 juillet 2012, avec 106 pays participants qui se heurtent toujours au refus de la Chine et la Russie d'infliger des sanctions à la Syrie.




    ____________________________________
    Nom de la page : Histoire de la Syrie
    Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0.
    Source : Article Histoire de la Syrie de Wikipédia en français (auteurs)
    Les textes sont disponibles sous
    licence Creative Commons paternité partage à l’identique
    ____________________________________


    A SUIVRE/


    Armée Syrienne Libre


     
  17. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113



    Armée Syrienne Libre
    - ASL -


    L'Armée syrienne libre (arabe :
    الجيش السوري الحر, al-jayšh as-suri al-ħurr) est la principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad et à l’armée régulière dans le contexte de la guerre civile syrienne. Elle est composée de membres des Forces armées syriennes qui ont fait défection.


    Histoire


    La formation du groupe d'opposition armé est annoncée le 29 juillet 2011 dans une vidéo publiée sur le web par un groupe de militaires syriens en uniforme qui ont fait défection. Ceux-ci appellent les membres de l'armée à faire défection et à les rejoindre. Le chef de ces hommes, qui s'identifie lui-même comme le colonel Riyad al Asaad, affirme que l'Armée syrienne libre travaillerait avec les manifestants à la chute du régime, et précise que toutes les forces de sécurité attaquant des civils sont des cibles justifiées.

    Le 23 septembre 2011, l'Armée syrienne libre (ASL) fusionne avec le Mouvement des officiers libres (MOL, arabe : حركة الضباط الأحرار, ħarakat al-ubba al-aħrar) et devient ainsi le principal groupe armé d'opposition. Cette fusion intervient peu après l'enlèvement par les services de renseignement syriens du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch, chef et fondateur du MOL qui avait refusé de collaborer avec les Frères musulmans et qui devait être le porte-parole officiel de l'ASL avant son kidnapping.

    Le 29 novembre 2011, l'ASL reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS), dont le président Burhan Ghalioun s'oppose à la militarisation de la révolte syrienne : «[La] tâche [de l'ASL] doit se limiter à la protection des manifestants, ils ne doivent pas mener des opérations. Nous ne voulons pas de guerre civile».

    À la mi-décembre 2011, un camp de l'ASL est installé en Turquie. Son accès est strictement contrôlé par les Forces armées turques.

    En février 2012, le général Mustafa Al Cheikh quitte l'ASL et fonde le Haut Conseil militaire et révolutionnaire. Le président du Conseil national syrien Burhan Ghalioun révèle également que son organisation a formé un corps militaire pour rassembler les rebelles du pays sous un contrôle unifié, ce qui est très mal reçu au sein de l'ASL qui n'a pas été tenue au courant.

    Le 1[SUP]er[/SUP] avril 2012, Burhan Ghalioun annonce que son organisation «va prendre en charge le paiement des salaires fixes de tous les officiers, soldats et résistants membres de l'ASL». Le mois suivant, il se déclare finalement favorable à l'armement de l'ASL par l'extérieur.
    Au printemps 2012, l'ASL se dote d'un commandement conjoint regroupant les chefs des brigades établies dans 10 des 14 gouvernorats syriens ; dans le même temps, l’ASL de l’intérieur prend l’ascendant sur les généraux déserteurs réfugiés en Turquie.

    En juillet 2012, l'ASL de l'intérieur annonce son propre plan de transition post-Bachar el-Assad «avec constitution d’un «conseil supérieur de défense» devant à terme choisir un «conseil présidentiel» politico-militaire pour diriger le pays durant la période transitoire» ; mais la proposition est rejetée par le colonel Riyad al Asaad.

    Au début du mois de septembre 2012, le général Mohamed Al-Haj Ali, un officier déserteur, annonce la création d'une Armée nationale syrienne censée s'attaquer à l'influence des réseaux islamistes ou, selon d'autres sources, remplacer l'Armée syrienne libre. Le même mois, le centre de commandement de l'ASL, initialement situé à Hatay en Turquie, est déplacé en Syrie dans le but de mieux contrôler les groupuscules extrémistes agissant en son nom.

    En octobre 2012, l'ASL affirme avoir capturé Houssam el-Assad, cousin du président Bachar el-Assad, par le biais de la brigade djihadiste "Al-Farouk" d'après le cheikh Adnan Al-Arour. Avec d'autres groupes armés, elle se place également sous l'autorité d'une nouvelle direction de 30 hommes chargée de superviser la lutte contre l'armée syrienne et notamment composée de plusieurs dirigeants de l'ASL comme le commandant Riyad al Asaad, le général Moustafa Cheikh et le général Mohammed Hadj Ali. Ce nouveau conseil militaire est lancé sous l'influence de la Turquie, de l'Arabie saoudite et du Qatar dans la perspective d'une meilleure transmission d'armes.

    En novembre 2012, le conseil militaire de l'ASL annonce son soutien à la nouvelle Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolutionet sa collaboration avec elle.
    En décembre 2012, des manifestations se déroulant à Alep s'en prennent à l'Armée syrienne libre alors que celle-ci avait conquis la moitié de la ville en juillet.


    Conflit avec le Liban


    En mai 2012, face aux accusations de l'agence libanaise (ANI), l'ASL dément toute implication dans le rapt de pèlerins chiites libanais dans le nord de la Syrie, accusant le régime syrien d'en être à l'origine.

    En août 2012, Hassan al-Mouqdad, issu d'une puissante famille chiite proche du Hezbollah, «sniper à la solde de Damas» selon ses ravisseurs, est kidnappé par des hommes se réclamant de l'ASL. En réponse, le clan al-Mouqdad organise l'enlèvement d'une vingtaine de Syriens et d'un Turc, et des rixes anti-syriennes ont lieu dans les quartiers chiites de Beyrouth, tandis que l'aéroport devient inaccessible. Un message diffusé sur une chaîne pro-Hezbollah menace également les citoyens du Qatar et de l'Arabie saoudite, ce qui incite ces deux pays ainsi que les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït à intimer à leurs ressortissants de quitter le Liban. Mais le Conseil militaire de l'ASL dément être lié à l'enlèvement de Hassan al-Mouqdad.

    En septembre 2012, des soldats de l'ASL font incursion dans une poche sunnite à l'est du Liban, près du village d'Ersal, afin de mieux attaquer les troupes de l'armée loyaliste. Celle-ci n'hésite pas à répliquer de son côté, ce qui contraint le Liban à protester auprès de Damas. De plus, «les alliés libanais du régime syrien, comme le Hezbollah, accusent certaines forces politiques implantées dans le village d’Ersal de faciliter la contrebande d'armes destinées aux insurgés syriens».

    En février 2013, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, déclare que «tout ce qui aboutirait à transférer la lutte en Syrie vers le Liban serait une erreur» mais les combats continuent entre la milice et les insurgés syriens du côté syrien de la frontière syro-libanaise. Le même mois, le général Selim Idriss, chef d'état-major de l'ASL, menace de bombarder le Hezbollah au Liban, accusé de tirer sur des localités rebelles en Syrie.


    Drapeau


    Le drapeau adopté par l'ASL est celui qui a marqué l'indépendance du pays vis-à-vis de la France. Il a été remplacé par le drapeau syrien actuel lorsque la junte militaire a effectué un coup d'État en 1963 pour porter le parti Baas au pouvoir. L'opposition, dont l'ASL fait partie, a donc fait son symbole du drapeau antérieur à ce coup d'État.

    Effectifs


    Fin 2011, les civils constituent la majorité des troupes de l'ASL (dont le total oscille alors entre 8 000 et 15 000 hommes), en particulier des jeunes appelés qui ne sont pas retournés à leurs casernes à l’issue d’une permission et des retraités de l'armée.

    Vers la mi-janvier 2012, l'ASL déclare avoir 40 000 hommes dans ses rangs. À l'été 2012, le commandant Riyad al Asaad ainsi que le porte-parole en France de l'ASL Fahd el-Masri revendiquent des effectifs ayant dépassé les 100 000 hommes, alors que les spécialistes indiquent qu'un tiers de l’armée régulière aurait fait défection, soit 100 000 hommes également, mais sans pouvoir déterminer s'ils ont tous rejoint l'ASL.


    Armement, financement et soutiens

    Sources de l'intérieur

    La plupart des armes utilisées par l'Armée syrienne libre seraient achetées directement à des soldats ou aux "chabbihas", les milices pro-régime, récupérées lors des attaques menées contre les postes et convois des forces loyales au régime ou fabriquées par les soldats de l'ASL eux-mêmes. D'après Rifaat el-Assad, l'armée régulière aurait même «alimenté en armes sophistiquées et en munitions l'armée libre».
    En juillet 2012, Fahd el-Masri, porte-parole de l'ASL à Paris, affirme que l'ASL dispose seulement d'armes légères et moyennes. En février 2013, l'ASL prend le contrôle d'une base aérienne, al-Jarrah, située près d'Alep : c'est la première fois depuis le début de la guerre civile que des avions militaires susceptibles de fonctionner tombent entre les mains des rebelles.

    Le 1[SUP]er[/SUP] avril 2012, le Conseil national syrien (CNS), lui-même financé par des pays étrangers, annonce qu'il va payer les salaires des membres de l'ASL. Au 31 octobre 2012, le CNS publie le montant et l'origine des sommes qu'il a reçues de l'extérieur, soit 40,4 millions de dollars, dont 7 % (soit 2,8 millions) sont allés à l'ASL.
    Néanmoins, cette dernière bénéficie d'importants soutiens extérieurs dont l'initiative est critiquée par la Russie.


    Soutiens régionaux
    Le financement et l'armement extérieurs de l'ASL semblent venir principalement de pays du Golfe arabique comme l'Arabie saoudite, le Qatar, d'autres pays comme la Turquie et quelques pays occidentaux. Il est aussi possible qu'une partie du financement soit due au fait d'expatriés syriens.

    Si le Parlement du Koweït a officiellement annoncé son soutien à l'ASL en mars 2012, Riyad al Asaad dément dans le même temps que des Koweïtiens combattent aux côtés des rebelles.
    En juin 2012, un journal koweïtien affirme que des dizaines de Koweïtiens luttent aux côtés de l'ASL, mais également d'importants groupes de combattants originaires d'Arabie saoudite, d'Algérie et du Pakistan. L'ASL a par ailleurs reconnu que des combattants djihadistes se sont rangés à ses côtés, mais sans avoir un rôle «significatif».
    Une opération importante comme le double attentat mené sur le siège de l'état-major syrien le 26 septembre 2012 à Damas est pourtant revendiquée par un groupe de djihadistes, alors que l'ASL précise avoir également participé à l'opération, sans que ses liens avec le groupe soient clairs. De même, la capture de Houssam el-Assad serait due à "Al-Farouk", une brigade djihadiste de l'ASL.
    D'après un rapport publié en septembre 2012 par la fondation anglaise Quilliam, l'ASL serait composée à 10 % par des islamistes radicaux.
    Pour le politologue Hasni Abidi, «l’ASL est un peu une auberge espagnole. Il s’agit d’éléments armés, opposés au régime au pouvoir, qui décident de le défier mais on ne sait pas qui ils sont exactement. Il y a de nombreux mouvements isolés. Et, avec les frontières avec l’Irak et la Turquie qui sont devenues de véritables passoires, les conditions sont propices à l’entrée en Syrie de ce que l’on appelle les nouveaux djihadistes». Mais dès la fin 2012, les djihadistes semblent gagner de l'influence au détriment de l'ASL, notamment en bénéficiant de fonds bien plus importants que celle-ci.


    Soutien américain
    À partir du printemps 2012, des agents de renseignement américains de la CIA aident à acheminer des armes à l'opposition syrienne depuis la Turquie. La CIA et le Département d'État américain travaillent également avec les alliés du Golfe pour aider l'Armée syrienne libre à développer des routes logistiques et faire passer du matériel en Syrie. Les Frères musulmans syriens figurent parmi les intermédiaires.
    La CIA veille en particulier à ce que les armes parviennent aux rebelles et non aux djihadistes infiltrés en Syrie, mais un rapport publié par le New York Times en octobre 2012 révèle qu'elle y échoue, ces derniers bénéficiant de la majorité de l'approvisionnement. Elle fournirait également aux opposants des renseignements sur l'emplacement des troupes syriennes et leurs mouvements. En août 2012, des médias américains rapportent que le président Barack Obama a signé un document secret autorisant l'aide américaine à l'ASL : alors qu'officiellement les États-Unis n'offrent qu'une aide médicale et logistique à la rébellion syrienne, la CIA aurait avec cette directive l'autorisation d'agir clandestinement contre le régime syrien.
    Par ailleurs, le "Syrian Support Group", une association américaine en soutien des rebelles, a reçu une dérogation du Département du Trésor des États-Unis pour apporter une aide financière et logistique à l'Armée syrienne libre.


    Soutien britannique
    En février 2012, le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague déclare que le Royaume-Uni s'apprête à envoyer de l'équipement en communication stratégique à l'opposition syrienne, et qu'il n'y aurait pas de limites à ce soutien.
    En août 2012, le Sunday Times annonce que le service de renseignements britannique a apporté, depuis ses bases chypriotes, une aide logistique à l'ASL pour lancer des attaques sur les forces gouvernementales, et ce avec la pleine approbation des autorités britanniques.


    Soutien français
    En juin 2012, le gouvernement français déclare qu'il envisage à son tour de fournir des moyens de communication aux rebelles syriens. En septembre, il affirme se refuser à aller plus loin en leur confiant des armes, mais commence à soutenir financièrement des territoires libérés et réfléchit à leur fournir de l'artillerie lourde en vue d'une protection contre des attaques du régime.

    Soutien allemand
    En août 2012, les médias allemands signalent que le navire de reconnaissance Oker appartenant au Service fédéral de renseignement allemand se livre à des activités d'espionnage au profit de l'ASL par l'intermédiaire des services américain et britannique. Interpellées par l'opposition, les autorités allemandes, si elles reconnaissent la présence d'un bâtiment de la marine équipé d'appareils de surveillance dans les eaux internationales au large de la Syrie, nient qu'il s'agisse d'un navire d'espionnage.

    Vers la coordination des soutiens étrangers
    À partir de septembre 2012 est mise en place une structure d'échange de renseignements et de planification en soutien aux rebelles, incluant les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Turquie et la Jordanie, ainsi que des discussions avec les États du golfe, l'Arabie saoudite et le Qatar :

    - selon le quotidien anglais The Independent, cette coalition «dresse des plans pour entraîner les combattants rebelles en Syrie et leur apporter un soutien aérien et naval».

    - En septembre 2012 également, Philip Giraldi, ancien agent de la CIA à Istanbul, confie au journal turc Hürriyet qu'une cinquantaine d'agents de renseignement de nationalités américaine, française, allemande, britannique et peut-être grecque travaillent à la frontière turco-syrienne depuis la base aérienne d'Incirlik, avec de nombreux espions et informateurs à leur service et une importante coordination des services de renseignement turcs, notamment dans les rencontres avec les représentants de l'ASL.

    - Enfin, selon le New York Times, David Petraeus, directeur de la CIA, se rend dans le même temps en Turquie pour tenter d'encadrer l'approvisionnement du Qatar et de l'Arabie Saoudite en armes à destination des rebelles, alors que des responsables américains déplorent «qu'il n'existe pas de système centralisé pour coordonner ces livraisons et contrôler à quels groupes elles sont destinées».


    Critiques et controverses

    Atteintes aux droits humains et aux libertés


    En juin 2012, Human Rights Watch (HRW) accuse l'Armée syrienne libre de recruter des enfants soldats. La commission d'enquête sur la Syrie des Nations unies alerte à son tour sur ce sujet en août en assurant avoir rassemblé des preuves du non-respect de l'engagement pris par Riyad al Asaad, chef de l'ASL, de ne pas utiliser des enfants à des fins militaires. HRW renouvelle sa critique dans un rapport publié en novembre : selon l'ONG, au moins trois brigades de l'ASL auraient recours à des enfants, ce qui constitue un crime de guerre.

    Le 20 juillet 2012, Adnan al-Assadi, ministre irakien de l'intérieur, accuse des membres de l'Armée syrienne libre d'avoir coupé les jambes et les bras d'un lieutenant-colonel de l'Armée syrienne, et exécuté 22 soldats syriens.

    Le 31 juillet 2012, l'ASL diffuse une vidéo où l'on voit certains de ses membres exécuter sommairement des miliciens au service du régime de Bachar el-Assad, ce qui déclenche de nombreuses critiques. L'acte est condamné par le commandement de l'ASL, qui affirme respecter les lois et les conventions internationales.

    Le 15 août 2012, une commission d'enquête mandatée par l'ONU écrit dans un rapport que «des crimes de guerre, incluant des meurtres, des assassinats extra judiciaires et des tortures ont été commis par les groupes armés anti-gouvernementaux. Toutefois ces violations et abus n'étaient pas de la même gravité, fréquence et échelle que ceux commis par les forces gouvernementales syriennes et les Chabbiha », accusées pour leur part de crimes contre l'humanité.
    En août 2012, la BBC censure une vidéo tournée par un journaliste du New York Times où l'on voit des rebelles de l'ASL forcer un prisonnier à commettre un attentat suicide.

    En septembre 2012, l'Observatoire syrien des droits de l'homme accuse des membres de l'ASL d'avoir exécuté sommairement une vingtaine de soldats de l'armée syrienne, ce dont l'ASL se défend ; Jean-Marie Fardeau, directeur de Human Rights Watch, affirme alors disposer d' «une dizaine de cas d'exécutions documentés de l'ASL».

    En octobre 2012, les comités de coordination locaux (la résistance syrienne de l'intérieur) publient un communiqué pour réclamer la remise en liberté immédiate de Fida Itani, journaliste au quotidien libanais Al-Akhbar maintenu en "résidence surveillée" par une unité de l'Armée syrienne libre qui désapprouve certains de ses articles.


    Tensions avec la Russie

    Le 8 août 2012, un communiqué de l'ASL affirme que ses combattants ont tué un général russe du nom de Vladimir Kodjiev et ayant officié comme conseiller auprès du gouvernement syrien, ce qui est qualifié de "mensonge flagrant" par le ministère russe de la Défense.


    En octobre 2012, le chef d'état-major de l'armée russe affirme que l'ASL dispose de missiles Stinger de fabrication américaine (ce qui est démenti par l'administration Obama), puis le ministère russe des affaires étrangères accuse les États-Unis de coordonner la livraison d'armes aux rebelles syriens.

    En novembre 2012, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, affirme que «le porte-parole du commandement général de l'Armée syrienne libre, Fahad Al Masri, a lancé des menaces à l'endroit de la Fédération de Russie, en déclarant notamment que si la Russie ne change pas de position sur la question syrienne, elle sera considérée comme "Etat ennemi"».


    Propagande


    En mars 2012, une brigade de forces spéciales publie une vidéo dans laquelle elle annonce rejoindre les rangs de l'opposition en affichant la bannière de l'Armée syrienne libre. Mais les armes brandies s'avèrent être des jouets.


     
  18. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    CONSEIL NATIONAL SYRIEN
    (CNS)



    Le
    Conseil national syrien (CNS) est une autorité politique de transition créée le 15 septembre 2011 à l'occasion de la guerre civile syrienne, et lancée les 1[SUP]er[/SUP] et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, pour coordonner tous les opposants à mener des opérations contre le régime de Bachar el-Assad, aussi bien en Syrie que dans des pays tiers.
    Ce conseil, dominé par les sunnites, réunit plus de 30 groupes d'opposition dont les Frères musulmans (qui y sont majoritaires), des libéraux mais aussi des partis kurdes et assyriens. Il est composé de 400 membres et son président est Georges Sabra.

    Malgré sa reconnaissance par certains pays de la communauté internationale, le blocage au conseil de sécurité des Nations unies, avec les deux vétos de la Russie et de la Chine, n'a pas permis aux Casques bleus d'intervenir directement dans le conflit et de soutenir le Conseil national syrien.

    Le 11 novembre 2012, le CNS adhère à la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution.

    Historique
    Gestation et création de l'organisation
    Un Conseil national de Syrie (arabe : المجلس الوطني السوري) avait été initialement formé en 2005 pour protester contre le régime Assad.

    «Au cours du mois d'août 2011, un groupe de 26 universitaires et activistes de diverses tendances, pour la plupart sans antécédents dans la lutte politique et pour cela bientôt désignés sous le vocable de "technocrates", [se réunit] pour tenter [...] de mettre en place une véritable instance de représentation» pour l'opposition syrienne et sur une autre base que celle du Comité national de coordination des forces de changement démocratique (CNCD), créé un peu plus tôt dans l'année : une première liste est dressée de Syriens s'opposant à Bachar el-Assad. Le 29 août 2011, l'activiste Dhiyaeddin Darghmouch annonce sur Al Jazeera que 94 Syriens sont pressentis pour faire partie d'un "Conseil National Intérimaire", dont la présidence est proposée à Burhan Ghalioun. Mais les personnalités sollicitées s'abstiennent pour la plupart de donner leur accord à ce projet.

    Ce n'est que le 15 septembre 2011 qu'un groupe d'universitaires et d'activistes annonce la création d'un "Conseil National Syrien" de 140 membres : «les Syriens de l'intérieur y [disposent] de 60 % des sièges, contre 40 % à ceux de l’extérieur, et 52 % de ses membres [représentent] le mouvement de la révolution et les jeunes révolutionnaires. Les noms de 71 membres seulement [sont] dévoilés.»

    Le 2 octobre 2011, au terme d'un premier congrès à Istanbul lancé à l'initiative des Frères musulmans, «une nouvelle formule de "Conseil National Syrien", brièvement désigné sous le vocable de "Conseil National Syrien élargi", est adoptée. Ses membres sont portés de 140 à 230, répartis entre les organisations politiques qui acceptent d'y siéger : la Déclaration de Damas, les Frères Musulmans, différentes composantes du mouvement révolutionnaire, des partis kurdes, l'Organisation Démocratique Assyrienne, le bloc des "technocrates" à l'origine de la précédente mouture et des personnalités indépendantes».

    Une évolution tendue et mouvementée
    Le 9 octobre 2011, le ministre des affaires étrangères syrien Walid al-Mouallem annonce que le régime prendra des mesures contre les pays qui reconnaîtront le CNS. Un jour plus tard, le Conseil national de transition libyen est la première autorité à reconnaître officiellement le CNS comme unique représentant du peuple syrien.
    La France lui apporte son soutien le 10 octobre.

    Le 29 novembre 2011, l'Armée syrienne libre reconnaît l'autorité du Conseil national syrien.

    Le 6 décembre 2011, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah accuse le CNS de vouloir détruire la Syrie et déclare : "Le soi-disant Conseil national syrien, formé à Istanbul, et son leader Burhan Ghalioun (...) se font concurrence pour présenter leurs lettres de créance aux États-Unis et à Israël". Ces déclarations font suite aux dires de Burhan Ghalioun qui estimait que si la Syrie était dirigée par le CNS, les liens militaires avec l'Iran, le Hezbollah et le Hamas seraient coupés.

    Le 19 décembre 2011, le CNS tient un congrès à Tunis où il revendique la création d'une "zone tampon". Lors de ce congrès, la prolongation de deux mois du mandat exercé par le président Burhan Ghalioun crée un litige : celle-ci est imposée par les Frères musulmans, alors que certains membres issus du Courant national syrien et de la Déclaration de Damas demandent l'établissement d'un collège électoral qui désignerait le président sur la base d'un vote démocratique.

    Le 30 décembre 2011, le CNS parachève un accord autour des principes d'une période de transition avec le mouvement d'opposition concurrent, le Comité national de coordination des forces de changement démocratique en Syrie (CNCD), mais il est finalement renié par le président du CNS Burhan Ghalioun, la frange islamiste du CNS n'ayant pas été consultée d'après l'universitaire Barah Mikaïl. Cet accord a également été dénoncé par des manifestants à Homs.

    En janvier 2012, le CNS publie sur son site internet un rapport intitulé "Une zone de sécurité pour la Syrie", rédigé par le politologue Michael Weiss et produit par le Strategic Research and Communication Centre (un centre de réflexion londonien). Celui-ci préconise, dans l'hypothèse d'une libération d'une partie du territoire syrien, une «campagne de frappes aériennes préventives» contre le système de défense aérienne syrien, afin de permettre aux aviations occidentales de protéger la zone libérée, et ce en obtenant une autorisation de l'Assemblée générale des Nations unies (plutôt que du Conseil de sécurité). Mais selon Bassma Kodmani, il ne peut être considéré comme une déclaration officielle du mouvement et remplacer sa revendication d'une "zone tampon".

    Le 26 février 2012, une vingtaine de membres du CNS font sécession en critiquant notamment son mode de fonctionnement, et créent une organisation concurrente, le Groupe patriotique syrien, présidé par Haytham al-Maleh. Le fait que Burhan Ghalioun ait été réélu à Doha au Qatar le même mois avait déjà provoqué des critiques et des départs au sein du mouvement.

    En mars 2012, le CNS subit une nouvelle défection : celle de son conseiller militaire, le général Akil Hachem. Celui-ci avance comme motif le refus par l'organisation d'une intervention militaire internationale en Syrie.

    Le 1[SUP]er[/SUP] avril 2012, le CNS annonce qu'il va verser des salaires aux membres de l'ASL.

    En juin 2012, Burhan Ghalioun, président du mouvement depuis sa fondation mais démissionnaire en mai et critiqué pour de multiples raisons (notamment sa trop grande proximité avec les Frères musulmans et le manque de coordination entre le CNS et les militants sur le terrain), est remplacé à son poste par Abdel Basset Sayda.

    Le 28 août 2012, Bassma Kodmani, personnalité influente du CNS, annonce sa démission en déplorant le manque de crédibilité de l'organisation. Elle est suivie par d'autres membres qui expliquent leur décision «par des rivalités parmi les dirigeants et par l'insuffisance des actions entreprises dans un conflit armé qui dure depuis plus de 17 mois».

    Si le président Abdel Basset Sayda a seulement appelé à installer une zone de non-survol au-dessus des zones frontalières syriennes et s'en tient donc à la position officielle du CNS depuis le congrès de Tunis, Samir Nashar, membre du comité exécutif du CNS, a réclamé une intervention militaire visant à renverser Bachar el-Assad et a affirmé que la plupart de ses collègues y étaient favorables.

    Fin de l'année 2012 : élargissement et adhésion à la «Coalition nationale»
    Le 2 septembre 2012, Georges Sabra, porte-parole du CNS, annonce une Assemblée générale de l'organisation à la fin du mois : celle-ci devrait alors accueillir au moins 5 ou 6 nouveaux groupes d'opposition (mais sans inclure des proches du Comité national de coordination pour le changement démocratique (CNCD), groupe rival du CNS) ; passer de moins de 300 membres à 400 ; et renouveler ses dirigeants en permettant à l'assemblée d'élire le secrétariat général, lui-même chargé d'élire le comité exécutif et le président. Le mandat du président Abdel Basset Sayda est également prolongé d'un mois.

    Le 31 octobre 2012, la Secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton déclare : «Nous avons clairement dit que le CNS ne peut plus être considéré comme la figure de l'opposition. Il peut faire partie d'une opposition élargie, mais cette opposition doit intégrer des personnes qui se trouvent en Syrie». Les responsables du CNS réagissent violemment à ces propos. Dans le même temps, des délégués du CNS, des chefs de l'Armée syrienne libre ainsi que d'autres groupes rebelles s'engagent à s'unir derrière un gouvernement provisoire.

    Le 5 novembre 2012, le CNS réuni à Doha s'élargit à 13 nouveaux groupes d'opposition ainsi que des indépendants, soit l'équivalent de 200 nouveaux membres (pour un total de 400).

    Le 8 novembre, un nouveau secrétariat général de 40 membres est élu, où les membres appartenant aux Frères musulmans demeurent majoritaires.


    Le 9 novembre, après avoir élu un nouveau bureau exécutif au sein duquel apparaissent trois nouveaux membres, le Secrétariat général (par 28 voix sur 41) élit un nouveau président en la personne de Georges Sabra, ancien communiste de confession chrétienne et ancien instituteur de 65 ans, qui remplace à ce poste Abdel Basset Sayda. Dans le même temps, les comités locaux de coordination quittent le mouvement.

    Le 11 novembre, le CNS signe un accord avec d'autres organisations pour former la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution, un organisme devant représenter les intérêts de tous les opposants au régime de Bachar el-Assad et ayant pour objectif de former un gouvernement provisoire ou de transition qui agira sur tous les territoires syriens contrôlés par l'opposition. Cette signature intervient après des tensions dans les pourparlers, le CNS ayant menacé de ne pas rejoindre le mouvement, ce qui amena le premier ministre du Qatar Hamad ben Jassim Al Thani et le ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis à intervenir.
    La coalition, dans laquelle le CNS a obtenu 22 des 60 sièges, refuse tout dialogue avec le régime syrien et reçoit dès sa création les critiques du Forum démocratique de Michel Kilo, qui estime qu'elle porte encore trop la marque du CNS. Selon le politologue Salam Kawakibi, ce dernier aurait réussi à prendre le contrôle de la nouvelle instance : «C'est eux qui ont imposé le terme de coalition, pour signifier qu'ils gardent leur identité. Ils auraient aussi exigé 40 % des postes. Ils devraient pouvoir contrôler la coalition à travers des alliances avec des groupes et des indépendants».


    En janvier 2013, le CNS propose un plan de transition prévoyant la formation d’un gouvernement intérimaire dans les «zones libérées» et ayant la garantie d'être reconnu par la communauté internationale.


    Fonctionnement et composition


    L'assemblée générale élit le secrétariat général du mouvement, qui représente les différentes mouvances du CNS et qui élit lui-même le président pour un mandat de 3 mois renouvelable ainsi que les membres du bureau exécutif.

    - Abdel Basset Sayda (Bloc kurde),
    - Farouq Tayfour (Frères musulmans),
    - Nadhir AlHakim (Coalition nationale de Protection des Civils),
    - Abdel-Ahad Stifo (Organisation démocratique assyrienne),
    - Khaled Al Saleh (Courant national),
    - Ahmed Ramadan (Groupe d’Action nationale),
    - Hicham Mourouweh (indépendant),
    - Salem Al Maslat (Conseil des Tribus syriennes),
    - Huseïn Al Sayyed (Conseil suprême de Commandement de la Révolution)
    - et Jamal Al Ward (Mouvement révolutionnaire)
    composent le bureau exécutif en compagnie du président Georges Sabra (Déclaration de Damas).


    Finances


    Le 31 octobre 2012, le CNS publie un document où il récapitule les sommes reçues depuis sa création et détaille l’usage qui en a été fait. À cette date, les dons reçus s'élèvent à 40,4 millions de dollars, soit environ 31,1 millions d’euros. Le principal contributeur est la Libye (20,4 millions de dollars), suivie du Qatar (15 millions) et des Émirats arabes unis (5 millions). La France a également contribué au financement du CNS, une partie des 12 millions d'euros versés par le pays à l'opposition syrienne étant revenue à l'organisation. Quant aux dépenses, elles atteignent 29,7 millions de dollars, soit environ 22,8 millions d’euros, dont 89 % ont été utilisés pour l'aide humanitaire et le secours.

    Critiques
    Liens avec le Qatar
    Pour l'universitaire Fabrice Balanche, le CNS est financé par le Qatar qui l'a constitué, et n'est composé que d'exilés ayant peu de contacts avec les militants sur le terrain. Pour l'universitaire Thomas Pierret, «le Qatar veut clientéliser tous les membres du CNS dans le but de placer l'opposition sous sa tutelle». Ce point est contesté par les dirigeants du CNS, notamment Najib Ghadbian du Secrétariat général qui assure que le mouvement est "une initiative des Syriens eux-mêmes" et qui nie toute influence de l'Amérique, de l'Occident ou du Qatar dans l'évolution de la révolte syrienne. Néanmoins, pour Radwan Ziadeh, membre du CNS, «le Qatar s’est montré le meilleur allié du peuple syrien».

    Liens avec la France et les Etats-Unis
    Le CNS est vivement critiqué par l'un des groupes d'opposition rivaux, le Comité national de coordination pour le changement démocratique (CNCD), qui l'accuse d'être «un club à la solde de Washington». D'après L'Humanité, le CNS aurait été «imaginé à Paris par un groupe déjà activé il y a quelques années par Jacques Chirac et Alain Juppé, peu après la mort du premier ministre Rafic Hariri». Pour Le Point, «la France veillerait à ce qu'aucun autre groupe d'opposition n'émerge à l'étranger», ce qui expliquerait l'opposition du ministère des Affaires étrangères français à la tenue en octobre 2011 d'une conférence de presse de Syriens de l'intérieur, dont l'opposant historique Michel Kilo. Fabrice Balanche estime quant à lui que «la France ne veut pas déplaire aux Qataris, avec lesquels elle entretient des liens diplomatiques et économiques privilégiés».

    Mainmise des Frères musulmans
    Pour Haytham Manaa, responsable à l'étranger du CNCD, les personnalités qui occupent les postes de premier plan du CNS «ne sont qu'une façade, afin de mieux cacher les islamistes, qui dominent le CNS». De fait, un tiers des membres du CNS sont issus des Frères musulmans, ce qui les rend majoritaires au sein du Conseil. Or, les Frères musulmans syriens sont financés essentiellement par le Qatar et des pétromonarchies du Golfe.
    Kamal al-Labwani, ancien membre du CNS ayant démissionné en mars 2012, accuse également les Frères musulmans de détourner les fonds financiers et les moyens du CNS, notamment des armes, pour «bâtir leur propre base populaire». Imad Houssari, démissionnaire du CNS et membre des comités locaux de coordination, affirme de son côté que les Frères musulmans veulent contrôler le budget de l'organisation et que certains d'entre eux financent des groupes salafistes.
    Enfin, Walid Al Bounni, adhérent du CNS, a quitté le mouvement pour protester contre leur influence.


    Critiques diverses
    Le CNS fait par ailleurs l'objet de l'hostilité de la Commission Générale de la Révolution Syrienne (CGRS), la mouvance d'opposition majoritaire à l'intérieur de la Syrie qui critique notamment son inefficacité sur le terrain. Les comités de coordination locaux qui composent le CNS finissent d'ailleurs par geler leur adhésion au début de l'été 2012, puis par quitter définitivement l'organisation en novembre 2012 en accusant les Frères musulmans d'en avoir pris le contrôle.

    De son côté, le colonel Riyad Al Asaad, commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), accuse les membres du CNS d'être des «opportunistes» et d'être déconnectés de la réalité des combats. L'ASL critique plus globalement le CNS pour être incapable de lui fournir suffisamment d'armes. Certains membres du CNS ont fait défection à cause de ce manque de soutien à l'ASL.

    Haytham Manaa, responsable à l'étranger du CNCD, dit refuser qu'un seul groupe s'autoproclame à la tête du pays et décide pour les autres ; Bassma Kodmani, démissionnaire du CNS en août 2012, fait écho à cette attaque en déclarant que «le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d'opposition».


    Soutiens et reconnaissances
    .


    Le Conseil national syrien a demandé à être reconnu au sein de la communauté internationale, mais il ne veut pas non plus être considéré comme un gouvernement en exil.


    _____________________________________
    Nom de la page : Conseil national syrien
    Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0.
    Source : Article Conseil national syrien de Wikipédia en français (auteurs)
    (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia
    en anglais intitulé «Syrian National Council» (voir la liste des auteurs),
    pas entièrement traduit.
    Les textes sont disponibles sous
    licence Creative Commons paternité partage à l’identique

    _____________________________________



    Reconnaissance internationale
    du Conseil National Syrien



    La reconnaissance internationale du Conseil national syrien, ou CNS, est minimale puisque le conseil n'est actuellement reconnu que par 7 membres de l'ONU et l'Union européenne comme représentant légitime du peuple syrien au milieu de la guerre civile syrienne, dont trois des membres permanents du Conseil de Sécurité. Seule la Libye reconnaît le CNS comme le gouvernement légitime de la Syrie.


    Position et reconnaissance internationales


    Le Conseil national syrien a demandé à être reconnu au sein de la communauté internationale, mais il ne veut pas non plus être considéré comme un gouvernement en exil.

    Au 21 janvier 2012, le Conseil national syrien est reconnu ou soutenu officiellement par 12 États membres de l'ONU, dont trois des membres permanents du Conseil de Sécurité : la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Bulgarie, la Tunisie, mais aussi le Conseil national de transition libyen. La Belgique, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie ne reconnaissent pas encore le CNS comme étant au moins un interlocuteur légitime, bien que le Conseil ait reçu le soutien du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan. Les ministres des Affaires étrangères du Portugal, de la Russie et de la Norvège ont rencontré des représentants du CNS, mais ne l'ont pas encore reconnu ou soutenu officiellement à quelque titre que ce soit, ni n'ont rejeté le gouvernement Assad.

    Le 1[SUP]er[/SUP] avril 2012, les Amis de la Syrie reconnaissent le CNS comme «représentant légitime» des Syriens.

    États non membres de l'ONU
    - Kosovo : Le 23 août 2011, le ministre des Affaires étrangères de la République du Kosovo déclare que le gouvernement et le peuple kosovars soutiennent «les efforts du peuple syrien alors qu'il lutte pour la liberté et la démocratie». Il ajoute : «La République du Kosovo rejoint tous les pays démocratiques pour s'opposer à la violence et la répression contre les manifestants syriens. En ordonnant la répression de son propre peuple par des actes violents qui ont entraîné de nombreux morts, le président Assad a perdu le droit de gouverner le pays. Les Syriens ont le droit de mener leurs vies librement, en s'exprimant librement, et avec la garantie que les droits de l'homme seront respectés par le gouvernement. Le gouvernement de la République du Kosovo appelle à la fin de la violence contre les manifestants pacifiques en Syrie et soutient pleinement l'engagement des nations démocratiques à offrir un soutien au peuple syrien pour surmonter cette situation et réaliser ses aspirations à la liberté et à la démocratie».


    En vue d’une traduction ultérieure,
    le reste est en anglais dont voici les liens :

    Régions autonomes
    Organisations internationales
    Partis politiques

    _____________________________________
    Nom de la page : Reconnaissance internationale du Conseil national syrien
    Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0.
    Source : Article Reconnaissance internationale du Conseil national syrien
    de Wikipédia en français (auteurs)
    Les textes sont disponibles sous
    licence Creative Commons paternité partage à l’identique

    _____________________________________

    VOIR AUSSI/

    Amis de la Syrie
    _____________________________________

    A SUIVRE/

    Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution.

     
  19. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113


    Coalition nationale
    des forces de l'opposition et de la révolution



    La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution est une autorité politique de transition syrienne créée le 11 novembre 2012 à Doha, au Qatar, lors de la guerre civile syrienne, présidée par Mouaz Al-Khatib et siégeant au Caire.
    Elle a pour but de coordonner les opposants au régime de
    Bachar el-Assad, au moyen d'opérations en Syrie ainsi que dans des pays tiers.
    Cette organisation fait suite aux demandes pressantes des États-Unis, mais aussi de la France et des monarchies du Golfe.


    Structure et composition

    La Coalition réunit de nombreuses composantes de l'opposition, dont notamment le Conseil national syrien, dirigé par le chrétien Georges Sabra et qui était jusqu'ici la principale coalition d'opposition. La nouvelle coalition est dirigée par Mouaz Al-Khatib, un musulman sunnite. Les quatre vice-présidents élus sont Riad Seif, Souheïr Al Atassi, Georges Sabra (qui ont tous trois pris part au déclenchement de la révolution) et un représentant du Conseil national kurde. Par ailleurs, la Coalition a mis en place «un haut comité militaire qui rassemble, en cinq régions ou fronts, une partie des unités qui se battent sur le terrain».
    Les comités locaux de coordination, qui animent la contestation sur le terrain, ont pris part à cette coalition, quelques jours après avoir quitté le Conseil national syrien.

    Néanmoins, celle-ci ne comprend ni le Comité national de coordination des forces de changement démocratique de Haytham Manaa, qui soutient les positions russes, ni le Forum démocratique syrien de l'opposant historique Michel Kilo, ni la gauche syrienne, ni le Parti kurde, ni les deux plus importants groupes islamistes armés en Syrie (Liwaa Al-Tawhid et Front Al-Nosra).


    En janvier 2013, la Coalition crée un comité restreint de 6 personnes chargé de consulter les forces de la révolution, l’opposition, l’Armée syrienne libre et les pays frères et amis sur la composition d'un futur gouvernement provisoire. Il comprend le président Moaz al-Khatib, Georges Sabra, Burhan Ghalioun, Ahmed Sayyed Yousef, Ahmed Al Asi Al Jarba et Moustapha Sabbagh (secrétaire général de l'organisation). Il est édicté qu'aucune de ces personnes ne pourra être membre du gouvernement provisoire en question.


    Reconnaissance et soutien


    Le 12 novembre 2012, le Conseil de coopération du Golfe reconnaît la Coalition nationale comme le gouvernement légitime de la Syrie. Il comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Il est suivi par la Turquie, le Vatican, la France, qui décide également d'accueillir un ambassadeur de la Coalition en la personne de Monzir Makhous, ainsi que par l'Italie, le Royaume-Uni et, de façon plus nuancée, l'Union européenne et les États-Unis.

    Le 12 décembre 2012, les Amis de la Syrie, groupe formé d'une centaine de pays arabes et occidentaux opposés au régime de Bachar al-Assad, se réunissent à Marrakech et reconnaissent la Coalition nationale de l’opposition syrienne comme le seul représentant du peuple syrien.

    La Coalition bénéficie également du soutien du conseil militaire de l'Armée syrienne libre.


    Positions


    Contrairement au Conseil national syrien, la Coalition envisage la possibilité de négocier avec Bachar el-Assad : le président Mouaz al-Khatib a ainsi assuré qu’il n’était pas «un adversaire de la négociation» avec Assad et que la négociation pacifique reste « e moindre des deux maux». Cette position est notamment prônée par la Russie.
    Néanmoins, Mouaz al-Khatib a également réclamé à la communauté internationale des «armes adaptées» pour «mettre fin à la souffrance des Syriens et à l'effusion de sang».

    Le 27 décembre 2012, Walid al-Bunni, porte parole de la Coalition, déclare : «Nous accepterons toute solution politique qui n'inclut pas la famille Assad et ceux qui ont fait du mal au peuple syrien. En dehors de ça, toutes les options sont sur la table».

    En janvier 2013, la Coalition soutient la proposition de dialogue formulée par Mouaz al-Khatib à deux conditions : le départ de Bachar el-Assad et un contact avec les représentants du régime non impliqués dans les massacres.


    Financement et approvisionnement


    Dès sa création, le Qatar fait don de 8 millions de dollars à la Coalition.
    Le 26 novembre 2012, le gouvernement français annonce qu'il lui alloue une «aide humanitaire d'urgence» s'élevant à 1,2 million d'euros.

    En décembre 2012, les Amis de la Syrie, soit une centaine de pays, lui promettent 145 millions de dollars (108 millions d'euros), mais fin janvier 2013, seule une partie de cette somme lui est transférée (soit 400 000 dollars selon l'ambassadeur Monzer Makhous fin février 2013).

    En parallèle, le Qatar et l'Arabie saoudite lui offrent respectivement 20 millions et 3 millions de dollars en février 2013.

    Fin février 2013, grâce aux avancées de l'Armée syrienne libre, la Coalition contrôle selon Monzer Makhous presque tout le nord du pays, soit 20 % de la production d'électricité syrienne, la plus grande réserve de blé du pays (la Jezira), ainsi que deux grands gisements pétroliers et une vingtaine de petits, ce qui permet à l'organisation de produire 100 000 à 150 000 barils de brut par jour, soit 10 à 15 millions de dollars.

    Critiques

    Mainmise du Conseil national syrien et des Frères musulmans

    Pour le Forum démocratique de Michel Kilo, la création de la Coalition nationale porte encore trop la marque du Conseil national syrien (CNS). Selon le politologue Salam Kawakibi, celui-ci aurait réussi à prendre le contrôle de la nouvelle instance : «C'est eux qui ont imposé le terme de coalition, pour signifier qu'ils gardent leur identité. Ils auraient aussi exigé 40 % des postes. Ils devraient pouvoir contrôler la coalition à travers des alliances avec des groupes et des indépendants».

    Pour Fabrice Balanche, directeur du groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient et professeur à l'université Lumière Lyon 2, «la coalition [est] dominée par les Frères musulmans, il n’est guère surprenant de voir à sa tête un de leurs compagnons de route (Mouaz al-Khatib), proche de leur idéologie, qui défend lui aussi l’islam politique».

    Haytham Manaa, président du Comité national pour le changement démocratique, rejoint cette analyse et affirme : «Ce modéré, bien qu’il se dise indépendant, ne peut aller dans le sens contraire voulu par les conservateurs islamistes qui ont la mainmise sur cette coalition».


    Critiques diverses
    Le deuxième point du document fondateur de la Coalition prévoit que «les parties signataires conviennent d’œuvrer pour la chute du régime, et de tous ses symboles et piliers, et pour le démantèlement de ses organes de sécurité, en poursuivant tous ceux qui ont été impliqués dans des crimes contre les Syriens». Cette position fait craindre au journaliste Georges Malbrunot un scénario chaotique similaire à celui ayant suivi la guerre d'Irak.

    Selon Denise Natali, professeur à la National Defense University, la Coalition représente mieux les intérêts de ses soutiens étrangers que ceux des Syriens de l'intérieur, et ne se distingue du Conseil national syrien que par le fait d'être menée par le Qatar et les autres États du Golfe persique au lieu de la Turquie.

    Pour le journaliste Benjamin Barthe, «comme le Conseil national syrien, son prédécesseur dans le rôle du représentant numéro un de l'opposition, la [Coalition] demeure la proie de querelles d'ego».

    Bassma Kodmani, opposante syrienne, rejoint ce constat en pointant également du doigt la communauté internationale : «C'est vrai qu'il y a des problèmes de fonctionnement. Mais quel est le cap ? Il n'y a ni perspective de négociations ni perspective d'intervention militaire ou d'armement des insurgés. Tout le monde est paumé. Si la communauté internationale avait un projet précis, il nous serait beaucoup plus facile de nous organiser».



     

Partager cette page