TGV marocain : c’est la zizanie !

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 30 Novembre 2008.

  1. @@@

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    Les contribuables appelés à débourser plus d’un milliard d’euros au bénéfice d’Alstom, la SNCF qui va chasser au Maroc les subventions… On frôle le délire.

    La SNCF va-t-elle réussir au Maroc un joli casse sur les deniers publics français ? Ce pourrait être l’un des effets les plus abracadabrantesques du marché passé entre Nicolas Sarkozy et le roi Mohammed VI en octobre 2007 pour la fourniture par les Français d’une ligne à grande vitesse entre les villes de Kenitra et Tanger. Véritable fait des princes, ce contrat très opaque révèle peu à peu toutes ses surprises.

    Vorace SNCF
    Sur le papier, le Maroc achète, mais le royaume n’étant pas assez argenté, c’est le vendeur qui allonge les sous. Première étape, on le sait déjà, un don de la France de 75 millions d’euros pour les études à répartir par le pays client, en l’occurrence le Maroc. Or la distribution par Rabat de ces deniers auprès des différentes entreprises tricolores impliquées dans les études sème déjà la zizanie.

    Destinée à assister l’ONCF (les chemins de fer marocains) dans sa marche vers la grande vitesse (formation des futurs conducteurs, gestion des horaires etc), SNCF International – branche qui exporte le savoir-faire de la vénérable maison mère — fait en effet preuve d’une voracité de prédateur qui en tourneboule plus d’un. « Espérant rafler pour elle seule l’enveloppe de 75 millions d’euros, elle a produit aux autorités marocaines un premier devis exorbitant ! confie, estomaqué, un conseiller du gouvernement français. La SNCF n’entend laisser que des miettes aux autres notamment au bureau d’ingénierie Systra, filiale de la RATP et de la… SNCF ». C’est rassurant pour les nostalgiques du service public.


    Si avec Guillaume Pepy, elle est pilotée par un fringant socialiste libéral d’ouverture qui plaît tant à Nicolas Sarkozy, la SNCF conserve encore tous ses réflexes pavloviens lorsqu’il s’agit de chasser la subvention…

    Anne-Marie Idrac pratique la diplomatie du chéquier
    Cette gloutonnerie a beaucoup irrité le régime marocain qui aimerait utiliser au mieux l’argent qui n’est pas le sien pour ne pas avoir à y aller de sa poche. Du coup, la SNCF s’est attirée les foudres de tous ses partenaires dans ce marché, à commencer par les dirigeants d’Alstom. « A un moment, ils ont vraiment craint que le Maroc ne rompe l’accord avec la France à cause d’elle » poursuit notre conseiller. Et Guillaume Pepy a été prié de revoir son devis à la baisse.

    Toujours pour calmer l’ire marocaine, Anne-Marie Idrac, la secrétaire d’Etat au commerce extérieur, a, de son côté, merveilleusement pratiqué la diplomatie du chéquier. C’est la deuxième étape du financement du projet. En voyage au Maroc du 12 au 14 novembre dernier, elle a assuré les Marocains d’un prêt de 625 millions d’euros, destiné à payer une bonne partie de l’achat des rames TGV. Une bénédiction pour Alstom, boîte chouchou de Nicolas Sarkozy et dont le groupe Bouygues, dirigé par son ami Martin, détient environ un quart du capital. Voilà le constructeur quasiment assuré de vendre son train grâce aux contribuables français !

    Un coût réel compris entre 2,3 et 2,4 milliards d’euros
    Le communiqué officiel français qui a suivi la signature du prêt avec le ministre de l’Economie et des Finances marocain, Salaheddine Mezouar, est resté très pudique sur les détails. « Or on peut dire qu’il s’agit quasiment d’un don déguisé de la France puisque le prêt à taux très favorable ne sera remboursable que dans plusieurs années », détaille un proche du dossier en poste au Maroc. C’est le moins que l’on puisse dire puisque ce prêt de 625 millions d’euros court sur 60 ans et le premier remboursement n’intervient pas avant 20 ans. En anglais, on parle pudiquement de « soft-loan », littéralement « prêt doux ». Et ce proche du dossier de confirmer que l’argent va encore pleuvoir de l’Hexagone avec « un autre prêt au Maroc de 200 millions d’euros consenti par l’Agence française de développement ». Ne reste qu’à espérer que le robinet à liquide n’aura pas de fuites…

    Cependant, l’aide financière française couvrira à peine 50% du coût de la ligne Kenitra-Tanger, dont le devis initial s’élevait à au moins 1,8 milliard d’euros (900 millions au moins pour les TGV et les équipements ferroviaires, 900 millions pour le génie civil et 75 millions pour les études). Il revient donc au Maroc de dégoter l’argent pour la seconde moitié.

    Le régime de Mohammed VI qui jure sans rire ne pas être touché par la crise financière qui sévit sur la planète espère un demi-milliard d’euros de prêt de la Banque européenne d’investissement. Mais le Royaume enchanté n’a peut-être pas encore été averti : il lui faudra trouver bien plus du double de cette somme. Car, comme pour tout bon projet pharaonique que l’on ne souhaite pas tuer dans l’œuf, son prix a été gentiment sous-évalué au départ. D’environ 30 %. Le train électrique à grande vitesse de Mohammed VI devrait plutôt coûter « entre 2,3 à 2,4 milliards d’euros » avoue un diplomate français dans le secret des Dieux. Conséquence, de belles palabres en perspective pour savoir qui du vendeur et de l’acheteur apportera la rallonge.

    « Ce marché du TGV est un grand foutoir »
    Comme si les tensions entre les deux pays n’étaient déjà pas suffisantes, ces derniers mois, c’est le Maroc lui-même qui a été tenté de faire bondir les prix à la charge de la France. « Le régime a voulu gagner de l’argent sur le contrat en y appliquant un certain nombre de taxes », révèle un des négociateurs. Et cet autre de résumer laconiquement : « Ce marché du TGV marocain, c’est un vrai foutoir ».

    Tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que le train ne roulera pas dès 2013 comme claironné. Seule certitude, le contrat a déjà tout d’une poule aux œufs d’or à grande vitesse.

    http://www.bakchich.info/article5936.html
     

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