Taux directeur: Arbitrage décisif

Discussion dans 'Info du bled' créé par Med Omar, 22 Décembre 2009.

  1. Med Omar

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    Taux directeur: Arbitrage décisif


    · Le conseil de BAM, aujourd’hui

    · La baisse peu probable

    · Le besoin en liquidité se creuse


    Baisse du taux directeur? Peu probable estime le marché. Deux constats confortent les analystes dans leurs prévisions. Premièrement,«l’inflation, qui est l’objectif prioritaire de Bank Al-Maghrib, tend depuis plusieurs mois à se stabiliser à des niveaux de plus en plus bas», soutient une analyste. Celle-ci, qui s’est établie aux alentours de 1,5% à fin octobre, ne présente pas, selon les opérateurs, de signaux de hausse à venir. Pour preuve, les prix des matières premières ne devraient pas exploser en dépit de la reprise de l’activité et l'amélioration des perspectives de l'économie mondiale. Idem pour les prix du pétrole qui ne devraient pas connaître de «surchauffe» en 2010. Ainsi un emballement de la demande ou de l’inflation importée reste une hypothèse lointaine. «Dans ce contexte, l’inflation demeurerait maîtrisable en 2010, auquel cas la probabilité d’une hausse du taux directeur est nulle», soutient-on.
    Le second facteur militant en faveur d’une stabilité du taux directeur est clairement la croissance. Celle-ci, qui s’est illustrée en 2009 grâce notamment à une campagne agricole exceptionnelle, ne devrait pas dépasser 3,5% en 2010 comme publié dans nos colonnes précédemment. La campagne agricole 2010 devrait être moyenne et la demande dans le non-agricole serait orientée à la baisse. En outre, il faut compter avec une diminution du rythme d’octroi de crédit toutes catégories confondues. Idem pour les recettes provenant du tourisme et des MRE. «En somme, 2010 sera une année transition», prévoit une source du marché.
    Tenant compte de cette conjoncture, certains analystes sont moins catégoriques et n’excluent pas une «surprise» au Conseil de la banque centrale, qui se tient aujourd’hui. Ils estiment, en effet, que BAM pourrait baisser le taux sans attendre la prochaine réunion de mars 2010. Un tel arbitrage pourrait avoir un effet psychologique sur les opérateurs car il s’agit d’un signal fort pour soutenir la croissance. La baisse sera, alors, indirectement bénéfique au Trésor qui pourra se faire financer sur des maturités plus longues. Toutefois une question se pose: une baisse du taux directeur sera-t-elle répercutée via les banques au consommateur? Rien n’est moins sûr.
    Si la banque centrale ne touche pas au taux directeur, elle devrait, en revanche, faire un geste au niveau de la liquidité. En effet, en dépit de la baisse graduelle du coefficient de la réserve obligataire de 16,5 à 10% et de 10 à 8% (le plus bas historique), le marché continue de souffrir d’un déficit chronique de liquidités. L’encours qui a atteint 19 milliards de DH, en décembre, devrait être porté à quelque 24 milliards suite au paiement de l’opération sur Méditel. Une situation qui conduit la banque centrale à intervenir constamment à travers les avances à 7 jours et dans une moindre mesure les pensions livrées. «Etant donné cette situation, il se peut que le Conseil de la banque centrale baisse, encore un fois, le taux de la réserve obligataire de quelques points».




    Source : l'Economiste
     

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