Taieb Fassi Fihri au Parlement européen : «La résolution du 25/11 est déséquilibrée

Discussion dans 'Scooooop' créé par Med Omar, 6 Décembre 2010.

  1. Med Omar

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    Taieb Fassi Fihri au Parlement européen

    «La résolution du 25 novembre est déséquilibrée»

    De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

    · Pour le ministre marocain, le Parlement européen a été pris au piège

    · Gdeim Izik: «Nous sommes les premiers à exiger que la vérité soit faite»

    · Pas d’impact sur la qualité de la coopération avec l’
    UE

    «Le Maroc ne demande pas un soutien inconditionnel de l'Union européenne. Il demande tout simplement une lecture lucide et une analyse sereine des événements dans le camp sahraoui de Gdeim Izik de la part du Parlement européen», a affirmé le ministre marocain des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri devant les membres de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen. Celui-ci s’est réuni le 1er décembre à Bruxelles pour écouter la version marocaine des faits qui se sont déroulés le 8 novembre dernier à Laâyoune. Aux yeux du ministre, cette analyse lucide «ne s'est malheureusement pas reflétée dans la résolution partiale et injuste, adoptée précipitamment par le Parlement européen». Résolution précipitée car, explique-t-il, «nous avions eu pourtant un accord au niveau de la conférence des présidents des groupes politiques du PE, accord qui prévoyait mon audition par les membres de la Commission des affaires étrangères avant l'adoption éventuelle d'une résolution du PE dans le courant du mois de décembre. Malheureusement cet accord a été bousculé par les éléments du PPE et de la droite espagnole qui ont sensibilisé les autres députés afin d'éviter mon audition avant la résolution et faire en sorte que la Commission mixte parlementaire Maroc/UE ne se réunisse pas pour se saisir du problème. C'est pourtant un organe central du dialogue Maroc/UE et qui a été volontairement marginalisé», a regretté Taieb Fassi Fihri. Cette précipitation, a-t-il fait valoir, a abouti à «une accélération volontaire de l'adoption d'une résolution le 25 novembre totalement déséquilibrée et injuste et une exploitation politique qui a pris au piège l'ensemble du PE».

    Stratagème



    Une résolution déséquilibrée car, selon le ministre marocain, «elle ne prend en compte qu'une partie de ce qui se passe en matière de droits de l'homme au Sahara et qui reste muette sur ce qui se passe par exemple dans les camps de Tindouf (Algérie) «où des citoyens ne sont même pas libres de leurs mouvements et ne sont toujours pas recensés et cela depuis plus de trente ans. Les droits de l'homme doivent être appréhendés dans leur globalité et pas saucissonnés», estime le ministre. «Quant à nous Marocains, a indiqué le ministre, nous sommes les premiers à exiger que la vérité soit faite et nous avons diligenté une commission d'enquête parlementaire marocaine qui devra faire toute la lumière sur les conditions qui ont mené au décès d'une douzaine de nos forces de police et de gendarmerie lors du démantèlement pacifique du camp de Gdeim Izik».
    Interrogé par L'Economiste sur l'impact que pourraient avoir les évènements de Laâyoune sur les relations entre le Maroc et l'UE, le ministre marocain a répondu que les relations entre le Maroc et son partenaire européen sont «de vieilles relations et qu'il y a une prise de conscience plus aiguë chez tous les gouvernements de l'UE de l'importance de ces relations». Selon lui, «le Maroc est en avance sur beaucoup d'autres Etats de la région pour s'ouvrir, pour prendre des engagements politiques et démocratiques et économiques» et que ces bonnes relations traditionnelles «ne peuvent pas souffrir d'une situation qui est née dans le cadre d'un stratagème organisé par le Polisario et ses protecteurs et dont le but est de torpiller les relations Maroc/UE».
    L'accord agricole Maroc/UE, a dit le ministre, «nous en attendons la signature et je constate que dans certains Etats européens, notamment en Espagne, on le critique en essayant de le politiser. Et cela, rappelle le ministre, «au moment même où le Maroc se dit disposé à ouvrir son marché agricole aux produits européens». Il déplore que «dix ans après que le Maroc ait demandé à négocier un accord de libre-échange avec l'UE certaines parties européennes en sont toujours occupées à combattre les exportations marocaines parce qu'il y a quelques milliers de tonnes de tomates marocaines qui entrent par-ci par-là sur le marché européen».
    Quant à l'accord de pêche Maroc/UE qui arrive à expiration en février 2011, Taieb Fassi Fihri estime que «si celui-ci est pollué par des considérations politiques ce n'est pas la faute du Maroc», avant d'ajouter que si cet accord venait à ne pas être renouvelé «c'est à ceux qui sont en train de polluer le débat d'assumer la responsabilité d'un éventuel arrêt des activités de pêche qui font vivre 80% des pêcheurs européens autorisés à opérer dans les eaux marocaines».
    Pour ce qui est de l'accord sur le Statut avancé, le ministre rappelle que celui-ci «est déjà signé et que sa mise en œuvre se déroule normalement». Il a annoncé que bientôt (le 8 décembre 2010), il aura l'occasion de revoir ses homologues européens pour le Conseil d'association Maroc/UE pour faire le point sur l'état des relations Maroc/UE.



    Source : leconomiste
     

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