Tétouan : L'ouverture du musée d’art moderne renvoyée aux calendes grecques

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 23 Septembre 2009.

  1. Info du bled

    Info du bled Writer

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    A quand l'ouverture du musée d'art moderne? Une question que se pose l'ensemble de la population de Tétouan, impatiente de découvrir ce que cache cette ancienne gare des chemins de fer construite sous le protectorat espagnol en 1918 reconvertie en musée. En 2005, les travaux d'aménagement et de restructuration avaient été lancés en présence des autorités et de représentants du gouvernement autonome d'Andalousie. Car ce projet est financé à hauteur de 15 millions de dirhams par la Junta de Andalucia pour qui le vieux bâtiment est considéré comme un patrimoine et un gardien de la mémoire. Le réhabiliter en musée est donc une manière de lui redonner vie tout en conservant une histoire commune aux deux pays voisins…
    Pour Bouabid Bouzaid, « la collection est fin prête. Le travail de restauration a été réalisé sur toutes les œuvres ». L'artiste, professeur de l'histoire de l'art à l'Institut national des Beaux-Arts de Tétouan a été nommé officiellement directeur du musée d'art moderne en 2007. Il connaît exactement chaque tableau qui devrait prendre place dans l'espace du musée. Il a travaillé sans relâche sur la restauration de ces œuvres d'art. Auparavant, en 2004, il avait bénéficié d'une bourse d'études d'un an pour étudier la muséologie au Centre andalou de l'art contemporain à Séville. En 2006, c'est l'Institut andalou du patrimoine historique qui l'accueille pour parfaire le volet restauration.
    Au total, pas moins de 176 tableaux devraient rejoindre le musée d'art moderne de la Colombe Blanche. Ils proviennent de la collection de l'Institut national des Beaux-Arts (INBA) de Tétouan, du Conservatoire de la ville, de la Maison de la Culture, de la Délégation du ministère du Tourisme, du musée d'art contemporain de Tanger. Seul couac : la collection provenant des fonds de la Délégation du ministère de l’Eduction nationale (MEN) manque à l'appel et tarde à venir enrichir le futur fonds du musée. Pas moins de 20 œuvres sont encore entre les mains de l'administration de la Délégation. La convention initiale signée avec la Junta de Andalucia stipule clairement que l'ensemble des tableaux doivent rejoindre les salles d'exposition. Ceux qui manquent à l'appel devraient couvrir les murs de « la salle du protectorat », celle qui intéresse plus particulièrement la partie andalouse. En attendant, la non-livraison des tableaux de la Délégation du ministère du MEN retarde le bon déroulement des travaux. Si le bâtiment principal est fin prêt, reste à entamer la deuxième partie des travaux qui concerne l'extension se situant derrière le musée et qui devrait coûter quelque 600.000 dirhams. Pour le directeur du musée, une chose est sûre : la collection se doit d'être réunie afin de pouvoir ouvrir le musée au public. Il nous confiera: « J'espère que le ministère de l'Education nationale va enfin considérer le problème dans sa globalité. Ce musée est celui de tous les Marocains (…). Car qu'on se le dise, à travers l'ouverture d'un tel espace à la fois historique et culturel, trois rôles peuvent être remplis : l'investigation, la conservation et la diffusion». La diffusion, précise M. Bouzaid, permet indiscutablement de sensibiliser le public à l'importance de la culture et l'amener à s'intéresser à l'histoire de l'art. Là, le musée d'art moderne pourra remplir une fonction didactique auprès notamment du jeune public.
    En attendant, les portes du musée restent fermées et les tableaux de la Délégation du MEN restent jalousement cachés. Quel gâchis !









    Source : libe.ma
     

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