Tchad: situation incertaine à N'Djamena au deuxième jour des combats

Discussion dans 'Info du monde' créé par imadici, 4 Février 2008.

  1. imadici

    imadici Pr. Ìpşø Fąċŧǿ...

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    Les combats ont repris dimanche après une nuit d'accalmie entre l'armée et les rebelles tchadiens au coeur de N'Djamena, où le président Idriss Deby Itno résistait toujours, retranché dans son palais, dans un rapport de forces à l'issue très incertaine.
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    D'intenses tirs des chars des forces gouvernementales, déployés en centre-ville dans un périmètre difficile à définir autour de la présidence, ont retenti, accompagnés d'échanges à l'arme automatique, a constaté un journaliste de l'AFP.

    Parallèlement, des hélicoptères de l'armée régulière ont décollé de la base tchadienne à l'aéroport, où sont également établis les militaires français du dispositif Epervier, actuellement doté de 1.450 hommes. Les hélicoptères tchadiens ont ouvert le feu à plusieurs reprises, notamment sur une colonne d'une centaine de pick-up de l'alliance rebelle qui a mené une incursion depuis le sud-est, selon des sources militaires. Une vingtaine d'autres véhicules rebelles est entrée dans la capitale par le nord-est.

    L'aviation française s'était bornée samedi soir à sortir ses hélicoptères pour sécuriser l'aéroport, afin d'évacuer nuitamment quelque 400 ressortissants étrangers vers Libreville. Dimanche matin, elle a fait décoller des chasseurs Mirage F1, qui ont effectué plusieurs passages au-dessus de N'Djamena et largué des leurres afin de ne pas être pris pour cibles, selon des sources militaires.

    "Les Français ne sont pas intervenus hier (samedi)", a reconnu le porte-parole des trois principales rébellions tchadiennes, Abderaman Koulamallah. "Nous ne sommes pas allés prendre l'aéroport pour ne pas gêner l'évacuation des ressortissants étrangers, et maintenant l'armée française laisse décoller les hélicoptères (tchadiens) qui viennent nous attaquer", a-t-il toutefois protesté.

    Les combats de dimanche, au deuxième jour d'une bataille acharnée pour le contrôle de N'Djamena et, au-delà, pour le pouvoir, semblaient avoir sonné le glas d'un cessez-le-feu à l'initiative du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, médiateur désigné par l'Union africaine (UA).

    Tripoli avait fait savoir dans la nuit que Mahamat Nouri, l'un des trois chefs de l'alliance rebelle, avait accepté cette trêve. Mais les rebelles ont nuancé leur position. Le général Nouri "a dit d'accord, mais à condition que les deux autres chefs de l'alliance (Timan Erdimi et Abdelwahid Aboud Makaye) acceptent aussi", a expliqué à l'AFP Abderaman Koulamallah. "De toute façon, Deby n'acceptera jamais la trêve", avait estimé une source rebelle.


    Les affrontements de samedi, les premiers à N'Djamena depuis l'offensive rebelle repoussée le 13 avril 2006 aux portes de la capitale, semblent avoir fait de nombreuses victimes: des cadavres calcinés ou déchiquetés ont été vus par des témoins tchadiens et européens. Aucun bilan officiel n'a été diffusé.

    Le ministre français de la Défense Hervé Morin a par ailleurs confirmé que le chef d'état-major tchadien, Daoud Soumaïn, avait été tué dans des combats.

    Les rebelles, malgré des motivations et intérêts divergents, se sont alliés à la mi-décembre en jurant la perte du président Idriss Deby sous la pression, selon des experts, du Soudan voisin. Khartoum souhaite notamment, estiment ces experts, perturber le lancement de la force européenne de 3.700 hommes au Tchad et en Centrafrique (Eufor) destinée à protéger les réfugiés du Darfour (ouest du Soudan).

    Hervé Morin a indiqué dimanche que le déploiement de cette force était "suspendu jusqu'à mercredi".

    Samedi matin, lorsqu'ils sont entrés dans la capitale après avoir traversé le pays depuis lundi en provenance du Soudan, les rebelles avaient été salués par des cris de joie dans certains quartiers, selon des témoins. A la mi-journée samedi, le sort du régime semblait presque scellé, des sources militaires annonçant que la ville était tombée. Mais ces mêmes sources précisaient un peu plus tard que le président Deby, qui contrôle toujours les chars et les hélicoptères de l'armée, avait desserré l'étau autour de son palais.

    Chef militaire arrivé au pouvoir par les armes en 1990, lui aussi depuis le Soudan, Idriss Deby a réussi à plusieurs reprises à renverser la situation, y compris lorsque les observateurs prédisaient sa chute imminente. La France lui a proposé dès vendredi soir de le faire sortir du Tchad s'il considérait que sa vie était en danger, mais il a refusé.

    AFP

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