Tibéhirine : la thèse de la bavure confortée par Rondot

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 9 Décembre 2009.

  1. @@@

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    Sur cette photo non-datée figurent six des sept moines trappistes enlevés et assassinés en 1996.



    En 1996, l'officier de renseignement craignait un dérapage des services algériens.

    Le général Rondot est un officier de renseignements dont les écrits sont décidément précieux. Après que ses notes personnelles ont constitué l'architecture de l'affaire Clearstream, ses écrits se retrouvent cette fois dans l'affaire des 7 moines du monastère algérien de Tibéhirine retrouvés assassinés le 30 mai 1996. Trois des notes que le général de renseignement avait tapées à la machine à écrire viennent en effet viennent d'être levées du secret défense qui pesaient sur elle. Le Figaro a pu en prendre connaissance.

    Philippe Rondot se rend dès le 5 avril 1996 à Alger. Les moines ont été enlevés dix jours plus tôt. La France pense à ce moment-là qu'ils se trouvent dans l'Atlas, non loin de Blida, et l'hypothèse qu'ils soient aux mains du GIA (Groupe islamique armé) de Djamel Zitouni circule déjà. On sait que les religieux seront retrouvés morts deux mois plus tard, les autorités ne découvrant que leurs seules têtes.

    Avant même cette issue fatale et l'hypothèse d'une bavure des hélicoptères de l'armée algérienne que l'ancien attaché militaire à l'ambassade de France à Alger, le général Buchwalter, a évoquée lors d'une audition l'été dernier, devant le juge d'instruction Marc Trévidic, le général Rondot affiche son analyse de l'affaire.

    Dans une note intitulée «considérations (amères) sur la gestion de l'affaire des moines de Tibéhirine et propositions (malgré tout) d'action», l'officier fait ainsi le point à ses supérieurs de la DST et sur la difficulté à agir. «Nous ne pouvons rester plus longtemps dans l'expectative, écrit-il, en restant dépendants au plan du renseignement et de l'action des services algériens, lesquels ont sans doute d'autres impératifs. » Philippe Rondot ajoute même que les autorités algériennes «peuvent être tentées de régler brutalement ce qu'ils considèrent comme un simple fait divers ». Le maître espion français, qui avait sur place contacté à plusieurs reprises le général Smaïn Lamari, chef de la sécurité militaire, expose donc un point de vue que les autorités diplomatiques partagent. «Il faut en tout état de cause éviter de nous laisser entraîner par les Algériens dans leur logique de justification sécuritaire et de nous laisser mettre sur le côté comme ils avaient tenté de le faire lors du détournement de l'Airbus », lisait-on par exemple dans une note rédigée au Quai d'Orsay au lendemain du rapt.

    Issues de trois ministères, toutes ces pièces, désormais déclassifiées, sont entre les mains du juge antiterroriste Marc Trévidic qui avait relancé le dossier à la suite du témoignage du général Buchwalter.


    Plusieurs auditions dans les mois qui viennent


    Les écrits du général Buchwalter qui figurent parmi les documents déclassifiés n'évoquent pas explicitement la possibilité d'une bavure. Mais c'est encore du côté du général Rondot que l'on trouve des indices accréditant cette hypothèse. L'officier de renseignements note que, le 21 mai 1996, précisément à la date de la mort présumée des moines, le patron de la sécurité militaire, Smaïn Lamari, lui a fait parvenir «un fax chiffré (…) faisant état d'un renseignement venu d'un repenti» : des recherches conduites par les forces de l'ordre auraient permis de localiser les otages. Or, dans cette même zone, se seraient déroulées ensuite des opérations militaires ayant fait plusieurs victimes.

    Dans les mois qui viennent, plusieurs auditions pourraient être conduites afin de confirmer les éléments alors écrits par militaires et diplomates. La problématique d'une éventuelle manipulation et infiltration du GIA de Djamel Zitouni par la sécurité militaire devrait également être à nouveau soulevée. Dans les notes de la DST et de la DGSE récemment déclassifiées par les ministères de l'Intérieur et de la Défense, cet aspect est peu évoqué.

    Tout au plus lit-on, au détour d'une phrase du général Rondot, que, «trop longtemps, Djamel Zitouni a bénéficié d'une tolérance des services algériens ».





    http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...de-rondot-appuient-la-these-d-une-bavure-.php
     

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