Tarifs AMO: Les scénarios probables

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 3 Mars 2006.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    · Toujours pas de consensus entre médecins et l’Anam

    · S’achemine-t-on vers une double tarification?


    Pas de grande surprise lors de la réunion, mardi soir, entre le Premier ministre, Driss Jettou, et les professionnels de la santé du secteur privé. Aucune tarification, objet du litige entre les prestataires de soins et les organismes gestionnaires de l’assurance maladie obligatoire (AMO), n’a été adoptée à l’issue de la rencontre. La réunion a essentiellement été consacrée à l’examen des dernières propositions (cf. www.leconomiste.com) et surtout à la façon dont «les deux parties pourraient trouver un terrain d’entente».

    Pour les médecins du secteur privé, pas question d’accepter les tarifs proposés par l’Agence nationale de l’assurance maladie. «Trop faibles pour représenter les véritables dépenses de santé», estime le corps professionnel. Pour les organismes gestionnaires, il s’agit non pas d’une tarification proposée «au hasard», mais plutôt du «seul schéma de remboursement viable économiquement». Pour l’Etat qui ne prend en charge qu’une faible part du financement, notamment celle relative aux économiquement faibles, il est impératif de trouver une solution. Le Premier ministre, qui intervient donc en tant qu’arbitre, doit toutefois prendre en compte à la fois les réalités du marché et les possibilités économiques. Il doit aussi ménager les «intérêts des deux parties» pour trouver, au plus vite, une issue. Pour l’heure, les négociations sont en cours.


    Aucun consensus n’a encore été trouvé, mais cela ne sera pas tenable. Les premiers remboursements ont commencé, théoriquement, le 1er mars et les organismes gestionnaires doivent se baser sur un tarif de référence. Les organismes gestionnaires, CNOPS et CNSS, appliqueront probablement les tarifs proposés par l’Anam. En attendant de se mettre d’accord avec les médecins. En dépit de l’arbitrage du ministre, il semblerait, de source proche du dossier, que le scénario le plus probable soit l’adoption d’une double tarification: une tarification nationale de référence et une autre qualifiée de «tarification de responsabilité». La première servirait de base aux médecins et cliniques du secteur privé. Elle correspondrait aux dépenses réellement engagées, c’est-à-dire proposerait des prix proches de ceux pratiqués. La seconde serait l’outil des organismes gestionnaires. Elle se rapprocherait, voire serait identique à la dernière liste proposée par l’Anam. En clair, si un tel schéma est adopté, il signifierait des remboursements selon la tarification de responsabilité même si le patient a payé plus. Si ce dernier se voit prescrire des médicaments non remboursables ou très peu, autant dire qu’il sera lésé.


    L’autre scénario envisageable est la révision à la hausse des tarifs. Si le gouvernement opte pour cette formule, il faudra que les organismes gestionnaires disposent de moyens financiers suffisants pour assurer la survie du système. Or, si on exclut les cotisations, comment augmenter les recettes des caisses? Il faudra attendre l’issue de la prochaine réunion des professionnels de la santé avec Driss Jettou pour connaître la voie adoptée.

    Amale DAOUD
    L'Economiste
     

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