Tariq Ramadan présente son dernier ouvrage à Casablanca

Discussion dans 'Scooooop' créé par michele2010, 10 Octobre 2006.

  1. michele2010

    michele2010 Visiteur

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    09.10.2006

    «Vie du prophète Muhammad, enseignements spirituels et contemporains»

    Ils étaient nombreux à venir assister à la conférence du philosophe Tariq Ramadan. Une fois n'est pas coutume, la salle du complexe culturel Sidi Belyout a été archicomble. Adultes, jeunes et moins jeunes sont tous venus voir celui qui a bouleversé les mondes arabo-islamique et occidental par ses écrits brûlants. Le but de cette conférence, organisée par l'association "Afdal du consommateur" est la présentation du dernier livre du professeur Ramadan : " Vie du prophète Muhammad, enseignements spirituels et contemporains".





    Dans un discours comme à son habitude rhétorique et dialectique mais cependant d'une clarté lumineuse, Tariq Ramadan dégage le rapport entre spiritualité et matérialité qui ont accompagné la vie du prophète. Pour cela, l'auteur a cité plusieurs exemples simples mais significatifs, notamment celui de la bienfaisance, une étape qui nous permet d'atteindre la spiritualité.

    D'autres points marquants dans la vie du prophète ont été soulevés lors de cette conférence. En effet, et selon Tariq Ramadan, rien n'est le fruit du hasard. La vie de Mohammed avant la révélation, a joué un grand rôle dans sa future vie comme prophète. Par ailleurs, le conférencier a insisté sur le fait que le prophète n'est pas un médiateur, mais plutôt un homme qui a agi et transformé le monde à la lumière des révélations et des inspirations qui lui sont parvenues de son Éducateur.

    Humanité et exemplarité, telles sont les deux dimensions à travers lesquelles Tariq Ramadan restitue la figure fondatrice de l'islam qui occupe une place unique dans la conscience et la vie des musulmans.
    Enfin, Tariq Ramadan a montré que la vie du prophète est avant tout une invite à l'humilité, à la fraternité, au respect, à la justice et à la paix. Mais aussi, et surtout, à l'amour.

    Prédicateur très populaire, personne médiatique centrale de l'Islam, jouissant d'une notoriété se nourrissant de controverses, Tariq Ramadan jouit d'une célébrité qui ne cesse de prospérer.


    Avec ce livre, dans lequel il s'éloigne complètement de la polémique, il propose une lecture à la fois matérielle et spirituelle de la vie du prophète. Par sa conception intégrale de l'Islam, il met l'accent en particulier sur l'intelligence hors norme du Messager mise au service de l'union de la Oumma et non sur la division de celle-ci.
    ___________________________
    Tariq Ramadan en lignes
    Tariq Ramadan, docteur ès lettres, est professeur d'islamologie. Il est actuellement Senior Research Fellow à l'université d'Oxford (St Antony's College) et à la Lokahi Foundation (Londres).

    Engagé depuis plus de vingt ans dans le débat sur le renouveau de la pensée musulmane dans le monde et la place de l'islam en Occident et dans les sociétés laïques, il est l'auteur, notamment, d'un livre d'entretiens avec Aziz Zemouri, " Faut-il faire taire Tariq Ramadan ? ".


    Fatima-Ezzahra Saâdane | LE MATIN
     
  2. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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    Re : Tariq Ramadan présente son dernier ouvrage à Casablanca

    michele ce bonhomme 7dart lih a une mo7adara ici a rabat durant le mois de ramadan ca fait plus de 3 ans et j'ai noté ds son discourt une maniere tres deferente et plus dynamique ...et merci pr l'info
     
  3. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

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    Re : Tariq Ramadan présente son dernier ouvrage à Casablanca

    Tariq Ramadan : «L’administration Bush me fait payer mes prises de position»

    [img align=left]http://www.meknes-net.com/actualites/img/1160425652sutarikramadan.jpg[/img] Dernier épisode dans le bras de fer qui oppose Tariq Ramadan et l’administration Bush. Après deux ans de silence et de tergiversation, les USA opposent enfin un refus formel à la demande de visa de l’intellectuel suisse mais le justifient par ce qui ressemble beaucoup à un prétexte : un don de 600 euros à une association de soutien à la Palestine.

    Ce dernier rebondissement vient nourrir une affaire qui a commencé en 2004 quand le professeur de l’Université d’Oxford se voit proposer une double chaire à l’Université de Notre Dame dans l’Indiana.

    L’administration américaine lui accorde d’abord un visa de travailleur… pour le révoquer quelques mois plus tard. Aucune véritable explication n’est offerte à Tariq Ramadan. Tout juste lui invoque-t-on une disposition du Patriot Act concernant les personnes liées à des activités terroristes.

    Le penseur suisse ne se laisse pas impressionner et dépose en octobre 2004 une nouvelle demande de visa. L’ambassade américaine joue alors la politique de l’autruche et fait traîner le dossier pendant deux ans sans donner aucune réponse.

    Quatre organisations de la société civile amènent finalement l’affaire devant les tribunaux et attaquent l’administration américaine qui “va à l’encontre des droits constitutionnels des citoyens américains en les empêchant d’entendre Tariq Ramadan”.

    La Cour fédérale lui donne raison en juin dernier et ordonne au gouvernement d’accorder un visa à l’écrivain ou de lui donner une justification à leur refus sous trois mois. Ce qu’il vient de faire en trouvant une nouvelle raison pour bouter ce penseur jugé incontrôlable hors de ses frontières.


    Après deux ans d’attente, l’administration Bush vient de refuser votre demande de visa et vous donne enfin les raisons de ce refus. Comment justifie-t-elle sa décision ?

    Les autorités américaines m’ont envoyé une lettre le 21 septembre où leur refus est expliqué par un don d’un peu plus de 600 euros que j’ai fait à une association française de soutien à la Palestine et à sa branche suisse.

    Après avoir révoqué mon visa il y a deux ans en s’appuyant soi-disant sur le Patriot Act qui concerne des personnes liées à des activités terroristes, l’ambassade américaine n’a finalement réussi à trouver que cette explication ridicule pour justifier que je sois persona non grata aux USA.

    C’est d’autant plus cocasse que c’est moi qui les ai avertis de ce don et que cette association sur la liste noire des Américains depuis les attentats du 11 septembre a pignon sur rue en Europe et a même noué des partenariats avec des mairies françaises comme celle de Lille.

    Je me demande aussi pourquoi les Américains sortent tout à coup cette histoire de leur chapeau alors qu’ils n’y ont jamais fait référence depuis deux ans. Pour moi, il ne s’agit évidemment que d’un prétexte.


    Quelles sont alors, selon vous, les véritables motivations de la fin de non recevoir des Américains ?
    C’est assez clair pour moi : cette exclusion est purement idéologique. L’administration Bush me fait payer mes prises de position sur la guerre en Irak, sur le conflit en Palestine et

    plus largement sur toute sa politique dans le Moyen Orient. Lors de mes entretiens avec l’ambassade, ce sont d’ailleurs ces sujets qui sont systématiquement revenus sur le tapis.

    Mes interlocuteurs m’ont clairement fait comprendre que c’étaient mes positionnements qui posaient problème. J’ai pourtant toujours condamné le terrorisme et le fait que l’on s’en prenne à des innocents, où que ce soit, en Irak, en Palestine ou ailleurs.

    Après avoir été interdit de séjour en France dans les années 90, puis déclaré aujourd’hui persona non grata aux USA, avez-vous l’impression d’être victime d’une chasse aux sorcières ?

    Il y a bien d’autres pays où je ne peux pas mettre les pieds comme l’Arabie saoudite ou la Tunisie. D’après moi, c’est toujours la même raison qui fait que je dérange : je combat pour une parole libre et, forcément, ça ne plaît pas à tout le monde.

    Je suis particulièrement inquiet aujourd’hui pour les Etats-Unis où une partie de la parole publique a été complètement confisquée par l’administration Bush au nom de la lutte contre le terrorisme.

    Une partie de la société civile vous a pourtant soutenu tout au long de votre combat. Est-ce le signe, selon vous, que quelque chose est en train de changer aux Etats-Unis ?

    L’Union américaine pour les libertés civiles, l’Académie américaine de la religion, l’Association américaine des professeurs d’université, le centre américain PEN (une importante association d’écrivains, ndlr) m’ont accompagné pendant deux ans et se sont battus pour mes droits. Ils sont, d’après moi, représentatifs d’une société civile de plus en plus forte qui se rend compte de la dérive de l’administration actuelle.

    Il y a quelques années encore, Bush réussissait à museler ces voix dissidentes grâce à sa politique anti-terroriste. Mais le vent est en train de tourner et les gens sont de plus en plus nombreux à dénoncer les dérives de l’action de ce président.

    Que comptez-vous désormais faire ? Continuer à vous battre ou tourner définitivement cette page américaine ?
    Je suis satisfait que mon nom soit blanchi puisque, malgré tous ses efforts, l’administration américaine n’a pu prouver aucune des rumeurs me reliant à des activités terroristes. Je continue malgré tout à trouver inadmissible que l’on se permette d’ôter la parole à ceux qui ont un discours un tant soit peu dissident.

    Mes quatre organisations partenaires de la société civile vont se réunir rapidement pour prendre une décision, mais semblent vouloir poursuivre la bataille. Si c’est le cas, je continuerai à me battre à leur côté. De toute façon, les administrations passent, le droit reste.

    Amélie Amilhau
    Le Journal Hebdo
     

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