Tempête à la CIA, accusée d'avoir espionné le Congrès américain

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 12 Mars 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    La CIA s'est retrouvée mardi au centre d'un scandale politique aux États-Unis, accusée d'avoir violé la Constitution en fouillant des ordinateurs utilisés par des enquêteurs parlementaires

    Les accusations ont déclenché une bagarre publique rare entre la CIA et le Congrès, le directeur de l'agence d'espionnage John Brennan niant avoir cherché à faire obstacle à l'enquête du Sénat, sans toutefois commenter les faits en détail.

    "Nous n'essayions pas de bloquer quoi que ce soit" a déclaré John Brennan lors d'un événement organisé par le Council on Foreign Relations. "La CIA n'espionnait pas, d'aucune façon, la commission du Renseignement".

    Les rumeurs de presse s'amplifiaient depuis plusieurs jours sur la surveillance supposée par l'agence de renseignement d'ordinateurs utilisés par des enquêteurs de cette commission.

    L'objet de leur enquête, conduite de 2009 à 2012, était brûlant: les techniques d'interrogatoire musclé employées par la CIA entre 2002 et 2006, sous le mandat de George W. Bush, et notamment la simulation de noyade.

    Mardi, Dianne Feinstein, présidente de la commission et à ce titre l'une des personnes les plus puissantes du Congrès, a non seulement confirmé certaines de ces allégations, mais accusé la CIA d'avoir supprimé des documents compromettants en accédant sans autorisation aux ordinateurs des collaborateurs parlementaires.
    "Je suis très inquiète, la fouille de la CIA pourrait bien avoir violé le principe de séparation des pouvoirs incarné dans la Constitution américaine, y compris la liberté d'expression et de débat", a-t-elle déclaré lors d'une déclaration fracassante et minutieusement détaillée de plus de 30 minutes.

    Selon elle, la CIA pourrait avoir aussi violé un décret datant de 1981 qui interdit à l'agence de mener des opérations de surveillance sur le territoire américain. L'affaire a été transmise au département de la Justice, a-t-elle révélé.

    Parallèlement, la CIA accuse la commission d'avoir rapporté illégalement dans les bureaux du Sénat des documents confidentiels, et a aussi référé l'affaire à la justice --une tentative d'intimidation, selon Dianne Feinstein.

    - "Rapport sur la torture" -

    Les enquêteurs du Sénat travaillaient depuis un bâtiment sécurisé en banlieue de Washington, où la CIA avait accepté de leur fournir des documents nécessaires à leur enquête. Au total, 6,2 millions de pages ont été transmises, un travail de fourmis pour la commission, qui pouvait enregistrer certains documents cruciaux sur un réseau informatique dédié auquel la CIA ne pouvait pas accéder, en vertu d'un accord conclu par écrit.

    Mais en 2010, en deux fois, environ 920 pages de documents ont disparu des dossiers. Après avoir nié, la CIA avait finalement reconnu que certains de ses membres étaient responsables et promis de ne plus recommencer.

    Pourtant, en janvier dernier, le directeur de la CIA, John Brennan, a informé la commission que la CIA avait "fouillé" les ordinateurs, provoquant la fureur des élus.

    Parmi les fichiers sensibles supprimés: des documents relatifs à la "Internal Panetta Review", un mémorandum secret du nom de l'ancien directeur de la CIA Leon Panetta et qui, selon la commission, contredit la position officielle de la CIA sur les interrogatoires musclés.


    La commission a approuvé à huis clos en décembre 2012 un rapport dévastateur, surnommé le "rapport sur la torture". Il conclut que ces techniques avaient été de "terribles erreurs", et n'avaient pas permis en elles-mêmes de retrouver la trace d'Oussama ben Laden.

    Ce rapport pourrait être partiellement déclassifié ce mois-ci, après l'aval de la Maison Blanche, a annoncé Dianne Feinstein.
    "La publication du rapport du Sénat sur la torture marquera la prochaine étape pour maîtriser la CIA, qui a torturé, détruit des preuves, espionné le Congrès, et menti aux Américains", a réagi mardi Christopher Anders, un responsable de la grande association de défense des libertés individuelles, l'American Civil Liberties Union (ACLU).

    Les révélations ont aussi fait réagir Edward Snowden, l'homme à l'origine des fuites historiques sur un autre pan de l'appareil de surveillance américain, la National Security Agency (NSA).

    Évoquant un "effet Merkel", il a critiqué Dianne Feinstein qui "se fiche que les droits de millions de citoyens ordinaires soient violés par nos espions, mais tout d'un coup cela devient un scandale quand un élu découvre que la même chose lui arrive", a-t-il déclaré à la chaîne américaine NBC News.




    Crédit images : La sénatrice américaine Dianne Feinstein, présidente de la commission du Renseignement du Sénat, à Washington le 15 novembre 2012 | afp
    Le directeur de la CIA John Brennan lors de sa déposition devant la Commission d'enquête sénatoriame sur le renseignement le 4 février 2014 à Washington

    afp / .12.03.2014 : 11h14

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    Dernière édition: 12 Mars 2014
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    Interrogatoires de la CIA,
    des rapports "choquants" bientôt publics ?

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    La sénatrice démocrate Dianne Feinstein à Washington le 3 avril 2014 | afp


    Des sénateurs américains ont voté jeudi en faveur de la déclassification, soutenue par Barack Obama, d'une partie d'un rapport sur les méthodes d'interrogatoire musclées de la CIA après le 11-09

    Dans ce document de 6.300 pages, l'agence américaine du renseignement est accusée d'avoir dissimulé certains détails sur la brutalité de ses méthodes, assimilées à de la torture, en vigueur sous le président George W. Bush, et auxquelles le président Obama a mis fin en 2009.

    Ce vote de la Commission du renseignement du Sénat, par 11 voix contre trois, autorise la présidente de la commission, la puissante sénatrice démocrate Dianne Feinstein, à transmettre les 400 pages de résumé du rapport, ainsi que ses conclusions et ses recommandations, à la Maison Blanche.

    "Le président, qui a interdit ces pratiques en prenant ses fonctions, pense que jeter la lumière sur ce programme aidera les Américains à comprendre ce qui s'est passé et nous guidera à l'avenir pour qu'aucune administration n'envisage d'adopter un tel programme", a affirmé la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC, dépendant de la Maison Blanche), Caitlin Hayden.

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    Le siège de la CIA, à Langley, en Virginie, le 14 août 2008

    "Notre position reste que le résumé et les conclusions (...) devraient être déclassifiés, avec les caviardages nécessaires pour des raisons de sécurité nationale", a ajouté Mme Hayden dans un communiqué, en remarquant que "le président a clairement dit qu'il voulait que ce processus soit conclu aussi vite que possible".

    Si Barack Obama donne son feu vert, les agences du renseignement s'engageront dans un processus de correction du document, où elles pourront pointer ce qui doit, à leurs yeux, rester secret.

    "Le but de ce rapport était de dévoiler la réalité de ce programme secret, et les résultats sont choquants", a déclaré Mme Feinstein.

    "Ce rapport montre une brutalité qui est en totale contradiction avec les valeurs de notre nation. Il détaille une tache dans notre histoire qui ne doit plus jamais pouvoir se produire", a-t-elle ajouté.

    La sénatrice a dit espérer que les corrections seraient "aussi peu nombreuses que possible" et a précisé que le processus prendrait au moins un mois. "Cette nation reconnaît ses erreurs, aussi douloureuses puissent-elles être", a-t-elle ajouté.

    Selon elle, plus de 100 détenus ont été soumis à ces interrogatoires brutaux.

    Ce rapport est au centre d'une guerre ouverte entre la CIA et le Sénat. L'agence d'espionnage est accusée d'avoir entravé le travail des assistants parlementaires qui ont travaillé pendant plus de trois ans à la rédaction de ce rapport, notamment en supprimant des documents de leurs serveurs.

    Des responsables américains s'étaient fait l'écho fin mars, auprès du Washington Post, du contenu de ce rapport. La CIA aurait ainsi exagéré l'importance de certains complots et de prisonniers détenus dans ses prisons secrètes, et aurait caché que certains renseignements déterminants auraient été en fait lâchés par les détenus avant qu'ils ne soient soumis aux techniques brutales des agents américains.

    Ce vote est un "premier pas important", s'est félicité mercredi l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, qui aurait cependant préféré que l'ensemble du rapport soit déclassifié pour clore un "faux débat sur la légitimité et l'efficacité de la cruauté".

    "La décision de pratiquer la torture reposait sur l'affirmation selon laquelle les simulations de noyade, les privations de sommeil et d'autres abus étaient efficaces pour obtenir les informations nécessaires et sauver les vies d'Américains", mais "ce rapport montre que cette assertion était fausse", note l'association.

    L'association Aclu de défense des libertés individuelles a exhorté la Maison Blanche à décider elle-même, et non la CIA, des corrections finales. "On ne devrait pas donner un stylo à censure à la CIA pour qu'elle cache son utilisation de la torture", a estimé l'Aclu.






    afp / 04.04.2014 : 12h59
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