Thaïlande : Un général musulman à la tête des putschistes

Discussion dans 'Scooooop' créé par morphin, 21 Septembre 2006.

  1. morphin

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    Au lendemain d'un coup d'Etat sans effusion de sang, les militaires désormais au pouvoir à Bangkok ont annoncé hier de strictes mesures visant apparemment à étendre leur emprise sur la Thaïlande, encore sous le choc d'un éventuel retour de l'armée aux affaires.


    Le pays, habitué pendant des décennies aux généraux, n'avait pas connu de putsch depuis 15 ans et la vision du Premier ministre Thaksin Shinawatra, désemparé à New York où il participait à l'Assemblée générale de l'ONU, a laissé perplexes de nombreux Thaïlandais qui, certes, ne l'appréciaient plus mais ne s'attendaient pas à voir des officiers et des chars de combat apparaître brusquement dans les rues et sur leurs écrans de télévision.

    Le Conseil militaire, emmené par le général Sonthi Boonyaratglin, premier musulman à diriger l'armée en Thaïlande, pays largement bouddhiste, a affirmé qu'il entendait servir le roi et n'a pas tardé à annoncer qu'il avait bien la situation en main ou, du moins, qu'il entendait la contrôler.

    Tous les fonctionnaires, qu'ils soient en province ou dans la capitale, ont été sommés de ne répondre qu'aux ordres des commandants militaires et tout rassemblement de plus de cinq personnes a été officiellement interdit.
    Les auteurs du coup d'Etat ont également fermé les frontières septentrionales du pays avec le Laos et la Birmanie.

    Par ailleurs, ils ont imposé des contrôles sur les médias nationaux et internationaux. Cet ordre donne au ministère de la Communication la possibilité d'empêcher la diffusion de toute information qui serait préjudiciable aux nouvelles autorités.

    Dans les heures qui ont suivi le putsch, les programmes des chaînes d'information internationales, comme CNN et BBC, ont été brusquement interrompus et les chaînes thaïlandaises ont diffusé des annonces régulières de la junte, entrecoupées d'images du vieux roi Bhumibol Adulyadej, personnalité révérée par tous les Thaïlandais et auquel ne cessent de se référer les putschistes.

    Hier matin, cinq officiers de haut rang sont apparus sur les écrans de télévision. Le général Sonthi (59 ans) a alors pris la parole. «Nous avons pris le pouvoir», a annoncé le chef de l'armée de terre, qui avait été nommé il y a tout juste un an à ce poste par M. Thaksin. Il a confirmé que les militaires avaient suspendu la Constitution, et mis fin au Sénat, à la Chambre des représentants, au gouvernement et à la Cour constitutionnelle.

    «Nous avons estimé que le Premier ministre par intérim (Thaksin) avait provoqué un clivage sans précédent dans la société, une corruption répandue, du népotisme et de l'ingérence dans des agences indépendantes qui n'arrivaient plus à fonctionner». M. Thaksin et ses lieutenants, au pouvoir depuis 2001, ont «insulté le roi de manière répétée», a dit le général Sonthi. C'est pourquoi il fallait agir afin de «rétablir le cours normal des choses et créer l'unité dans les plus brefs délais». Il a enfin promis que son Conseil n'avait pas l'intention de s'éterniser au pouvoir et qu'il entendait le «rendre au peuple dès que possible».


    Aucune date n'a cependant été annoncée. Des responsables militaires ont enfin confirmé qu'un vice-Premier ministre, considéré comme un fidèle lieutenant de M. Thaksin, était détenu au quartier général de l'armée depuis mardi soir. Il s'agit de Chidchai Vanasathidya qui occupait les fonctions de ministre de la Justice, en charge de la sécurité, dans le gouvernement Thaksin.

    Par ailleurs, deux autres responsables gouvernementaux, Prommin Lertsuridej, secrétaire au bureau du Premier ministre, et Somchai Wongsawat, beau-frère de M. Thaksin et secrétaire au ministère de la Justice, sont également détenus. Au moment du putsch, M. Thaksin se trouvait à New York et on ne savait pas hier matin où il se rendrait après les Etats-Unis.

    Son épouse, Potjaman, aurait quitté Bangkok pour Singapour mardi soir. Les Thaksin disposent d'une résidence privée à Londres où une de leurs filles étudie. Les rues de Bangkok, où séjournent de nombreux touristes, étaient calmes hier et des chars étaient toujours positionnés dans certains quartiers stratégiques.

    Alors que la plupart des pays de la communauté internationale se déclaraient inquiets, une délégation de diplomates étrangers a été reçue hier par le général Sonthi qui, selon un porte-parole, a voulu lui expliquer «la raison du coup d'Etat» et apporter des précisions sur «la direction» qu'il entendait prendre.

    AFP
     

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