Tony Blair devant la commission d'enquête sur l'Irak

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 29 Janvier 2010.

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    Tony Blair nie avoir voulu un "changement de régime" en Irak


    L'ex-premier ministre britannique Tony Blair a assuré, vendredi 29 janvier, lors de sa déposition devant la commission d'enquête sur l'Irak, qu'il avait décidé de participer à la guerre parce que Saddam Hussein violait les résolutions de l'ONU, pas pour le chasser du pouvoir.

    Interrogé par la commission présidée par John Chilcot sur une interview à la BBC diffusée en décembre, M. Blair a réfuté avoir parlé de "changement de régime" lors de cet entretien, qui avait relancé la polémique sur le véritable but de la participation britannique à ce conflit aux côtés des Américains. "Je n'ai pas utilisé le mot 'changement de régime' dans cet interview et je n'avais aucunement l'intention de changer la base" justifiant la guerre, a ajouté M. Blair, costume sombre et cravate rouge, visage bronzé.

    "De toute évidence, tout ce que je disais, c'est que vous ne pouvez pas décrire la nature de la menace de la même manière si nous avions su à l'époque ce que nous savons maintenant", à savoir qu'aucune arme de destruction massive (ADM) n'a jamais été retrouvée en Irak, a-t-il expliqué.


    "ON NE POUVAIT PAS PRENDRE DE RISQUE"

    Cette interview ne présentait "aucunement un changement de position", a-t-il affirmé. "La position était que c'était l'approche des résolutions de l'ONU concernant les ADM", que l'Irak était accusé de violer, qui a servi à légitimer la guerre. "C'était l'argument", a-t-il insisté. "Ça l'était alors et ça le reste." Dans cet entretien à la chaîne BBC1, M. Blair s'était vu demander s'il aurait engagé son pays dans la guerre en mars 2003 même s'il avait su que Saddam Hussein ne disposait d'ADM. Il avait répondu : "J'aurais continué à penser qu'il était juste de le renverser. Evidemment, nous aurions employé et développé des arguments différents quant à la nature de la menace".

    M. Blair avait commencé son audition très attendue à 9 h 30 (10 h 30 en France), par des questions sur le régime de Saddam Hussein après les attentats du 11 septembre 2001. "Après cette époque, mon opinion était qu'on ne pouvait pas prendre de risques avec ces questions", a-t-il estimé. "On nous a dit que ces gens utiliseraient des armes chimiques ou biologiques ou nucléaires s'ils pouvaient en obtenir (...). Cela a complètement changé notre évaluation des risques" posés par des pays comme l'Irak, l'Iran, la Libye.

    Après le 11-Septembre, le régime de Saddam Hussein "n'en avait objectivement pas fait plus mais c'est notre perception du risque qui avait changé", a-t-il ajouté. "Je n'aurais pas fait l'Irak si je n'avais pas pensé que c'était juste", a-t-il plaidé. A l'extérieur de la salle d'audience, au centre de Londres, plusieurs centaines de personnes ont manifesté tout au long de la matinée. Contenus par une centaine de policiers formant plusieurs cordons, les manifestants portaient des panneaux "Bliar" (jeu de mots entre "Blair" et "liar", menteur en anglais).

    Un groupe de manifestants a défilé, les mains maculés de peinture rouge et arborant des masques de l'ex-premier ministre, en portant un cercueil avec l'inscription "le prix du sang".




    http://www.lemonde.fr/europe/articl...hangement-de-regime-en-irak_1298478_3214.html
     

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